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AES-Cédéao : à Dakar, les deux blocs engagent des négociations pour redéfinir leur coopération.

Après près de vingt et un mois de rupture institutionnelle, la Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont engagé, samedi 17 octobre 2026 à Dakar, des négociations formelles en vue de définir un nouveau cadre de coopération. Cette initiative marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux organisations, sans remettre en cause le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de l’organisation ouest-africaine.

Au terme de cette rencontre, les deux parties ont convenu de mettre en place des groupes de travail thématiques conjoints chargés de poursuivre les discussions autour d’un projet d’accord-cadre. Celui-ci couvre 18 domaines prioritaires, répartis en cinq pôles, notamment la libre circulation des personnes et des biens, le commerce et la sécurité.

Les conclusions de ces travaux techniques devront être soumises aux ministres avant la tenue d’une prochaine session ministérielle. La date et le lieu de cette rencontre seront fixés ultérieurement par voie diplomatique.

L’objectif est de préserver les relations économiques, humaines et sécuritaires entre les pays membres des deux ensembles, malgré leurs divergences politiques et leur séparation institutionnelle.

Une rupture institutionnelle aux conséquences régionales

Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cédéao, devenu effectif le 29 janvier 2025, a profondément modifié le paysage de l’intégration ouest-africaine. Réunis au sein de l’AES, les trois États sahéliens ont choisi de poursuivre leur coopération régionale en dehors de l’organisation.

Cette séparation n’a toutefois pas effacé les liens historiques, économiques et sociaux entre les populations. La circulation des personnes, les échanges commerciaux et la coopération sécuritaire demeurent des enjeux majeurs pour les deux ensembles, dont les territoires et les économies restent étroitement liés.

Dès janvier 2025, des informations relayées par APA faisaient état du maintien de certains droits de circulation malgré le retrait. Cette question illustrait les difficultés pratiques liées à la coexistence de deux espaces institutionnels distincts, mais toujours interdépendants.

De Bamako à Dakar, un dialogue difficile à relancer

Les premières consultations formelles entre l’AES et la Cédéao se sont tenues à Bamako le 22 mai 2025. Elles visaient à baliser les négociations et à établir les bases d’un nouveau cadre relationnel.

Le processus a cependant connu des interruptions. Le 27 novembre 2025, les ministres des Affaires étrangères de l’AES ont exprimé leurs regrets face à l’arrêt des discussions avec l’organisation ouest-africaine, soulignant les difficultés à instaurer un dialogue régulier.

Les initiatives diplomatiques ont repris en 2026. Le 25 mai, le médiateur de la Cédéao, Lansana Kouyaté, a rencontré le président burkinabè, Ibrahim Traoré, dans le cadre des démarches visant à favoriser la coopération entre les deux parties.

Le 6 juillet, Ibrahim Traoré a plaidé pour un nouveau cadre de relations avec la Cédéao, insistant notamment sur la souveraineté des États et la préservation des acquis de l’intégration régionale.

De son côté, la Cédéao a confirmé, le 21 juillet, que les négociations avec les trois pays seraient menées collectivement. Le mandat de Lansana Kouyaté en qualité de négociateur en chef a été prolongé jusqu’en décembre 2026.

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AES : les experts réunis à Bamako pour accélérer l’intégration économique

Les travaux préparatoires de la 5ᵉ réunion des ministres chargés de l’Industrie et du Commerce de la Confédération des États du Sahel (AES) ont débuté samedi 26 septembre 2026 à Bamako. Pendant deux jours, des experts du Mali, du Burkina Faso et du Niger examinent plusieurs dossiers destinés à renforcer l’intégration économique entre les trois pays.

Une feuille de route en préparation

La rencontre doit permettre de faire le point sur la mise en œuvre du Plan d’actions prioritaires de l’AES et d’identifier les principaux obstacles à la libre circulation des personnes et des biens. Les participants se penchent également sur l’attractivité des investissements, les mécanismes de financement des secteurs stratégiques ainsi que sur la lutte contre la fraude et la concurrence déloyale.

Les discussions portent par ailleurs sur plusieurs initiatives communes, notamment le projet de création d’une centrale d’achat de produits essentiels et la mise en place d’un Observatoire du climat des affaires. Ces mécanismes doivent contribuer à faciliter les échanges et à améliorer l’environnement économique au sein de l’espace confédéral.

Une session spécifique est consacrée aux difficultés rencontrées dans les secteurs du commerce, de l’entrepreneuriat, de l’industrialisation et de l’investissement endogène. La participation du secteur privé doit permettre de faire remonter les contraintes auxquelles sont confrontées les entreprises dans les trois pays.

Vers une zone économique plus intégrée

Les conclusions des travaux techniques serviront de base aux discussions de la 5ᵉ réunion ministérielle, prévue lundi 28 septembre à Bamako. Les ministres devront notamment examiner les propositions formulées par les experts et travailler à l’élaboration d’une feuille de route destinée à renforcer les échanges et la coopération industrielle au sein de l’AES.

Cette dynamique s’inscrit dans la volonté affichée par les trois États de renforcer leur coopération économique depuis la création de l’espace confédéral. Les discussions portent notamment sur la mise en place de mécanismes communs susceptibles de faciliter les échanges, les investissements et la transformation industrielle.

Un marché de plusieurs dizaines de millions d’habitants

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger disposent d’un marché commun potentiel de plusieurs dizaines de millions de consommateurs. Selon les données de la Banque mondiale, leurs PIB nominaux de 2024 s’établissaient respectivement à environ 26,8 milliards de dollars pour le Mali, 23,1 milliards pour le Burkina Faso et 19,7 milliards pour le Niger, soit près de 69,6 milliards de dollars cumulés.

Les trois pays utilisent par ailleurs le franc CFA et sont membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cette situation pose la question de l’articulation entre les initiatives économiques développées au sein de l’AES et les cadres communautaires auxquels les trois États restent liés.

Des décisions attendues sur les projets communs

Les travaux de Bamako doivent ainsi permettre de préciser les priorités et le calendrier de mise en œuvre des différentes initiatives économiques envisagées par l’AES.

La réunion ministérielle du 28 septembre sera particulièrement suivie sur les mesures destinées à faciliter la circulation des biens et des personnes, à soutenir les entreprises et à renforcer les investissements. Les conclusions adoptées pourraient constituer une nouvelle étape dans la construction d’un espace économique commun entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

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À New York, l’AES renforce son dialogue avec plusieurs partenaires européens.

En marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, les ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) ont tenu, mardi 22 septembre 2026 à New York, une séance de travail avec leurs homologues d’Allemagne, d’Italie et de Suisse. La rencontre a porté sur les enjeux politiques, sécuritaires et économiques qui concernent la Confédération et ses relations avec plusieurs partenaires européens.

Le dialogue politique au cœur des échanges

Selon les informations communiquées à l’issue de la rencontre, les discussions ont notamment porté sur la nécessité de maintenir un dialogue politique entre les différentes parties. Les responsables ont également abordé la situation sécuritaire au Sahel, notamment la menace terroriste, ainsi que la prise en compte des attentes des populations et des priorités définies par les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Cette réunion intervient alors que les trois pays cherchent à redéfinir leurs relations avec plusieurs partenaires internationaux, dans le cadre de leur nouvelle orientation diplomatique.

Des perspectives de coopération économique

Les échanges ont également porté sur les possibilités de développer les relations économiques, commerciales et industrielles entre l’AES et l’Allemagne, l’Italie et la Suisse. Les discussions ouvrent ainsi un espace consacré aux partenariats dans des secteurs susceptibles de contribuer au développement économique des pays membres de la Confédération.

Pour les autorités de l’AES, cette démarche s’inscrit dans une volonté de diversifier les partenariats internationaux et de privilégier des relations qu’elles présentent comme fondées sur le respect mutuel, les intérêts communs et l’égalité entre les partenaires.

Une nouvelle configuration diplomatique au Sahel

La rencontre s’inscrit dans un contexte de profonde recomposition des relations régionales. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont constitué l’Alliance des États du Sahel en septembre 2023, avant de transformer cette alliance en Confédération en juillet 2024.

Les trois pays ont également officialisé leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) le 29 janvier 2025. La CEDEAO avait alors précisé que des dispositions transitoires seraient maintenues afin d’éviter des perturbations pour les populations et les échanges, tout en ouvrant des discussions sur les modalités de leurs relations futures.

Sur le plan international, les autorités de l’AES ont parallèlement réorienté une partie de leurs partenariats sécuritaires et diplomatiques, notamment en renforçant leur coopération avec la Russie, tout en cherchant à maintenir des canaux de dialogue avec d’autres acteurs internationaux.

Vers la poursuite des échanges avec l’Europe

La réunion de New York illustre ainsi la volonté affichée par l’AES de maintenir des échanges avec différents partenaires européens malgré les transformations de son environnement diplomatique.

À l’issue de la séance, les ministres ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le dialogue politique et de développer des partenariats considérés comme mutuellement bénéfiques. Cette rencontre pourrait ainsi constituer un cadre supplémentaire pour explorer de nouvelles formes de coopération entre la Confédération sahélienne et plusieurs pays européens, notamment dans les domaines économique, commercial, industriel et sécuritaire.

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AES : d’importantes réserves minières recensées.

Les pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES), le Burkina Faso, le Mali et le Niger, disposent d’importantes réserves d’or, d’uranium, de lithium, de fer, de manganèse et de phosphates, selon des données présentées lundi à Ouagadougou lors d’une conférence sur le potentiel du sous-sol sahélien.

La conférence publique inaugurale de la 8e Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO), couplée à la première Semaine de l’Energie, des Mines et des Hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES), s’est tenue à l’Université Joseph-Ki-Zerbo, à la veille de l’ouverture officielle des deux événements.

Le directeur national de la Géologie et des Mines du Mali, Issa Coulibaly, a notamment fait état de 521 248 tonnes de réserves d’uranium au Niger, représentant, selon sa présentation, 36 % des réserves africaines et 5 % de la production mondiale.

L’or demeure l’un des principaux minerais exploités dans l’espace AES. Le Mali et le Burkina Faso affichent chacun une production industrielle annuelle comprise entre 50 et 65 tonnes, selon les données présentées au cours des échanges.

Le lithium constitue également une ressource stratégique. Au Mali, les gisements de Goulamina et de Bougouni totaliseraient plus de 200 millions de tonnes de réserves, avec une capacité visée de 500 000 tonnes de concentré par an.

Le potentiel minier comprend aussi environ 15 millions de tonnes de manganèse à Tambao, au Burkina Faso, et 10 millions de tonnes à Ansongo-Takabote, au Mali. Les réserves de fer sont estimées à plusieurs milliards de tonnes dans l’espace confédéral, dont 420 millions de tonnes à Say-Diabou au Mali et 80 millions de tonnes à Kola au Niger.

Le Mali disposerait en outre de plus de deux milliards de tonnes de bauxite dans la région de Kayes. Les réserves de phosphates sont estimées à 60 millions de tonnes à Kodjoari au Burkina Faso, 20 millions de tonnes à Bamba-Tilemsi au Mali et 1,125 milliard de tonnes dans le parc W-Tapoa au Niger.

« Les ressources ne peuvent nous appartenir que si nous les valorisons », a déclaré Issa Coulibaly, appelant les Etats de l’AES à renforcer la transformation locale des matières premières.

Le potentiel énergétique est également important. Selon le chercheur du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), Abdoulaye Compaoré, le potentiel solaire techniquement valorisable de l’espace AES est estimé à 95,9 GW, alors que les taux d’accès à l’électricité restent faibles, notamment au Burkina Faso, avec 34 %, et au Niger, avec 21 %.

Le potentiel éolien du Burkina Faso est évalué à 1,96 GW. L’hydroélectricité représenterait une capacité de 1 050 MW au Mali, 148 MW au Burkina Faso et 130 MW au Niger, tandis que le potentiel de production électrique à partir de la biomasse pourrait atteindre 21,1 GW dans l’espace confédéral.

Le Niger dispose par ailleurs d’un important potentiel pétrolier. Selon Ibrahim Kimba, directeur du Cadastre, de l’Exploration et de la Promotion pétrolière, le pays compte 45 blocs pétroliers, dont 35 ouverts à l’exploration. La production est présentée à 110 000 barils par jour, dont 90 000 destinés à l’exportation.

Face à ce potentiel, les responsables de l’AES mettent l’accent sur la transformation locale et une meilleure intégration des industries extractives aux économies nationales.

« Nos ressources ne doivent plus être une malédiction ou le sujet de convoitises extérieures, mais le carburant surtout de notre émergence », a déclaré le ministre burkinabè de l’Energie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba.

La SAMAO et la SEMH-AES se tiennent du 14 au 19 septembre à Ouagadougou autour de la gouvernance des ressources extractives et de leur valorisation.

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Le Parlement confédéral de l’AES officiellement installé à Niamey.

Le Niger a accueilli, lundi 24 août 2026 à Niamey, la session inaugurale du Parlement de la Confédération des États du Sahel (AES). Présidée par le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, cette cérémonie marque une nouvelle étape dans la mise en place des institutions communes du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

La nouvelle assemblée confédérale compte 45 députés, répartis à parts égales entre les trois États membres, avec 15 représentants pour chacun.

Vers une intégration renforcée entre les trois États

À l’ouverture des travaux, Ali Mahamane Lamine Zeine a présenté cette installation comme une étape importante dans l’opérationnalisation de l’espace communautaire créé par les trois pays.

L’AES, fondée en septembre 2023 puis transformée en Confédération en juillet 2024, entend renforcer la coopération entre ses membres dans plusieurs domaines, notamment la défense, la sécurité, la diplomatie et le développement économique et social.

Le Premier ministre nigérien a rappelé plusieurs initiatives engagées depuis la création de l’organisation. Il a notamment cité la mise en place d’une force unifiée destinée à renforcer la lutte contre les groupes armés, ainsi que la création de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement, conçue comme un instrument de financement des projets structurants.

Un Parlement appelé à accompagner la Confédération

L’installation du Parlement constitue également une avancée dans la construction de l’architecture institutionnelle de l’AES. Les députés auront notamment pour mission de se réunir en session afin d’examiner les grandes questions relatives à la vie et au fonctionnement de la Confédération et de formuler des avis sur les orientations communes.

Cette nouvelle institution vient ainsi compléter progressivement les mécanismes de coopération mis en place par les trois États depuis leur rapprochement.

L’information et la communication parmi les priorités

Le chef du gouvernement nigérien a également évoqué les initiatives communes engagées dans le secteur de l’information et de la communication. Il a notamment mentionné AES TV, basée à Bamako, une radio confédérale établie au Burkina Faso ainsi que le projet de création d’une agence d’information confédérale à Niamey.

Ces initiatives traduisent la volonté des autorités des trois pays de renforcer leurs outils de communication à l’échelle confédérale.

Avec l’installation de son Parlement, l’AES franchit ainsi une nouvelle étape dans la structuration de ses institutions communes. Le fonctionnement effectif de cette assemblée et sa capacité à contribuer aux décisions confédérales constitueront désormais des éléments importants pour mesurer l’évolution de l’intégration entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

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CAN 2032 : la CAF valide l’intérêt de l’AES

La Confédération africaine de football (CAF) a validé la déclaration d’intérêt du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour l’organisation conjointe de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2032. Cette étape permet aux trois pays de poursuivre le processus officiel de candidature, selon un communiqué de la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT).

La Confédération africaine de football (CAF) a confirmé que la déclaration d’intérêt du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2032 est officiellement acquise, a annoncé la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT).

Selon la FENIFOOT, cette validation est conforme à l’article 7.3 du règlement des candidatures de la CAF. Les fédérations des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) sont ainsi réputées avoir satisfait à l’exigence de dépôt d’une déclaration d’intérêt.

Cette reconnaissance ouvre la voie à la poursuite du processus officiel d’attribution des droits d’organisation de la CAN 2032.

La décision a été entérinée lors d’une réunion de travail tenue le 18 juillet à New York. Elle a réuni le président de la CAF, Patrice Motsepe, et les présidents des fédérations de football du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Au cours des échanges, le président de la CAF a pris acte de l’ambition commune des trois États de l’AES d’organiser conjointement la compétition. Il les a encouragés à poursuivre leurs efforts dans le respect des procédures établies.

La FENIFOOT s’est félicitée de cette avancée. Elle estime qu’elle traduit la volonté des trois pays de mettre en commun leurs capacités pour accueillir une CAN répondant aux standards internationaux.

La fédération nigérienne affirme enfin qu’elle poursuivra son travail avec les fédérations du Burkina Faso et du Mali afin de préparer le dossier de candidature, selon le communiqué.

Source : APANews.

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Coopération AES-Russie : Niamey institutionnalise un partenariat stratégique avec Moscou

La Confédération des États du Sahel (AES) et la Fédération de Russie franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations diplomatiques. Réunis mercredi à Niamey à l’occasion de la deuxième session ministérielle AES-Russie, les ministres des Affaires étrangères des deux parties ont signé un mémorandum instituant un mécanisme permanent de consultations politiques et diplomatiques, destiné à structurer durablement leur coopération.

Cet accord traduit la volonté commune d’inscrire les échanges entre Moscou et les trois États membres de l’AES – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – dans un cadre institutionnel stable, couvrant les domaines de la sécurité, de la diplomatie, du développement économique et de la coopération internationale.

Une coopération appelée à se renforcer

Autour de la table figuraient les ministres Abdoulaye Diop (Mali), Karamoko Jean Marie Traoré (Burkina Faso), Bakary Yaou Sangaré (Niger) et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Les quatre responsables ont réaffirmé leur engagement à approfondir un partenariat qu’ils présentent comme fondé sur le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’égalité entre les nations et la défense d’intérêts communs.

Cette deuxième session s’inscrit dans le prolongement de la première rencontre ministérielle organisée à Moscou en avril 2025, au cours de laquelle les bases d’une coopération élargie avaient été définies. Les ministres ont salué les avancées enregistrées depuis cette première réunion et ont adopté un programme de consultations couvrant la période 2026-2027.

À l’ouverture des travaux, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a estimé que le partenariat entre l’AES et la Russie dépasse désormais le seul champ sécuritaire pour s’étendre aux volets diplomatique, économique et commercial, dans un contexte marqué par la persistance des menaces terroristes et les défis géopolitiques auxquels sont confrontés les pays sahéliens.

De son côté, Sergueï Lavrov a réaffirmé la volonté de Moscou de développer avec les États de la Confédération un partenariat qu’il a qualifié de « mutuellement bénéfique », reposant sur une coopération durable et équilibrée.

Un mécanisme permanent de concertation

Le mémorandum signé à Niamey institue un cadre permanent de consultations entre les ministères des Affaires étrangères de l’AES et de la Russie. Ce dispositif vise à assurer un suivi régulier des décisions prises, à renforcer la coordination diplomatique et à favoriser une concertation continue sur les principaux dossiers d’intérêt commun.

Au-delà des échanges politiques, les deux parties souhaitent disposer d’un instrument capable d’accompagner la mise en œuvre de leurs engagements et de consolider leur dialogue stratégique dans la durée.

Sécurité : Moscou confirme son soutien à la Force unifiée de l’AES

Les questions sécuritaires ont occupé une place centrale lors des discussions. La Russie a renouvelé son engagement à accompagner le renforcement des capacités opérationnelles des armées des États membres de l’AES ainsi que de la Force unifiée de la Confédération (FU-AES), dont l’opérationnalisation constitue une priorité pour les autorités sahéliennes.

Les ministres ont convenu d’intensifier leur coopération militaire afin d’accélérer le déploiement effectif de cette force régionale, créée pour répondre aux défis sécuritaires communs et renforcer la lutte contre les groupes armés terroristes dans l’espace sahélien.

Le communiqué final condamne avec fermeté les attaques terroristes visant les États membres de l’AES et appelle à une coopération internationale renforcée dans la lutte contre le terrorisme. Le texte évoque également l’implication présumée de certains acteurs étatiques extérieurs dans des actions considérées comme déstabilisatrices à l’encontre des pays de la Confédération.

Une convergence diplomatique sur les enjeux internationaux

Les ministres ont également affiché leur volonté de renforcer leur coordination au sein des Nations unies et des autres organisations internationales. Les deux parties défendent une vision des relations internationales fondée sur le respect de la souveraineté des États, le rejet des ingérences extérieures et la promotion d’un ordre mondial qu’elles jugent plus équilibré et multipolaire.

Cette convergence diplomatique s’inscrit dans la stratégie de diversification des partenariats internationaux engagée par les États de l’AES depuis leur création.

Une coopération économique appelée à se développer

Au-delà des questions sécuritaires, les deux partenaires entendent donner une nouvelle impulsion à leur coopération économique. Les ministres ont réaffirmé leur volonté de soutenir la réalisation de projets structurants en mobilisant notamment la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), en collaboration avec les institutions financières russes compétentes.

Ils ont également encouragé le développement des échanges entre les entreprises russes et celles des États membres de l’AES, conformément aux orientations définies dans la feuille de route de l’an II de la Confédération.

Addis-Abeba, une étape diplomatique avant Niamey

Avant de rejoindre Niamey, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait effectué une étape à Addis-Abeba le 7 juillet, où il s’était entretenu avec le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf. Les échanges avaient porté sur l’évolution du partenariat entre la Russie et l’Union africaine, ainsi que sur plusieurs dossiers liés à la paix, à la sécurité et à la stabilité du continent africain, avec une attention particulière portée à la situation au Sahel.

Cette séquence diplomatique illustre la volonté de Moscou de consolider sa présence politique en Afrique tout en renforçant ses relations avec les organisations régionales et continentales.

Prochain rendez-vous en Russie en 2027

Conformément au principe d’alternance adopté par les deux partenaires, la troisième session ministérielle AES-Russie se tiendra en 2027 en Fédération de Russie. Ce prochain rendez-vous permettra d’évaluer la mise en œuvre des engagements pris à Niamey et de définir les nouvelles priorités de cette coopération stratégique en pleine évolution.

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AES : Le Mali, le Burkina Faso et le Niger actent leur retrait de la CPI.

Les États de l’AES notifient officiellement leur départ de la Cour pénale internationale, effectif en 2027

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement engagé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI) en transmettant leurs notifications aux Nations unies. Cette décision, qui s’inscrit dans la stratégie de réaffirmation de la souveraineté portée par l’Alliance des États du Sahel (AES), ne produira toutefois ses effets qu’en juin 2027, conformément aux dispositions du Statut de Rome.

Cette nouvelle étape traduit la volonté des trois pays sahéliens de redéfinir leurs relations avec certaines institutions internationales, dans un contexte marqué par une remise en question croissante des mécanismes multilatéraux.

Un retrait encadré par le Statut de Rome

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a officiellement enregistré les notifications transmises par les trois États.

Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale, un retrait ne devient effectif qu’un an après sa notification. Les engagements internationaux du Mali, du Burkina Faso et du Niger envers la juridiction de La Haye demeureront donc en vigueur jusqu’en juin 2027.

Durant cette période transitoire, les trois pays restent tenus de respecter leurs obligations à l’égard de la Cour.

Une décision présentée comme un choix de souveraineté

Les autorités de l’Alliance des États du Sahel justifient cette décision par leur volonté de renforcer leur souveraineté judiciaire.

Depuis plusieurs mois, les gouvernements des trois pays dénoncent ce qu’ils considèrent comme une justice internationale insuffisamment impartiale et accusent la CPI de concentrer une part importante de ses enquêtes sur les États africains.

Selon eux, cette orientation nourrit le sentiment d’une justice sélective et politiquement instrumentalisée, notamment dans le traitement des affaires liées aux conflits armés et aux violations des droits humains.

À travers ce retrait, les dirigeants de l’AES entendent affirmer leur capacité à traiter eux-mêmes les questions judiciaires relevant de leur compétence nationale.

La CPI rappelle le maintien des obligations des États

La Cour pénale internationale a pris acte de la décision des trois États tout en rappelant que le retrait ne les dispense pas immédiatement de leurs engagements.

Les procédures et enquêtes ouvertes avant l’entrée en vigueur du retrait continueront de suivre leur cours. Les États concernés resteront également tenus de coopérer avec la Cour jusqu’à la date effective de leur départ.

Cette disposition vise à garantir la continuité des procédures engagées avant la dénonciation du traité.

Un nouveau signal de la stratégie de rupture de l’AES

Au-delà de ses implications juridiques, cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger depuis la création de l’Alliance des États du Sahel.

Les trois pays multiplient les initiatives destinées à redéfinir leurs relations avec plusieurs organisations régionales et internationales, dans une logique de renforcement de leur autonomie politique, diplomatique et institutionnelle.

Le retrait annoncé de la CPI relance également le débat sur l’avenir de la justice pénale internationale en Afrique, ainsi que sur la capacité des États à poursuivre eux-mêmes les auteurs de crimes internationaux tout en garantissant les principes d’indépendance, d’impartialité et de lutte contre l’impunité.

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AES : le Burkina Faso, le Mali et le Niger renforcent leur diplomatie commune face aux défis sécuritaires.

Réunis à Bamako dans le cadre d’une rencontre ministérielle consacrée à la diplomatie confédérale, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont décidé d’intensifier leur coordination afin de renforcer la visibilité et l’influence de la Confédération des États du Sahel (AES) sur la scène internationale. Les trois pays ont également réaffirmé leur détermination à faire face aux menaces sécuritaires et aux tentatives de déstabilisation visant l’espace sahélien.

Cette réunion de haut niveau, présidée par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a rassemblé son homologue malien Abdoulaye Diop ainsi que le chef de la diplomatie nigérienne, Bakary Yaou Sangaré. Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du pilier diplomatique de la feuille de route de la deuxième année d’existence de la Confédération AES.

Une ambition commune : porter une voix unifiée sur la scène internationale

Au terme des travaux, les trois ministres ont adopté une série de mesures destinées à approfondir l’intégration diplomatique de la Confédération. L’objectif affiché est de permettre aux États membres de défendre des positions concertées sur les grandes questions régionales et internationales et de renforcer leur capacité d’influence dans les instances multilatérales.

Les participants ont salué les progrès enregistrés grâce au mécanisme de concertation diplomatique déjà en place, estimant qu’il a favorisé une meilleure harmonisation des positions des trois États sur plusieurs dossiers stratégiques.

Dans cette dynamique, les ministres ont appelé à une coopération accrue entre les représentations diplomatiques et consulaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger à travers le monde. Ils ont également convenu de poursuivre les réflexions relatives à la création d’une carte diplomatique confédérale, un projet destiné à rationaliser et renforcer la présence internationale de l’AES.

La préparation de la 81e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue en septembre 2026 à New York, figurait également parmi les priorités abordées. Les trois pays entendent y défendre des positions communes sur plusieurs enjeux majeurs touchant à la sécurité, au développement et à la souveraineté des États.

Des avancées institutionnelles saluées

Les ministres ont par ailleurs mis en avant les progrès réalisés dans la construction institutionnelle de la Confédération. Ils ont notamment salué l’adoption et l’entrée en vigueur de plusieurs instruments juridiques destinés à structurer davantage le fonctionnement de l’organisation et à accélérer l’intégration entre les États membres.

Pour les responsables diplomatiques, ces avancées traduisent la volonté politique des chefs d’État de faire de l’AES un cadre durable de coopération et de solidarité entre les peuples du Sahel.

Une condamnation ferme des attaques et des tentatives de déstabilisation

Sur le volet sécuritaire, les chefs de la diplomatie sahélienne ont exprimé leur vive préoccupation face à la persistance des menaces terroristes dans la région. Ils ont condamné avec fermeté les attaques récentes visant les institutions et les infrastructures stratégiques des pays membres.

Le communiqué final évoque notamment l’attaque menée le 25 avril 2026 contre les institutions de la transition au Mali ainsi que la tentative d’incursion contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey survenue le 18 juin dernier.

Les ministres ont rendu hommage aux forces de défense et de sécurité des trois pays pour leur réactivité et leur engagement, tout en saluant la mobilisation des populations face à ces menaces.

Ils ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme des actions de déstabilisation orchestrées par des groupes terroristes avec l’appui de soutiens extérieurs, estimant que ces manœuvres visent à freiner la consolidation de la Confédération.

L’AES veut renforcer sa riposte informationnelle

Les trois responsables ont également abordé la question de la guerre informationnelle et des campagnes de désinformation visant, selon eux, les États membres de la Confédération.

Ils ont dénoncé la diffusion de contenus jugés hostiles à l’AES et ont annoncé leur volonté de renforcer la coopération entre les structures nationales de communication afin de mieux coordonner la réponse institutionnelle face aux opérations de manipulation de l’information.

Cette approche vise à promouvoir une communication commune et à valoriser les actions entreprises par les États membres dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance et du développement.

Vers une consolidation accrue de l’espace sahélien

À travers cette rencontre, le Burkina Faso, le Mali et le Niger réaffirment leur volonté de poursuivre la mise en œuvre des orientations fixées par les chefs d’État de la Confédération. Les trois pays entendent approfondir leur coopération diplomatique, renforcer leur coordination sécuritaire et accélérer les mécanismes d’intégration régionale.

Dans un contexte marqué par de profondes mutations géopolitiques et sécuritaires au Sahel, les autorités de l’AES affichent leur ambition de construire un espace fondé sur la souveraineté, la solidarité et la défense des intérêts communs des peuples sahéliens.

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AES : Burkina Faso, Mali et Niger misent sur l’industrialisation pour accélérer l’intégration économique.

Une concertation régionale pour transformer les économies sahéliennes

Les ministres en charge de l’économie et du commerce du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont engagé à Ouagadougou une réflexion stratégique sur l’accélération de l’industrialisation et le développement du commerce intra-confédéral au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement de l’intégration économique régionale, avec un accent particulier sur la transformation locale des ressources naturelles.

La rencontre a été ouverte par le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, en présence de représentants gouvernementaux et d’acteurs économiques des trois pays membres de l’organisation.

Une étape après les travaux techniques des experts

Ces travaux ministériels font suite à une réunion préparatoire tenue les 13 et 14 juin, au cours de laquelle des experts ont évalué l’état d’avancement des recommandations déjà formulées et proposé de nouvelles pistes visant à dynamiser la production et à faciliter les échanges commerciaux entre les États membres.

Cette phase de concertation technique a permis de poser les bases des discussions actuelles, centrées sur la mise en œuvre concrète des politiques économiques communes au sein de l’espace AES.

Trois priorités au cœur de la stratégie économique

Dans son allocution d’ouverture, le chef du gouvernement burkinabè a insisté sur la nécessité de traduire les engagements politiques en actions opérationnelles, estimant que la phase actuelle est décisive pour la construction d’un espace économique intégré.

Trois axes prioritaires ont été identifiés. Le premier concerne l’industrialisation endogène, qui vise à favoriser la transformation locale des matières premières afin de réduire la dépendance des économies sahéliennes aux exportations brutes.

Le deuxième axe porte sur la fluidification du commerce intra-confédéral. Selon les analyses de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), les échanges intra-africains restent encore limités, représentant environ 15 % des exportations totales du continent, ce qui met en évidence le faible niveau d’intégration commerciale régionale.

Le troisième axe concerne l’harmonisation des cadres réglementaires et fiscaux, avec pour objectif de renforcer la protection des industries locales et de limiter les distorsions de concurrence entre les États membres.

Des économies riches en ressources mais peu transformées

Les trois pays disposent de ressources naturelles importantes mais encore insuffisamment valorisées localement. Le secteur extractif constitue notamment un pilier central de leurs économies.

Le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les principaux producteurs d’or en Afrique de l’Ouest, tandis que le Niger dispose de ressources stratégiques telles que l’uranium et le pétrole. Les données issues de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) indiquent que la production aurifère combinée du Mali et du Burkina Faso dépasse régulièrement les 100 tonnes par an, confirmant le poids structurant de ce secteur dans leurs économies.

Cependant, plusieurs rapports de la Banque mondiale soulignent que ces pays restent caractérisés par une industrialisation limitée et une forte dépendance à l’exportation de matières premières non transformées, ce qui réduit les possibilités de création de valeur ajoutée locale.

L’agriculture, un potentiel encore sous-exploité

Au-delà du secteur minier, l’agriculture constitue un autre pilier majeur de l’économie des trois États, employant une large part de la population active. Toutefois, le faible niveau de transformation agro-industrielle limite la structuration de chaînes de valeur régionales capables de soutenir une croissance durable et compétitive.

Les acteurs institutionnels régionaux et internationaux s’accordent ainsi sur la nécessité d’accélérer le développement des infrastructures logistiques, de renforcer les capacités industrielles et de favoriser une meilleure intégration des marchés pour transformer ces ressources en leviers de développement.

Vers une économie sahélienne plus intégrée

En conclusion des travaux, le Premier ministre burkinabè, dont le pays assure la présidence de la Conférence des chefs d’État de l’AES, a salué l’engagement des dirigeants du bloc sahélien et rendu hommage aux forces armées des trois pays.

Les représentants du Mali et du Niger ont, de leur côté, réaffirmé leur volonté commune de promouvoir une économie davantage tournée vers la production et la transformation locale, dans l’objectif de réduire la dépendance extérieure et de renforcer la souveraineté économique de l’espace sahélien.