
Burkina Faso : Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo appelle à renforcer la souveraineté informationnelle de l’Afrique.
Le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a appelé, mercredi à Ouagadougou, les pays africains à renforcer leur souveraineté informationnelle en développant leur capacité à produire, vérifier et diffuser leurs propres contenus. Il s’exprimait à l’ouverture de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO).
Représentant le président Ibrahim Traoré à cette rencontre, le chef du gouvernement a fait de la maîtrise du récit national et continental un enjeu majeur dans un environnement médiatique marqué par la multiplication des sources d’information et des stratégies d’influence.
« L’Afrique doit désormais apprendre à parler d’elle-même », a déclaré Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, estimant que les États africains doivent être en mesure de raconter leur histoire, d’expliquer leurs choix et de faire connaître leurs réalités à travers leurs propres productions médiatiques.
Selon lui, la capacité à maîtriser l’information constitue désormais une composante de la souveraineté. Il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer les compétences permettant de produire une information fiable, de vérifier les contenus et de lutter contre les manipulations.
Cette réflexion est au cœur de la 15e édition des UACO, placée sous le thème : « Dans un contexte de guerre communicationnelle, quelles attitudes et aptitudes pour les acteurs de l’information et de la communication en Afrique ? » La rencontre réunit des professionnels et acteurs du secteur autour des mutations de l’espace informationnel, de la désinformation et des stratégies d’influence.
Le président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (AES) et parrain de l’événement, Bassolma Bazié, a pour sa part dénoncé ce qu’il considère comme une utilisation de l’information à des fins de déstabilisation contre les pays membres de l’organisation sahélienne.
Il a notamment accusé certains acteurs de chercher à « dénigrer, désinformer, manipuler » et à « intoxiquer » l’opinion publique au sujet des États de l’AES.
De son côté, le ministre burkinabè chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a appelé les participants à réfléchir à des réponses adaptées aux transformations du secteur. Il a insisté sur la nécessité de préserver l’intégrité, la crédibilité et la responsabilité des professionnels de l’information et de la communication.
À travers ces échanges, les UACO entendent ainsi nourrir la réflexion sur l’évolution du paysage médiatique africain et sur les moyens dont disposent les professionnels pour répondre aux nouveaux défis liés à la circulation de l’information, à la désinformation et aux rapports de force communicationnels.

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