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EPICON25 : Conakry accueille la grande réunion annuelle des directeurs du Programme élargi de vaccination d’Afrique de l’Ouest.

La capitale guinéenne abrite depuis ce lundi 24 novembre 2025 la réunion annuelle des directeurs du Programme élargi de vaccination (PEV) des pays d’Afrique de l’Ouest, un événement régional majeur baptisé EPICON25. Plus de 200 participants venus de 17 pays du bloc épidémiologique ouest-africain prennent part à ces assises qui se poursuivront jusqu’au 27 novembre.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des réunions précédemment organisées dans d’autres régions du continent, notamment en Afrique de l’Est, australe et centrale, dans le but de renforcer la coordination et l’harmonisation des stratégies vaccinales.

Un espace stratégique d’évaluation et de planification

EPICON25 offre une plateforme essentielle pour examiner les performances des programmes nationaux, évaluer les progrès réalisés dans la lutte contre les maladies évitables par la vaccination et partager les meilleures pratiques entre pays voisins, avec l’appui des partenaires techniques et financiers.

Les échanges portent sur :

  • l’analyse des données de couverture vaccinale ;

  • l’état d’avancement des campagnes de vaccination ;

  • la surveillance des maladies épidémiques ;

  • les innovations pour améliorer l’accès aux vaccins.

Un agenda centré sur les priorités régionales et mondiales

L’édition 2025 accorde une attention particulière :

  • aux priorités de l’Agenda d’action 2025–2026 de l’initiative Immunisation 2030 (IA2030) ;

  • ainsi qu’aux quatre axes stratégiques définis par GAVI, notamment la couverture équitable, la durabilité des systèmes, l’introduction de nouveaux vaccins et la préparation aux épidémies.

Ces orientations permettront d’accompagner les États dans la consolidation de leurs programmes nationaux, tout en répondant aux défis persistants tels que l’accès géographique, les ruptures de stock, la désinformation ou encore les difficultés logistiques.

Un rendez-vous qui confirme la montée en puissance de la Guinée

La tenue d’EPICON25 à Conakry est perçue comme une reconnaissance des avancées du pays en matière de vaccination. La Guinée a en effet affiché une progression notable de sa couverture vaccinale, passant de 47 % à 63 % en une année, grâce aux réformes engagées dans la chaîne de froid, à la disponibilité accrue des vaccins et à l’introduction récente du vaccin contre le paludisme.

Une dynamique régionale pour renforcer la santé publique

Au-delà du bilan technique, EPICON25 marque une volonté collective de renforcer la coopération sanitaire entre les pays ouest-africains face aux risques épidémiologiques persistants, dans un contexte où les systèmes de santé doivent continuellement s’adapter aux crises et innovations.

Les conclusions attendues le 27 novembre devraient orienter les actions prioritaires pour 2026 et consolider la résilience vaccinale dans toute la sous-région.

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Cheikh Tidiane Gadio alerte sur les défis sécuritaires en Afrique de l’Ouest

Lors d’une conférence tenue le samedi 22 février 2025 à l’université Cheikh Anta Diop (UCAD), Cheikh Tidiane Gadio, président de l’Institut panafricain de stratégies (IPS), a mis en garde contre la menace croissante du terrorisme dans la sous-région. Cette intervention s’inscrivait dans le cadre d’un colloque-hommage rendu aux professeurs Abdoulaye Bathily et Boubacar Barry, deux figures emblématiques de l’UCAD.

Un constat alarmant sur la montée du terrorisme

Fondé depuis plus d’une décennie dans un contexte de violence terroriste en Afrique de l’Ouest, l’IPS a longtemps alerté sur la propagation de cette menace. Toutefois, Cheikh Tidiane Gadio déplore que ces mises en garde n’aient pas été prises en compte avant que les attaques ne se généralisent et ne gagnent le centre du continent. L’ancien ministre des Affaires étrangères attribue cette situation au manque de leadership des dirigeants de la région, qui n’ont pas su anticiper la gravité de la menace terroriste.

L’implosion de la CEDEAO et ses conséquences

En marge de cette conférence, Cheikh Tidiane Gadio a accordé une interview à SenePlus TV où il est revenu sur les crises institutionnelles qui ont secoué le Burkina Faso, le Mali et le Niger. La décision de ces trois pays de quitter la CEDEAO pour créer un ensemble parallèle est, selon lui, une erreur stratégique. Bien qu’il reconnaisse les manquements de l’organisation sous-régionale dans l’accompagnement de ces nations face à l’insécurité, il regrette cette scission qui affaiblit la coopération et la réponse collective face au terrorisme.

Une approche globale nécessaire pour contrer la menace

Selon Cheikh Tidiane Gadio, lutter contre le terrorisme par des plans nationaux distincts est une approche inefficace. Il plaide pour une stratégie commune et une solidarité régionale renforcée, car la menace est transfrontalière et exige une riposte coordonnée. Il rappelle qu’aux premières heures du conflit, des pays comme le Sénégal et le Tchad avaient envoyé des troupes pour soutenir le Mali, mais ces forces étaient conçues pour le maintien de l’ordre alors que la situation exigeait un combat direct contre des groupes armés suréquipés.

Une menace qui s’étend au reste du continent

Le terrorisme, initialement concentré en Afrique de l’Ouest, s’est progressivement étendu à d’autres régions du continent. Il touche désormais l’Afrique centrale, notamment au Mozambique et en République démocratique du Congo, tandis que l’Afrique orientale reste sous la menace des Al-Shebab, très actifs en Somalie et parfois au Kenya.

En conclusion, Cheikh Tidiane Gadio appelle les dirigeants africains à une prise de conscience urgente et à une coopération plus efficace pour freiner cette menace grandissante. Selon lui, seule une approche collective et un leadership fort permettront de juguler le péril terroriste et de préserver la stabilité du continent.