Guinée : l’Enquête agricole annuelle 2025-2026 dévoile une nouvelle cartographie du secteur agricole national.

9798 750x430 1

La Guinée dispose désormais d’un nouvel outil stratégique pour orienter ses politiques agricoles. Présenté jeudi 9 juillet 2026 à Conakry, le rapport de l’Enquête agricole annuelle intégrée 2025-2026 dresse un état des lieux détaillé du secteur agricole et fournit aux décideurs publics des données actualisées sur les exploitations, les ménages agricoles et les réalités du monde rural.

Réalisée par l’Agence nationale des statistiques agricoles et alimentaires (ANASA), cette étude de grande ampleur vise à renforcer la disponibilité des données statistiques fiables, indispensables à la planification des politiques publiques et à l’accompagnement des producteurs.

La cérémonie de présentation a réuni plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres en charge de l’Agriculture et de l’Élevage ainsi que du Commerce, des représentants des partenaires techniques et financiers, parmi lesquels la Banque mondiale et la FAO, ainsi que de nombreux acteurs du secteur agricole.

Une enquête nationale menée sur six mois

Pour parvenir à ces résultats, l’ANASA a mobilisé d’importants moyens humains et techniques. Au total, 230 agents enquêteurs ont été déployés sur le terrain à travers les 33 préfectures du pays afin de collecter les informations auprès des exploitations agricoles.

Après six mois d’investigations, l’enquête a permis d’établir une photographie précise du paysage agricole guinéen.

Les principales données recueillies font état de :

  • 1 172 574 ménages agricoles identifiés sur l’ensemble du territoire ;
  • 15 294 ménages échantillonnés pour l’étude approfondie ;
  • 8 344 182 personnes recensées au sein de ces ménages agricoles.

Cette opération s’appuie sur la base de sondage issue du Recensement national de l’agriculture et de l’élevage (RNAE 2020-2022). Les données produites ont ensuite été soumises à un processus de validation technique conduit par l’Institut national de la statistique (INS).

Des données essentielles pour transformer l’agriculture guinéenne

Au-delà de la collecte statistique, cette enquête ambitionne de devenir un véritable outil d’aide à la décision pour les autorités publiques et les partenaires au développement.

Le représentant résident de la Banque mondiale en Guinée, Issa Diaw, a salué la publication de ce rapport, soulignant son importance dans un contexte où l’agriculture occupe une place centrale dans les ambitions économiques du pays.

Selon lui, cet outil moderne de collecte de données a été entièrement financé par la Banque mondiale à travers le Projet de développement de l’agriculture commerciale de Guinée (PDACG) et le Projet de développement de l’agriculture et de l’élevage (PHASAOC), avec l’appui technique de la FAO.

« Ces données statistiques détaillées arrivent à un moment crucial, marqué par la validation du nouveau cadre de partenariat 2027-2033 en soutien au programme national Simandou 2040, où l’agriculture se positionne comme un pilier de la diversification économique et de la création d’emplois », a-t-il déclaré.

Il a également indiqué que ces informations serviront à orienter la mise en œuvre de la deuxième phase du PDACG, dotée d’une enveloppe de 116 millions de dollars, tout en appelant à accélérer la modernisation des exploitations agricoles, la sécurisation des espaces de production et le développement de l’agrobusiness privé.

L’agriculture, premier pilier du programme Simandou 2040

Pour le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, ces nouvelles statistiques constituent un levier indispensable pour atteindre les objectifs fixés dans le cadre du programme Simandou 2040, dont l’agriculture et l’agro-industrie représentent l’un des principaux piliers.

Le secrétaire général du ministère, Oumar Barry, a insisté sur le rôle stratégique des données dans la planification des politiques publiques.

« Une bonne planification découle impérativement de statistiques fiables », a-t-il rappelé, estimant que ce rapport doit devenir un véritable outil opérationnel pour orienter les interventions sur le terrain.

Selon lui, les résultats de l’enquête permettront notamment de mieux cibler les besoins des producteurs, de renforcer les capacités techniques des acteurs locaux et d’accélérer la mécanisation agricole, particulièrement dans les zones rurales les plus éloignées.

Il a également souligné que les données mettent en évidence les disparités persistantes dans l’accès aux équipements agricoles, appelant à un accompagnement plus efficace des communautés rurales.

L’ANASA présente une « boussole » pour les décideurs

Le directeur général de l’ANASA, Sidiki Cissé, a présenté cette enquête comme une nouvelle référence pour la gouvernance agricole en Guinée.

Selon lui, le rapport apporte une meilleure compréhension des forces et des faiblesses du secteur, en permettant aux autorités d’identifier les besoins prioritaires et les opportunités de développement.

« L’Enquête agricole annuelle 2025-2026 est l’outil dont les décideurs avaient besoin pour identifier précisément ce qui va et ce qui ne va pas dans l’agriculture guinéenne », a-t-il expliqué.

Pour le responsable de l’ANASA, ces données constituent désormais un repère essentiel pour les ministères, les partenaires techniques et financiers ainsi que les investisseurs souhaitant accompagner la transformation du secteur agricole.

Les exploitations familiales au cœur des politiques publiques

Représentant le Premier ministre à cette cérémonie, le ministre Directeur de cabinet à la Primature, Daouda Kamissoko, a rappelé que derrière ces chiffres se trouvent des millions de Guinéens dont la vie quotidienne dépend de l’agriculture familiale.

Selon lui, ces exploitations constituent le socle de la production nationale, contribuent à la sécurité alimentaire, créent des emplois et jouent un rôle majeur dans la stabilité économique et sociale du pays.

Il estime que les résultats de l’enquête permettront au gouvernement de mieux comprendre les réalités des exploitations agricoles, leur niveau de production, leurs besoins de financement ainsi que les spécificités propres à chaque zone agricole.

Ces informations devront notamment servir à orienter les investissements publics, renforcer les chaînes de valeur agricoles, améliorer les mécanismes d’accompagnement des producteurs et favoriser l’innovation afin d’accroître durablement la productivité du secteur.

Vers une agriculture davantage pilotée par la donnée

Avec la publication de l’Enquête agricole annuelle intégrée 2025-2026, la Guinée entend renforcer une approche de développement agricole fondée sur des données fiables et actualisées.

Dans la perspective de Simandou 2040, les autorités misent sur une meilleure connaissance du monde rural pour accélérer la modernisation agricole, développer l’agro-industrie et faire du secteur un véritable moteur de diversification économique et de création d’emplois.