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Ghana : le président accorde une grâce présidentielle à 998 détenus.

Le chef de l’État ghanéen, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, a annoncé l’octroi d’une grâce présidentielle à 998 détenus issus de différentes prisons du pays. Cette décision, rendue publique par le Service pénitentiaire du Ghana, s’inscrit dans le cadre des prérogatives constitutionnelles du président en matière de justice et de réconciliation sociale.

Une mesure humanitaire et de désengorgement

Selon les autorités, la mesure vise non seulement à marquer un geste humanitaire à l’endroit de personnes ayant purgé une partie de leur peine, mais aussi à désengorger les établissements pénitentiaires du pays, confrontés depuis plusieurs années à une surpopulation chronique.

Les détenus concernés ont été sélectionnés sur la base de critères précis, notamment la bonne conduite en détention, la vulnérabilité liée à l’âge ou à la santé, ainsi que la gravité des infractions commises.

Un geste de clémence encadré par la loi

La Constitution ghanéenne confère au président, après consultation du Conseil des grâces, le pouvoir de réduire ou d’annuler certaines peines. Ce mécanisme, régulièrement utilisé, traduit la volonté des autorités d’associer fermeté de la justice et dimension humaine dans le traitement des affaires pénales.

Une décision saluée mais aussi débattue

La libération de près d’un millier de détenus a suscité des réactions contrastées. Si de nombreuses organisations de défense des droits humains saluent une mesure « courageuse et empreinte d’humanité », certains observateurs appellent à un renforcement des programmes de réinsertion afin d’éviter les risques de récidive et de faciliter la réintégration sociale des bénéficiaires.

Avec cette décision, le président Akufo-Addo réaffirme son engagement en faveur d’une justice qui ne se limite pas à la sanction, mais qui ouvre également la voie à la réhabilitation et à la seconde chance.

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Ghana : Les producteurs de cacao anticipent une récolte exceptionnelle pour la saison 2025/2026.

Alors que la nouvelle campagne cacaoyère s’annonce à l’horizon, les producteurs de cacao ghanéens affichent un optimisme renouvelé. À travers les principales régions productrices du pays, les signaux sont au vert pour une récolte abondante lors de la saison 2025/2026, marquée par des conditions climatiques favorables et une floraison prometteuse.

Une dynamique positive sur le terrain

Dans des localités comme Assin North, Tano ou encore Sefwi, les planteurs témoignent d’une amélioration notable de la santé des cacaoyers. Les arbres présentent davantage de cabosses en formation et une végétation dense, signes encourageants d’un bon rendement à venir.

« Nous observons cette année une floraison plus soutenue que d’habitude, et les premières cabosses sont de belle taille », confie Theophilus Tamakloe, producteur dans le centre du pays. Il espère ainsi voir sa production grimper de 230 à 350 sacs cette saison. Un optimisme partagé par d’autres cultivateurs, à l’image de Salomey Saah, qui ambitionne de doubler sa récolte.

Soutien du gouvernement et incitations à la performance

Le Ghana Cocoa Board (COCOBOD), organe de régulation du secteur, n’est pas resté en marge. Son directeur général, Dr. Ransford Abbey, a récemment rassuré les producteurs sur la volonté de l’État d’offrir un prix d’achat supérieur à celui proposé en Côte d’Ivoire, principal concurrent sur le marché. Cette promesse vise à encourager les investissements dans de meilleurs intrants et à freiner la contrebande vers les pays voisins.

Selon les estimations, le prix du sac de cacao de 64 kg pourrait passer de 3 100 à 3 300 cedis (environ 319 USD), une revalorisation significative qui devrait motiver davantage les producteurs à renforcer la qualité de leur production.

Des défis à ne pas négliger

Malgré cet élan d’optimisme, plusieurs obstacles persistent. Les agriculteurs pointent du doigt la difficulté d’accès régulier aux intrants agricoles de qualité, notamment les fongicides et engrais. Les effets du changement climatique, avec des périodes de fortes pluies suivies de sécheresse, ainsi que la menace croissante de l’orpaillage illégal, continuent de peser sur la durabilité de la filière.

« Nous avons besoin de plus de soutien technique et d’un contrôle strict des zones de culture menacées par l’exploitation minière artisanale », alerte Kwame Alex, élu meilleur producteur de cacao en 2024.

Vers un nouveau record de production ?

Après plusieurs saisons marquées par des baisses de rendement, le Ghana espère redresser la barre. La campagne 2025/2026 pourrait ainsi devenir une année charnière, non seulement pour les revenus des cultivateurs, mais aussi pour l’économie nationale, fortement dépendante des exportations de cacao.

Si les tendances actuelles se confirment et que les défis sont maîtrisés, le Ghana pourrait non seulement consolider sa place parmi les leaders mondiaux du cacao, mais aussi offrir une nouvelle impulsion à une filière en quête de modernisation et de durabilité.

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La première visite depuis 30 ans du Premier ministre indien Narendra Modi à Accra, axé sur le renforcement de la coopération entre les deux pays.

Accra, 4 juillet 2025 – Dans une visite diplomatique qualifiée d’« historique » par les deux parties, le Premier ministre indien Narendra Modi s’est rendu les 2 et 3 juillet 2025 à Accra, marquant la première visite d’un chef de gouvernement indien au Ghana depuis 1995. Cette rencontre de haut niveau a donné lieu à une série d’accords stratégiques, visant à renforcer les relations politiques, économiques et culturelles entre les deux pays.

Une réception solennelle et des symboles forts

Accueilli à l’aéroport international de Kotoka par le président John Dramani Mahama, Narendra Modi a bénéficié d’un accueil officiel marqué par une garde d’honneur et un salut de 21 coups de canon. Il a ensuite été élevé au rang de « Officier de l’Ordre de l’Étoile du Ghana », la plus haute distinction honorifique du pays, lors d’un dîner d’État organisé en son honneur.

Des accords pour structurer une coopération durable

Au cœur de cette visite : le renforcement institutionnel de la coopération bilatérale. Les deux pays ont signé quatre protocoles d’accord (MoU) dans les domaines suivants :

  • Échanges culturels : création d’un programme visant à promouvoir les arts, le patrimoine et la jeunesse.

  • Médecines traditionnelles : coopération scientifique autour de l’Ayurveda et de la médecine africaine.

  • Normalisation et qualité : collaboration entre les agences de standardisation des deux pays.

  • Dialogue stratégique : mise en place d’une commission mixte Inde–Ghana pour assurer un suivi régulier des projets communs.

Un partenariat économique en pleine expansion

Le Premier ministre Modi a souligné que les échanges commerciaux bilatéraux avaient dépassé les 3 milliards de dollars, avec pour ambition de doubler ce volume dans les cinq prochaines années. Il a également annoncé l’introduction prochaine de la technologie indienne UPI (Unified Payments Interface) au Ghana, pour soutenir la numérisation des services financiers.

L’Inde reste l’un des partenaires économiques majeurs du Ghana, avec plus de 900 projets financés dans les secteurs de l’agriculture, des infrastructures, de l’énergie, de la santé et de l’éducation.

Sécurité, souveraineté technologique et coopération sud-sud

Les discussions ont aussi porté sur la sécurité régionale, la lutte contre le terrorisme et la cybersécurité. Les deux pays ont convenu d’approfondir leur coopération en matière de défense, de sécurité maritime et de formation militaire.

Narendra Modi a profité de cette étape africaine pour réaffirmer le rôle moteur du Sud global dans la gouvernance mondiale. Il a notamment salué l’intégration de l’Union africaine au G20 et appelé à une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies afin de mieux refléter les réalités géopolitiques actuelles.

Une relance des relations indo-africaines

Cette visite s’inscrit dans une tournée africaine plus large du Premier ministre indien, visant à renforcer la présence de l’Inde sur le continent à travers une approche basée sur le respect mutuel, la technologie, la formation et l’investissement à long terme.

« Le Ghana est un partenaire clé de l’Inde en Afrique de l’Ouest. Nous partageons des valeurs démocratiques, une histoire de luttes communes et une vision pour un avenir inclusif », a déclaré Narendra Modi lors de sa conférence de presse conjointe avec son homologue ghanéen.

Visite de John Dramani Mahama a Niamey 1 360x320

Niger-Ghana : Une coopération renforcée pour lutter contre le terrorisme au Sahel

Le président ghanéen, John Dramani Mahama, a récemment effectué une visite officielle à Niamey, où il s’est entretenu avec le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire nigérien. Cette rencontre marque une volonté affirmée des deux pays de dynamiser leur coopération bilatérale et de renforcer leur engagement commun contre le terrorisme dans la région du Sahel.

Une volonté de coopération renforcée

Dans un contexte de tensions géopolitiques en Afrique de l’Ouest, le Ghana et le Niger cherchent à consolider leurs relations, notamment après la sortie de ce dernier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2024. Cette visite s’inscrit dans une dynamique plus large, visant à faciliter la réconciliation entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – le Niger, le Mali et le Burkina Faso – et la CEDEAO, dont le Ghana reste un acteur clé.

John Dramani Mahama a souligné l’importance de la stabilité régionale pour la prospérité économique et la sécurité de l’Afrique de l’Ouest. Son homologue nigérien a, quant à lui, réaffirmé l’engagement du Niger à travailler de concert avec les pays voisins afin de lutter efficacement contre la menace djihadiste.

Un front uni contre le terrorisme au Sahel

Le Sahel reste une zone particulièrement vulnérable aux attaques des groupes terroristes, notamment affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Face à cette menace croissante, le Niger et ses alliés de l’AES ont récemment annoncé la formation d’une force conjointe de 5 000 soldats dédiée à la lutte contre le terrorisme.

Dans ce cadre, le Ghana pourrait jouer un rôle stratégique en facilitant l’échange de renseignements, le renforcement des capacités militaires et la coopération logistique. La visite du président Mahama témoigne de la nécessité d’une approche collective pour stabiliser la région et empêcher l’expansion des groupes extrémistes vers le golfe de Guinée.

Enjeux économiques et diplomatiques

Au-delà des questions sécuritaires, cette rencontre vise également à renforcer les échanges économiques et commerciaux entre les deux nations. Le Ghana, en tant que puissance économique régionale, pourrait offrir un appui stratégique au Niger, dont l’économie reste fragilisée par les sanctions et l’instabilité politique.

Sur le plan diplomatique, cette visite marque un tournant dans les relations entre les pays d’Afrique de l’Ouest, en mettant en avant la nécessité d’un dialogue inclusif entre la CEDEAO et l’AES. Le Ghana pourrait ainsi jouer un rôle de médiateur dans la réintégration progressive des États membres de l’AES au sein des institutions sous-régionales.

Perspectives et défis

Si cette initiative ouvre la voie à une meilleure coordination régionale, plusieurs défis subsistent :

L’efficacité de la force conjointe de l’AES face aux groupes terroristes bien implantés.

Le maintien de l’équilibre diplomatique entre les pays de l’AES et ceux de la CEDEAO.

Le financement et la logistique des opérations de lutte contre le terrorisme.

Cette coopération entre le Niger et le Ghana illustre une prise de conscience collective quant à la nécessité de stratégies concertées pour faire face aux défis sécuritaires et économiques. Reste à voir comment ces engagements seront mis en œuvre dans les prochains mois et quels seront les impacts sur la stabilité de la région.

Assimi Goïta

Crise énergétique au Mali : Assimi Goïta mise sur le Ghana pour mettre fin aux délestages

La crise énergétique au Mali atteint un niveau critique, mettant à rude épreuve les ménages, les entreprises et les services publics. Face à cette situation préoccupante, le président de la transition, Assimi Goïta, multiplie les initiatives pour stabiliser l’approvisionnement en électricité. Parmi les solutions envisagées, un partenariat stratégique avec le Ghana pourrait permettre de réduire la dépendance énergétique du pays et mettre fin aux délestages récurrents.

Une crise énergétique persistante

Depuis plusieurs années, le Mali est confronté à de graves difficultés en matière d’approvisionnement énergétique. La société Énergie du Mali (EDM-SA), chargée de la production et de la distribution de l’électricité, peine à répondre à la demande croissante, en raison de :

  • Insuffisance de la production locale, aggravée par le vieillissement des infrastructures énergétiques.
  • Forte dépendance aux importations, notamment de la Côte d’Ivoire, dont les relations diplomatiques avec le Mali ont été mises à rude épreuve.
  • Problèmes financiers d’EDM-SA, limitant les investissements dans de nouvelles infrastructures et la maintenance du réseau existant.

Les conséquences sont lourdes pour la population : des coupures de courant prolongées, des entreprises paralysées, et un ralentissement des activités économiques et industrielles.

Les actions engagées par les autorités maliennes

Face à cette situation, le gouvernement malien a mis en place plusieurs mesures visant à réduire la dépendance énergétique et renforcer les capacités nationales :

  • Construction de centrales solaires à Sanankoroba, Safo et Tiakadougou-Dialakoro pour diversifier les sources d’énergie et réduire la consommation de combustibles fossiles.
  • Acquisition de groupes électrogènes : Un premier lot de 15 groupes électrogènes a été remis à EDM-SA, avec un second lot de 10 unités en cours d’acheminement, pour renforcer la production d’électricité.
  • Déblocage d’un fonds de 6 milliards de FCFA pour financer l’achat de carburant destiné aux centrales thermiques, assurant une alimentation plus stable du réseau.
  • Cependant, ces initiatives restent insuffisantes pour répondre durablement aux besoins énergétiques du pays.

Un partenariat stratégique avec le Ghana

Dans un contexte où la dépendance énergétique du Mali à la Côte d’Ivoire devient un enjeu géopolitique, les autorités maliennes se tournent désormais vers un partenariat avec le Ghana. Accra dispose d’une capacité de production plus stable et pourrait fournir une partie de son surplus énergétique au Mali.

Cette coopération pourrait permettre :

  •  Une diversification des sources d’approvisionnement en électricité.
  • Une réduction de la dépendance vis-à-vis des fournisseurs historiques, limitant ainsi les risques liés aux tensions diplomatiques.
  • Une amélioration de la stabilité du réseau électrique malien en renforçant la sécurité énergétique du pays.

Ce rapprochement énergétique s’inscrit dans une dynamique régionale, où les pays du Sahel cherchent à renforcer leur indépendance et leur souveraineté dans des secteurs stratégiques.

Défis et perspectives

Si cette initiative est prometteuse, plusieurs défis restent à surmonter pour garantir une résolution durable de la crise énergétique au Mali :

  • Mobilisation des investissements nécessaires pour moderniser les infrastructures de transport et de distribution d’électricité.
  • Fiabilité et mise en œuvre du partenariat avec le Ghana, qui doit être structuré sur des bases solides et pérennes.
  • Développement des énergies renouvelables pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles et garantir un approvisionnement durable.

Le succès de cette stratégie dépendra de la capacité des autorités maliennes à mener des réformes énergétiques efficaces et à renforcer les coopérations régionales pour assurer une meilleure résilience du secteur.

Le Mali se trouve à un tournant crucial dans la gestion de sa crise énergétique. L’engagement du président Assimi Goïta dans la recherche de solutions durables, notamment à travers un partenariat avec le Ghana, pourrait marquer une étape décisive vers la stabilisation du réseau électrique national. Toutefois, la réussite de cette démarche nécessitera des investissements conséquents et une gestion optimisée des ressources énergétiques du pays.