Guinée : la Fonction publique prépare l’évaluation des agents dès janvier 2027.

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L’administration guinéenne poursuit sa modernisation avec la digitalisation des textes et cadres organiques, la formalisation des fiches de poste et la mise à jour du Référentiel des métiers et des compétences. Présentée le mercredi 28 octobre 2026 à Conakry, cette réforme vise à clarifier les responsabilités, mieux organiser les effectifs et préparer l’évaluation de la performance des agents de l’État, annoncée pour janvier 2027.

Lors de la restitution des travaux, les responsables du ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique ont présenté les outils élaborés pour améliorer l’organisation des services publics et préciser les missions confiées aux agents.

Selon les chiffres communiqués, 646 structures de l’administration centrale disposent de textes et de cadres organiques validés sur les 905 recensées. Les travaux ont également permis de répertorier 22 500 métiers et 29 548 postes. Le bilan fait aussi état de 3 869 services, de 985 métiers statutaires et de 108 emplois types.

Ces données doivent aider l’État à mieux identifier les besoins en personnel, à distinguer les postes occupés de ceux qui restent vacants et à préciser les profils nécessaires au fonctionnement de chaque structure. La numérisation des informations doit également faciliter leur exploitation en lien avec la base biométrique des agents publics.

Les responsables ont par ailleurs invité les départements concernés à accélérer la transmission des dossiers des structures dont les textes et cadres organiques ne sont pas encore validés.

Au-delà de l’informatisation des documents, l’objectif est de disposer d’une organisation administrative plus lisible, capable de mieux orienter les recrutements, les mutations et les actions de formation, tout en améliorant le suivi des effectifs et des dépenses de personnel.

Un référentiel des métiers actualisé après plus de 60 ans

L’autre volet de la réforme porte sur la révision du Référentiel des métiers et des compétences, dont la version précédente remontait à 1965. Le nouveau dispositif doit permettre de mieux faire correspondre les emplois aux missions des services et aux compétences attendues des agents, sans remettre en cause les acquis statutaires des fonctionnaires.

Le référentiel s’organise autour de six composantes, notamment les missions de l’État, les domaines fonctionnels, les métiers, les emplois, les compétences et les profils. Les données présentées font état de 18 domaines fonctionnels, de 367 compétences et de 8 960 associations entre métiers et compétences.

Cette architecture doit fournir un cadre commun aux administrations pour définir les postes, préciser les qualifications requises et anticiper les besoins en compétences. Elle pourrait notamment faciliter l’identification des besoins de formation dans des secteurs comme le numérique, l’éducation, la diplomatie et le développement rural.

Une évaluation de la performance prévue en janvier 2027

Le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, Faya François Bourouno, a annoncé le lancement, dès janvier 2027, d’un chantier consacré à l’évaluation de la performance des agents de l’État.

Le dispositif envisagé reposerait sur des contrats de performance établis à différents niveaux de la hiérarchie administrative. Les ministres fixeraient des objectifs aux responsables de leurs départements, qui les déclineraient ensuite auprès des directeurs et des chefs de division. Cette démarche vise à individualiser les responsabilités et à permettre un suivi plus précis des résultats.

Pour le ministre, la clarification des postes et des missions constitue un préalable à une évaluation cohérente du travail des agents. Il a notamment rappelé qu’une fiche de poste ne devait pas être considérée comme un simple document administratif, mais comme un engagement définissant les responsabilités de chacun.

L’évaluation devrait également contribuer à mieux identifier les besoins en formation et à élaborer des parcours professionnels adaptés aux compétences et aux fonctions exercées.

La réforme inscrite dans la vision Simandou 2040

Faya François Bourouno a inscrit cette transformation dans le cadre de la vision Simandou 2040 portée par le président Mamadi Doumbouya. Selon le ministre, la réalisation des ambitions de développement du pays dépend aussi de la capacité de l’administration à mobiliser et à organiser efficacement ses ressources humaines.

La mise en place de ces nouveaux outils marque ainsi une évolution annoncée vers une gestion davantage centrée sur les emplois, les compétences et les résultats, plutôt que sur les seuls dossiers administratifs, matricules et grades.

Le défi reste toutefois celui de leur application concrète dans les ministères et les services publics. La qualité des évaluations dépendra notamment de la clarté des objectifs fixés, de l’accompagnement des responsables hiérarchiques et de l’utilisation effective des résultats pour améliorer les compétences et le fonctionnement des administrations.

Avec l’échéance de janvier 2027, la prochaine étape consistera donc à traduire cette réforme organisationnelle et numérique en pratiques de gestion mesurables, au service de l’efficacité de l’administration guinéenne.