Guinée : Rio Tinto remet une carte stratégique pour renforcer la protection des aires naturelles.

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La coopération entre la Guinée et le groupe minier Rio Tinto s’étend au domaine de la protection de l’environnement. Une délégation de l’entreprise, conduite par Trina Gill, directrice ESG, a remis au ministre guinéen de l’Environnement et du Développement durable, Fassou Théa, une carte thématique consacrée au réseau national des aires protégées.

Présentée comme un outil d’aide à la décision, cette cartographie vise à améliorer la connaissance des écosystèmes guinéens, à identifier les espaces présentant un intérêt particulier pour la conservation et à orienter les politiques d’aménagement du territoire. La mission a été introduite auprès du ministre par le secrétaire général du département, Dr Karim Samoura.

Une cartographie pour mieux identifier les zones prioritaires

Selon les précisions communiquées par le ministère, cette carte ne se limite pas à représenter les espaces naturels déjà protégés. Elle doit également permettre d’identifier de futurs sites de conservation et de favoriser la connexion entre les différentes zones écologiques du pays.

Le ministre Fassou Théa a notamment attiré l’attention sur la fragmentation des corridors biologiques provoquée par certaines activités minières. Cette perturbation peut entraver les déplacements des espèces animales et contribuer à la dégradation des habitats naturels.

L’outil devrait ainsi aider les autorités à mieux anticiper les conséquences environnementales des projets d’aménagement et d’exploitation minière, en intégrant davantage les impératifs de conservation dans la planification du territoire.

L’objectif international de protéger 30 % du territoire d’ici 2030

Cette initiative s’inscrit également dans les engagements pris par la Guinée dans le cadre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté en décembre 2022. Celui-ci fixe notamment l’objectif de protéger au moins 30 % des espaces terrestres et des eaux intérieures, ainsi que des zones marines et côtières, à l’horizon 2030.

Pour la Guinée, la constitution d’un réseau national d’aires protégées représente donc un enjeu majeur. Les zones identifiées par la nouvelle cartographie ne sont toutefois pas toutes officiellement classées : certaines constituent encore des sites potentiels dont la protection devra faire l’objet d’études et de procédures spécifiques.

Simandou : concilier exploitation minière et préservation de la biodiversité

La remise de cette carte intervient dans un contexte où le développement du projet Simandou soulève d’importants enjeux environnementaux. La région abrite notamment des espèces menacées, parmi lesquelles le chimpanzé d’Afrique de l’Ouest et l’éléphant de forêt.

Rio Tinto affirme intégrer la protection de la biodiversité dans la conception et la réalisation de ses infrastructures minières et ferroviaires. Le groupe indique notamment appliquer les normes de performance de la Société financière internationale (IFC), qui prévoient des mesures d’évitement, de réduction et de compensation des impacts sur les écosystèmes.

La nouvelle cartographie doit ainsi contribuer à renforcer les outils de planification environnementale de l’État guinéen. Reste désormais à traduire cet instrument technique en mesures concrètes : classement de nouveaux espaces, financement de la conservation, suivi écologique et implication des communautés locales.

Pour la Guinée, le défi consiste à faire progresser ses ambitions minières et industrielles tout en préservant durablement un patrimoine naturel essentiel à son équilibre écologique.