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COP17 : la Guinée plaide pour une restauration durable des terres africaines

En marge du segment ministériel de la 17ᵉ Conférence des Parties (COP17) consacrée à la lutte contre la désertification, la Guinée a réaffirmé son ambition de contribuer à la restauration des terres africaines et d’atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres à l’horizon 2030.

Portée par les orientations du président de la République, Mamadi Doumbouya, la position guinéenne s’inscrit dans une approche qui place la protection des ressources naturelles au cœur des priorités de développement et de souveraineté du pays.

Le capital naturel au cœur de la stratégie nationale

Devant les représentants des États parties à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, la délégation guinéenne a défendu l’idée que la préservation des terres constitue à la fois un enjeu environnemental, économique et stratégique.

Cette vision est notamment articulée avec le Programme Simandou 2040, présenté comme un cadre destiné à transformer les ressources minières en moteur de diversification économique et de développement humain, tout en renforçant les exigences de protection de l’environnement.

Les autorités guinéennes mettent ainsi en avant la nécessité de concilier exploitation des ressources naturelles, restauration des écosystèmes et préservation des intérêts des générations futures.

Une politique de fermeté contre l’exploitation illégale

La lutte contre l’exploitation minière clandestine constitue également l’un des axes de cette politique environnementale. Les opérations de fermeture de plusieurs sites d’orpaillage illégal ont été présentées comme une illustration de la volonté des autorités de mieux protéger les sols, les cours d’eau et les espaces forestiers soumis à une forte pression.

Pour Conakry, le développement économique ne peut être durable s’il entraîne une dégradation irréversible du patrimoine naturel.

Le Fouta Djallon, un enjeu régional

La Guinée a également mis l’accent sur la protection du Massif du Fouta Djallon, considéré comme l’une des principales zones de sources des grands cours d’eau d’Afrique de l’Ouest.

La préservation des têtes de sources, la restauration des bassins versants et le renforcement de la résilience des communautés locales sont présentés comme des priorités dépassant les frontières nationales. La Guinée entend ainsi inscrire la protection du Fouta Djallon dans une approche régionale liée à la sécurité hydrique, alimentaire et à la stabilité des populations.

Cette dynamique s’appuie notamment sur la coopération au sein de l’Union du Fleuve Mano, avec la Côte d’Ivoire, le Liberia et la Sierra Leone, autour de la gestion durable des forêts et des paysages transfrontaliers.

Un appel à renforcer les financements internationaux

Au-delà des engagements nationaux, la Guinée a appelé à une mobilisation accrue de la communauté internationale. Elle plaide notamment pour un accès plus simple et plus important aux mécanismes de financement consacrés à la protection des terres et à la lutte contre la désertification, notamment à travers le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).

Conakry défend également une meilleure coordination entre les trois grandes conventions environnementales issues du processus de Rio, consacrées à la biodiversité, au climat et à la lutte contre la désertification.

La participation des femmes, des jeunes et du secteur privé local figure également parmi les priorités mises en avant, avec l’objectif d’en faire des acteurs à part entière de la transition écologique et de la restauration des terres.

Vers une nouvelle approche de la gestion des terres

À travers sa participation à la COP17, la Guinée entend donc défendre une approche fondée sur la restauration des écosystèmes, la coopération régionale et l’accès aux financements internationaux.

Le pays réaffirme ainsi son soutien à la position commune africaine et entend faire de la protection des terres agricoles et des ressources naturelles un levier de sécurité alimentaire, de résilience climatique et de développement durable.

L’enjeu est désormais de traduire ces engagements en actions concrètes afin de préserver les terres productives et les ressources en eau indispensables aux générations futures.