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Les États-Unis envisagent de nouvelles restrictions de voyage contre 22 pays africains : une décision controversée

Les États-Unis s’apprêtent à instaurer de nouvelles restrictions de voyage visant les ressortissants de 43 pays, dont 22 en Afrique. Cette décision, qui n’a pas encore été officiellement annoncée, suscite déjà des inquiétudes et des critiques sur le continent africain et au-delà.

Une classification en trois catégories

D’après les informations disponibles, le projet américain prévoit de classer les pays concernés en trois catégories en fonction du niveau de restrictions appliquées :

1.Liste rouge : Interdiction totale d’entrée aux États-Unis.

Pays africains concernés : Libye, Somalie, Soudan.

2.Liste orange : Restrictions sévères sur l’obtention de visas, limitant l’accès aux voyageurs d’affaires disposant d’importants moyens financiers.

Pays africains concernés : Érythrée, Sierra Leone, Soudan du Sud.

3.Liste jaune : Ces pays ont un délai de 60 jours pour renforcer leur coopération en matière de sécurité et de vérification des voyageurs. En l’absence d’amélioration, des sanctions migratoires pourraient être mises en place.

Pays africains concernés : Angola, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, Tchad, République du Congo, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Gambie, Liberia, Malawi, Mali, Mauritanie, São Tomé-et-Príncipe, Zimbabwe.

Les raisons avancées par Washington

Les États-Unis justifient ces restrictions par des préoccupations liées à la sécurité nationale et à la lutte contre l’immigration illégale. Les autorités américaines reprochent à certains pays un manque de coopération dans le partage d’informations sur les voyageurs, l’émission de documents de voyage frauduleux ou encore une insuffisance des mesures de contrôle aux frontières.

Ces arguments rappellent ceux avancés en 2017 lors de la mise en place du “Muslim Ban”, qui interdisait temporairement l’entrée aux ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane. Cette politique, très controversée, avait été annulée par Joe Biden dès son arrivée à la Maison-Blanche en 2021.

Une décision perçue comme discriminatoire

Ces nouvelles restrictions ont immédiatement suscité des réactions négatives, notamment sur le continent africain. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent une politique discriminatoire qui pénalise des pays souvent déjà confrontés à des difficultés économiques et politiques.

Selon plusieurs analystes, cette mesure risque d’affecter les relations diplomatiques entre les États-Unis et les pays africains concernés. Certains gouvernements pourraient percevoir cette décision comme un affront à leurs efforts de coopération avec Washington, notamment dans la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine.

Des conséquences pour les ressortissants africains

Si ces restrictions sont mises en place, elles auront un impact direct sur les citoyens des pays concernés. Les professionnels, étudiants et familles souhaitant voyager aux États-Unis seront particulièrement touchés, ce qui pourrait limiter les opportunités de formation, d’investissement et de partenariat économique entre l’Afrique et les États-Unis.

De nombreux Africains, notamment ceux bénéficiant de programmes de visas tels que la Diversity Visa Lottery (DV Lottery), pourraient voir leurs chances d’immigrer légalement aux États-Unis considérablement réduites.

Une décision encore en négociation

À ce stade, la liste définitive des pays concernés et la nature exacte des restrictions restent en cours d’élaboration. L’administration américaine pourrait officialiser ces nouvelles mesures entre le 17 et le 23 mars 2025. Certains pays figurant sur la liste jaune auront donc une fenêtre de négociation de 60 jours pour éviter des sanctions plus sévères en renforçant leur coopération avec les autorités américaines.

 

Si ces restrictions entrent en vigueur, elles marqueraient un tournant dans la politique migratoire des États-Unis à l’égard de l’Afrique. Alors que Washington cherche à renforcer son influence sur le continent face à la montée en puissance de la Chine et de la Russie, une telle décision pourrait au contraire fragiliser ses relations avec de nombreux pays africains. Reste à voir si cette politique sera réellement appliquée ou si des négociations permettront d’en atténuer l’impact.

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Cédéao et AES : Une Coexistence Possible en Afrique de l’Ouest ?

La création de l’Alliance des États du Sahel (AES) par le Mali, le Burkina Faso et le Niger en 2023 a profondément bouleversé l’équilibre régional en Afrique de l’Ouest. Ce bloc, né d’une rupture avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), soulève une question cruciale : ces deux entités peuvent-elles réellement coexister et collaborer dans un contexte géopolitique tendu ?

 

AES et Cédéao : Deux visions opposées de l’intégration régionale ?

La Cédéao, fondée en 1975, a pour mission principale l’intégration économique, politique et sociale des 15 États membres de la région. Elle repose sur des principes de libre circulation, d’union économique et de gouvernance démocratique, avec une intervention croissante dans les crises politiques et sécuritaires.

À l’inverse, l’AES, lancée en septembre 2023, repose sur un socle fondamentalement différent :

Priorité à la souveraineté nationale et au rejet des ingérences étrangères.

Approche militaro-sécuritaire, en réponse aux insurrections djihadistes qui frappent ces trois pays.

Remise en cause des sanctions de la Cédéao, perçues comme punitives après les coups d’État militaires au Mali (2021), au Burkina Faso (2022) et au Niger (2023).

Ces différences idéologiques et stratégiques ont conduit ces pays à quitter officiellement la Cédéao en janvier 2024, affirmant vouloir tracer leur propre voie dans la gestion des défis régionaux.

Des intérêts communs en matière de sécurité et d’économie

Malgré leurs divergences, la Cédéao et l’AES partagent des défis communs, notamment en matière de sécurité et de développement économique.

 

La lutte contre le terrorisme

Les trois pays de l’AES font face à une menace djihadiste persistante, qui menace également des États membres de la Cédéao comme le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire. Une coopération renforcée en matière de renseignement et d’opérations militaires serait bénéfique pour toute la région.

 

Le commerce et la libre circulation

L’interdépendance économique entre les pays de l’AES et le reste de la Cédéao est une réalité incontournable. L’application stricte des sanctions économiques a montré l’impact négatif d’un cloisonnement régional, notamment sur le commerce des produits agricoles et énergétiques.

Vers une reconnaissance mutuelle et une coopération pragmatique ?

L’issue des tensions entre les deux organisations pourrait prendre plusieurs formes :

Scénario 1 : Une reconnaissance officielle de l’AES par la Cédéao

Si la Cédéao adopte une posture plus conciliante, une reconnaissance mutuelle pourrait permettre une coopération sur des dossiers stratégiques, notamment la sécurité et l’économie. Cela nécessiterait des réformes diplomatiques pour garantir des relations stables entre les deux blocs.

Scénario 2 : Une concurrence régionale et une fragmentation de l’Afrique de l’Ouest

Si les tensions persistent, l’AES pourrait chercher à étendre son influence en intégrant d’autres pays partageant sa vision souverainiste, tandis que la Cédéao tenterait de se renforcer sans ses anciens membres. Un tel schisme affaiblirait la capacité de l’Afrique de l’Ouest à relever les défis communs.

 Scénario 3 : Une coopération pragmatique sans reconnaissance formelle

Même sans reconnaissance officielle, la nécessité d’une coordination sur des sujets comme la lutte contre le terrorisme et la gestion des flux économiques pourrait aboutir à une collaboration indirecte sur certains dossiers stratégiques.

 

Coexister ou s’affronter ?

La coexistence de la Cédéao et de l’AES est possible, mais conditionnée par un dialogue structuré et une volonté mutuelle d’éviter la confrontation.
Tant que les deux entités ne parviendront pas à harmoniser leurs intérêts, la région restera exposée à une instabilité accrue, freinant le développement et la lutte contre les menaces sécuritaires.

L’avenir de l’Afrique de l’Ouest dépendra donc de la capacité des dirigeants à privilégier une approche pragmatique, dépassant les divergences politiques au profit de la stabilité et du progrès régional.

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Cédéao et AES : Vers une Reconnaissance Mutuelle Après la Tournée du Président Ghanéen ?

La récente tournée diplomatique du président ghanéen, John Dramani Mahama, dans les capitales des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Bamako, Niamey et Ouagadougou – marque un tournant dans les relations entre l’AES et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Cette mission pourrait ouvrir la voie à une reconnaissance officielle de l’AES par la Cédéao, une évolution stratégique pour l’équilibre régional en Afrique de l’Ouest.

 

Contexte : Une fracture entre la Cédéao et l’AES

L’AES, formée en septembre 2023 par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, est née en réaction aux tensions avec la Cédéao après les coups d’État successifs ayant renversé les régimes civils dans ces pays.

  • Ces trois nations ont été suspendues de la Cédéao, puis ont annoncé leur retrait officiel en janvier 2024, dénonçant des sanctions économiques et politiques jugées injustes.
  • En réponse, elles ont consolidé leur propre alliance régionale centrée sur la coopération sécuritaire et militaire pour lutter contre le terrorisme et défendre leur souveraineté.

Jusqu’ici, la Cédéao avait refusé de reconnaître l’AES comme une entité régionale légitime. Cependant, la tournée du président ghanéen pourrait modifier cette dynamique.

Les enjeux de la tournée diplomatique du Ghana

John Dramani Mahama, envoyé spécial de la Cédéao, s’est rendu début mars 2025 à Bamako, Niamey et Ouagadougou avec un objectif clair : explorer les conditions d’un dialogue constructif entre la Cédéao et l’AES.

 

Objectifs de la mission :

  • Favoriser la réconciliation entre la Cédéao et les États membres de l’AES.
  • Encourager une reconnaissance de l’AES en tant qu’organisation légitime.
  • Renforcer la coopération sécuritaire pour lutter contre le terrorisme qui frappe la région.

Lors de ses rencontres avec Assimi Goïta (Mali), Ibrahim Traoré (Burkina Faso) et Abdourahamane Tiani (Niger), le président ghanéen a insisté sur l’importance d’un partenariat équilibré et sur la nécessité de préserver l’unité régionale malgré les divergences politiques.


Vers une reconnaissance officielle de l’AES ?

  • L’AES revendique une autonomie stratégique et militaire, mais n’exclut pas une coopération économique et sécuritaire avec la Cédéao.
  • La Cédéao, consciente des risques de fragmentation régionale, pourrait être amenée à institutionnaliser un dialogue avec l’AES, notamment pour harmoniser les efforts de lutte contre le djihadisme au Sahel.
  • Une reconnaissance mutuelle permettrait aux trois pays de retrouver un accès aux échanges économiques avec les autres États ouest-africains, sans remettre en question leur autodétermination.

 

Les défis et obstacles à surmonter

Incertitude politique : La Cédéao a historiquement défendu des principes démocratiques, alors que les gouvernements de l’AES sont issus de transitions militaires.

Harmonisation des stratégies de sécurité : Les doctrines militaires des deux organisations doivent être alignées pour une coopération efficace.

Impact sur les relations internationales : La reconnaissance de l’AES pourrait modifier les équilibres géopolitiques régionaux, notamment vis-à-vis des puissances étrangères impliquées en Afrique de l’Ouest.

Un tournant stratégique pour l’Afrique de l’Ouest

La tournée du président ghanéen marque une étape clé vers une potentielle normalisation des relations entre la Cédéao et l’AES. Si un compromis est trouvé, cela pourrait renforcer la stabilité régionale et permettre une coopération plus efficace face aux défis sécuritaires et économiques.

Toutefois, cette reconnaissance de l’AES par la Cédéao nécessitera des négociations approfondies et des engagements clairs de part et d’autre. L’avenir des relations entre ces deux blocs se joue désormais sur la capacité des dirigeants à concilier souveraineté nationale et intégration régionale.

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BCEAO : Maintien du taux directeur à 3,5 % pour soutenir la stabilité économique

Le 5 mars 2025, le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de maintenir son principal taux directeur à 3,5%, niveau en vigueur depuis le 16 décembre 2023. 

Croissance Économique Dynamique

L’activité économique au sein de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) demeure robuste. Le Produit Intérieur Brut (PIB) a progressé de 7,0% au quatrième trimestre 2024, après une hausse de 5,8% le trimestre précédent. Pour l’ensemble de l’année 2024, la croissance réelle du PIB est estimée à 6,2%, contre 5,3% en 2023, et devrait atteindre 6,3% en 2025. Cette dynamique est soutenue par les secteurs extractif, manufacturier et agricole. 

Inflation en Baisse

Le taux d’inflation a reculé à 2,9% au quatrième trimestre 2024, après 4,1% le trimestre précédent. Cette baisse est attribuée à la diminution des prix des produits alimentaires et énergétiques importés, ainsi qu’à de bonnes récoltes lors de la campagne vivrière 2024/2025. Les prévisions pour 2025 estiment une inflation à 2,7%, après 3,5% en 2024. Cependant, des risques subsistent en raison de l’insécurité dans la région, des effets du changement climatique sur la production agricole et des tensions géopolitiques influençant les prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires. 

Amélioration de la Situation Extérieure

La balance extérieure de l’Union s’est améliorée récemment, grâce à la hausse des prix des produits exportés, aux ventes d’hydrocarbures à l’étranger et à la mobilisation accrue de ressources extérieures par les États membres. 

Perspectives et Vigilance

Le CPM continuera de surveiller l’évolution de l’inflation ainsi que la situation économique, financière et monétaire de l’Union, prêt à prendre les mesures nécessaires pour assurer la stabilité monétaire et financière. 

Macky Sall a Cape Town avec Cyril Ramaphosa President du G20 360x320

Macky Sall et Cyril Ramaphosa unissent leurs voix pour l’allègement de la dette africaine

L’ancien président sénégalais, Macky Sall, poursuit activement son engagement en faveur de l’allègement de la dette africaine. Le 25 février 2025, il a rencontré le président sud-africain Cyril Ramaphosa à Cape Town, accompagné de plusieurs anciens chefs d’État africains. Cette rencontre visait à plaider pour un allègement global de la dette africaine, considéré comme essentiel pour la relance économique du continent. 

Macky Sall a exprimé que cet allègement permettrait aux pays africains de rediriger des ressources vers des secteurs clés tels que l’éducation, la santé et les infrastructures, favorisant ainsi une croissance durable. 

Cet engagement s’inscrit dans la continuité des actions de Macky Sall, qui avait déjà appelé à l’annulation totale ou partielle de la dette publique des pays africains en 2020. Cette initiative avait reçu un écho favorable de la communauté internationale, avec des institutions comme le Fonds monétaire international (FMI) effaçant la dette de vingt-cinq pays pauvres à l’époque. 

La récente rencontre à Cape Town témoigne de la détermination des dirigeants africains à unir leurs efforts pour obtenir un allègement significatif de la dette, condition jugée essentielle pour une relance économique effective du continent.

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Africa50 veut investir jusqu’à 800 millions $ dans les infrastructures énergétiques en Afrique

Dans le cadre de son engagement en faveur du développement des infrastructures en Afrique, Africa50, la plateforme panafricaine d’investissement dans les infrastructures, a annoncé son intention d’injecter jusqu’à 800 millions de dollarsdans le secteur énergétique du continent. Cet investissement vise à améliorer l’accès à l’énergie, à renforcer la transition énergétique et à soutenir les projets d’énergie renouvelable.

Un investissement stratégique pour un développement durable

L’Afrique fait face à un déficit énergétique important, freinant son développement économique et social. Selon la Banque mondiale, près de 600 millions d’Africains n’ont pas encore accès à l’électricité. Pour combler ce retard, Africa50 mise sur des projets d’infrastructures énergétiques modernes, efficaces et durables.

L’institution envisage de financer et co-financer plusieurs initiatives, notamment :

  • La construction et l’expansion de centrales solaires, éoliennes et hydroélectriques.
  • L’amélioration des réseaux de transport et de distribution d’électricité.
  • Le développement de solutions innovantes pour l’électrification rurale.

Un levier pour la transition énergétique

Africa50 met un accent particulier sur les énergies renouvelables, visant ainsi à réduire la dépendance aux combustibles fossiles et à accélérer la transition énergétique du continent. En collaboration avec des gouvernements, des institutions financières et des acteurs privés, la plateforme souhaite catalyser des investissements dans des infrastructures durables, tout en assurant une croissance inclusive et respectueuse de l’environnement.

Un impact économique et social majeur

L’investissement d’Africa50 devrait avoir un impact significatif sur plusieurs plans :

  • Amélioration de l’accès à l’électricité pour des millions de foyers et d’entreprises.
  • Création d’emplois dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures.
  • Attractivité accrue des investissements étrangers dans le secteur énergétique africain.

Un engagement réaffirmé pour le futur

Avec cet investissement de 800 millions de dollars, Africa50 réaffirme son ambition de jouer un rôle central dans le développement énergétique du continent. La plateforme continue de rechercher des partenariats stratégiques pour maximiser l’impact de ses investissements et contribuer à un avenir plus énergétiquement sûr et durable pour l’Afrique.

Cet engagement représente une opportunité majeure pour l’Afrique, lui permettant de renforcer son indépendance énergétique, d’accélérer son industrialisation et d’améliorer les conditions de vie de ses populations. Africa50 s’inscrit ainsi comme un acteur incontournable du développement des infrastructures énergétiques sur le continent.

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La Grèce et les Pays-Bas durcissent leur politique migratoire envers les ressortissants de 13 pays africains

En 2024, la Grèce et les Pays-Bas ont adopté des mesures visant à restreindre l’entrée des ressortissants de 13 pays africains. Ces décisions s’inscrivent dans un contexte européen marqué par un durcissement général des politiques migratoires.

Les Pays-Bas demandent une dérogation aux règles européennes

En septembre 2024, le gouvernement néerlandais a sollicité une dérogation auprès de la Commission européenne pour se retirer du système commun d’immigration et d’asile de l’Union européenne. Cette initiative vise à permettre aux Pays-Bas de renforcer leurs contrôles aux frontières et de limiter l’accueil des demandeurs d’asile, notamment en provenance de pays africains. Le Premier ministre, Dick Schoof, a confirmé cette intention en déclarant vouloir sortir “dès que possible” des règles européennes en matière d’asile et de migration. 

La Grèce plaide pour des solutions externes

Parallèlement, la Grèce, aux côtés de quatorze autres pays européens, a plaidé pour la mise en place de “nouvelles solutions pour prévenir l’immigration irrégulière”. Parmi les propositions figure le transfert des demandeurs d’asile vers des pays tiers où leurs demandes seraient examinées, s’inspirant de l’accord entre l’Italie et l’Albanie.

Un durcissement généralisé en Europe

Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte européen plus large de durcissement des politiques migratoires. En octobre 2024, les dirigeants de l’Union européenne ont discuté de mesures renforcées pour lutter contre l’immigration irrégulière, malgré une baisse de 42 % des entrées irrégulières cette année-là. Des propositions telles que l’externalisation du traitement des demandes d’asile et la création de “centres de retour” hors d’Europe ont été évoquées.

Ces évolutions reflètent une tendance croissante en Europe à adopter des politiques migratoires plus restrictives, affectant particulièrement les ressortissants de plusieurs pays africains.

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Mahamoud Ali Youssouf élu président de la Commission de l’Union africaine après une élection en sept tours

Le 15 février 2025, lors du 38ᵉ sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, les dirigeants africains ont élu Mahamoud Ali Youssouf, ministre des Affaires étrangères de Djibouti, au poste de président de la Commission de l’UA. Cette élection, marquée par une compétition intense, s’est conclue après sept tours de scrutin.

À 59 ans, Mahamoud Ali Youssouf succède au Tchadien Moussa Faki Mahamat pour un mandat de quatre ans. Diplomate chevronné, il occupe le poste de chef de la diplomatie djiboutienne depuis 2005 et a précédemment servi en tant qu’ambassadeur de Djibouti en Égypte. Sa carrière est également marquée par une implication active dans la résolution de conflits régionaux, notamment au sein de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD).

La course à la présidence de la Commission de l’UA a été particulièrement disputée. Mahamoud Ali Youssouf a affronté des candidats de poids, dont Raila Odinga, ancien premier ministre du Kenya, et Richard Randriamandrato, ex-ministre des Affaires étrangères de Madagascar. Bien que Raila Odinga ait été considéré comme le favori en raison de sa notoriété politique et de ses alliances stratégiques, c’est finalement le candidat djiboutien qui a su rallier une majorité de voix. Selon les résultats, Youssouf a obtenu 33 voix sur 49 au septième tour de scrutin. 

Plusieurs facteurs ont contribué à la victoire de Mahamoud Ali Youssouf. Sa longue expérience diplomatique et sa maîtrise des dossiers africains ont renforcé sa crédibilité auprès des États membres. De plus, sa campagne a mis l’accent sur la nécessité pour les pays africains de prendre en main leurs propres enjeux de sécurité, réduisant ainsi la dépendance envers les interventions extérieures. Cette approche a trouvé un écho favorable parmi les dirigeants africains, désireux de voir l’UA jouer un rôle plus proactif dans la résolution des crises continentales.

Le nouveau président de la Commission de l’UA hérite de défis majeurs. Parmi eux, la montée des juntes militaires en Afrique de l’Ouest, les conflits persistants en République démocratique du Congo, ainsi que les critiques concernant l’efficacité de l’UA dans la gestion des conflits armés. Mahamoud Ali Youssouf devra également s’atteler à renforcer l’unité au sein de l’organisation et à promouvoir une intégration économique accrue entre les États membres.

Sa maîtrise de plusieurs langues, dont le français, l’anglais et l’arabe, constitue un atout supplémentaire pour faciliter les communications et les négociations au sein de l’UA. Sa proximité avec le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh pourrait également jouer un rôle dans le renforcement des relations entre l’UA et les dirigeants nationaux.

En conclusion, l’élection de Mahamoud Ali Youssouf à la tête de la Commission de l’Union africaine marque une nouvelle étape pour l’organisation continentale. Son expérience et sa vision stratégique seront déterminantes pour aborder les défis actuels et futurs de l’Afrique, en mettant l’accent sur une prise en charge africaine des problématiques du continent.

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Union Africaine : L’Algérie Devance le Maroc et Remporte la Vice-Présidence de la Commission

Lors du 38ᵉ sommet de l’Union africaine (UA) tenu à Addis-Abeba, l’Algérie a remporté la vice-présidence de la Commission de l’UA, surpassant le Maroc dans une compétition diplomatique intense. Cette victoire marque un tournant stratégique pour Alger, qui renforce ainsi son influence au sein des instances panafricaines.

Une Élection Sous Haute Tension

Le poste de vice-président de la Commission de l’UA, attribué cette année à l’Afrique du Nord, devait être occupé par une femme, conformément à la politique de parité de l’organisation. Deux candidates étaient en lice :

Selma Malika Haddadi (Algérie), ambassadrice en Éthiopie et représentante permanente auprès de l’UA.

Latifa Akharbach (Maroc), présidente de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle du Maroc.

Ce scrutin, hautement stratégique, a reflété les tensions diplomatiques persistantes entre Alger et Rabat, deux puissances régionales rivales sur de nombreux dossiers africains et internationaux.

Une Victoire Stratégique pour Alger

L’élection de Selma Malika Haddadi à la vice-présidence de la Commission de l’UA est une consécration pour la diplomatie algérienne, qui a mené une campagne active en faveur de sa candidate. Son expérience en tant que diplomate en poste en Éthiopie, pays hôte de l’UA, a été un atout majeur.

Cette victoire offre à l’Algérie un levier important dans la gestion des affaires de l’organisation, notamment en ce qui concerne les finances et les ressources humaines. Elle lui permet également d’affirmer son rôle en tant qu’acteur clé dans les affaires africaines.

Le Maroc en quête d’influence

De son côté, le Maroc, qui a multiplié les initiatives diplomatiques ces dernières années pour asseoir sa présence au sein des instances africaines, subit un revers. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait mené une campagne diplomatique active pour soutenir la candidature de Latifa Akharbach, mais cela n’a pas suffi.

Rabat, qui avait réintégré l’UA en 2017 après 33 ans d’absence, cherche à renforcer son ancrage institutionnel sur le continent. Cette élection manquée démontre que la bataille pour l’influence au sein de l’Union africaine reste âpre et que l’Algérie conserve un avantage diplomatique dans certaines sphères.

Implications et Perspectives

L’élection de Selma Malika Haddadi pourrait avoir des implications majeures pour la gouvernance de l’UA et les rapports de force en Afrique du Nord. Parmi les enjeux clés à venir :

Une gestion stratégique des ressources : La vice-présidence supervise notamment les finances et la gestion administrative de l’UA, des leviers cruciaux pour influencer les décisions de l’organisation.

L’orientation des politiques africaines : L’Algérie pourrait jouer un rôle plus actif dans les décisions stratégiques de l’UA, notamment sur les questions de sécurité, d’intégration régionale et de développement économique.

Les relations avec le Maroc : Cette élection renforce la rivalité entre Alger et Rabat, dans un contexte où les tensions restent vives, notamment sur le dossier du Sahara occidental.

Avec cette victoire, l’Algérie affirme son ambition de peser davantage sur l’échiquier africain. Reste à voir comment cette nouvelle dynamique influencera les décisions futures de l’UA et les relations entre les États membres.

L’élection de l’Algérienne Selma Malika Haddadi à la vice-présidence de la Commission de l’UA est une victoire diplomatique majeure pour Alger et un revers pour Rabat. Cet épisode illustre la lutte d’influence entre les deux nations au sein des instances africaines et marque une étape importante dans l’évolution des rapports de force au sein de l’Union africaine.