Hydrocarbures : Le géant italien Eni décroche une licence d’exploration pétrolière offshore en Gambie

Eni

La Gambie accélère son positionnement sur la carte énergétique de l’Afrique de l’Ouest. Le gouvernement de Banjul a officiellement octroyé une licence d’exploration pour un bloc pétrolier offshore stratégique au géant italien Eni, marquant une nouvelle étape dans l’attractivité du bassin sédimentaire MSGBC.

Le secteur des hydrocarbures est en pleine ébullition dans la sous-région. La major pétrolière italienne Eni vient de consolider sa présence en Afrique de l’Ouest en obtenant les droits d’exploration exclusifs sur un bloc en haute mer en Gambie. Cette signature s’inscrit dans la stratégie agressive du gouvernement gambien visant à imiter le succès de ses voisins sénégalais et mauritaniens, qui ont transformé le bassin MSGBC (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée-Conakry) en un nouvel eldorado pétrolier et gazier mondial.

Pour Eni, cette acquisition représente une opportunité majeure de diversifier son portefeuille d’actifs en Afrique, un continent où le groupe est déjà historiquement très puissant, notamment en Afrique du Nord, au Nigeria, au Congo et au Mozambique.

Les détails de l’accord et les engagements d’Eni

L’accord de partage de production (PSC) signé entre les autorités gambiennes et la multinationale italienne fixe une feuille de route stricte pour les prochaines années. Durant la première phase d’exploration, Eni s’est engagée à mener des études géologiques poussées, incluant :

  • L’acquisition et le traitement de données sismiques 3D de pointe pour cartographier avec précision le sous-sol marin.
  • Le forage d’un premier puits d’exploration afin de tester le potentiel commercial des structures identifiées.
  • Le transfert de technologies et le renforcement des capacités, Eni devant financer des programmes de formation pour le personnel du ministère gambien du Pétrole et de l’Énergie ainsi que pour la compagnie nationale GNPC.
Un enjeu économique vital pour Banjul

Pour la Gambie, l’entrée en scène d’un opérateur de la taille d’Eni est une immense victoire politique et économique. Jusqu’ici, malgré plusieurs campagnes de forages menées par d’autres compagnies (comme FAR ou Australian Woodside), aucune découverte commerciale majeure n’avait encore été confirmée dans les eaux gambiennes.
L’arrivée d’une « major » disposant d’une force de frappe financière et technologique colossale relance l’espoir de voir le pays basculer dans le club des producteurs d’or noir. Une découverte majeure permettrait à Banjul de sécuriser sa souveraineté énergétique, de générer des revenus fiscaux massifs et de stimuler l’emploi local, dans un pays où l’économie reste encore très dépendante du tourisme et de l’agriculture.
Les yeux des géologues et des investisseurs sont désormais tournés vers l’océan Atlantique, où les premiers navires de prospection d’Eni devraient rapidement entrer en action.