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Mali : Air France met fin à sa représentation locale après des années de turbulences.

Air France tournera officiellement une page de son histoire au Mali à la fin du mois de juin 2026. La compagnie aérienne française a annoncé la cessation des activités de sa représentation locale à Bamako à compter du 30 juin, confirmant ainsi son retrait commercial du pays après plusieurs années marquées par des interruptions de service et des tensions autour de la reprise de ses opérations.

Cette décision symbolise la fin d’une présence historique dans le paysage aérien malien et intervient dans un contexte de profondes mutations du transport aérien en Afrique de l’Ouest.

Une fermeture officialisée auprès des partenaires locaux

La décision a été notifiée dans une correspondance datée du 15 juin et adressée à la Direction générale d’ATS, partenaire local de la compagnie. Signée par Awa Traoré Diakité, directrice pays d’Air France au Mali, la lettre informe officiellement les partenaires de la fermeture de la représentation nationale tout en saluant les relations de collaboration entretenues au fil des années.

Désormais, les demandes d’assistance et les démarches commerciales seront traitées à distance par le biais du service numérique dédié aux agences de voyages, le Help Desk AGV. Ce changement confirme la volonté du groupe de centraliser la gestion de ses activités dans la région sans maintenir de présence physique permanente à Bamako.

Une présence progressivement réduite depuis 2023

La fermeture du bureau intervient dans le prolongement d’un retrait opérationnel amorcé il y a près de trois ans. Le 7 août 2023, Air France avait suspendu ses vols vers Bamako dans un contexte marqué par la fermeture de l’espace aérien nigérien et les perturbations géopolitiques affectant plusieurs pays du Sahel.

Avant cette interruption, Bamako représentait l’une des principales destinations du groupe en Afrique subsaharienne. La compagnie assurait alors sept vols hebdomadaires entre la capitale malienne et Paris, un volume supérieur aux dessertes proposées vers Ouagadougou ou Niamey.

La liaison Paris-Bamako constituait un axe stratégique, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les flux de la diaspora malienne établie en Europe.

Plusieurs tentatives de reprise restées sans suite

La suspension des opérations n’a pas été définitive dans les intentions affichées par Air France. En février 2022 déjà, la compagnie avait renforcé sa présence avec un vol quotidien assuré par un Boeing 777-200ER reliant Paris-Charles-de-Gaulle à Bamako.

Cette desserte représentait plus de 4 000 sièges disponibles chaque semaine sur l’axe aller-retour, témoignant de l’importance du marché malien pour le transporteur.

À l’automne 2023, Air France avait également étudié un scénario de reprise partielle avec trois vols hebdomadaires opérés par un appareil affrété auprès d’EuroAtlantic Airways. Cependant, les autorités maliennes avaient maintenu la suspension du dossier, estimant que l’arrêt initial des vols avait été décidé de manière unilatérale par la compagnie.

Depuis lors, aucune relance effective des opérations n’a été enregistrée.

Un marché africain qui demeure stratégique pour le groupe

Cette fermeture intervient alors même que l’Afrique continue de représenter un marché important pour Air France-KLM. En 2025, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de près de 33 milliards d’euros et enregistré un résultat opérationnel supérieur à 2 milliards d’euros.

Les activités en Afrique subsaharienne ont généré à elles seules près de 3,5 milliards d’euros de revenus, confirmant le poids croissant du continent dans la stratégie du transporteur européen.

Toutefois, les évolutions géopolitiques, les contraintes sécuritaires et les transformations du marché régional conduisent les compagnies aériennes à revoir leurs dispositifs de présence locale et leurs modèles opérationnels.

Une page se tourne pour l’aviation malienne

Pour les agences de voyages, les partenaires économiques et les milliers de voyageurs qui empruntaient régulièrement la liaison entre Bamako et Paris, la fermeture de la représentation locale d’Air France marque la fin d’une époque.

Au-delà de l’aspect administratif, cette décision illustre les recompositions en cours dans le transport aérien ouest-africain, où de nouveaux acteurs cherchent à renforcer leur position sur des marchés autrefois dominés par les grandes compagnies européennes.

Dans un environnement régional marqué par des défis diplomatiques, sécuritaires et économiques persistants, le retrait d’Air France de Bamako apparaît comme le symbole d’un secteur en pleine mutation, contraint de s’adapter à de nouvelles réalités géopolitiques et commerciales.

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Incident opérationnel à l’aéroport d’Abidjan : un Airbus A350 d’Air France immobilisé après une erreur de roulage

Un incident opérationnel est survenu ce mardi 3 février 2026 à l’Aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, impliquant le vol Air France AF 702 en provenance de Paris. L’appareil concerné, un Airbus A350 immatriculé F-HUVM, a pourtant effectué un atterrissage sans anomalie sur la piste 03 à 19h27, selon les autorités aéroportuaires.

La situation s’est compliquée après la phase d’atterrissage, lors du roulage au sol. D’après un communiqué officiel du ministère des Transports et des Affaires maritimes, l’équipage avait reçu des instructions précises pour rejoindre le parking civil via la voie de circulation parallèle. Une erreur de navigation a toutefois conduit l’avion à emprunter une bretelle orientée vers la Base aérienne militaire.

Une zone inadaptée aux avions gros-porteurs

Cette déviation a dirigé l’Airbus A350 vers une zone dont les infrastructures ne sont pas conçues pour accueillir un appareil de cette catégorie. En raison de ses dimensions et de ses contraintes techniques, le gros-porteur s’est retrouvé engagé sur une voie inappropriée, rendant toute manœuvre autonome impossible sans risque pour l’aéronef ou pour les installations au sol.

Les autorités aéroportuaires ont immédiatement procédé à la sécurisation de la zone, en coordination avec les services compétents. L’appareil a été immobilisé le temps d’évaluer les solutions techniques permettant son dégagement, notamment par des opérations de tractage adaptées à ce type d’avion.

Vol retour annulé et perturbations pour les passagers

Les conséquences opérationnelles n’ont pas tardé. En raison de l’immobilisation prolongée de l’appareil et de la nécessité d’effectuer des contrôles techniques approfondis avant toute remise en service, le vol retour vers Paris a été annulé. Le service de communication du ministère des Transports a confirmé que, bien qu’aucun dommage corporel n’ait été enregistré, l’incident a fortement perturbé la rotation prévue par la compagnie Air France.

La compagnie a dû engager une réorganisation logistique afin d’assurer la prise en charge des passagers concernés, dans un contexte où la gestion des opérations au sol demeure un enjeu crucial pour la sécurité et la fluidité du trafic aérien.

Les autorités n’ont, à ce stade, fait état d’aucune dégradation majeure de l’appareil ni des infrastructures, mais une analyse complète de l’incident est attendue afin d’en tirer les enseignements opérationnels nécessaires.