Le ministre des Affaires etrangeres Cheikh Niang en Europe 1200x800 jpeg 360x320

Sénégal–Conseil de l’Europe : vers un partenariat renforcé autour des valeurs démocratiques.

Le Sénégal et le Conseil de l’Europe affichent leur volonté commune de renforcer leur coopération institutionnelle et interculturelle. Cette ambition a été réaffirmée en marge du segment de haut niveau de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, tenue le 23 février 2026 à Genève.

Une rencontre diplomatique de haut niveau

À cette occasion, le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, s’est entretenu avec le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset. Les échanges ont porté sur les perspectives de coopération entre les deux espaces, dans un contexte international marqué par des défis croissants en matière de gouvernance et de respect des droits fondamentaux.

Des valeurs communes au cœur du rapprochement

Selon le ministère sénégalais des Affaires étrangères, les discussions ont mis en évidence un intérêt partagé pour un approfondissement du partenariat entre l’Afrique et l’Europe. Ce rapprochement repose notamment sur des principes communs tels que la démocratie, l’État de droit et la promotion des droits humains.

Les deux parties ont ainsi convenu de promouvoir un dialogue institutionnel et interculturel renforcé, en s’appuyant sur une coopération accrue entre organisations régionales.

Une dynamique de coopération stratégique

Cette initiative s’inscrit dans une logique plus large de consolidation des relations euro-africaines, fondée sur la solidarité internationale et la recherche de réponses concertées aux enjeux globaux.

À travers ce dialogue renforcé, Dakar et Strasbourg entendent poser les bases d’un partenariat stratégique durable, susceptible de contribuer à la stabilité institutionnelle et au développement des sociétés des deux continents.

L'Afrique face au triangle Trump Poutine Europe

Le Grand Basculement : L’Afrique face au triangle Trump-Poutine-Europe

Le monde de 2026 ne ressemble plus à celui de la décennie précédente. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’affirmation d’une Russie en économie de guerre et une Europe en pleine introspection redéfinissent les règles du jeu. Pour l’Afrique, le temps de l’observation est révolu : celui de la stratégie pure commence.

1. Le choc des blocs : Une diplomatie de l’intérêt

Le retour d’une politique américaine « America First » marque la fin de l’idéalisme. Donald Trump privilégie les accords bilatéraux et transactionnels. Parallèlement, la Russie utilise ses capacités sécuritaires pour s’ancrer durablement sur le continent.

L’enjeu pour l’Afrique : Éviter de redevenir le théâtre d’une « Guerre Froide 2.0 ».

  • La solution : Le multi-alignement. Le continent doit refuser de choisir un camp et transformer cette compétition de puissances en enchères au mieux-disant pour ses propres infrastructures.

2. Le défi de la souveraineté face au protectionnisme

Avec Trump, les barrières douanières risquent de se durcir. Avec une Europe focalisée sur sa propre défense, les budgets d’aide au développement fondent.

L’enjeu pour l’Afrique : L’autarcie stratégique.

  • La priorité : Accélérer la ZLECAF (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine). Si le monde se ferme, l’Afrique doit devenir son propre client. La dépendance au dollar ou à l’euro doit être mitigée par le renforcement des échanges en monnaies locales ou via des systèmes de compensation régionaux.

3. La bataille des ressources : Du sous-sol à la valeur ajoutée

L’Occident et la Russie se livrent une guerre sans merci pour les minerais critiques (lithium, cobalt, terres rares), essentiels aux technologies de demain.

L’enjeu pour l’Afrique : Sortir de l’économie d’extraction.

  • Le passage à l’action : Suivre l’exemple de pays comme l’Indonésie ou la Namibie en interdisant l’exportation de minerais bruts. L’Afrique ne doit plus seulement être la « mine du monde », mais une terre d’industrie. La transformation locale est le seul rempart contre l’inflation importée d’Europe ou d’Amérique.

4. La sécurité : Entre mercenariat et autonomie

Le retrait progressif des forces traditionnelles européennes (notamment françaises) et l’arrivée de groupes paramilitaires russes créent un vide ou un changement de tutelle sécuritaire au Sahel et au-delà.

L’enjeu pour l’Afrique : La mainmise sur sa propre stabilité.

  • La nécessité : Renforcer l’architecture de paix de l’Union Africaine. Sans une force de réaction rapide financée par les États africains eux-mêmes, le continent restera dépendant des agendas sécuritaires de Washington, Moscou ou Paris.


Conclusion : De l’Afrique « objet » à l’Afrique « sujet »

Le monde actuel est brutal, mais il offre une opportunité historique. La fragmentation de l’ordre mondial permet à l’Afrique de peser si, et seulement si, elle parle d’une seule voix.

Le véritable défi n’est pas de savoir ce que Trump fera ou ce que Poutine veut, mais de savoir ce que l’Afrique est prête à imposer. L’avenir du continent se jouera sur sa capacité à transformer ses ressources sur son sol et à unifier ses marchés.

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7ᵉ Sommet UA–UE à Luanda : un appel à un partenariat renouvelé entre l’Afrique et l’Europe.

Le 7ᵉ Sommet Union africaine -Union européenne s’est ouvert lundi 24 novembre à Luanda, marquant un moment diplomatique majeur pour les deux continents. Placée sous le signe d’un partenariat plus équilibré et d’un multilatéralisme renforcé, cette rencontre intervient dans un contexte mondial où les défis géopolitiques, économiques et sécuritaires exigent une coopération repensée.

Un sommet au cœur d’une double célébration

L’Angola, qui vient de célébrer ses 50 ans d’indépendance, accueille pour la première fois un sommet d’une telle envergure. Pour l’occasion, les autorités ont mis en place un dispositif exceptionnel.
Les travaux se déroulent dans un centre de conférences ultramoderne installé au Mémorial Agostinho Neto, édifié en hommage au premier président angolais.

Afin d’assurer fluidité et sécurité, le gouvernement a décrété deux journées chômées et payées pour réduire la circulation dans une capitale souvent confrontée aux embouteillages. À l’aéroport et aux abords du site, une troupe folklorique accueille les délégations, tandis que plus de 300 journalistes d’Afrique et d’Europe couvrent l’événement.

Une participation au plus haut niveau

Près de quatre-vingts chefs d’État et de gouvernement ont répondu présent à ce sommet UA–UE. La forte affluence témoigne de l’importance stratégique accordée aux relations entre les deux organisations, représentées respectivement par l’Union africaine et l’Union européenne.

Un appel à un partenariat équilibré

Dès l’ouverture, les dirigeants ont insisté sur la nécessité de bâtir un partenariat rénové reposant sur :

  • un dialogue politique plus équilibré ;

  • une coopération économique fondée sur l’investissement durable ;

  • une réforme de l’architecture financière mondiale jugée inadaptée aux besoins des économies africaines ;

  • un multilatéralisme renforcé, notamment face aux tensions géopolitiques et aux crises globales.

Le rapport « The State of Africa-Europe 2025 », publié par la Fondation Afrique-Europe en amont du sommet, appelle également à une refonte de la relation et à la mise en place de mécanismes de financement plus adaptés aux enjeux du continent africain.

Enjeux majeurs pour les deux continents

Ce sommet intervient dans un contexte où :

  • les questions de transition énergétique, de sécurité alimentaire et de stabilité politique sont prioritaires pour l’Afrique ;

  • l’Europe cherche à redéfinir sa présence stratégique et sécuritaire sur le continent ;

  • les débats sur la dette, le financement du développement et l’équité des partenariats dominent l’agenda international.

Une rencontre décisive

Les travaux se poursuivront jusqu’au 25 novembre, avec l’ambition de déboucher sur une feuille de route claire pour l’avenir du partenariat UA–UE. Pour Luanda, ce sommet représente également une vitrine internationale et un symbole de stabilité au moment où le pays célèbre un demi-siècle d’indépendance.

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Le fossile « Lucy » s’apprête à faire sa première apparition en Europe.

Le célèbre fossile « Lucy », joyau de la paléoanthropologie découvert en Éthiopie en 1974, s’apprête à quitter le continent africain pour être présenté pour la première fois en Europe. Cette exposition inédite suscite un vif intérêt scientifique et culturel, tant l’histoire de Lucy dépasse le cadre de la recherche pour incarner un symbole de l’humanité.

Une découverte majeure dans l’histoire de l’évolution

Lucy appartient à l’espèce Australopithecus afarensis, considérée comme l’un des plus anciens ancêtres connus de l’homme moderne. Son squelette, découvert dans la région de l’Afar en Éthiopie, est âgé d’environ 3,2 millions d’années. À l’époque, la découverte fut révolutionnaire : pour la première fois, un fossile relativement complet permettait de démontrer que la bipédie était pratiquée très tôt dans l’évolution humaine.

Un patrimoine universel venu d’Afrique

Jusqu’ici, Lucy n’avait quasiment jamais quitté l’Éthiopie, pays qui conserve jalousement ce trésor scientifique dans ses musées nationaux. Son transfert exceptionnel en Europe marque donc un tournant : il s’agit non seulement d’un événement muséal, mais aussi d’un moment symbolique qui rappelle au monde les racines africaines de l’humanité.

Un rendez-vous attendu par la communauté scientifique et le grand public

L’exposition permettra aux chercheurs européens de revisiter, à la lumière des nouvelles technologies, les données issues de l’étude du fossile. Pour le grand public, ce sera une occasion rare de contempler l’un des témoins les plus précieux de notre histoire évolutive, souvent évoqué dans les manuels scolaires mais rarement accessible hors du continent africain.

Entre science et diplomatie culturelle

Au-delà de l’aspect scientifique, ce déplacement s’inscrit dans une démarche de coopération culturelle entre l’Éthiopie et l’Europe. Il vise à renforcer le dialogue autour de la préservation du patrimoine mondial et de la valorisation des découvertes archéologiques africaines.

Un héritage qui continue de fasciner

Plus de cinquante ans après sa découverte, Lucy reste une figure emblématique de la recherche sur les origines de l’homme. Sa première apparition en Europe constituera une étape mémorable, rappelant à chacun que les racines de l’humanité plongent profondément dans le sol africain.