Sénégal–Rwanda : onze accords signés pour renforcer la coopération bilatérale.

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Le Sénégal et le Rwanda donnent un nouvel élan à leur partenariat avec la signature de onze accords et instruments de coopération. Conclus à l’issue de la première session de leur Grande Commission mixte, tenue les 6 et 7 octobre 2026 à Kigali, ces engagements couvrent plusieurs domaines, allant de la diplomatie à l’économie, en passant par le numérique, la culture, l’enseignement supérieur et la coopération judiciaire.

La délégation sénégalaise était conduite par Cheikh Niang, ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur. Cette rencontre marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre Dakar et Kigali, qui souhaitent consolider leurs relations politiques et élargir leurs échanges économiques.

Onze instruments pour diversifier les domaines de coopération

Les accords conclus portent notamment sur les consultations politiques, le numérique, l’innovation, le tourisme, la jeunesse, la culture, le sport, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et la normalisation.

Trois instruments sont consacrés à la coopération judiciaire. Ils concernent l’entraide judiciaire en matière pénale, l’extradition et le transfèrement des personnes condamnées. Ces dispositions visent à renforcer les mécanismes de collaboration entre les deux États dans le domaine de la justice.

Au-delà de ces engagements, le Sénégal et le Rwanda entendent étendre leur partenariat à plusieurs secteurs stratégiques, notamment la défense et la sécurité, l’éducation, l’agriculture, la santé, les infrastructures, le numérique et les investissements.

Les responsables des deux pays ont également souligné l’importance d’assurer un suivi rigoureux des accords conclus. L’enjeu est de traduire les engagements diplomatiques en actions concrètes et en résultats mesurables pour les administrations, les entreprises et les populations.

Le développement des échanges économiques au cœur des discussions

La coopération économique a occupé une place importante dans les travaux de Kigali. En marge de la Grande Commission mixte, un Forum des Affaires et des Investissements Rwanda-Sénégal a réuni des représentants des secteurs public et privé des deux pays.

Organisée avec l’appui de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX) du Sénégal et du Rwanda Development Board, cette rencontre a permis de mettre en avant les possibilités de partenariats commerciaux, de promouvoir les investissements et d’identifier de nouvelles perspectives de collaboration entre les entreprises.

Dakar et Kigali souhaitent ainsi renforcer les relations entre leurs opérateurs économiques et favoriser une meilleure exploitation des opportunités offertes par leurs marchés respectifs.

Les deux pays entendent notamment s’appuyer sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour stimuler les échanges commerciaux et les investissements intra-africains. Ce cadre continental constitue un levier potentiel pour faciliter l’accès aux marchés, encourager les partenariats et soutenir l’intégration économique africaine.

Dans la continuité du rapprochement engagé en 2025

Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans le prolongement de la visite d’État du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye au Rwanda, en octobre 2025. Cette visite avait déjà donné lieu à la conclusion de plusieurs accords et contribué au renforcement des relations entre les deux pays.

La première session de la Grande Commission mixte vise désormais à consolider cette coopération en lui donnant un cadre de concertation et de suivi plus structuré. Elle doit également permettre d’identifier les secteurs dans lesquels les deux États peuvent approfondir leurs échanges et développer des projets communs.

Un mécanisme de suivi pour concrétiser les engagements

Pour assurer la mise en œuvre des décisions prises à Kigali, un comité conjoint sera mis en place. Une réunion d’experts est prévue en 2027 afin d’évaluer les progrès accomplis et d’examiner l’état d’avancement des engagements pris par les deux parties.

La deuxième session de la Grande Commission mixte devrait ensuite se tenir au Sénégal, à une date qui sera fixée par voie diplomatique.

Au-delà de la signature des onze instruments, le principal défi sera désormais d’assurer leur application effective. Pour Dakar et Kigali, la consolidation du partenariat dépendra de la capacité des deux États à transformer ces engagements en projets opérationnels, à renforcer les échanges entre leurs entreprises et à inscrire leur coopération dans une dynamique durable au service de l’intégration africaine.