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Ghana : une usine textile « zéro déchet »‎ de 6,69 milliards FCFA inaugurée à Savelugu.

Le président ghanéen John Dramani Mahama a officiellement inauguré, vendredi 28 août 2026, la Northshore Apparel Ghana Limited, une unité industrielle implantée à Savelugu, dans la Région du Nord. Porté par des capitaux entièrement ghanéens, le projet représente un investissement de 6,69 milliards de francs CFA et ambitionne de créer jusqu’à 30 000 emplois à terme.

Présentée comme un important centre de production textile à vocation régénérative et zéro déchet, l’usine compte déjà plus de 2 300 emplois directs. Son développement doit contribuer à renforcer l’activité industrielle dans le nord du pays et à offrir davantage de débouchés professionnels à la jeunesse locale.

Une production tournée vers les marchés extérieurs

Une grande partie de la production de Northshore Apparel Ghana Limited est destinée à l’exportation. À travers ce positionnement, les promoteurs entendent faire de Savelugu un pôle industriel capable de participer à la croissance des exportations ghanéennes et à la valorisation du « made in Ghana ».

Le financement du projet a notamment mobilisé la Ghana Exim Bank, la banque allemande KfW et l’Agricultural Development Bank. Pour les autorités, cette combinaison de financements illustre la possibilité de développer des infrastructures industrielles compétitives en dehors des principaux centres économiques du sud du pays.

Lors de l’inauguration, John Dramani Mahama a estimé que le projet démontrait que les contraintes traditionnellement associées à l’industrialisation du nord, notamment en matière d’énergie, de logistique et de disponibilité de la main-d’œuvre, pouvaient être surmontées.

Réduire l’exode des jeunes vers le sud

Au-delà de la filière textile, le gouvernement présente cette initiative comme un instrument de rééquilibrage du développement économique entre les différentes régions du Ghana.

Le nord du pays est confronté depuis plusieurs années à un important déplacement de jeunes vers Accra et les régions méridionales, à la recherche d’opportunités professionnelles. La création d’emplois industriels sur place constitue ainsi l’un des leviers envisagés pour retenir cette main-d’œuvre et stimuler l’économie locale.

Le projet s’inscrit par ailleurs dans la stratégie gouvernementale visant à promouvoir une économie fonctionnant en continu, avec une place accrue accordée à l’industrie et à la création d’emplois.

Si l’objectif de 30 000 emplois est atteint, Northshore Apparel Ghana Limited pourrait contribuer à faire de Savelugu l’un des principaux pôles industriels de la Région du Nord, tout en renforçant la capacité du Ghana à développer une production manufacturière destinée aux marchés internationaux.

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Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana alertent sur la multiplication des substituts.

L’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG) tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des substituts au cacao et à certaines reformulations industrielles susceptibles de réduire la proportion de cacao dans les produits chocolatés.

L’organisation estime que cette évolution intervient dans un contexte particulièrement sensible pour les producteurs, confrontés à des coûts croissants liés au respect des exigences internationales en matière de durabilité, de traçabilité et de responsabilité environnementale et sociale.

Abidjan et Accra veulent mieux valoriser les producteurs

Cette question s’inscrit dans la volonté affichée par la Côte d’Ivoire et le Ghana de renforcer leur coopération dans le secteur cacaoyer. Le 16 juin 2026 à Abidjan, les présidents ivoirien Alassane Ouattara et ghanéen John Dramani Mahama ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une filière plus durable et d’une meilleure rémunération des producteurs.

La veille, la septième session du Comité de pilotage de l’ICCIG avait notamment porté sur l’harmonisation des politiques de commercialisation, la lutte contre les maladies du cacaoyer, l’application de la norme ARS 1000, la transformation locale et l’élargissement de la coopération à d’autres pays producteurs.

L’ICCIG réclame davantage de transparence

Pour l’initiative, la réduction de la teneur en cacao dans certains produits finis soulève une question de cohérence avec les efforts consentis par les pays producteurs.

L’ICCIG reconnaît que les industriels disposent d’une marge de manœuvre pour adapter leurs recettes dans le respect de la réglementation. Elle estime toutefois que les consommateurs doivent être clairement informés lorsque le cacao est remplacé, en partie, par d’autres ingrédients.

L’organisation appelle ainsi à une information plus transparente sur la composition des produits, notamment sur leur teneur réelle en cacao et sur les éventuels ingrédients de substitution.

Préserver la valeur de toute la chaîne

La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui figurent parmi les principaux fournisseurs mondiaux de cacao, mettent également en avant les investissements réalisés par leurs producteurs pour répondre aux exigences environnementales et sociales, notamment en matière de lutte contre la déforestation et de traçabilité.

L’ICCIG estime que ces efforts doivent se traduire par une meilleure valorisation du cacao tout au long de la chaîne. Elle préconise notamment une utilisation rigoureuse des labels de durabilité et une évaluation de l’impact des nouvelles formulations industrielles sur les revenus des producteurs.

L’organisation propose enfin la mise en place d’un cadre permanent de concertation réunissant pays producteurs, industriels, distributeurs et représentants des consommateurs afin d’anticiper les évolutions du marché et de préserver les intérêts de l’ensemble de la filière.

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Au Ghana, un parlement panafricain des jeunes pour peser sur la démocratie.

Depuis 1999, la Journée internationale de la jeunesse est célébrée tous les 12 août. Une journée qui met en lumière les défis et le rôle des jeunes dans la société. L’édition de cette année coïncide avec la tenue quelques jours plus tôt de la session inaugurale du Parlement panafricain des jeunes pour la démocratie avec un objectif affiché : ne plus laisser les décisions démocratiques se prendre sans eux. Par  Éloi Mbainaiwala Danepeur.

Du 3 au 5 août s’est tenue à Accra la session inaugurale du Parlement panafricain des jeunes pour la démocratie. L’événement a été co-organisé par la Fondation de l’innovation pour la démocratie, à l’initiative du Parlement panafricain des jeunes, Parliamentary Network Africa et la National Youth Authority du Ghana, avec le soutien du Parlement ghanéen et de plusieurs partenaires institutionnels et diplomatiques.

Venus de toute l’Afrique et de la diaspora européenne, 13 des 14 jeunes parlementaires élus à l’issue d’un vote organisé en ligne du 3 au 9 juillet dernier ont pris part aux travaux, épaulés par une délégation de jeunes Ghanéens.

Ngang God’swill, l’un des 14 jeunes parlementaires élus pour la zone Afrique centrale, affirme au sortir des échanges faire « confiance à la jeunesse pour porter le développement dont ce continent, et mon pays, le Cameroun, ont urgemment besoin. » Même tonalité chez Julia Somé, du Burkina Faso et parlementaire élue pour la zone Afrique de l’Ouest, qui affirme croire « de plus en plus que notre génération a une force particulière : nous avons la possibilité de nous rencontrer au-delà des frontières, de croiser nos expériences et de transformer nos différences en intelligence collective. » Un optimisme partagé par Badal Fohmoh, du Cameroun, membre du programme des Jeunes ambassadeurs de la démocratie, elle aussi présente à Accra. « Je rentre avec la certitude que les lignes bougent », affirme-t-elle.

« J’ai acquis de nouvelles perspectives, partagé mes idées et rencontré d’autres jeunes leaders. Plus important encore, j’ai compris que les jeunes ne doivent pas seulement être considérés comme les leaders de demain, mais qu’ils doivent également avoir une voix significative dans la prise de décision aujourd’hui », souligne Thomas Obeng Danso, membre de la délégation du Ghana, à l’issue des trois jours de travaux.

Un symbole assumé

Le choix du lieu et de la date et du lieu n’a rien d’anodin. Août est le mois de la jeunesse au Ghana, et le 12 août marque la Journée internationale de la jeunesse des Nations Unies. Surtout, Accra reste associée à l’histoire des indépendances africaines et à la naissance du panafricanisme. Un héritage que les organisateurs revendiquent explicitement.

Premier pays d’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance en 1957, le Ghana s’est affirmé, sous l’impulsion de Kwame Nkrumah, comme l’un des principaux foyers intellectuels du panafricanisme moderne. « Le choix du Ghana comme pays hôte de cette édition inaugurale revêt une portée historique, symbolique et stratégique particulière », résume Arlande Aroukoun, responsable du laboratoire Nord Portes de l’Europe de la Fondation de l’innovation pour la démocratie.

Trois axes de travail et des propositions soutenues par des personnalités

Structurés autour du thème « Une démocratie qui mise sur l’énergie des jeunes », les échanges ont porté sur trois axes : miser sur l’énergie de la jeunesse, faire confiance aux jeunes pour changer le monde, et leur donner les ressources pour y parvenir.

Les participants ont planché sur les défis démocratiques du continent, la place des jeunes dans les processus de décision, et les conditions d’émergence de sociétés africaines plus inclusives et résilientes. Selon les organisateurs, ce parlement constitue un espace dédié à la génération d’idées, à la construction de réseaux et au développement du leadership démocratique. Il vise à formuler des propositions et à affirmer une citoyenneté panafricaine renouvelée, susceptible de faire émerger des réponses africaines aux défis démocratiques contemporains.

Sur un plan plus concret, face aux conflits et à l’insécurité que connaît le continent africain, les jeunes ont décidé de mettre sur pied un groupe qui travaillera exclusivement sur ces questions. Ils ont d’ailleurs reçu le soutien de la Botswanaise Mpule Kgetsi, ancienne Ambassadrice de la jeunesse de l’Union africaine pour la paix pour l’Afrique australe, qui a promis de mettre son expertise au service de ce groupe. Autre soutien de poids : celui de la Sud-Africaine Bonolo Makgale, spécialiste des questions de démocratie, de gouvernance et d’engagement citoyen, qui a proposé de faciliter les mises en relation avec d’autres parlementaires et initiatives du Parlement panafricain, pour les jeunes souhaitant approfondir leur connaissance de l’institution ou rejoindre des dynamiques existantes ».

Des personnalités qui apportent leur appui

D’autres personnalités présentes ont elles aussi tenu à apporter leur soutien à cette initiative, à l’exemple de l’Ambassadrice de France au Ghana, Diarra Dimé Labille, qui s’est engagée à créer, avec les partenaires, un espace de dialogue de haut niveau entre jeunes, institutions et monde diplomatique. Elle a également rappelé la place particulière du Ghana dans l’histoire démocratique du continent.

De son côté, Scyrielle Philomène Sende Etali, Administratrice Directrice générale de l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte, est revenue sur la jeunesse comme un moment charnière : garder sa capacité à s’émerveiller, à découvrir, à s’interroger, mais aussi utiliser ce temps avec sagesse pour préparer la suite. Elle a invité les jeunes à se demander ce qu’ils aiment, ce qu’ils veulent pour eux-mêmes, et comment tracer le chemin vers ce qui compte réellement. Au regard de son rôle à la tête de cette agence, on peut aussi y lire un signal : l’économie verte constitue une voie importante pour la formation, l’employabilité et l’accès des jeunes à des emplois dignes.

Les travaux ont également été marqués par la présence du Très Honorable Bernard Ahiafor, First Deputy Speaker du Parlement du Ghana, et d’Osman Abdulai Ayariga, Directeur général de la National Youth Authority.

Une déclaration comme pacte d’engagement en préparation

À l’issue des travaux, les participants ont signé un communiqué final scellant leur engagement à rédiger ensemble la Déclaration d’Accra, dont la présentation officielle est prévue le 15 septembre 2026, Journée internationale de la démocratie. Le texte devrait porter sur la participation des jeunes aux décisions publiques, l’accès à des moyens de subsistance dignes et à l’énergie, la lutte contre la désinformation, et les défis climatiques.

Une initiative qui s’inscrit dans un contexte de recomposition démocratique

Cette initiative intervient dans un contexte où près de 60 % de la population africaine selon les estimations des Nations Unies a moins de 25 ans, faisant du continent le plus jeune du monde, alors même que les canaux institutionnels de participation politique restent largement dominés par des générations plus âgées. Elle fait écho à des cadres existants, comme la Charte africaine de la jeunesse adoptée par l’Union africaine en 2006, mais s’en distingue par son ambition de créer un espace de représentation directe et élue, plutôt que consultatif. Dans un contexte marqué par une succession de coups d’État en Afrique de l’Ouest et centrale et par une défiance grandissante envers les processus électoraux classiques, ce pari sur une jeunesse organisée et légitimée par le vote peut se lire comme une tentative de renouveler les formes de participation démocratique, sans pour autant garantir, à ce stade, une influence réelle sur les processus décisionnels formels des États membres. La présence, parmi les soutiens, d’une responsable de l’économie verte gabonaise n’est d’ailleurs pas anodine : ce secteur constitue aujourd’hui l’une des voies les plus concrètes pour la formation, l’employabilité et l’accès des jeunes africains à des emplois dignes.

Source : LesNouvellesd’Afrique.

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Ghana : les producteurs de cacao risquent jusqu’à 20 ans de prison selon un projet de loi.

Le Parlement ghanéen a adopté un projet de loi visant à renforcer la protection des exploitations cacaoyères, avec des sanctions pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement pour certains contrevenants. Le texte, dont le contenu a été rendu public dimanche, n’a toutefois pas encore été promulgué par le président John Mahama.

Selon une copie du projet de loi consultée par l’Associated Press, toutes les exploitations de cacao bénéficieraient d’un statut protégé. Leur conversion à d’autres usages sans autorisation gouvernementale constituerait une infraction pénale.

Des sanctions particulièrement lourdes contre l’orpaillage illégal

Les peines les plus sévères concernent notamment l’exploitation illégale de l’or sur des terres cacaoyères. Les personnes reconnues coupables pourraient être condamnées à une peine comprise entre 10 et 20 ans de prison, assortie d’une importante amende calculée en fonction du nombre de cacaoyers concernés.

Cette disposition suscite cependant des inquiétudes parmi certains producteurs, qui estiment que la protection des plantations doit s’accompagner d’un soutien accru de l’État.

« Si la loi reste telle qu’elle est actuellement, ce n’est pas juste », a déclaré Moses Djan Asiedu, administrateur de la Ghana Cooperative Cocoa Farmers and Marketing Association Limited et producteur de cacao. Il souligne que de nombreux agriculteurs financent eux-mêmes l’acquisition, la mise en valeur et l’entretien de leurs plantations, parfois pendant plusieurs années avant de générer des revenus significatifs.

Le cacao, un secteur stratégique pour l’économie ghanéenne

La mesure intervient dans un pays où le cacao constitue un pilier de l’économie agricole. Des centaines de milliers de producteurs en Afrique de l’Ouest dépendent de cette culture pour leurs revenus.

Au Ghana, les fèves de cacao représentent près de 15 % des recettes d’exportation, tandis qu’en Côte d’Ivoire voisine, premier producteur mondial, elles génèrent environ 40 % des recettes d’exportation.

Pour protéger les producteurs contre les fluctuations des cours internationaux, les autorités ghanéennes fixent chaque saison un prix d’achat et encadrent la commercialisation des fèves à travers des opérateurs agréés.

Des cours mondiaux très volatils

Le secteur reste toutefois exposé aux fortes fluctuations du marché international. En 2024, les contrats à terme sur le cacao ont dépassé 12 000 dollars la tonne, atteignant leur niveau le plus élevé depuis plusieurs décennies, avant de retomber autour de 4 000 dollars lorsque l’offre a commencé à dépasser la demande.

Le projet de loi doit désormais être soumis à la signature du président John Mahama. Son adoption définitive pourrait renforcer la protection du patrimoine cacaoyer ghanéen, mais ouvre également un débat sur l’équilibre entre la préservation d’une filière stratégique et les droits ainsi que les conditions de vie des producteurs.

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Cacao : le Ghana et la Côte d’Ivoire veulent renforcer leur alliance pour peser davantage sur les prix mondiaux.

Le Ghana et la Côte d’Ivoire, qui assurent ensemble plus de 60 % de la production mondiale de cacao, entendent donner un nouvel élan à leur coopération afin d’accroître leur influence sur les marchés internationaux. Face à la volatilité persistante des cours et au recul des prix après les records historiques enregistrés en 2024, les deux principaux producteurs mondiaux souhaitent coordonner davantage leurs politiques pour mieux défendre les intérêts des planteurs.

Les autorités des deux pays travaillent à la relance d’une stratégie souvent comparée à une « OPEP du cacao », destinée à renforcer leur pouvoir de négociation face aux industriels et aux grands acheteurs internationaux. L’initiative prévoit notamment une harmonisation des prix payés aux producteurs, une meilleure coordination des calendriers de récolte et de commercialisation, ainsi qu’une concertation accrue sur les politiques de gestion de l’offre.

Dans cette dynamique, le Cameroun et le Nigeria, également importants producteurs africains de cacao, ont été invités à rejoindre cette plateforme régionale afin de consolider une position commune sur le marché mondial.

Vers une meilleure valorisation de la filière africaine

Pour Max Koffi, fondateur de l’Equal Trade Alliance, cette coopération représente une opportunité de rééquilibrer les rapports de force dans une filière où les pays producteurs captent encore une part limitée de la richesse générée par le cacao.

Malgré son statut de premier bassin mondial de production, l’Afrique demeure principalement exportatrice de fèves brutes, tandis que les activités les plus rémunératrices – transformation industrielle, fabrication de chocolat, développement des marques et distribution – restent largement concentrées en Europe, en Amérique du Nord et en Asie.

La transformation locale, un levier stratégique de développement

Au-delà de la question des prix, plusieurs acteurs du secteur estiment que l’avenir de la filière passe par une montée en gamme des économies africaines. Le développement d’unités locales de transformation des fèves en beurre, poudre ou pâte de cacao, ainsi que la fabrication de produits finis, est présenté comme un levier essentiel pour accroître la valeur ajoutée, créer des emplois industriels et réduire la dépendance aux exportations de matières premières.

Cette stratégie s’inscrit également dans une volonté plus large de renforcer la souveraineté économique des pays producteurs et de mieux intégrer la chaîne de valeur mondiale du cacao.

RDC–Rwanda : les échanges reprennent progressivement entre Goma et Gisenyi

Parallèlement, en Afrique centrale, les activités commerciales reprennent progressivement entre Goma, en République démocratique du Congo, et Gisenyi, au Rwanda, après la réouverture des postes-frontières fermés pendant près d’un mois et demi en raison de l’épidémie d’Ebola.

La reprise des flux de marchandises, des services bancaires et des transports constitue une étape importante pour les milliers de commerçants et d’opérateurs économiques qui dépendent quotidiennement de ce corridor stratégique de la région des Grands Lacs, essentiel aux échanges entre les deux pays.

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Ghana : huit entreprises candidates à la production de cannabis industriel sous contrôle de l’État.

Le Ghana franchit une nouvelle étape dans l’encadrement de la filière du cannabis industriel. Huit entreprises ont officiellement soumis des demandes de licence pour cultiver du cannabis à usage industriel et médical, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Alhaji Muntaka Mohammed-Mubarak.

Les autorités ghanéennes rappellent toutefois que cette ouverture demeure strictement réglementée. La culture autorisée concerne uniquement les variétés de cannabis à faible teneur en tétrahydrocannabinol (THC), destinées exclusivement à des applications industrielles et médicales. Toute utilisation récréative reste interdite par la législation nationale.

Un cadre légal limité à une production contrôlée

Intervenant devant la Commission des assurances du Parlement, le ministre de l’Intérieur a précisé que la réglementation ghanéenne permet uniquement la production de cannabis dont le taux de THC ne dépasse pas 0,3 %.

Cette disposition vise à distinguer le cannabis industriel du cannabis destiné à un usage psychoactif. Selon les autorités, l’objectif n’est pas d’ouvrir la voie à une légalisation générale de la culture du cannabis, mais de créer un cadre légal permettant le développement d’une filière encadrée, sous la supervision de la Commission de contrôle des stupéfiants.

Les entreprises souhaitant obtenir une autorisation doivent ainsi se conformer à un processus de licence strict, comprenant des exigences en matière de contrôle, de traçabilité et de respect des normes en vigueur.

Le gouvernement mise sur la sensibilisation et la prévention

Parallèlement au développement de cette nouvelle filière, les autorités ghanéennes renforcent leurs actions de prévention contre l’usage abusif des substances interdites.

Le ministre a indiqué qu’en 2025, son département, en collaboration avec la Commission de contrôle des stupéfiants, a organisé 2 170 campagnes de sensibilisation et émissions radiophoniques, permettant d’informer près de 500 000 personnes sur les règles encadrant les stupéfiants ainsi que sur les risques liés à leur consommation.

Cette stratégie comprend également la mise en place de clubs de prévention contre les drogues dans les établissements scolaires afin de sensibiliser les jeunes aux dangers liés aux substances illicites.

Le gouvernement prévoit par ailleurs le recrutement de spécialistes du renseignement sur les stupéfiants dans les 261 assemblées métropolitaines, municipales et de district du pays, afin de renforcer la surveillance et la prévention au niveau local.

Une extension progressive du dispositif de contrôle

Selon Alhaji Muntaka Mohammed-Mubarak, la Commission de contrôle des stupéfiants dispose actuellement de représentations dans 66 collectivités locales.

L’objectif affiché par les autorités est d’étendre progressivement cette présence à l’ensemble du territoire dans un délai estimé entre cinq et sept ans, afin d’assurer un meilleur suivi des activités liées aux substances réglementées.

Cette expansion doit permettre de renforcer les capacités institutionnelles du pays face aux nouveaux enjeux liés au développement potentiel d’une industrie du cannabis à faible teneur en THC.

Une réforme inscrite dans la réglementation de 2023

La politique ghanéenne sur le cannabis repose principalement sur les réformes introduites en 2023, à travers la modification de la loi relative à la Commission de contrôle des stupéfiants (loi n°1100) ainsi que son règlement d’application (décret législatif n°2475).

Ces textes autorisent la culture contrôlée de cannabis présentant une faible concentration en THC, uniquement pour des usages industriels et médicaux, sous réserve de l’obtention d’une licence officielle.

À travers ce dispositif, le Ghana cherche à concilier deux objectifs : exploiter les opportunités économiques liées à une nouvelle filière agricole et industrielle, tout en maintenant un contrôle strict sur les risques sanitaires et sécuritaires associés aux stupéfiants.

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Inondations au Ghana : le gouvernement débloque 26,5 millions de dollars pour les secours et la prévention.

Après les intempéries meurtrières, Accra renforce son dispositif d’urgence face aux risques climatiques

Le gouvernement ghanéen a annoncé un important plan de soutien à la suite des violentes inondations qui ont frappé Accra et plusieurs localités du sud du pays. Le président John Dramani Mahama a ordonné le déblocage immédiat de 300 millions de cedis ghanéens, soit environ 26,5 millions de dollars américains, afin de financer les opérations de secours, l’assistance aux sinistrés et les mesures destinées à prévenir de nouvelles catastrophes.

Cette décision intervient alors que le bilan humain continue de s’alourdir. Selon le Service des sapeurs-pompiers du Ghana (GNFS), les inondations ont causé la mort d’au moins douze personnes, tandis que les équipes de secours poursuivent les recherches pour retrouver sept personnes toujours portées disparues.

Des milliers de personnes affectées par les intempéries

Les premières évaluations officielles dressent un tableau préoccupant de la situation. Les autorités estiment que 38 802 personnes ont été touchées par les inondations, tandis que 7 761 ménages ont dû quitter leurs habitations. Plus de 470 personnes ont déjà été secourues grâce aux interventions des services d’urgence.

Les autorités préviennent toutefois que ces chiffres restent provisoires et pourraient évoluer au fur et à mesure de l’avancement des opérations de recherche et d’évaluation sur le terrain.

Un financement partagé entre assistance d’urgence et prévention

Selon la présidence ghanéenne, les fonds mobilisés seront répartis en deux volets.

Une première enveloppe de 150 millions de cedis (environ 13,3 millions de dollars) sera consacrée à l’aide d’urgence en faveur des populations sinistrées, notamment pour répondre aux besoins immédiats des familles affectées.

Les 150 millions de cedis restants financeront des projets destinés à renforcer les infrastructures et à réduire durablement les risques d’inondation dans les zones les plus exposées.

Cette approche vise à répondre à l’urgence humanitaire tout en engageant des actions structurelles pour limiter l’impact des phénomènes climatiques récurrents.

Les forces de sécurité mobilisées pour les opérations de secours

Face à l’ampleur de la catastrophe, le président John Dramani Mahama a également ordonné le déploiement des forces armées ghanéennes et du Service de police du Ghana afin de renforcer les équipes de l’Organisation nationale de gestion des catastrophes (NADMO) ainsi que les autres services mobilisés sur le terrain.

Ces renforts participent aux opérations de sauvetage, à l’évacuation des populations menacées et à l’assistance aux communautés les plus durement touchées.

Des pluies exceptionnelles aggravées par les défis urbains

Selon les autorités, près de 140 millimètres de pluie sont tombés sur Accra en une seule journée, provoquant d’importantes crues dans plusieurs quartiers de la capitale.

La présidence estime que l’ampleur des dégâts résulte non seulement de l’intensité exceptionnelle des précipitations, mais également de problèmes structurels tels que l’insuffisance des réseaux de drainage, l’urbanisation rapide et l’occupation de zones vulnérables.

Vers des solutions durables face aux inondations récurrentes

Le gouvernement ghanéen réaffirme sa volonté de renforcer la résilience du pays face aux événements climatiques extrêmes qui affectent régulièrement le sud du territoire.

Au-delà de l’assistance immédiate aux victimes, les autorités entendent accélérer la mise en œuvre de solutions durables pour améliorer la gestion des eaux pluviales, moderniser les infrastructures urbaines et mieux protéger les populations contre les inondations à répétition.

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Côte d’Ivoire-Ghana : le Président Ouattara et le Président Mahama renforcent leur alliance pour une filière cacao plus équitable.

Les présidents ivoirien Alassane Ouattara et ghanéen John Dramani Mahama ont réaffirmé leur volonté de consolider la coopération stratégique entre leurs deux pays lors d’un sommet de haut niveau tenu le 16 juin 2026 au Palais présidentiel d’Abidjan. Au centre des discussions figurait le renforcement de l’initiative conjointe Côte d’Ivoire-Ghana, un mécanisme destiné à mieux défendre les intérêts des producteurs de cacao et à accroître le poids des deux pays sur le marché mondial.

Cette rencontre intervient dans un contexte où les défis liés à la volatilité des prix, au changement climatique et à la rémunération des producteurs continuent de peser sur l’avenir de la filière cacaoyère africaine.

Une alliance stratégique entre les deux géants mondiaux du cacao

Premier et deuxième producteurs mondiaux de cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana représentent ensemble plus de 60 % de l’offre mondiale. Cette position dominante confère aux deux pays une responsabilité particulière dans la gouvernance du secteur, mais également un intérêt commun à défendre une meilleure valorisation de leur production.

Les échanges entre les deux chefs d’État ont porté sur les moyens de renforcer la coordination des politiques agricoles et commerciales afin d’améliorer les revenus des producteurs et de garantir une plus grande stabilité du marché.

L’harmonisation des prix bord champ, la lutte contre la contrebande transfrontalière ainsi que l’amélioration des mécanismes de commercialisation ont figuré parmi les principaux axes de réflexion.

Défendre les revenus des producteurs face aux fluctuations du marché

À travers cette initiative commune, Abidjan et Accra cherchent à accroître leur capacité de négociation face aux grands acteurs internationaux de l’industrie du chocolat et du négoce des matières premières.

Les deux pays estiment que les producteurs africains doivent bénéficier d’une part plus importante de la valeur générée par la chaîne mondiale du cacao. Malgré leur rôle central dans l’approvisionnement du marché international, de nombreux planteurs continuent en effet de faire face à des revenus modestes et à des conditions de vie précaires.

Les autorités ivoiriennes et ghanéennes considèrent qu’une meilleure coordination de leurs politiques permettra de renforcer la résilience du secteur et de protéger les revenus des millions de familles qui dépendent directement de cette activité.

Vers une transformation plus ambitieuse de la filière

Au-delà de la question des prix, les discussions ont également porté sur la nécessité d’accélérer la transformation locale du cacao afin de créer davantage de valeur ajoutée sur le continent.

La Côte d’Ivoire et le Ghana ambitionnent de réduire progressivement leur dépendance à l’exportation de fèves brutes en développant les capacités industrielles de transformation et en encourageant l’émergence d’une industrie agroalimentaire plus compétitive.

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire du cacao un véritable levier de développement économique, de création d’emplois et d’industrialisation.

Une coopération appelée à jouer un rôle majeur en Afrique de l’Ouest

La rencontre d’Abidjan confirme la volonté des deux pays de parler d’une seule voix sur les grandes questions liées à l’avenir du cacao. Dans un environnement mondial marqué par l’incertitude économique et les défis climatiques, cette coopération apparaît comme un instrument essentiel pour préserver la compétitivité de la filière et garantir une meilleure rémunération des producteurs.

En consolidant leur partenariat, la Côte d’Ivoire et le Ghana entendent ainsi poser les bases d’une économie cacaoyère plus forte, plus durable et plus équitable, au bénéfice des millions d’acteurs qui font vivre l’un des secteurs agricoles les plus stratégiques du continent africain.

Le Ghana lance la premiere strategie nationale dIA pour stimuler 360x320

Ghana : une stratégie ambitieuse pour faire de l’intelligence artificielle un moteur de croissance.

Le Ghana affiche une ambition claire : faire de l’intelligence artificielle un levier central de son développement économique. Le 24 avril 2026 à Accra, le président John Dramani Mahama a officiellement lancé la Stratégie nationale d’intelligence artificielle, un document structurant de 80 pages articulé autour de huit piliers.

L’objectif affiché est de positionner le pays comme un pôle d’excellence en intelligence artificielle en Afrique d’ici 2035, tout en maîtrisant les transformations numériques en cours.

Un objectif économique de grande envergure

Au cœur de cette stratégie figure une ambition chiffrée : porter la contribution de l’intelligence artificielle à près de 500 milliards de cedis, soit environ 45 milliards de dollars, au produit intérieur brut à l’horizon 2035.

Cette projection témoigne de la volonté des autorités de faire du numérique un vecteur majeur de croissance et de diversification économique.

Infrastructures et capital humain au centre du dispositif

Pour atteindre cet objectif, le plan repose sur deux axes prioritaires. Le premier concerne le développement d’infrastructures technologiques, avec un investissement de 250 millions de dollars pour la construction d’un centre de calcul dédié à l’IA, ainsi que 20 millions de dollars supplémentaires pour soutenir le déploiement de la stratégie à court et moyen terme.

Le second pilier est consacré au renforcement du capital humain. L’initiative accorde une place centrale à la formation, à la recherche et à l’innovation, avec l’implication d’institutions académiques de premier plan, notamment l’Kwame Nkrumah University of Science and Technology. Les travaux ont été coordonnés par Jerry John Kponyo, en collaboration avec le gouvernement, le secteur privé et des partenaires internationaux.

Une stratégie axée sur l’emploi et l’inclusion

Au-delà des objectifs technologiques, le gouvernement met l’accent sur l’impact social de cette transformation. Le président Mahama a insisté sur la nécessité de faire du Ghana un acteur de la conception et du déploiement des technologies, plutôt qu’un simple consommateur.

L’approche adoptée privilégie la création d’emplois et l’inclusion, dans un contexte où le marché du travail reste fragilisé. Les autorités ambitionnent notamment d’augmenter significativement les inscriptions dans l’enseignement technique et professionnel, avec un objectif de 190 000 apprenants d’ici 2026.

Des progrès ont déjà été enregistrés, notamment en matière de participation des femmes, mais des défis persistent. Près de 68 % des jeunes actifs occupent encore des emplois précaires, selon les données officielles.

Un positionnement à renforcer sur la scène africaine et mondiale

Actuellement classé 72e au niveau mondial et 6e en Afrique dans les indices internationaux liés à l’intelligence artificielle, le Ghana entend améliorer son positionnement en capitalisant sur cette stratégie.

L’enjeu est désormais celui de la mise en œuvre effective de ce plan ambitieux, dans un environnement marqué par une compétition accrue entre États pour capter les opportunités liées à la révolution numérique.

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Ghana : suppression des frais de visa pour les Africains, un pas vers l’intégration continentale.

Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé la suppression des frais de visa pour les ressortissants africains, à compter du 25 mai 2026. Cette mesure permettra désormais d’obtenir des e-visas en ligne sans frais, dans une volonté affichée de renforcer la mobilité intra-africaine.

Une réforme pour faciliter les déplacements sur le continent

Portée par les autorités d’Accra, cette nouvelle politique d’immigration vise à lever les obstacles financiers à la circulation des personnes et à encourager une intégration régionale plus dynamique.

En facilitant l’accès au territoire ghanéen, le gouvernement entend stimuler les échanges économiques, culturels et touristiques entre pays africains.

Des procédures maintenues pour des raisons de sécurité

Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a toutefois tenu à préciser que cette gratuité ne dispense pas des formalités administratives.

Les demandeurs devront toujours suivre la procédure de demande de visa, notamment pour les contrôles de sécurité. « L’absence de frais ne signifie pas l’absence de contrôle », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de préserver les exigences sécuritaires.

Un signal en faveur de l’intégration africaine

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large visant à promouvoir la libre circulation sur le continent, en cohérence avec les ambitions d’intégration portées par plusieurs organisations régionales.

En supprimant les frais de visa tout en maintenant les contrôles, le Ghana cherche à trouver un équilibre entre ouverture et sécurité, dans un contexte où la mobilité intra-africaine reste un enjeu majeur pour le développement du continent.