La Guinée a célébré, ce lundi 18 mai 2026, la Journée internationale des musées 2026 autour du thème mondial : « Les musées unissent un monde divisé ».
Organisée au Musée national de Guinée, la cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, des diplomates, des chercheurs, des experts africains et européens du patrimoine ainsi que de nombreux acteurs du secteur culturel.
Cette célébration s’inscrit dans une dynamique internationale portée par le Conseil international des musées, qui mobilise chaque année des milliers d’institutions culturelles à travers le monde autour des enjeux liés à la mémoire, à la transmission et au dialogue interculturel.
« Le musée existe pour recoudre ce que le monde déchire »
Dans son allocution d’ouverture, Amirou Conté a rappelé que cette journée est célébrée simultanément dans plus de 37 000 musées répartis dans 158 pays.
Selon lui, le thème retenu cette année dépasse largement le cadre symbolique et constitue un véritable appel à renforcer le rôle des musées dans un monde marqué par les fractures sociales, culturelles et générationnelles.
Le responsable du Musée national a souligné que les institutions muséales ont aujourd’hui une double mission : préserver le patrimoine pour les générations futures tout en utilisant cette mémoire comme outil de rapprochement entre les peuples.
Il a également mis en avant les progrès réalisés dans la numérisation des collections patrimoniales guinéennes, affirmant qu’une importante partie des objets conservés par le musée fait désormais l’objet d’un archivage numérique destiné à assurer leur préservation.
Un futur complexe muséal moderne à l’horizon 2028
Amirou Conté a aussi insisté sur la nécessité de transformer les musées en espaces vivants, accessibles à la jeunesse et ouverts à la création contemporaine.
Dans cette perspective, il a salué le projet d’extension du Musée national de Guinée, soutenu par l’Agence Française de Développement.
Ce programme doit aboutir, d’ici 2028, à la création du « Territoire du Futur », un complexe muséal moderne destiné à accueillir les œuvres patrimoniales guinéennes dans des conditions répondant aux standards internationaux de conservation et d’exposition.
La restitution des œuvres africaines au cœur des échanges
Prenant la parole au cours de la cérémonie, l’ambassadeur de France en Guinée, Luc Briard, a qualifié d’historique le récent vote du Parlement français portant sur un nouveau cadre juridique destiné à faciliter la restitution des biens culturels africains.
Le diplomate français a souligné que cette décision, adoptée à l’unanimité, constitue une étape importante dans la reconnaissance du droit des peuples africains à retrouver leurs patrimoines culturels.
Selon lui, la restitution matérielle des œuvres doit également s’accompagner d’un important travail scientifique, historique et intellectuel autour de la mémoire et de la provenance des objets concernés.
Plus de 3 000 objets guinéens identifiés à l’étranger
Dans cette dynamique, Ismailou Baldé, directeur général de l’Institut de Recherche sur le Patrimoine et en Linguistique Appliquée, a présenté les avancées du projet PROV-GUI – REPATGUI consacré à l’identification des collections guinéennes conservées hors du pays.
Selon les données communiquées, plus de 3 000 objets patrimoniaux guinéens ont déjà été recensés dans des musées et institutions de recherche en France et en Allemagne.
Près de 2 000 de ces objets seraient actuellement conservés au Musée du Quai Branly.
Ce projet vise notamment à constituer une base de données stratégique destinée à accompagner les futures démarches officielles de restitution des biens culturels guinéens.
Le gouvernement veut faire du musée un outil de cohésion nationale
Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a pour sa part présenté les musées comme des espaces de dialogue, de transmission et de réconciliation entre les générations.
Le ministre a insisté sur l’importance du retour des œuvres emblématiques guinéennes, notamment le célèbre masque Nimba, qu’il considère comme un symbole fort de l’identité culturelle nationale.
Selon lui, la restitution du patrimoine africain constitue à la fois un acte de justice historique, de vérité et de souveraineté culturelle.
Il a également rappelé la signature récente d’un accord de financement de 16 millions d’euros entre la Guinée et l’AFD pour la modernisation du Musée national de Guinée.
Faire du Musée national un carrefour culturel international
À travers cette célébration, les autorités culturelles guinéennes ont réaffirmé leur ambition de faire du futur Musée national de Guinée un véritable espace de rayonnement culturel et de dialogue interculturel.
L’objectif affiché est de préserver la mémoire nationale tout en inscrivant la Guinée dans les grandes dynamiques internationales de coopération patrimoniale, de restitution culturelle et de valorisation des identités africaines.

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