Bénin : Romuald Wadagni officiellement investi président, une nouvelle ère s’ouvre après Patrice Talon

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Élu de manière écrasante le mois dernier, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, a prêté serment ce dimanche 24 mai 2026 au Palais des congrès de Cotonou. Il succède officiellement à son mentor Patrice Talon, marquant un tournant politique majeur pour le pays.
C’est une page de dix ans qui se tourne au Bénin. Ce dimanche, au cours d’une cérémonie solennelle, Romuald Wadagni a été officiellement investi président de la République. Devant un parterre de dignitaires, de hauts responsables de l’armée et en présence de figures politiques majeures — dont l’ancien président Thomas Yayi Boni —, le nouveau chef de l’État a scellé sa prise de pouvoir après sa victoire écrasante (plus de 94 % des suffrages) lors du scrutin d’avril dernier.
À ses côtés, la vice-présidente sortante Mariam Chabi Talata conserve son poste en tant que colistière, assurant une forme de continuité institutionnelle.

L’hommage au mentor et la promesse sociale

Dans son tout premier discours présidentiel, Romuald Wadagni, âgé de 49 ans, a d’abord tenu à rendre un vibrant hommage à son prédécesseur, Patrice Talon, dont il a été le pilier économique durant ses deux mandats. Grand artisan de la croissance béninoise (régulièrement au-dessus de 6 % ces dernières années), le nouveau président sait pourtant que le principal défi qui l’attend se situe sur le terrain du pouvoir d’achat.
Conscient des attentes, il a immédiatement placé son mandat sous le signe d’une économie plus inclusive :
« Une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations », a-t-il martelé devant l’assistance.
Le chef de l’État s’est également adressé directement à la jeunesse béninoise, cœur de cible de sa campagne, en lui promettant les outils nécessaires pour « réussir ici, chez elle, par son travail », rejetant ce qu’il qualifie de « fatalités anciennes ».

Un nouveau gouvernement déjà en place

Signe de la méthode Wadagni, caractérisée par la technocratie et la rapidité d’exécution, le président n’a pas perdu de temps. Quelques heures seulement après sa prestation de serment et après consultation du bureau de l’Assemblée nationale, la composition du tout nouveau gouvernement a été officiellement dévoilée par décret présidentiel.
Parmi les nominations phares, Yvan Détenou devient le nouveau Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Pour lui succéder à son ancien poste ultra-stratégique, Romuald Wadagni a nommé Aristide Médenou comme ministre de l’Économie, des Finances et de la Coopération. Le portefeuille de la diplomatie revient quant à lui à Corine Amori Brunet, nommée ministre des Affaires étrangères.

Cap sur une longue période de stabilité politique

Avec cette investiture, le Bénin s’apprête à entrer dans une configuration politique inédite. En vertu de la réforme constitutionnelle initiée sous l’ère Talon, qui aligne l’ensemble des scrutins nationaux et locaux sur une même année générale, le pays s’apprête à vivre une période de plus de six ans sans aucune élection.
Pour Romuald Wadagni, cette longue trêve électorale représente une occasion idéale pour dérouler son programme sans interruption. Reste désormais à transformer les performances macroéconomiques du pays en progrès social concret pour les citoyens, un chantier titanesque sur lequel le nouveau président sera particulièrement attendu.