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Cameroun : Paul Biya prête serment pour un huitième mandat.

Le président camerounais Paul Biya, 92 ans, a officiellement prêté serment ce 6 novembre 2025 pour un huitième mandat à la tête du pays. La cérémonie s’est tenue à l’Assemblée nationale à Yaoundé, marquant le début d’un nouveau septennat pour l’un des dirigeants les plus anciens d’Afrique, en poste depuis 1982.

Paul Biya a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, avec 53,66 % des voix, selon les résultats officiels publiés par le Conseil constitutionnel.

Ces résultats ont toutefois été contestés par Issa Tchiroma Bakary, arrivé officiellement en deuxième position, qui revendique la victoire. L’opposant avait appelé les populations à observer trois journées de « villes mortes » du 3 au 5 novembre, en signe de protestation contre les résultats proclamés.

La prestation de serment de Paul Biya ouvre ainsi la voie à un nouveau mandat, dans un contexte politique marqué par des tensions entre le pouvoir et l’opposition, et un débat persistant sur la crédibilité du processus électoral.

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Cameroun : Vers une présidentielle très disputée avec déjà 81 candidatures déposées

Le Cameroun se prépare à une élection présidentielle qui s’annonce déjà exceptionnelle, tant par l’ampleur de la participation que par les incertitudes politiques qui l’entourent. À la date limite de dépôt des candidatures, 81 postulants ont officiellement déposé leur dossier auprès des services compétents d’Élections Cameroun (ELECAM), un record historique dans le pays.

Une effervescence politique inédite

Cette ouverture massive des candidatures traduit un climat politique en ébullition, dans un pays marqué par plus de quatre décennies de pouvoir de Paul Biya, actuellement âgé de 92 ans. Si ce dernier n’a pas encore confirmé s’il se représenterait, son silence alimente les spéculations et ouvre la voie à une prolifération de candidatures issues tant de l’opposition que de la société civile.

Parmi les 81 prétendants, on retrouve :

  • Des leaders de partis déjà bien établis comme Maurice Kamto (MRC),

  • Des figures de la société civile et du monde universitaire,

  • Une nouvelle génération de candidats jeunes ou issus de la diaspora, en quête de rupture avec l’ordre ancien.

Quelles conditions pour valider une candidature ?

Selon le code électoral camerounais, les candidats doivent :

  • Être de nationalité camerounaise d’origine,

  • Avoir au moins 35 ans,

  • Fournir une caution de 30 millions de FCFA, un montant élevé qui devrait limiter le nombre de candidatures finalement validées.

La phase de vérification administrative et juridique débute à présent. ELECAM et le Conseil constitutionnel auront pour mission de trier les dossiers et publier la liste définitive des candidats dans les prochaines semaines.

Une élection sous tension

Ce scrutin est capital pour l’avenir du Cameroun. Le pays est confronté à :

  • Une crise anglophone persistante dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest,

  • Des tensions économiques exacerbées par l’inflation,

  • Une jeunesse désillusionnée et de plus en plus mobilisée sur les réseaux sociaux.

La crédibilité du processus électoral et l’égalité d’accès à la campagne médiatique seront des enjeux cruciaux pour éviter de nouvelles contestations post-électorales.

Avec 81 candidatures enregistrées, le Cameroun montre une volonté de renouvellement démocratique, mais aussi les limites d’un système politique en quête de refondation. Reste à savoir si cette pluralité apparente se traduira par un débat de fond sur l’avenir du pays… ou si elle renforcera la fragmentation de l’opposition au bénéfice du statu quo.

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Paul Biya, vers un nouveau mandat ou une transition ?

Alors que l’élection présidentielle au Cameroun est prévue en octobre 2025, l’incertitude plane toujours sur la candidature de Paul Biya. À 92 ans, le chef de l’État, au pouvoir depuis plus de 40 ans, n’a pas officiellement annoncé ses intentions, alimentant les spéculations sur une possible succession et le véritable exercice du pouvoir à Etoudi.

Un flou politique persistant

À moins d’un an de l’échéance, aucun candidat ne s’est officiellement déclaré, et aucun programme n’a été dévoilé. L’absence de débats préélectoraux et de sondages accroît l’opacité autour de l’élection. Le palais présidentiel d’Etoudi, centre névralgique du pouvoir, fonctionne dans un silence pesant, où les décisions se prennent entre cercles restreints et réseaux parallèles.

Paul Biya, un président insaisissable

Le chef de l’État alterne entre ses résidences et ses séjours à l’étranger, rendant son emploi du temps imprévisible. Son état de santé suscite des interrogations, notamment après des difficultés apparentes lors de son dernier discours de fin d’année. Il a considérablement réduit ses apparitions publiques, déléguant davantage à ses proches collaborateurs.

Une gouvernance fragmentée

Le pouvoir semble désormais divisé entre Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, et Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil, chacun relayant des directives parfois contradictoires. Le gouvernement n’a pas été remanié depuis cinq ans, et plusieurs ministères restent vacants après le décès de certains titulaires.

Une contestation grandissante

L’Église catholique, avec près de 10 millions de fidèles, s’invite dans le débat. Plusieurs évêques ont critiqué une éventuelle nouvelle candidature, appelant à une alternance. Leur voix, relayée par une partie de l’opinion publique, met en lumière la lassitude d’une population en quête de renouveau.

Un RDPC en attente

Le parti au pouvoir, le RDPC, est en proie au doute. Si certains ministres appellent déjà à la candidature de Biya, d’autres préfèrent attendre. Le dernier congrès du parti remonte à 2011, et son bureau politique s’est affaibli par une série de décès non remplacés. Ce flou alimente les spéculations sur une possible transition orchestrée en interne.

Quel avenir pour le Cameroun ?

Paul Biya se représentera-t-il ou choisira-t-il de passer le relais ? Son discours du 31 décembre, où il affirmait que sa « détermination à servir demeure intacte », laisse entendre qu’il pourrait briguer un nouveau mandat. Mais face aux tensions internes, aux luttes de pouvoir et à la pression populaire, le Cameroun entre dans une période d’incertitude politique où tout reste possible.