
FORA’ESS 2026 : le Sénégal appelle l’Afrique à faire de l’économie sociale et solidaire un moteur de souveraineté et d’emploi.
Le Sénégal ambitionne de placer l’économie sociale et solidaire (ESS) au cœur de la transformation économique du continent. À l’ouverture de la deuxième édition du Forum africain de l’économie sociale et solidaire (FORA’ESS), le Premier ministre, Mouhamadou Al Amine Lo, a invité les États africains à accélérer la mise en œuvre de la stratégie décennale de l’Union africaine afin de faire de l’ESS un levier de souveraineté économique, d’intégration régionale et de création d’emplois.
Organisé à Dakar du 6 au 9 juillet 2026, le forum rassemble plus de 1 500 participants issus de 30 pays, parmi lesquels des ministres, des représentants d’institutions internationales, des acteurs de l’économie sociale et solidaire ainsi que des partenaires techniques et financiers. Placée sous le thème « L’économie sociale et solidaire : moteur de transition, d’inclusion et de convergence en Afrique », cette rencontre vise à renforcer la coopération continentale autour d’un modèle de développement fondé sur la solidarité, l’inclusion et la valorisation des ressources locales.
Passer des engagements aux actions concrètes
Dans son discours d’ouverture, le chef du gouvernement sénégalais a rappelé que l’adoption par l’Union africaine de la Stratégie décennale de l’économie sociale et solidaire (2023-2032) constitue une avancée majeure. Il estime toutefois que le véritable défi réside désormais dans sa mise en œuvre effective.
Mouhamadou Al Amine Lo a appelé les États africains à traduire cette vision en politiques publiques concrètes à travers l’adoption de cadres juridiques harmonisés, la création de mécanismes de financement adaptés, le renforcement des dispositifs d’accompagnement des acteurs de l’ESS et la mise en place d’outils statistiques capables de mesurer la contribution réelle du secteur aux économies nationales.
Selon lui, ces réformes sont indispensables pour faire de l’économie sociale et solidaire un moteur durable de croissance inclusive et de résilience économique.
Vers un modèle africain de développement
Au-delà des aspects économiques, le Premier ministre a défendu l’idée d’un modèle de développement inspiré des valeurs historiques de solidarité propres aux sociétés africaines.
Il a rappelé que les principes de l’économie sociale et solidaire trouvent leurs racines dans des références historiques telles que la Charte du Mandé de 1236 ou encore la Charte de la Révolution torodo de 1776, qui consacraient déjà les notions de responsabilité collective, de partage des richesses et de justice sociale.
Pour les autorités sénégalaises, ces héritages démontrent que l’Afrique dispose de ses propres fondements pour bâtir un modèle économique répondant à ses réalités, sans se limiter à reproduire des schémas extérieurs.
L’économie sociale et solidaire au cœur de la vision Sénégal 2050
Le gouvernement sénégalais inscrit cette ambition dans le cadre de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, qui fait de l’économie sociale et solidaire un pilier de la stratégie de développement du pays.
Le Premier ministre a rappelé que le président Bassirou Diomaye Faye a décrété l’année 2026 « Année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire », avec pour objectif de stimuler la création d’emplois décents, de renforcer les coopératives productives et de promouvoir un développement davantage ancré dans les territoires.
Pour Dakar, l’organisation de cette deuxième édition du FORA’ESS constitue également une reconnaissance du rôle joué par le Sénégal dans la promotion des politiques publiques dédiées à l’ESS et dans l’opérationnalisation de la stratégie continentale adoptée par l’Union africaine.
Renforcer la coopération continentale
Le chef du gouvernement a également plaidé pour une meilleure coordination des politiques publiques entre les États africains afin de favoriser l’émergence d’un véritable marché continental de l’économie sociale et solidaire.
Il a notamment proposé la création d’un Observatoire africain de l’ESS, chargé de suivre les progrès réalisés, d’évaluer l’impact des initiatives menées sur le continent et de faciliter le partage des bonnes pratiques entre les pays.
Selon lui, une gouvernance commune permettrait de faire de l’économie sociale et solidaire un instrument majeur de mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, tout en renforçant les capacités du continent à relever les défis liés à l’emploi, à l’inclusion sociale, à la résilience économique et au développement durable.
À travers le FORA’ESS Dakar 2026, le Sénégal entend ainsi contribuer à l’émergence d’une vision africaine du développement, fondée sur la solidarité, l’innovation sociale et la coopération entre les États, au service d’une croissance plus inclusive et durable.

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