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Washington : Bassirou Diomaye Faye obtient le soutien de la Banque mondiale pour les priorités du Sénégal.

En déplacement à Washington, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’est entretenu, lundi 14 septembre 2026, avec Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale. Les discussions ont porté sur les principales priorités économiques et sociales du Sénégal, notamment l’emploi des jeunes, le coût de l’énergie, la protection sociale et l’amélioration du climat des affaires.

Un partenariat stratégique réaffirmé

Reçu au siège de l’institution financière internationale, le chef de l’État était accompagné d’une importante délégation ministérielle. Cette rencontre a permis de réaffirmer le rôle du Groupe de la Banque mondiale comme partenaire majeur du Sénégal dans la mise en œuvre de ses politiques de développement.

La coopération entre Dakar et la Banque mondiale s’est notamment renforcée ces dernières années. Le 6 août 2026, trois nouveaux accords avaient été signés à Dakar dans les domaines de l’agriculture, de la connectivité des zones de production ainsi que du développement des régions orientales et méridionales du pays.

Un accompagnement confirmé pour les politiques publiques

Au cours des échanges, la Banque mondiale a confirmé sa volonté de poursuivre son accompagnement du Sénégal dans la stabilisation du cadre macroéconomique et la transformation structurelle de son économie.

L’institution s’est également engagée à maintenir son appui au financement soutenable des politiques publiques au cours des prochaines années. Cette position intervient alors que le Sénégal poursuit ses efforts de consolidation des finances publiques et de restauration de la confiance de ses partenaires financiers.

Cette dynamique intervient également quelques semaines après la conclusion d’un accord technique avec le Fonds monétaire international, le 1er septembre 2026, sur un nouveau programme économique et financier.

L’emploi des jeunes au cœur des échanges

La question de l’emploi des jeunes a occupé une place importante dans les discussions. Pour le président Bassirou Diomaye Faye, la jeunesse constitue un levier essentiel de la transformation économique du Sénégal et doit bénéficier de conditions favorables à l’insertion professionnelle, à l’entrepreneuriat et à l’innovation.

Le partenariat avec la Banque mondiale devrait ainsi contribuer à développer de nouveaux mécanismes de financement destinés aux entrepreneurs et aux porteurs de projets, avec l’objectif de favoriser la création d’activités et d’emplois.

Réduire le coût de l’énergie et renforcer la protection sociale

Les échanges ont également porté sur des enjeux qui touchent directement les ménages et les entreprises. La réduction du coût de l’énergie figure parmi les priorités évoquées, avec l’ambition de diminuer la pression exercée par les dépenses énergétiques sur le pouvoir d’achat et sur la compétitivité des entreprises.

Le renforcement de la protection sociale constitue un autre axe important du partenariat. Il s’agit notamment de mieux accompagner les populations les plus vulnérables pendant la période de consolidation économique.

L’amélioration du climat des affaires a également été évoquée afin de favoriser l’investissement productif et de soutenir davantage la dynamique entrepreneuriale.

Une attention particulière aux territoires

Le partenariat devra aussi accompagner le développement des corridors économiques et la territorialisation des politiques publiques. L’objectif affiché est de favoriser une croissance mieux répartie sur l’ensemble du territoire, en valorisant les potentialités propres aux différentes régions.

Cette approche s’inscrit dans la volonté des autorités sénégalaises de réduire la concentration des activités économiques dans la région de Dakar et de renforcer les complémentarités entre les différents pôles de développement du pays.

La Banque mondiale réaffirme sa disponibilité

À l’issue de la rencontre, Ajay Banga a réaffirmé la disponibilité du Groupe de la Banque mondiale à poursuivre et à renforcer son accompagnement du Sénégal.

Pour Dakar, cette coopération doit permettre de soutenir les réformes engagées tout en répondant aux préoccupations économiques et sociales les plus urgentes, notamment l’emploi, le pouvoir d’achat, la protection sociale et le développement territorial.

La mission américaine du président Bassirou Diomaye Faye devait se poursuivre mardi avec un entretien avec Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international, avant une étape aux Émirats arabes unis.

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RDC : Washington finance la première raffinerie de cuivre et de cobalt à capitaux congolais, un tournant sur le corridor de Lobito.

La raffinerie de Buenassa a obtenu une subvention non remboursable de 3 385 000 dollars américains de l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA). Pour la première fois, le gouvernement américain apporte un soutien direct à un projet minier crucial en République démocratique du Congo, dans une optique d’harmonisation géopolitique manifeste.

Par Rodrigue Fenelon Massala 

C’est une étape que Kinshasa qualifie déjà d’historique. Buenassa, porteur d’un ambitieux projet de raffinerie de cuivre et de cobalt dans le Lualaba,  en République démocratique du Congo, a reçu l’approbation officielle d’une subvention non remboursable de 3 385 000 USD de l’USTDA destinée à financer son étude de préfaisabilité (PFS). L’information a été rendue publique par Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur de la RDC et ancien ministre de l’Industrie, à l’issue d’une séance de travail stratégique tenue le 17 juillet 2026 avec la direction de l’entreprise, conduite par son fondateur et directeur général, Eddy Kioni.

Buenassa n’est pas un projet porté par une firme étrangère  implanté en République du Congo. C’est une initiative portée par un opérateur économique congolais . En effet, depuis juin 2023, l’État congolais détient une part de 10 % dans Buenassa Resources S.A., la société qui gère la mise en œuvre du projet. De plus, l’ancien Premier ministre Samy Badibanga exerce en tant que président non exécutif du conseil d’administration de la société. C’est à Kinshasa, bien avant l’arrivée de Washington, que le processus a été lancé : le gouvernement congolais a fourni le capital initial sous forme de subvention non remboursable de 3,5 millions USD, grâce au Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), pour couvrir les études de cadrage. Le soutien américain est donc une extension de l’engagement congolais déjà existant, et non une substitution.

Au-delà du symbole, c’est la nature du financement qui marque les esprits. Il s’agit de la toute première injection significative et directe de capitaux publics américains dans un projet minier stratégique congolais aligné sur le corridor de Lobito, cet axe logistique appelé à évacuer les minerais du cœur du continent vers l’Atlantique, tout en stimulant une industrie régionale plus riche et diversifiée. Ce geste s’inscrit dans le cadre de l’accord stratégique entre les États-Unis et la RDC, et Washington signale ainsi sa volonté de peser dans une filière longtemps dominée par d’autres puissances.

Le contexte donne la mesure de l’enjeu. Selon le Cobalt Institute, la RDC assure près de 73 % de la production mondiale de cobalt en 2025, très loin devant l’Indonésie, et le pays est le 2ième producteur de cuivre au monde derrière le Chili, deux métaux au cœur de l’électrification, du stockage d’énergie et des technologies de défense comme de l’aérospatiale. Fait décisif, Kinshasa a remplacé son interdiction d’exportation du cobalt du début 2025 par un régime de quotas courant jusqu’en 2027, plafonnant les exportations à 87 000 tonnes en 2026 : en limitant les sorties de minerai brut, l’État resserre l’offre mondiale, soutient les prix et accélère la logique de transformation sur place que porte Buenassa. La demande mondiale a atteint 276 000 tonnes en 2025, en hausse de 13 % sur un an, portée par les batteries mais aussi par les superalliages de la défense et de l’aérospatiale, dont la consommation a progressé de 7,5 %. Longtemps exportés à l’état brut, ces minerais sont devenus l’objet d’une rivalité serrée entre Washington et Pékin pour la sécurisation des chaînes d’approvisionnement. C’est précisément la fonction du corridor de Lobito, dont la voie ferrée de 1 300 kilomètres reliant le cœur minier congolais au port angolais fait l’objet d’un financement de plus de 750 millions USD porté notamment par la DFC américaine. En s’y arrimant, la raffinerie Buenassa entend capter la valeur au point de transformation, et non plus à la seule extraction.

Ce premier pas américain appelle toutefois une réponse côté congolais. La lettre d’octroi de l’USTDA subordonne elle-même son offre à la capacité de Buenassa à démontrer l’allocation formelle  d’un  site du projet. Pour maintenir la dynamique, certaines conditions restent donc à réunir par le gouvernement de la RDC, à commencer par l’attribution d’un terrain, condition suspensive du projet. De sa satisfaction dépendra la poursuite du calendrier.

La dynamique ne s’arrête pas là. Des discussions avancées sont en cours avec l’US International Development Finance Corporation (DFC) en vue d’une assistance technique pour l’étude de faisabilité définitive (DFS). L’enveloppe d’investissement total est estimée à 700 millions de dollars pour la phase I et 1,3 milliard pour la phase II, soit près de 2 milliards de dollars pour l’ensemble du projet.

Côté production, les études de cadrage présentées prévoient 120 000 tonnes de cathodes de cuivre au standard LME et 20 000 tonnes de cobalt métal, avec une optionnalité pour du sulfate de cobalt. Buenassa a récemment recentré son positionnement sur les secteurs de la défense et de l’aérospatiale, en quête sécurisée de minerais stratégiques, tout en conservant une optionnalité pour le secteur du stockage d’énergie. Un repositionnement qui place le projet au cœur des chaînes d’approvisionnement les plus stratégiques pour les pays de l’Hémisphère nord, Etats-unis en tête.

Ce financement n’aurait pas vu le jour sans le cap fixé au sommet de l’État. Aux yeux de Kinshasa, le projet Buenassa matérialise la vision du Président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo : celle de la transformation locale des ressources congolaises, mise en oeuvre par son Gouvernement. « La RDC s’affirme ainsi comme un acteur incontournable de la transition énergétique mondiale et de l’équilibre sécuritaire grâce à la transformation locale de ses minéraux stratégiques », résume le ministre Julien Paluku.

En misant sur le raffinage sur son propre sol plutôt que sur l’exportation de matière brute, la RDC entend capter davantage de valeur ajoutée, et l’appui financier américain lui en donne, pour la première fois, les moyens concrets.

Sources

Cobalt Institute, Cobalt Market Report 2025 (mai 2026).

U.S. Geological Survey, Mineral Commodity Summaries 2025 (Cobalt).

U.S. International Development Finance Corporation (DFC) et Partnership for Global Infrastructure and Investment, corridor de Lobito.

Benchmark Mineral Intelligence et Fastmarkets, régime de quotas d’exportation de cobalt de la RDC (2025-2027).

Financial Afrika

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Union africaine : Mahmoud Ali Youssouf salue l’accord entre Washington et Téhéran et appelle à sa mise en œuvre intégrale.

L’Union africaine voit dans cet accord une opportunité de stabilisation régionale et mondiale

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a salué l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre un terme à plusieurs mois de confrontation et de tensions au Moyen-Orient. Dans une déclaration rendue publique lundi, le responsable africain a estimé que cette avancée diplomatique représente une étape importante en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité internationales.

L’Union africaine a appelé les différentes parties à respecter pleinement les engagements pris et à poursuivre les efforts de dialogue afin de consolider les acquis de cet accord et d’éviter toute résurgence des tensions dans une région stratégique pour l’équilibre mondial.

Un accord destiné à mettre fin à plusieurs mois de conflit

Annoncé par Washington et Téhéran, l’accord prévoit un arrêt des hostilités ainsi que l’ouverture d’une nouvelle phase de négociations destinée à traiter les questions les plus sensibles, notamment celles liées au programme nucléaire iranien. Les discussions doivent se poursuivre au cours des prochaines semaines afin de parvenir à un règlement plus durable des différends entre les deux pays.

Le texte prévoit également la réouverture progressive du détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde pour le transport des hydrocarbures. Cette mesure est perçue comme un signal positif pour les marchés internationaux et pour les économies dépendantes des échanges énergétiques mondiaux.

Une cérémonie officielle de signature est attendue à Genève dans les prochains jours afin de formaliser les engagements pris par les deux parties.

Une initiative saluée par la communauté internationale

L’annonce de cet accord a suscité des réactions favorables au sein de plusieurs organisations et capitales à travers le monde. Les Nations Unies ont notamment salué une avancée significative vers une résolution pacifique du conflit, tandis que plusieurs acteurs régionaux ont souligné l’importance de préserver la stabilité du Golfe et la sécurité des routes commerciales internationales.

Pour l’Union africaine, cette évolution diplomatique dépasse le seul cadre du Moyen-Orient. Les crises dans cette région ont souvent des répercussions directes sur les économies africaines, notamment à travers les fluctuations des prix du pétrole, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et l’impact sur le commerce international.

Des enjeux majeurs pour les économies africaines

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran avait entraîné une forte instabilité géopolitique depuis son déclenchement en février 2026. La fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part importante du commerce mondial d’hydrocarbures, avait alimenté les inquiétudes des marchés et accru les risques de perturbations économiques à l’échelle mondiale.

Pour de nombreux pays africains, particulièrement dépendants des importations énergétiques, une désescalade durable pourrait contribuer à réduire les pressions sur les coûts de l’énergie et à améliorer les perspectives économiques.

Le dialogue comme priorité diplomatique

À travers cette prise de position, la Commission de l’Union africaine réaffirme son attachement aux solutions négociées dans la gestion des crises internationales. L’organisation panafricaine considère que le dialogue, la médiation et la coopération multilatérale demeurent les instruments les plus efficaces pour prévenir les conflits et favoriser une paix durable.

L’Union africaine espère désormais que les engagements annoncés seront traduits en actes et que cette dynamique permettra d’ouvrir une nouvelle phase de stabilité dans une région dont les évolutions continuent d’avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières.