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Énergie : l’État durcit le ton face aux pétroliers sur la redevance de régulation.

Le bras de fer entre l’État et les sociétés pétrolières connaît une nouvelle escalade. La Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE) a officiellement mis en demeure les distributeurs d’hydrocarbures pour non-paiement de la redevance réglementaire destinée au financement de l’organe de régulation. À défaut de régularisation, les autorités envisagent désormais des mesures coercitives, allant jusqu’au blocage des comptes bancaires.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, la CRSE se prépare à recourir aux Avis à tiers détenteur (ATD), un instrument juridique permettant à l’administration de saisir directement des fonds détenus par des tiers, notamment les banques. Cette option marque un net durcissement de la position de l’État, décidé à faire appliquer strictement le cadre réglementaire du secteur énergétique.

Une redevance au cœur du conflit

La redevance en question constitue une ressource essentielle pour le fonctionnement de la CRSE, chargée notamment de veiller à la transparence des prix, à la régulation du marché et à la protection des consommateurs. Son non-paiement prolongé par certains acteurs a conduit l’autorité de régulation à activer les mécanismes prévus par la loi.

Du côté des pétroliers, la contestation ne porte pas tant sur le principe du paiement que sur ses modalités. Ameth Guisse, président de l’Association sénégalaise des pétroliers (ASP), affirme que les distributeurs sont disposés à s’acquitter de la redevance, mais sous réserve de son intégration dans la structure officielle des prix. « Nous sommes prêts à payer, à condition que cette redevance soit prise en compte dans les prix homologués », soutient-il.

Un équilibre financier jugé menacé

Les distributeurs estiment en effet qu’un paiement direct, sans ajustement préalable des prix à la pompe, risquerait de fragiliser leur équilibre financier, déjà soumis à de fortes contraintes liées à la régulation des prix des hydrocarbures. Cette divergence d’approche nourrit un climat de tension entre l’État régulateur et les opérateurs privés du secteur.

En l’absence d’un compromis rapide, la menace de saisies bancaires demeure bien réelle. Ce différend intervient dans un contexte sensible, marqué par une vigilance accrue des autorités sur les prix de l’énergie et par les attentes des consommateurs, faisant de ce dossier un enjeu à la fois économique, social et politique.

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Énergie : Une centrale électrique de 24 MW inaugurée à Coyah pour soutenir l’industrialisation locale

La Guinée franchit un nouveau cap dans sa quête d’autonomie énergétique avec l’inauguration officielle d’une centrale électrique d’une capacité de 24 mégawatts (MW) dans la localité de Kouria, préfecture de Coyah. Cette infrastructure stratégique, développée par le groupe espagnol Himoinsa, vise à soutenir directement les besoins énergétiques d’une usine métallurgique locale, tout en participant à la dynamisation économique de la région.

Un projet structurant au service du développement industriel

La mise en service de cette centrale marque un tournant pour l’approvisionnement énergétique de Coyah et ses environs. En fournissant une source stable et autonome d’électricité, elle répond à un double enjeu : garantir la continuité des activités industrielles et réduire la dépendance au réseau national, encore fragile dans certaines zones.

L’usine métallurgique bénéficiaire, pilier de l’activité économique locale, pourra désormais fonctionner à plein régime, avec des retombées positives attendues en matière de création d’emplois, accroissement de la production et amélioration de la compétitivité.

Partenariat international et expertise technologique

Fruit d’une coopération entre la Guinée et Himoinsa, spécialiste mondial des solutions de production d’énergie, ce projet illustre la volonté des autorités guinéennes de s’appuyer sur des partenaires technologiques de référence pour accélérer l’électrification du pays et renforcer son attractivité pour les investisseurs.

La centrale est conçue pour fonctionner de manière flexible, avec des dispositifs de monitoring avancés, assurant une efficacité énergétique optimale et une maintenance préventive.

Une contribution à l’objectif d’autonomie énergétique

Cette nouvelle infrastructure s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale d’électrification du gouvernement, qui entend renforcer la couverture électrique des zones industrielles et rurales. Elle vient compléter les efforts en cours pour diversifier les sources d’énergie, intégrer davantage de solutions hybrides (solaire thermique et thermique classique), et appuyer la relance du tissu industriel local.

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L’électrification au Mali : enjeux et perspectives

L’accès à l’électricité reste un défi majeur au Mali, un pays où les infrastructures énergétiques sont encore limitées et inégalement réparties sur le territoire. Alors que la capitale Bamako et certaines grandes villes disposent d’une fourniture relativement stable, les régions rurales souffrent d’un déficit chronique en approvisionnement électrique.

Un secteur en crise

Le Mali fait face à d’importantes difficultés en matière de production et de distribution d’électricité. La Société Energie du Mali (EDM-SA), principal fournisseur, rencontre des problèmes financiers et techniques, entrainant des délestages réguliers. Dans certaines villes comme Mopti et Sévaré, l’électricité n’est disponible que quelques heures par jour, impactant lourdement l’économie locale et le quotidien des habitants.

Les solutions alternatives

Face à ces difficultés, le développement des énergies renouvelables constitue une solution prometteuse. Le pays bénéficie d’un ensoleillement abondant, favorable à l’implantation de centrales solaires. Plusieurs projets ont d’ailleurs vu le jour ces dernières années, notamment avec le soutien d’organisations internationales et d’investisseurs privés. En parallèle, le recours aux mini-réseaux électriques, en particulier en zones rurales, permet d’améliorer progressivement l’accès à l’énergie.

Des initiatives pour un avenir durable

Le gouvernement malien a mis en place plusieurs stratégies pour réduire le déficit énergétique, notamment par le biais de la diversification des sources d’énergie et du renforcement des capacités de production. Des accords ont été signés avec des partenaires internationaux pour la construction de nouvelles infrastructures électriques et l’amélioration des réseaux existants.

Conclusion

Si l’électrification au Mali progresse, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir un accès équitable et durable à l’électricité sur l’ensemble du territoire. L’essor des énergies renouvelables et l’implication du secteur privé représentent des leviers stratégiques pour répondre aux besoins croissants de la population et soutenir le développement économique du pays.

TotalEnergies cède ses activités au Mali

TotalEnergies cède ses activités au Mali : Une nouvelle ère pour le secteur énergétique

Le marché énergétique malien connaît un tournant majeur avec le retrait de TotalEnergies, acteur historique du secteur, et la reprise de ses activités par Coly Energy Mali. Cette acquisition, finalisée en janvier 2025, marque une transition significative, tant pour l’industrie pétrolière du pays que pour les nouvelles ambitions de Bénin Petro SA, société mère de Coly Energy Mali.

Une opération stratégique pour Bénin Petro

Bénin Petro SA, entreprise présente au Bénin, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Nigeria, consolide ainsi sa présence en Afrique de l’Ouest. En partenariat avec sa société sœur basée en Suisse, Neutron, elle reprend l’ensemble des 80 stations-service de TotalEnergies, tout en garantissant la continuité des services de ravitaillement en carburant pour les secteurs minier et aéronautique.

L’un des points notables de cette acquisition est l’engagement de Bénin Petro à préserver les emplois existants. Plus de 1 100 employés de TotalEnergies au Mali seront conservés, assurant ainsi une transition en douceur et une stabilité pour le personnel ainsi que pour les consommateurs.

Un contexte économique et politique particulier

Si TotalEnergies n’a pas officiellement communiqué les raisons de son retrait après plus de vingt-cinq ans de présence au Mali, plusieurs éléments laissent penser que des tensions avec les autorités locales ont joué un rôle clé. Des observateurs évoquent des pressions fiscales accrues, ainsi que des grèves répétées du personnel, rendant l’environnement des affaires plus complexe pour la multinationale française.

Dans un contexte où le Mali cherche à renforcer sa souveraineté économique et énergétique, cette cession peut être perçue comme une opportunité pour un acteur régional de prendre le relais et d’adapter l’offre aux réalités locales.

Un nouveau souffle pour le marché de l’énergie au Mali

Avec cette transition, Bénin Petro ambitionne de moderniser et d’étendre ses services au Mali. L’entreprise pourrait introduire de nouveaux standards en matière de distribution et d’approvisionnement, en misant sur son expertise acquise dans d’autres marchés africains.

Les stations-service concernées par cette acquisition devraient être rebrandées sous une nouvelle enseigne d’ici 2025, marquant ainsi un changement visible pour les consommateurs maliens.

Le départ de TotalEnergies et l’arrivée de Coly Energy Mali sous l’égide de Bénin Petro SA représentent une transformation majeure pour le secteur énergétique malien. Si des défis subsistent, cette transition ouvre aussi des perspectives pour une meilleure intégration régionale et une dynamique de croissance portée par un acteur africain engagé dans le développement du continent.