1845c0d1e5debecfffd8f3161d2e8dfa077481c6 750x375 1 360x320

Madagascar–France : une première visite sous le signe des équilibres géopolitiques.

Le nouveau dirigeant de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, effectue ce mardi sa première visite officielle en France, où il doit s’entretenir avec le président Emmanuel Macron. Cette rencontre intervient dans un contexte de recomposition des influences internationales en Afrique, où Paris cherche à consolider des partenariats jugés stratégiques.

Un pays au cœur des rivalités d’influence

Située sur des routes maritimes majeures et dotée d’importantes ressources naturelles — nickel, cobalt, graphite, terres agricoles et une biodiversité exceptionnelle — Madagascar suscite un intérêt croissant de plusieurs puissances. Aux côtés des partenaires traditionnels, de nouveaux acteurs comme la Chine, l’Inde, les Émirats arabes unis et la Russie renforcent leur présence sur la Grande Île.

Cette concurrence accrue redéfinit les équilibres diplomatiques et économiques, plaçant Madagascar au centre d’enjeux géopolitiques élargis.

Une diplomatie de diversification assumée

Arrivé au pouvoir à la faveur d’une mutinerie militaire soutenue par un mouvement populaire, Michaël Randrianirina entend rompre avec une dépendance exclusive à l’égard de la France. Sa stratégie repose sur une « diplomatie tous azimuts », visant à multiplier les partenariats.

Dans cette optique, un rapprochement avec la Russie a été amorcé. Lors d’un déplacement à Moscou, le dirigeant malgache a évoqué l’ouverture d’une nouvelle phase de coopération, notamment dans le domaine sécuritaire, avec la fourniture d’équipements militaires et la présence d’instructeurs.

La prudence de Paris face aux nouvelles alliances

Les autorités françaises suivent avec attention cette diversification diplomatique. Si Paris reconnaît ne plus pouvoir imposer un partenariat exclusif, l’objectif reste de préserver une relation stable avec Antananarivo.

Des voix diplomatiques s’inquiètent toutefois des implications d’un rapprochement trop marqué avec la Russie, régulièrement critiquée pour ses méthodes d’intervention en Afrique.

Une relation économique toujours dominée par l’Europe

Malgré cette ouverture vers de nouveaux partenaires, l’Europe — et en particulier la France — demeure le principal partenaire économique de Madagascar. Les échanges commerciaux avec la Russie restent, à ce stade, marginaux.

La visite de Michaël Randrianirina à Paris apparaît ainsi comme un moment clé pour redéfinir les contours d’une relation historique, désormais confrontée à la montée de nouvelles influences et à l’affirmation d’une souveraineté diplomatique malgache.

635223190 1344165447744510 7176488139549073316 n 360x320

Coopération sanitaire : la Guinée et la France consolident leur partenariat.

La ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaité Sall, a reçu en audience, mercredi 18 février 2026, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Luc Briard. Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de renforcement des relations bilatérales dans le domaine de la santé, un secteur prioritaire pour les deux pays.

Des projets structurants au cœur des échanges

Au centre des discussions : l’état d’avancement de plusieurs projets d’envergure soutenus par la coopération française. Parmi eux, la construction de quatre hôpitaux régionaux confiée au groupe français Eiffage, un chantier stratégique destiné à améliorer l’offre de soins spécialisés à l’intérieur du pays et à désengorger les structures hospitalières de la capitale.

Les échanges ont également porté sur l’accompagnement technique et institutionnel de la France dans la création d’un Institut national de santé mentale et des maladies auditives. Ce projet répond à un besoin croissant de prise en charge spécialisée, dans un contexte où les pathologies mentales et les troubles auditifs demeurent insuffisamment couverts par le système de santé guinéen.

Un engagement renouvelé de la France

À l’occasion de cette audience, l’ambassadeur Luc Briard a présenté ses félicitations à la ministre pour sa nomination, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement français à poursuivre et à renforcer son appui au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

La coopération franco-guinéenne dans le secteur sanitaire repose sur une longue tradition de partenariat, allant du soutien aux infrastructures hospitalières à la formation du personnel médical, en passant par l’appui aux politiques publiques de santé.

Une collaboration alignée sur la vision présidentielle

En réponse, la ministre Khaité Sall a exprimé sa reconnaissance pour les marques de confiance et les vœux formulés par le diplomate français. Elle a réitéré la disponibilité de son département à consolider cette collaboration stratégique, dans l’intérêt des populations guinéennes.

Cette dynamique s’inscrit dans la vision de refondation et de modernisation des services publics portée par le président de la République, Mamadi Doumbouya, qui place l’amélioration de l’accès aux soins et le renforcement du système de santé au rang des priorités nationales.

Djidji Ayokwe  360x320

France : un nouveau projet de loi pour faciliter la restitution des biens culturels issus de la colonisation

Le gouvernement français a présenté, ce mardi 30 juillet 2025, un nouveau projet de loi visant à simplifier et accélérer la restitution des biens culturels spoliés ou transférés pendant la période coloniale. Ce texte marque une étape importante dans la reconnaissance des responsabilités historiques de la France et dans le dialogue culturel avec les pays africains, asiatiques et océaniens concernés.

Une approche cadre, après des restitutions ponctuelles

Depuis la restitution en 2021 de 26 œuvres au Bénin et du sabre d’El Hadj Omar Tall au Sénégal, la France s’est engagée dans une dynamique de restitution plus large. Toutefois, ces décisions reposaient jusqu’ici sur des lois ad hoc, votées au cas par cas par le Parlement. Le nouveau projet de loi entend sortir de cette logique ponctuelle en instaurant un cadre juridique général, permettant au gouvernement de restituer des biens culturels relevant des collections nationales, sans devoir passer par une nouvelle loi à chaque fois.

Un outil au service d’une coopération culturelle renouvelée

Selon le ministère français de la Culture, cette réforme permettra de répondre de manière plus souple aux demandes légitimes exprimées par plusieurs États africains et institutions culturelles, en lien avec les conclusions du rapport Sarr-Savoy (2018), qui avait recommandé la restitution systématique des objets acquis de manière illégitime pendant la colonisation.

Le texte prévoit la création d’une commission indépendante composée d’historiens, d’experts en droit du patrimoine et de représentants des pays demandeurs. Celle-ci sera chargée d’évaluer les demandes de restitution, en s’appuyant sur des recherches scientifiques rigoureuses et des critères transparents.

Réactions contrastées

Le projet de loi est salué par de nombreuses voix en Afrique et dans les milieux culturels français, qui y voient une avancée décisive vers une justice historique. Cependant, certains conservateurs de musées et acteurs politiques en France expriment des inquiétudes sur la “fragilisation” des collections nationales et sur les risques de demandes en cascade.

Du côté africain, plusieurs capitales, dont Dakar, Cotonou, Bamako et Ouagadougou, se disent prêtes à coopérer étroitement avec les autorités françaises pour mettre en œuvre cette nouvelle politique et renforcer les capacités de conservation et de valorisation sur le continent.

Un tournant dans la politique patrimoniale

Ce projet de loi s’inscrit dans un mouvement international plus large, visant à rééquilibrer les relations culturelles entre le Nord et le Sud, et à reconnaître les traumatismes historiques liés à la colonisation. Il confirme aussi la volonté de la France de construire une nouvelle relation de partenariat avec l’Afrique, fondée sur le respect, la confiance et la coopération.

S’il est adopté, ce texte pourrait faire date et inspirer d’autres pays européens confrontés à des revendications similaires. Il ouvre également la voie à une réflexion plus large sur la circulation des œuvres d’art, la mémoire des peuples, et la place des objets culturels dans les récits nationaux.

1232324 360x320

Fin d’un cycle : La France se désengage militairement du Sahel et reconfigure sa coopération

Lors des discussions du G20 à Riyad, la France a officialisé un changement stratégique majeur : le retrait définitif de ses opérations militaires au Sahel et la fermeture de sa dernière base militaire dans la région, marquent la fin de plus d’une décennie d’engagement armé contre le terrorisme dans cette zone instable d’Afrique de l’Ouest.

Un retrait militaire assumé

Le ministre français des Armées a déclaré sans ambiguïté :

« Les enjeux sécuritaires du Sahel ne relèvent plus de la responsabilité directe de la France. Nous avons fait notre part. »

Cette position vient clore une séquence historique débutée en 2013 avec l’opération Serval au Mali, suivie par Barkhane, mobilisant jusqu’à 5 100 soldats français à son apogée. Ces dernières années, les tensions avec les nouvelles juntes militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger, alliées au rejet populaire croissant de la présence française, ont précipité le retrait progressif de Paris.

Vers une coopération « non militaire »

La France ne quitte pas totalement la région. Elle entend désormais :

  • Prioriser l’aide au développement et la coopération civile,

  • Soutenir des projets dans l’éducation, la santé, l’agriculture et la cybersécurité,

  • Appuyer la résilience communautaire face à l’extrémisme, via des ONG locales et des bailleurs multilatéraux.

Selon des sources diplomatiques, Paris souhaite ainsi « redéfinir ses relations avec l’Afrique sur une base de partenariat égalitaire et non sécuritaire. »

Un vide stratégique… et des conséquences

Ce désengagement soulève de nombreuses interrogations :

  • Les forces locales et les nouvelles alliances régionales (AES) auront-elles les moyens de contenir la menace djihadiste ?

  • La Russie, la Turquie et la Chine intensifient déjà leur présence dans la région.

  • Les populations, privées d’un soutien aérien et logistique français, seront-elles davantage exposées ?

Le retrait militaire de la France du Sahel n’est pas une surprise, mais sa formulation ouverte et définitive au G20 marque un changement de paradigme. L’heure est désormais à une relation post-Barkhane, où la sécurité ne passera plus par l’armée française, mais par le développement, la coopération, et la souveraineté régionale.

Les installations francaises de Marechal et Saint Exupery retrocedees au Senega 750x430 1 360x320

La France Rétrocède les Installations Militaires de Maréchal et Saint-Exupéry au Sénégal

Le 7 mars 2025, la France a officiellement restitué au Sénégal les installations militaires des quartiers Maréchal et Saint-Exupéry, situés à proximité du parc forestier et animalier de Hann. Cette rétrocession marque une étape clé dans le processus de retrait des forces françaises du territoire sénégalais et illustre l’évolution des relations bilatérales entre les deux pays.

Une Rétrocession Inscrite dans un Cadre Structuré

Cette remise d’infrastructures s’inscrit dans un calendrier établi par la commission conjointe franco-sénégalaise, qui coordonne la restitution progressive des emprises militaires françaises encore présentes au Sénégal. Les discussions, menées sous la présidence du général Abdou Latif Kamara, directeur de l’Institut de défense du Sénégal, ont permis d’acter cette restitution en présence de l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, et du général Yves Aunis, commandant des éléments français au Sénégal.

Un Retrait Progressif des Forces Françaises

Selon le communiqué de l’ambassade de France, les quartiers Maréchal et Saint-Exupéry étaient prêts à être restitués depuis l’été 2024. Cette étape s’inscrit dans une transition plus large, qui prévoit le retrait définitif des troupes françaises du Sénégal, avec la restitution progressive des autres sites militaires conformément aux accords bilatéraux.

Le Sénégal et la France travaillent en parallèle à la redéfinition de leur partenariat de défense et de sécurité, afin d’adapter leur coopération aux nouvelles dynamiques géopolitiques et stratégiques.

Un Renforcement de la Souveraineté Sénégalaise

Cette rétrocession marque un tournant dans l’affirmation de la souveraineté sénégalaise, en permettant au pays de reprendre le contrôle total de son espace militaire. Elle s’inscrit également dans une dynamique plus large de reconfiguration des partenariats sécuritaires entre les pays africains et les anciennes puissances coloniales.

L’évolution de la présence militaire étrangère en Afrique suscite depuis plusieurs années des débats sur l’autonomie stratégique des nations africaines. La restitution des bases françaises au Sénégal participe à cette tendance et ouvre la voie à une coopération renouvelée, basée sur des intérêts mutuels et un respect accru de la souveraineté nationale.

Vers une Nouvelle Ère de Coopération Défense-Sécurité

Avec la restitution des installations de Maréchal et Saint-Exupéry, la France et le Sénégal renouvellent leur partenariat stratégique. La commission conjointe poursuivra ses travaux pour finaliser la remise des autres emprises encore sous contrôle français.

Cette transition représente une opportunité pour le Sénégal d’optimiser l’utilisation de ces infrastructures et de renforcer ses capacités nationales en matière de défense et de sécurité.

🚀 Un pas de plus vers une indépendance stratégique affirmée et une coopération bilatérale repensée !

Macron emmanuel 360x320

Emmanuel Macron et l’Afrique : une relation en quête de renouveau

Un rapport sénatorial adopté le 29 janvier 2025 par la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées critique sévèrement la politique africaine du président Emmanuel Macron. Les sénateurs Ronan Le Gleut, Marie-Arlette Carlotti et François Bonneau soulignent l’échec de la stratégie de rénovation des relations franco-africaines initiée en 2017.

Malgré des atouts initiaux, tels que le fait d’être le premier président français né après la décolonisation, Emmanuel Macron n’a pas réussi à enrayer le déclin de l’influence française en Afrique. Le rapport met en évidence des revers diplomatiques significatifs, notamment au Sénégal et au Tchad, où les forces françaises ont été priées de quitter le territoire. Ces événements s’ajoutent au retrait du Sahel, conséquence de l’échec de l’opération Barkhane face à l’expansion djihadiste.

Les sénateurs critiquent la méthode employée, pointant du doigt des décisions prises sans concertation avec les pays concernés et des déclarations perçues comme arrogantes. Ils estiment que la France n’a pas su s’adapter aux évolutions des sociétés africaines, continuant à s’adresser principalement à des élites déconnectées des réalités actuelles.

Pour inverser cette tendance, le rapport recommande de renforcer la diplomatie française, de revoir la politique des visas et d’adopter une approche plus humble et en phase avec les aspirations des sociétés civiles africaines. Les sénateurs appellent à une refonte des relations franco-africaines, afin de les rendre plus équilibrées et respectueuses des dynamiques locales.