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Ghana : suppression des frais de visa pour les Africains, un pas vers l’intégration continentale.

Le président ghanéen John Dramani Mahama a annoncé la suppression des frais de visa pour les ressortissants africains, à compter du 25 mai 2026. Cette mesure permettra désormais d’obtenir des e-visas en ligne sans frais, dans une volonté affichée de renforcer la mobilité intra-africaine.

Une réforme pour faciliter les déplacements sur le continent

Portée par les autorités d’Accra, cette nouvelle politique d’immigration vise à lever les obstacles financiers à la circulation des personnes et à encourager une intégration régionale plus dynamique.

En facilitant l’accès au territoire ghanéen, le gouvernement entend stimuler les échanges économiques, culturels et touristiques entre pays africains.

Des procédures maintenues pour des raisons de sécurité

Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a toutefois tenu à préciser que cette gratuité ne dispense pas des formalités administratives.

Les demandeurs devront toujours suivre la procédure de demande de visa, notamment pour les contrôles de sécurité. « L’absence de frais ne signifie pas l’absence de contrôle », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de préserver les exigences sécuritaires.

Un signal en faveur de l’intégration africaine

Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large visant à promouvoir la libre circulation sur le continent, en cohérence avec les ambitions d’intégration portées par plusieurs organisations régionales.

En supprimant les frais de visa tout en maintenant les contrôles, le Ghana cherche à trouver un équilibre entre ouverture et sécurité, dans un contexte où la mobilité intra-africaine reste un enjeu majeur pour le développement du continent.

Au Niger les Etats Unis ne delivrent aucun visa tant que  360x320

Visas américains : des ressortissants africains bientôt contraints de verser jusqu’à 15 000 dollars de caution

Washington relance un dispositif controversé : une caution obligatoire pouvant aller jusqu’à 15 000 dollars pour certains demandeurs de visa, notamment issus de pays africains. Cette mesure, présentée comme temporaire et dissuasive, suscite une vive polémique sur le continent et au sein des organisations de défense des droits humains.

Une mesure ciblée et motivée par les “overstays”

L’administration américaine justifie cette décision par le taux élevé de dépassement de séjour (“overstay”) observé chez certains ressortissants. La caution, appelée Visa Bond, vise à garantir que le visiteur respecte la durée légale de son visa. En cas de non-respect, la somme est conservée par les autorités américaines.

Parmi les pays africains concernés figurent notamment la Guinée, l’Angola, le Tchad, la RDC ou encore l’Érythrée. Ces États font partie de ceux ayant enregistré les plus forts taux de dépassement, selon les données du Département de la Sécurité intérieure.

Réactions vives et accusations de discrimination

Du côté africain, cette mesure est perçue comme injuste, discriminatoire et pénalisante pour les familles, les entrepreneurs, les artistes et les étudiants. Elle risque de freiner les échanges culturels, scientifiques et économiques entre les États-Unis et le continent africain, au moment même où Washington cherche à renforcer son influence face à la Chine et la Russie.

Plusieurs observateurs estiment qu’il s’agit d’une politique dissuasive déguisée, qui crée une forme de sélection par l’argent, et fragilise encore davantage l’accès aux opportunités internationales pour des milliers de jeunes Africains.

Un retour partiel à une politique déjà testée

Ce système de caution avait déjà été mis en œuvre brièvement sous l’administration Trump entre 2020 et 2021. Il avait été suspendu, puis réévalué discrètement. Son retour en 2025, même sous une forme expérimentale, confirme la persistance d’un durcissement des politiques migratoires américaines, quel que soit le parti au pouvoir.

Un effet dissuasif… et diplomatique

Si la mesure vise officiellement à réduire les cas d’immigration irrégulière, elle envoie aussi un signal politique clair : les États-Unis n’hésitent plus à utiliser des leviers financiers dans leur politique de visas.

Mais ce choix pourrait nuire à l’image du pays sur le continent africain, où de plus en plus de voix plaident pour une relation plus équilibrée et respectueuse entre partenaires souverains.