
Mali : prolongation de sept ans des fonds de garantie pour soutenir le financement du secteur privé.
Le gouvernement malien a décidé de maintenir pour une durée de sept ans les ressources logées au Fonds de garantie pour le secteur privé (FGSP), un dispositif clé destiné à faciliter l’accès au crédit des entreprises. L’enveloppe concernée dépasse 28 milliards de FCFA et vise à renforcer les mécanismes de soutien au financement dans un contexte économique marqué par plusieurs contraintes structurelles.
La décision a été actée lors du Conseil des ministres du 3 juin 2026, tenu à Bamako sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta. Elle porte sur la signature d’un avenant à la convention de gestion conclue en juin 2023 entre l’État et le FGSP.
Une enveloppe issue des dispositifs post-COVID et des fonds affectés
Le prolongement concerne deux principales lignes de financement : les « Fonds COVID-19 », évalués à 20 milliards de FCFA, et les « Fonds affectés », d’un montant de 8,482 milliards de FCFA, soit un total global de 28,482 milliards de FCFA.
Selon les autorités, ces ressources ont déjà permis de soutenir le système de financement de l’économie en sécurisant les risques bancaires liés aux prêts accordés aux entreprises. À l’approche de l’échéance initiale des fonds COVID-19, le FGSP a sollicité leur alignement sur la durée des fonds affectés afin d’assurer la continuité des interventions.
Un levier pour l’accès au crédit des entreprises
Le Fonds de garantie pour le secteur privé est un établissement financier public chargé de faciliter l’accès au crédit en partageant le risque avec les banques et les institutions financières décentralisées. Il intervient principalement en faveur des petites et moyennes entreprises, souvent confrontées à des difficultés d’accès au financement en raison du manque de garanties ou du niveau de risque perçu.
L’extension décidée par les autorités vise à renforcer la capacité du dispositif à encourager les établissements financiers à accroître leurs prêts au secteur productif, en réduisant une partie du risque supporté.
Des résultats déjà significatifs dans le financement de l’économie
Selon les données du ministère de l’Économie et des Finances, le FGSP a enregistré près de 500 milliards de FCFA d’engagements de garantie entre 2015, date du démarrage effectif de ses activités, et la fin de l’année 2023.
Ces interventions ont permis de mobiliser environ 1 200 milliards de FCFA de financements bancaires au profit d’environ 20 000 entreprises, contribuant à la création ou à la préservation d’environ 205 000 emplois.
Le Fonds dispose par ailleurs d’un capital social supérieur à 12 milliards de FCFA et intervient sans se substituer aux banques, mais en partageant le risque afin de faciliter la prise de décision en matière de crédit.
Un contexte économique encore contraint
Cette prolongation intervient dans un environnement économique marqué par des défis persistants, notamment les contraintes sécuritaires, les tensions énergétiques, les pressions sur les finances publiques et les difficultés d’accès au financement pour les entreprises.
Dans ce contexte, l’accès au crédit demeure un enjeu central pour le tissu productif, en particulier pour les investissements, le fonds de roulement et la modernisation des équipements.
Le Fonds monétaire international prévoit une croissance réelle de 5,5 % pour le Mali en 2026, mais les autorités reconnaissent que cette dynamique reste exposée à plusieurs risques, notamment les chocs climatiques et les incertitudes sécuritaires.
Des modalités encore à préciser
Le communiqué du Conseil des ministres ne précise pas les secteurs prioritaires, les plafonds de garantie, les critères d’éligibilité ni la répartition des ressources entre les différentes catégories d’entreprises. Ces éléments devront être définis ultérieurement par les autorités financières en concertation avec le FGSP et les partenaires du système bancaire.
La prolongation des « Fonds de résilience » vise ainsi à assurer la continuité d’un dispositif jugé stratégique pour le financement de l’économie malienne et le soutien au secteur privé au cours des prochaines années.

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