
Sommet Russie-Afrique : Le Président Vladmir Poutine et son ministre Sergueï Lavrov plaident pour un ordre mondial multipolaire
Le président russe Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ont défendu mercredi 28 octobre 2026, à Moscou, la construction d’un ordre international davantage fondé sur la souveraineté des États et une représentation plus équilibrée des puissances mondiales. Cette position a été exprimée lors du troisième Sommet Russie-Afrique, consacré au renforcement des relations politiques, économiques et stratégiques entre Moscou et les pays du continent.
Lors de la séance plénière du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique, Vladimir Poutine a présenté la multipolarité comme une évolution majeure des relations internationales. Selon lui, les pays émergents et les États africains doivent pouvoir défendre leurs intérêts et participer davantage aux décisions qui façonnent l’avenir du monde.
Le chef du Kremlin a notamment insisté sur la montée en puissance des économies émergentes, ainsi que sur le rôle croissant des BRICS dans l’économie mondiale. Il a également souligné le potentiel stratégique de l’Afrique, porté par ses ressources naturelles, sa croissance démographique et les aspirations de ses populations à davantage d’autonomie dans leurs choix de développement.
Pour Vladimir Poutine, le continent africain entend désormais peser davantage dans les affaires internationales et renforcer sa capacité à définir ses propres priorités économiques et politiques.
Lavrov dénonce des pressions sur les pays africains
De son côté, Sergueï Lavrov a profité d’un petit-déjeuner de travail avec les ministres africains des Affaires étrangères pour dénoncer ce qu’il a présenté comme des tentatives occidentales visant à décourager la participation des pays africains au sommet.
Le chef de la diplomatie russe a évoqué des pressions politiques, des menaces de réduction de l’aide et des campagnes de désinformation. Ces accusations s’inscrivent dans les tensions géopolitiques entre Moscou et les capitales occidentales. Elles n’ont toutefois pas été établies de manière indépendante dans leur ensemble.
Sergueï Lavrov a également défendu l’idée d’un « deuxième éveil » africain, estimant que la priorité du continent était désormais de consolider sa souveraineté économique, énergétique et financière, après l’accession à l’indépendance politique de nombreux pays dans les années 1960.
Il a par ailleurs annoncé l’ouverture de nouvelles représentations diplomatiques russes en Afrique depuis le précédent sommet de 2023, dans le cadre du renforcement des relations bilatérales.
Céréales, énergie et formation au cœur des échanges
Sur le plan économique, Vladimir Poutine a mis en avant les échanges agricoles entre la Russie et le continent. Selon les chiffres communiqués par le président russe, plus de 40 pays africains reçoivent des céréales et des engrais russes. Les livraisons de produits agricoles russes à destination de l’Afrique auraient atteint 13 millions de tonnes au cours des neuf premiers mois de 2026.
Le secteur énergétique figure également parmi les axes de coopération évoqués par Moscou, notamment à travers des projets développés dans plusieurs pays africains. Les domaines de l’agriculture, des infrastructures, des technologies et de la formation universitaire sont aussi présentés comme des pistes de partenariat.
Le président russe a indiqué qu’environ 40 000 étudiants africains poursuivaient actuellement leurs études en Russie et que le nombre de bourses proposées aux étudiants du continent avait été relevé pour l’année universitaire 2026-2027. Ces chiffres, avancés par les autorités russes, n’ont pas tous fait l’objet d’une vérification indépendante.
Un sommet sur fond de rivalités internationales
Ouvert le 28 octobre à Moscou, le troisième Sommet Russie-Afrique se poursuit jusqu’au 29 octobre. Il rassemble des délégations de 48 pays africains, dont 22 représentés par leurs chefs d’État, selon les chiffres annoncés avant la rencontre.
Les discussions portent sur les relations politiques, les échanges commerciaux, la sécurité, l’agriculture, l’énergie, les sciences et les technologies. Les participants doivent également examiner les moyens de renforcer la coopération institutionnelle entre la Russie, les pays africains et l’Union africaine.
Le sommet intervient dans un contexte de rivalités internationales accrues, alors que Moscou cherche à consolider ses partenariats avec les pays du Sud global, notamment depuis la dégradation de ses relations avec les puissances occidentales à la suite de la guerre en Ukraine.
Pour les États africains, l’enjeu est de tirer parti de la diversification des partenariats internationaux afin de répondre à leurs besoins en matière de financement, d’infrastructures, de sécurité alimentaire et de transfert de technologies. La portée réelle de cette coopération dépendra toutefois de la concrétisation des engagements annoncés, des investissements effectivement réalisés et des retombées obtenues par les économies africaines.
Le sommet doit notamment s’appuyer sur un plan d’action Russie-Union africaine pour la période 2027-2029, qui prévoit des axes de coopération dans les domaines de la technologie, de l’éducation, de l’agriculture, de la paix et de la sécurité.

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