Le président russe Vladimir Poutine aurait donné son accord pour mettre fin à la participation de ressortissants ghanéens à la guerre en Ukraine. Cette assurance a été rapportée par le ministère ghanéen des Affaires étrangères, à l’issue d’une rencontre entre le chef de l’État russe et son homologue John Dramani Mahama, tenue le 30 octobre 2026 à Moscou, en marge du troisième sommet Russie-Afrique.
Selon les autorités d’Accra, l’engagement annoncé par Vladimir Poutine concerne toutes les formes de participation au conflit, qu’il s’agisse de recrutements irréguliers ou d’engagements volontaires dans les forces russes. Cette question figurait parmi les préoccupations soulevées par le président ghanéen, alors que plusieurs de ses compatriotes ont été attirés vers le front ukrainien dans des circonstances controversées.
Il convient toutefois de préciser que cette annonce a été communiquée par la partie ghanéenne. Elle ne constitue pas, à ce stade, la preuve d’un dispositif russe de contrôle ou d’interdiction effectivement mis en œuvre.
Plus de 270 Ghanéens auraient été entraînés dans le conflit
La démarche du président John Dramani Mahama intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant le recrutement de citoyens africains par les réseaux liés à l’effort de guerre russe.
En février 2026, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, avait indiqué que 272 ressortissants ghanéens auraient été recrutés depuis 2022 pour combattre aux côtés de la Russie. À cette date, 55 décès et deux captures avaient été signalés.
En août 2026, le ministre a actualisé le bilan : au moins 62 Ghanéens auraient perdu la vie dans les combats, tandis que 15 autres étaient portés disparus. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des conséquences humaines du phénomène pour le Ghana.
De fausses promesses d’emploi au recrutement militaire
Plusieurs témoignages recueillis auprès de ressortissants africains font état de méthodes de recrutement reposant sur des offres d’emploi, des contrats dans la sécurité privée ou des possibilités d’études en Russie. Certains candidats auraient découvert, une fois sur place, qu’ils étaient destinés à des missions militaires ou à des opérations sur le front ukrainien.
Ces pratiques ont suscité des alertes dans plusieurs pays africains, notamment au Kenya, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Cameroun et en Gambie. Les autorités de ces États ont appelé leurs ressortissants à la vigilance et engagé des démarches diplomatiques pour obtenir des informations sur les personnes concernées.
Au Kenya, un rapport présenté au Parlement en 2026 faisait état d’environ 1 000 citoyens recrutés pour combattre aux côtés des forces russes. Des familles ont également signalé des disparitions et demandé l’aide des autorités pour retrouver leurs proches.
Une coopération bilatérale élargie entre Accra et Moscou
Au-delà de la question des recrutements militaires, la rencontre entre John Dramani Mahama et Vladimir Poutine a permis d’aborder plusieurs axes de coopération. Selon le ministère ghanéen des Affaires étrangères, six engagements ont été présentés à l’issue des discussions.
Parmi les principales annonces figure la volonté de travailler ensemble à la réalisation d’une centrale nucléaire d’une puissance de 2 000 mégawatts, destinée à renforcer la sécurité énergétique du Ghana et à soutenir son industrialisation. Le projet s’inscrit dans les discussions engagées entre Accra et l’entreprise publique russe Rosatom. À ce stade, les détails concernant son financement, son emplacement et son calendrier de réalisation n’ont pas été précisés.
Les deux pays ont également évoqué un nouveau partenariat dans le domaine de la défense, le renforcement de la coopération agricole, notamment pour la production céréalière et l’approvisionnement en engrais, ainsi qu’une augmentation des bourses destinées aux étudiants ghanéens en Russie.
La relance de la Commission permanente mixte de coopération entre les deux États figure également parmi les engagements annoncés.
Des relations diplomatiques anciennes
Lors de leurs échanges, Vladimir Poutine a rappelé que la Russie et le Ghana entretiennent des relations diplomatiques depuis 1958. Le président russe a également indiqué que 649 étudiants ghanéens poursuivaient actuellement leurs études en Russie.
Les échanges commerciaux entre les deux pays auraient progressé de 6 % entre janvier et août 2026, selon les chiffres communiqués par le dirigeant russe.
Pour Accra, les discussions de Moscou représentent ainsi une occasion de consolider ses relations avec la Russie tout en obtenant des engagements sur des dossiers sensibles, notamment la protection de ses ressortissants face aux recrutements militaires liés à la guerre en Ukraine.

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