Portée par la forte progression des ventes d’or, l’économie burkinabè affiche un taux de couverture des importations supérieur à 213 %
Le Burkina Faso a enregistré un excédent commercial historique au premier trimestre 2026, porté par une envolée des exportations de produits miniers, en particulier de l’or. Selon les données officielles relayées par le média spécialisé Horonya Finance, la balance commerciale du pays a dégagé un solde positif de 1 232,7 milliards de FCFA, un niveau inédit qui reflète le dynamisme du secteur extractif.
Cette performance confirme le rôle stratégique de l’or dans l’économie burkinabè, dans un contexte marqué par la hausse des cours internationaux du métal précieux.
Les exportations progressent de 72 % grâce à l’or
Entre janvier et mars 2026, les exportations de biens ont atteint 2 319,3 milliards de FCFA, soit une progression de 72 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Cette hausse est largement attribuable aux exportations d’or brut, dont la valeur a augmenté de 968,2 milliards de FCFA, représentant une progression de 82,2 % sur un an. Cette évolution résulte à la fois d’une augmentation des volumes exportés et du maintien de prix élevés sur les marchés internationaux.
Le secteur minier domine désormais très largement le commerce extérieur du pays. Les produits miniers représentent 92,7 % des exportations totales, loin devant les produits agricoles et les produits transformés.
Parmi les principales filières agricoles, le coton affiche une progression de 63,6 % en valeur, tandis que le sésame connaît un net recul de 60,7 %. Les produits primaires, qui comprennent notamment le coton, le sésame et la noix de cajou, ne représentent plus que 5,8 % des exportations, contre 1,5 % pour les produits transformés.
Une hausse modérée des importations
À l’inverse, les importations ont connu une évolution beaucoup plus limitée. Elles se sont établies à 1 086,6 milliards de FCFA, en hausse de 9,3 % sur un an.
Cette progression est principalement alimentée par l’augmentation des achats de produits pétroliers raffinés, en hausse de 12,4 %, ainsi que par les importations de fer, de fonte et d’acier, qui progressent de 45,9 %.
En revanche, les importations de machines électriques et mécaniques enregistrent un recul respectif de 13,3 % et 2,5 %, une évolution qui pourrait traduire un ralentissement des investissements productifs.
Les biens de consommation demeurent la principale composante des importations, avec 66,5 % des achats extérieurs. Ils sont suivis des biens intermédiaires (17,1 %) et des biens d’équipement (16,4 %).
Un taux de couverture historique
Grâce à cette forte progression des exportations, le Burkina Faso affiche un taux de couverture des importations par les exportations de 213,5 %, contre un niveau nettement inférieur un an plus tôt.
Cet indicateur, en hausse de 77,8 points sur un an, témoigne du renforcement de la capacité du pays à financer ses importations grâce à ses recettes d’exportation.
Si cette performance souligne la solidité du secteur aurifère, elle met également en évidence la forte dépendance de l’économie burkinabè aux revenus miniers, dans un contexte où la diversification des exportations demeure un enjeu majeur pour assurer une croissance plus résiliente et durable.

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