Un partenariat stratégique pour renforcer l’inclusion financière dans cinq pays africains
L’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles au développement des petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique. Afin de répondre à ce défi, la Société financière internationale (IFC), institution du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, et le Groupe Baobab ont conclu un partenariat stratégique visant à mobiliser jusqu’à 100 millions de dollars en faveur des entreprises africaines.
L’accord, annoncé en marge de l’édition 2026 de l’Africa CEO Forum à Kigali, prévoit la mise en place d’un mécanisme de partage des risques destiné à faciliter l’octroi de crédits aux PME dans plusieurs marchés clés du continent.
Cinq pays ciblés par le dispositif
Le programme couvrira le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali et la République démocratique du Congo (RDC), où les besoins de financement des petites entreprises restent particulièrement importants.
Dans le cadre de cette facilité, IFC garantira 50 % d’un portefeuille de prêts pouvant atteindre 100 millions de dollars. Ce mécanisme permettra au Groupe Baobab d’accroître sa capacité de financement tout en limitant son exposition au risque, ouvrant ainsi la voie à un volume plus important de crédits destinés aux entreprises.
Les financements accordés pourront s’étendre sur une durée maximale de cinq ans, offrant davantage de flexibilité aux entrepreneurs pour développer leurs activités et investir dans leur croissance.
Réduire les barrières d’accès au crédit
À travers cette initiative, les deux partenaires entendent répondre à l’un des principaux freins auxquels sont confrontées les PME africaines : la difficulté d’accéder aux financements bancaires traditionnels.
Dans de nombreux pays du continent, les petites entreprises peinent à obtenir des prêts en raison d’exigences élevées en matière de garanties ou d’un historique financier insuffisant. Cette situation limite leur capacité à investir, à recruter et à renforcer leur compétitivité.
Le nouveau dispositif vise ainsi à élargir le nombre d’entreprises éligibles au crédit, notamment celles qui demeurent exclues des circuits financiers classiques.
Un soutien particulier aux primo-emprunteurs
L’accord accorde une attention particulière aux nouveaux entrepreneurs et aux primo-emprunteurs, une catégorie souvent considérée comme plus risquée par les institutions financières.
Selon les données du Groupe Baobab, près d’un prêt sur cinq accordé aux PME est déjà destiné à des entreprises qui accèdent pour la première fois au financement formel. Le partenariat avec IFC devrait permettre d’amplifier cette dynamique en facilitant davantage l’accès aux ressources financières pour les jeunes entreprises à fort potentiel.
Cette orientation s’inscrit dans une volonté plus large de favoriser l’émergence d’un tissu entrepreneurial solide, capable de soutenir la croissance économique et la création d’emplois dans les pays concernés.
L’entrepreneuriat féminin au cœur du programme
L’initiative ambitionne également de renforcer le financement des entreprises dirigées par des femmes, qui continuent de faire face à des obstacles spécifiques dans l’accès aux services financiers.
Dans de nombreuses économies africaines, les entrepreneures disposent souvent de garanties limitées et rencontrent davantage de difficultés pour obtenir des crédits adaptés à leurs besoins.
Grâce à ce mécanisme, IFC et le Groupe Baobab souhaitent favoriser l’octroi de prêts plus importants et de maturités plus longues aux entreprises féminines afin de soutenir leur développement et leur contribution à l’économie locale.
Une ambition commune pour l’inclusion financière
Pour le directeur général du Groupe Baobab, Philip Sigwart, ce partenariat marque une étape importante dans la stratégie de l’institution en faveur de l’inclusion financière sur le continent.
Selon lui, cette collaboration avec IFC permettra d’élargir l’offre de financement destinée aux PME ambitieuses et aux entrepreneurs encore insuffisamment desservis par les systèmes financiers traditionnels.
Au-delà du volume des financements mobilisés, cette initiative traduit la volonté des deux institutions de contribuer à la transformation économique des marchés africains en soutenant les acteurs qui constituent le socle de l’activité économique : les petites et moyennes entreprises.
Dans un contexte où les PME représentent la majorité du tissu entrepreneurial africain et une part significative des emplois créés, ce partenariat apparaît comme un levier important pour renforcer l’investissement privé, stimuler la croissance et favoriser une inclusion financière plus large à travers plusieurs économies du continent.

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