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Guinée : Aboubacar Kourouma signe la Convention d’Accra pour faciliter le commerce et le financement des PME.

La Guinée franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son environnement commercial. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma, a signé, lundi 26 octobre 2026 à Accra, au Ghana, la Convention des Nations Unies sur les documents de cargaison négociables, également appelée « Convention d’Accra ».

Adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 15 décembre 2025, cet instrument juridique vise à simplifier les échanges internationaux, à sécuriser les transactions et à faciliter le financement du commerce. Pour la Guinée, cette signature s’inscrit dans une démarche de renforcement de la compétitivité des entreprises et d’intégration aux chaînes de valeur régionales et mondiales.

La convention établit un cadre commun pour l’utilisation de documents représentant des marchandises en transit, qu’elles soient transportées par voie maritime, routière, ferroviaire ou aérienne. Elle prévoit également la possibilité d’utiliser ces documents sous forme électronique, selon les conditions définies par le texte.

Un nouvel outil pour sécuriser les échanges commerciaux

Jusqu’à présent, les documents négociables permettant de représenter juridiquement des marchandises en transit étaient principalement associés au transport maritime, notamment à travers le connaissement. La Convention d’Accra étend cette possibilité aux autres modes de transport et facilite l’utilisation d’un document unique pour un trajet multimodal.

Ce dispositif doit permettre de mieux encadrer le transfert des droits sur les marchandises pendant leur acheminement. Il vise aussi à réduire certaines contraintes documentaires et à améliorer la sécurité juridique des opérations entre exportateurs, importateurs, transporteurs et établissements financiers.

La reconnaissance des documents électroniques constitue un autre volet important de la réforme. Elle ouvre la voie à une dématérialisation accrue des procédures commerciales, avec des gains potentiels en matière de traçabilité, de délais de traitement et d’efficacité logistique.

Un accès au financement potentiellement facilité pour les PME

L’un des principaux enjeux de cette convention concerne le financement du commerce. Les documents de cargaison négociables peuvent permettre aux entreprises de mobiliser les droits associés à des marchandises en transit dans le cadre d’opérations commerciales ou de financement, sous réserve des règles applicables et de l’accord des acteurs concernés.

Pour les petites et moyennes entreprises (PME), souvent confrontées à des difficultés d’accès au crédit bancaire, ce mécanisme pourrait ouvrir de nouvelles possibilités de financement. Il pourrait notamment aider les opérateurs à soutenir leurs activités d’importation et d’exportation sans attendre la livraison finale des marchandises.

Toutefois, les bénéfices ne seront pas automatiques. Ils dépendront notamment de la ratification de la convention, de son intégration dans le droit national, de l’adaptation des procédures administratives et de la capacité des banques à utiliser ces nouveaux instruments.

Un levier pour accompagner les ambitions de Simandou 2040

Pour les autorités guinéennes, la modernisation des procédures commerciales représente un enjeu important dans la mise en œuvre du programme Simandou 2040, qui ambitionne de soutenir la transformation économique du pays.

Le développement des infrastructures, l’industrialisation et la valorisation des ressources nationales nécessitent des circuits logistiques efficaces ainsi qu’un environnement des affaires plus prévisible. Des procédures commerciales simplifiées pourraient contribuer à réduire les contraintes rencontrées par les producteurs, les industriels et les exportateurs.

L’amélioration de la circulation des marchandises et de l’accès au financement pourrait également soutenir les entreprises impliquées dans les chaînes d’approvisionnement, notamment celles qui fournissent des équipements ou des services aux secteurs minier, industriel et agricole.

Un pas supplémentaire vers l’intégration économique africaine

La signature de la Convention d’Accra intervient dans un contexte de renforcement des initiatives destinées à faciliter les échanges sur le continent, notamment dans le cadre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

En harmonisant les règles relatives aux documents de cargaison négociables, cet instrument pourrait contribuer à fluidifier le transport transfrontalier, à faciliter les opérations multimodales et à renforcer les échanges entre les économies africaines.

Pour la Guinée, dont les ambitions minières et industrielles nécessitent des liaisons logistiques performantes, l’enjeu est de transformer cet engagement international en améliorations concrètes pour les opérateurs économiques.

La ratification, prochaine étape décisive

La signature du texte ne signifie pas que la convention est déjà pleinement applicable en Guinée. Le pays devra suivre les procédures constitutionnelles nécessaires à sa ratification, puis prendre les mesures permettant de mettre ses dispositions en œuvre.

Selon les Nations Unies, la convention entrera en vigueur 180 jours après le dépôt du dixième instrument de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion. Elle n’était pas encore entrée en vigueur au 26 octobre 2026.

La signature par la Guinée constitue donc un engagement en faveur de la modernisation du commerce, mais son impact dépendra des prochaines étapes institutionnelles et de l’appropriation du dispositif par les entreprises, les banques et les administrations.

À terme, l’objectif est de rendre les échanges plus fluides, de renforcer la sécurité des transactions et d’offrir aux entreprises guinéennes de meilleures conditions pour accéder aux marchés africains et internationaux.