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La Chine supprime les droits de douane sur les importations africaines.

Le 14 février 2026, le président chinois Xi Jinping a annoncé une mesure majeure visant à renforcer les liens économiques entre la Chine et l’Afrique : la suppression des droits de douane sur les importations en provenance de presque tous les pays africains à compter du 1er mai.

Une décision stratégique pour renforcer l’influence chinoise

Jusqu’ici, 33 pays africains bénéficiaient déjà d’exemptions douanières. Avec cette décision, ce dispositif s’étend désormais à 53 États africains partenaires diplomatiques de la Chine. Seul Eswatini demeure exclu, en raison de ses relations avec Taïwan, que Pékin considère comme une province rebelle.

Cette initiative traduit la volonté de la Chine de consolider son rôle de partenaire commercial privilégié du continent et d’acteur clé du financement des infrastructures, notamment dans le cadre des projets liés aux Nouvelles routes de la Soie.

Une opportunité pour l’Afrique

Face aux fluctuations des relations commerciales avec les États-Unis et à la hausse des droits de douane imposée par l’administration Trump, plusieurs pays africains se tournent aujourd’hui vers Pékin pour diversifier leurs partenaires commerciaux et sécuriser l’accès aux marchés mondiaux. La mesure chinoise pourrait ainsi stimuler le commerce intra-continental et favoriser la transformation industrielle locale.

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Simandou : la Chine renforce son emprise sur le plus grand projet minier de Guinée.

Baowu Resources prend le contrôle majoritaire du consortium en charge des blocs nord

La présence chinoise dans le secteur minier guinéen franchit un nouveau seuil stratégique. Selon des informations rapportées par l’agence Reuters, le groupe étatique chinois Baowu Resources, leader mondial de la sidérurgie, a officiellement pris le contrôle majoritaire du Winning Consortium Simandou (WCS), chargé du développement des blocs 1 et 2 du gisement de fer de Simandou, l’un des plus importants au monde.

Cette opération marque une évolution significative dans la gouvernance du projet, emblématique des partenariats miniers conclus entre la Guinée et la Chine au cours de la dernière décennie.

Une recomposition capitalistique décisive

Dans le cadre de cette transaction, Baowu Resources a porté sa participation de 49 % à 51 %, devenant ainsi actionnaire majoritaire du consortium. Ce changement de contrôle s’est accompagné d’une refonte de l’identité du groupe, désormais dénommé Baowu Winning Consortium Simandou (BWCS), tant au niveau de la maison mère basée à Singapour que de sa filiale opérationnelle en Guinée.

Finalisée le 30 janvier 2026, après l’obtention des autorisations requises auprès des autorités guinéennes en mai 2024, l’opération permet à BWCS de détenir 85 % de la société d’exploitation des blocs nord (1 et 2) de la chaîne de Simandou. Cette prise de contrôle confère au groupe chinois un rôle prépondérant dans les décisions stratégiques, opérationnelles et financières liées à ces actifs.

Simandou, un projet au cœur des enjeux géoéconomiques

Le gisement de Simandou est considéré comme l’un des plus vastes réserves de minerai de fer à haute teneur encore inexploitées. Son développement représente un enjeu majeur pour la diversification économique de la Guinée, mais aussi un levier stratégique pour la sécurisation des approvisionnements chinois en matières premières, dans un contexte de forte concurrence mondiale.

Avec cette montée au capital, Pékin consolide sa position dominante sur l’ensemble du projet Simandou, tant au nord qu’au sud de la chaîne montagneuse.

Une influence chinoise étendue aux blocs sud et aux infrastructures

Sur les blocs 3 et 4, situés dans la partie sud de Simandou, la présence chinoise est déjà significative à travers Chinalco, partenaire de Rio Tinto et de l’État guinéen au sein de la coentreprise Simfer. Cette configuration place les intérêts chinois au cœur des deux principaux pôles d’exploitation du projet.

Au-delà de l’extraction minière, l’influence de Pékin s’étend également aux infrastructures stratégiques associées au projet. BWCS et Simfer ont conjointement financé et développé les infrastructures clés, notamment le chemin de fer transguinéen et le port en eaux profondes, indispensables à l’exportation du minerai.

Les premières expéditions de fer ont débuté en novembre dernier, mettant fin à près de trente années d’attente marquées par des blocages techniques, financiers et politiques.

Un tournant structurant pour le secteur minier guinéen

La prise de contrôle majoritaire de Baowu Resources sur les blocs nord confirme l’ancrage durable de la Chine dans le secteur minier guinéen et renforce la centralité de Simandou dans les stratégies industrielles et géoéconomiques de Pékin. Pour la Guinée, ce tournant ouvre une nouvelle phase du projet, marquée par des attentes élevées en matière de retombées économiques, d’emplois et de développement des infrastructures nationales.

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Guinée : les premiers chargements du minerai de fer de Simandou vers la Chine marquent une étape historique.

Après plus de vingt ans de retards et de complexité, le projet Simandou en Guinée franchit une étape majeure : les premiers chargements de minerai de fer très haut de gamme ont été expédiés vers la Chine. Ce lancement symbolise non seulement le démarrage de la production commerciale, mais aussi l’entrée de la Guinée dans une nouvelle ère de transformation économique et d’influence stratégique.

Une infrastructure d’envergure

Le projet Simandou ne se limite pas à une simple mine : il englobe la construction d’une ligne ferroviaire trans-guinéenne de plus de 600 kilomètres, ainsi qu’un port en eau profonde. Ces infrastructures, massives et coûteuses, témoignent des ambitions à long terme du projet.

Une production ambitieuse

À pleine capacité, le gisement pourrait produire jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai par an. Le minerai extrait à Simandou est particulièrement riche en fer, ce qui le rend très recherché pour la production d’acier de haute qualité, y compris des aciers “plus verts”.

Le lancement des exportations vers la Chine

Les premiers envois visent le marché chinois, un partenaire clé du consortium qui opère la mine. Avant ce départ, plusieurs millions de tonnes avaient été stockées en Guinée afin de sécuriser les flux d’exportation. La cérémonie de lancement des opérations a rassemblé les principaux partenaires du projet, dont des géants miniers et des sociétés chinoises.

Enjeux pour la Guinée

Pour la Guinée, Simandou représente une opportunité stratégique majeure. Les revenus générés pourront être réinvestis dans les infrastructures, l’éducation et l’industrialisation. Le gouvernement guinéen ambitionne également de transformer localement le minerai : des usines de raffinage pour produire de l’alumine et du fer traité sont à l’étude, afin de limiter les exportations de matière première brute et d’augmenter la valeur ajoutée.

Risques et défis

Malgré les promesses, le projet comporte des risques : la dépendance à la Chine pour une part importante des exportations soulève des questions de souveraineté économique. Par ailleurs, les coûts d’infrastructure élevés, les fluctuations possibles des prix du minerai et les défis environnementaux liés à l’extraction et au transport restent des facteurs de vulnérabilité.

Perspectives d’avenir

Si Simandou atteint les objectifs de production, la Guinée pourrait devenir un acteur central dans le marché mondial du fer. Le minerai de haute qualité issu du gisement offre un potentiel de développement d’« acier vert », ce qui pourrait séduire des marchés internationaux soucieux de durabilité. À plus long terme, une gouvernance rigoureuse et des partenariats équilibrés seront essentiels pour que les bénéfices de Simandou profitent pleinement à l’économie guinéenne.

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Égypte et Chine : trois accords majeurs pour renforcer la coopération financière.

Le 14 juillet 2025, Le Caire a vu la signature de trois accords importants entre l’Égypte et la Chine, témoignant d’une volonté conjointe de renforcer leur partenariat économique.

  1. Accord d’appui budgétaire : la Chine accordera un prêt préférentiel à l’Égypte destiné à soutenir les politiques publiques prioritaires, et à stabiliser les finances de l’État.

  2. Financement d’infrastructures : un deuxième accord porte sur un fonds dédié au développement d’infrastructures – notamment dans les transports, les énergies renouvelables et l’eau – pour moderniser les systèmes nationaux.

  3. Crédit à l’exportation égyptienne : le dernier partenariat vise à soutenir les exportateurs locaux, en particulier dans l’agroalimentaire, le textile et la logistique, à travers des garanties et des financements à taux avantageux.

Ces engagements s’inscrivent dans le cadre d’une stratégie globale : l’Égypte, actuellement en pleine transformation économique, cherche à diversifier ses sources de financement tout en bénéficiant de l’expertise technique et des financements internationaux. Pour la Chine, il s’agit de consolider sa présence en Afrique du Nord, de stimuler la coopération Sud-Sud, et de renforcer les liens autour des projets d’infrastructures et d’industrialisation.

Enjeux et perspectives

  • Stabilité économique : ces financements doivent permettre à l’Égypte de renforcer ses politiques sociales, stabiliser ses déficits et attirer davantage d’investissements.

  • Transition énergétique et infrastructurelle : une grande partie des fonds sera dédiée à des projets verts – solaire, éolien, gestion de l’eau –, alignés sur les ambitions égyptiennes en matière de durabilité.

  • Accélération des exportations : en disposant de garanties de crédit, les entreprises locales pourront se positionner plus facilement sur les marchés africains, européens et asiatiques.

  • Approche bilatérale stratégique : la démarche s’inscrit dans la dynamique chinoise de la Belt and Road Initiative, tout en offrant à l’Égypte une diversification de ses partenariats économiques.

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Chine–Éthiopie : une alliance stratégique renforcée au sein des BRICS.

À l’heure où les BRICS élargissent leur influence à travers des alliances économiques stratégiques, la Chine et l’Éthiopie consolident davantage leur coopération bilatérale, donnant un nouvel élan à leurs relations économiques et diplomatiques. Cette dynamique s’est confirmée à l’occasion d’une série de rencontres tenues récemment entre responsables des deux pays, dans un contexte où l’Éthiopie a rejoint le groupe BRICS en tant que membre à part entière en janvier 2024.

Une coopération multisectorielle en pleine expansion

Les discussions récentes ont permis d’élargir les axes de collaboration entre Pékin et Addis-Abeba, avec une volonté claire de renforcer les investissements chinois en Éthiopie, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’agro-industrie, de l’énergie et des télécommunications. La Chine demeure aujourd’hui le premier partenaire commercial et investisseur bilatéral en Éthiopie, avec des projets emblématiques comme le parc industriel d’Hawassa ou la ligne ferroviaire Addis-Djibouti.

Selon les autorités éthiopiennes, le partenariat vise également à promouvoir le transfert de technologies, la formation professionnelle, ainsi que le développement des zones économiques spéciales, dans le cadre d’une vision commune de croissance inclusive.

L’Éthiopie, acteur stratégique dans la nouvelle géopolitique des BRICS

Depuis son entrée dans le bloc des BRICS, l’Éthiopie cherche à diversifier ses partenariats économiques et à se positionner comme un acteur incontournable en Afrique de l’Est. L’adhésion au groupe lui offre une tribune géopolitique plus large et l’accès à de nouveaux mécanismes de financement sud-sud, notamment via la Nouvelle Banque de Développement (NDB) des BRICS.

De son côté, la Chine voit en l’Éthiopie un partenaire clé pour ses ambitions africaines, dans le prolongement de son initiative « la Ceinture et la Route » (BRI), qui soutient la connectivité et les infrastructures entre l’Asie et l’Afrique.

Des engagements réaffirmés pour un développement partagé

Lors des récentes rencontres bilatérales, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à travailler de manière coordonnée au sein des BRICS pour promouvoir un ordre économique plus équitable et multipolaire. Le ministre éthiopien des Finances a souligné l’importance de cette relation avec la Chine, qualifiant le partenariat de « pilier du développement éthiopien au cours des deux dernières décennies ».

Pour la Chine, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation de ses liens avec les pays émergents, dans une logique de coopération gagnant-gagnant.

Une nouvelle ère pour les relations sino-éthiopiennes

Alors que les BRICS s’imposent progressivement comme un contrepoids aux institutions économiques occidentales traditionnelles, le partenariat renforcé entre la Chine et l’Éthiopie témoigne de l’émergence d’un nouvel équilibre géoéconomique. Une collaboration qui pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains désireux d’exploiter pleinement leur appartenance aux BRICS.

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Visite officielle en Chine : Ousmane Sonko débute son déplacement à Hangzhou

Le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a entamé ce lundi une visite officielle en Chine. Première étape de ce déplacement diplomatique : la ville de Hangzhou, un centre économique et technologique majeur de la côte est du pays. Cette visite marque un moment important dans la redéfinition des relations stratégiques entre Dakar et Pékin.

À Hangzhou, Ousmane Sonko a été accueilli par des responsables chinois et a visité plusieurs infrastructures de pointe, notamment dans les domaines du numérique, de l’innovation technologique et de l’économie verte. Il a également eu des échanges avec des chefs d’entreprise, notamment dans les secteurs de la logistique, de l’énergie et de l’industrie manufacturière.

Cette étape vise à explorer des opportunités de coopération dans des domaines clés pour le développement économique du Sénégal. Le chef du gouvernement a exprimé sa volonté de construire des partenariats reposant sur le transfert de compétences, l’investissement productif et la création d’emplois locaux. Dans ses interventions, Ousmane Sonko a souligné l’importance d’un partenariat « équilibré, respectueux des priorités africaines et porteur de transformations concrètes ».

La visite se poursuivra dans les prochains jours à Pékin, où plusieurs rencontres bilatérales de haut niveau sont prévues, notamment avec des membres du gouvernement chinois. Des protocoles d’accord dans les secteurs de l’agriculture, de la formation professionnelle, des infrastructures et de la santé pourraient être signés à cette occasion.


Une nouvelle dynamique de coopération

La Chine est un partenaire économique majeur du Sénégal depuis de nombreuses années, notamment dans les infrastructures, les technologies et les échanges commerciaux. Mais cette visite pourrait inaugurer une nouvelle phase, plus orientée vers la souveraineté économique, l’industrialisation locale et la montée en compétences des ressources humaines sénégalaises.

Le choix de la Chine comme première grande destination en Asie depuis sa nomination confirme l’ambition d’Ousmane Sonko de diversifier les partenariats du Sénégal, tout en consolidant des alliances stratégiques dans un monde multipolaire.

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Niger – Chine : Entre tensions et réajustements, Niamey cherche à préserver ses relations

Le Niger a récemment expulsé les dirigeants de trois sociétés pétrolières chinoises opérant sur son territoire : la China National Petroleum Corporation (CNPC), la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ) et la West African Petroleum Company (WAPCO). Cette décision, annoncée le 12 mars 2025, leur accordait un délai de 48 heures pour quitter le pays. 

Les autorités nigériennes reprochent à ces entreprises plusieurs manquements, notamment :

  • Le refus d’appliquer une échelle salariale équitable aux travailleurs locaux. 
  • Le non-respect des quotas de fournisseurs locaux dans les contrats. 
  • Le manque de formation et de promotion du personnel nigérien. 
  • Le refus de transférer des technologies pour renforcer les compétences nationales. 

 

Parallèlement, le gouvernement a révoqué définitivement la licence d’exploitation de l’hôtel Soluxe International à Niamey, géré par la société chinoise Soluxe International SARL. Les motifs invoqués incluent des pratiques discriminatoires, des travaux d’extension non autorisés et des déclarations fiscales erronées. 

Ces mesures s’inscrivent dans une volonté des autorités nigériennes de renforcer le contrôle sur le secteur pétrolier et d’assurer que l’exploitation des ressources naturelles bénéficie prioritairement à la population locale. Le gouvernement a également exprimé le souhait d’intégrer le capital de WAPCO et de désigner des représentants nigériens aux postes opérationnels de la CNPC, avec des droits et avantages équivalents à leurs homologues chinois. 

Conscient des implications diplomatiques de ces décisions, Niamey cherche à éviter une détérioration de ses relations avec Pékin. Lors d’un point presse le 19 mars, le gouvernement nigérien a tenté d’apaiser les tensions en affirmant que ces mesures visaient à rééquilibrer les partenariats et à garantir le respect des lois en vigueur, sans animosité envers la Chine. 

Cette situation reflète une tendance plus large en Afrique, où certains pays réévaluent leurs relations avec la Chine pour s’assurer que les collaborations soient mutuellement bénéfiques et respectueuses des réglementations locales.