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Monnaie unique : la CEDEAO maintient le cap sur l’ECO en 2027, avec une mise en œuvre progressive.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) maintient son ambition de lancer la monnaie unique ECO à partir de 2027, tout en adoptant une approche progressive face aux difficultés persistantes liées à la convergence macroéconomique entre ses États membres.

Réunis dimanche 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, dans le cadre de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, les dirigeants ouest-africains ont réaffirmé leur volonté de faire de l’ECO un instrument majeur de l’intégration économique régionale.

Le projet devrait toutefois être déployé par étapes. Dans un premier temps, seuls les pays qui auront satisfait aux critères de convergence macroéconomique pourraient rejoindre le dispositif, tandis que les autres États bénéficieraient d’un accompagnement destiné à leur permettre d’intégrer progressivement la monnaie commune.

Une stratégie progressive face aux retards de convergence

Cette nouvelle orientation intervient quelques mois après les inquiétudes exprimées par les chefs d’État concernant les progrès jugés insuffisants dans la convergence des économies de la région.

Lors du sommet d’Abuja, en décembre 2025, les dirigeants de la CEDEAO avaient déjà appelé les États membres à accélérer la mise en œuvre de politiques économiques compatibles avec les critères de convergence et à renforcer les efforts nécessaires à la concrétisation de la monnaie unique.

À Lungi, les chefs d’État ont ainsi privilégié une approche pragmatique, destinée à éviter que les écarts persistants entre les économies de la région ne compromettent davantage le calendrier du projet.

L’objectif affiché demeure de favoriser une intégration économique plus étroite, tout en garantissant la stabilité et la crédibilité de la future monnaie commune.

Des avancées techniques et institutionnelles saluées

Les dirigeants ouest-africains se sont également félicités des consultations engagées entre la Commission de la CEDEAO et les gouverneurs des banques centrales de la région.

Ces échanges de haut niveau doivent permettre de rapprocher les positions sur les questions techniques encore en suspens et de dégager un consensus sur les conditions de mise en œuvre de l’ECO.

Autre avancée mise en avant : l’enregistrement de la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). Cette démarche est considérée comme une étape importante dans la préparation institutionnelle du futur projet monétaire.

La Conférence a par ailleurs approuvé la demande de la Guinée de rejoindre la Task Force présidentielle chargée du programme de la monnaie unique. La Commission de la CEDEAO devra convoquer une réunion de cette instance avant le sommet ordinaire prévu en décembre 2026, en collaboration avec le président de la Côte d’Ivoire, présenté comme le seul membre encore en fonction du groupe de travail.

Les banques centrales au cœur des prochaines étapes

Les chefs d’État ont également chargé la Commission de la CEDEAO et l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO) d’intensifier leurs consultations avec les banques centrales.

L’objectif est de parvenir à des propositions consensuelles sur les questions techniques qui restent à régler avant le lancement de la monnaie commune. Les institutions régionales devront également poursuivre les démarches visant à assurer la protection et l’enregistrement international de la marque « ECO » auprès des organismes compétents.

Ces travaux devraient constituer l’une des principales étapes préparatoires avant les prochaines échéances politiques fixées par la CEDEAO.

Un projet monétaire confronté à la diversité des régimes existants

La création de l’ECO représente un chantier particulièrement complexe en raison de la diversité des systèmes monétaires actuellement en vigueur en Afrique de l’Ouest.

Dans l’espace communautaire, plusieurs pays utilisent le franc CFA, émis par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dans le cadre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

D’autres États disposent de leurs propres monnaies nationales, notamment le naira nigérian, le cedi ghanéen, le dalasi gambien, le dollar libérien, le franc guinéen, le leone sierra-léonais et l’escudo cap-verdien.

La mise en place d’une monnaie commune nécessitera donc une harmonisation importante des politiques économiques, budgétaires et monétaires, ainsi qu’une coordination étroite entre les différentes banques centrales.

Le départ de l’AES, une nouvelle équation pour l’ECO

Le projet devra également tenir compte de la nouvelle configuration politique de la région.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui ont officiellement quitté la CEDEAO, restent membres de l’UEMOA et continuent d’utiliser le franc CFA. Cette situation crée une équation particulière pour l’avenir du projet de monnaie unique.

Le communiqué final du sommet de Lungi ne précise pas le rôle que pourraient jouer ces trois pays dans le futur dispositif monétaire régional. Leur situation pourrait pourtant constituer un enjeu majeur, compte tenu de leurs liens monétaires persistants avec l’UEMOA et de leur appartenance passée à la CEDEAO.

Cette question pourrait ainsi alimenter les discussions sur la configuration future de l’espace monétaire ouest-africain.

2027, une échéance désormais soumise à une logique de « plusieurs vitesses »

En maintenant l’objectif de 2027 tout en privilégiant une mise en œuvre progressive, la CEDEAO semble vouloir concilier ambition politique et réalisme économique.

Le défi sera désormais de déterminer quels pays seront en mesure de satisfaire aux critères de convergence au moment du lancement et de définir les mécanismes permettant aux autres de rejoindre ultérieurement le dispositif.

Le projet de l’ECO entre ainsi dans une nouvelle phase, où la volonté politique devra désormais être accompagnée d’avancées concrètes sur les plans économique, institutionnel et technique. L’enjeu dépasse la création d’une simple monnaie commune : il s’agit de construire un espace monétaire capable de soutenir durablement l’intégration économique et la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.

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Sierra Leone : la CEDEAO inaugure un complexe logistique stratégique réalisé par l’entreprise guinéenne SOGEFEL.

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La cérémonie s’est déroulée en présence du président sierra-léonais Julius Maada Bio, de son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye et du président gambien Adama Barrow. Plusieurs hauts responsables de la CEDEAO, dont le président de la Commission de l’institution, ont également assisté à l’événement. Une importante délégation de SOGEFEL, conduite par son président-directeur général, Elhadj Sékou Kaké, a pris part à cette inauguration.

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L’entreprise guinéenne avait remporté ce marché à l’issue d’un appel d’offres international, après un processus de sélection marqué par plusieurs évaluations techniques et organisationnelles. Ce contrat constitue l’un des projets régionaux les plus importants réalisés par une société guinéenne dans le domaine des infrastructures.

Implantées sur deux sites complémentaires à Lungi, les nouvelles bases logistiques ont été conçues pour renforcer les capacités d’intervention de la CEDEAO face aux crises sécuritaires, humanitaires ou sanitaires dans l’espace communautaire.

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Le premier site, d’une superficie de 12 hectares, regroupe dix bâtiments administratifs, une clinique, une armurerie, des ateliers de maintenance ainsi que plusieurs espaces de stationnement destinés aux véhicules lourds et militaires. Le second est consacré à l’hébergement des personnels de la CEDEAO. Il comprend des logements destinés aux cadres et au personnel, un réfectoire, un centre de formation équipé d’un amphithéâtre de 100 places désormais accessible aux institutions sierra-léonaises, ainsi que plusieurs infrastructures sportives et de loisirs, notamment une piscine et des terrains de football, de basket-ball, de volley-ball et de tennis. Selon Oumar Kaké, directeur pays de SOGEFEL, une quatrième phase du projet prévoit également la réalisation d’infrastructures portuaires afin de compléter les capacités logistiques de la base.

Pour le président-directeur général de SOGEFEL, Elhadj Sékou Kaké, cette réalisation dépasse le cadre de l’entreprise et constitue une vitrine du savoir-faire guinéen.

« Aujourd’hui, c’est une grande fierté pour notre société SOGEFEL d’avoir réalisé un grand ouvrage en Sierra Leone. Cet ouvrage a été inauguré en présence de trois présidents. C’est une fierté pour l’entreprise, mais aussi pour la Guinée qui exporte son expertise », a-t-il déclaré.

Le dirigeant affirme que SOGEFEL est aujourd’hui la seule entreprise guinéenne à remporter des appels d’offres internationaux de cette envergure et à exécuter les projets dans les délais.

« SOGEFEL se distingue comme étant la seule entreprise guinéenne capable de participer à des appels d’offres internationaux, de les remporter et de réaliser les projets dans les délais. Elle a su répondre à tous les critères requis pour ce projet », a-t-il soutenu.

Présente en Guinée, en Sierra Leone, au Liberia, en Éthiopie et au Nigeria, SOGEFEL poursuit son expansion à travers plusieurs projets d’infrastructures, notamment la construction des ambassades de Guinée à Addis-Abeba et à Abuja, ainsi que la réalisation d’un poste frontalier entre le Liberia et la Sierra Leone pour le compte de la CEDEAO.

À l’occasion de cette inauguration, Elhadj Sékou Kaké a également salué les orientations des autorités guinéennes en matière de développement.

« La SOGEFEL salue la vision du président Mamadi Doumbouya pour tout ce qu’il est en train de faire pour le pays depuis son arrivée au pouvoir. Notre société est prête à accompagner le président dans la mise en œuvre de la vision Simandou 2040 », a-t-il indiqué.

Selon lui, le développement international de l’entreprise repose sur trois piliers : « le sérieux, la capacité technique et financière, ainsi que les ressources humaines ».

Conseil et passation de marchés dans le secteur du bâtiment. Avec l’inauguration des bases logistiques de Lungi, SOGEFEL ajoute une nouvelle référence à son portefeuille et confirme la montée en puissance des entreprises guinéennes sur le marché des grands projets d’infrastructures en Afrique de l’Ouest.
Source : GuinéeNews.
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Sommet de la CEDEAO : Mamadi Doumbouya appelle à une refondation de l’organisation et critique la politique des sanctions.

Le président de la République de Guinée, S.E Mamadi Doumbouya, a marqué les esprits lors de sa première participation à une Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) depuis son élection à la magistrature suprême. À l’ouverture de la 69ᵉ session ordinaire de l’organisation, tenue ce dimanche à Lungi, près de Freetown, en Sierra Leone, le chef de l’État guinéen a livré un discours offensif appelant à une profonde réorientation des priorités de l’institution régionale.

Devant ses homologues ouest-africains, S.E Mamadi Doumbouya a remis en question l’approche adoptée par la CEDEAO face aux crises politiques, estimant que le recours aux sanctions économiques pénalise avant tout les populations civiles sans apporter de réponse durable aux difficultés auxquelles sont confrontés les États concernés.

« Les sanctions ne sont pas la solution »

Sans citer explicitement un pays, le président guinéen a dénoncé une pratique qu’il juge devenue systématique au sein de l’organisation sous-régionale.

Selon lui, les sanctions devraient demeurer une mesure exceptionnelle et non constituer le premier réflexe face aux crises institutionnelles.

« Les sanctions ne sont pas la solution. Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe quand elle devait être le dernier recours », a déclaré S.E Mamadi Doumbouya.

Le chef de l’État a estimé que ces mesures produisent avant tout des conséquences sociales et économiques qui affectent directement les citoyens.

« La sanction frappe d’abord les enfants dans les salles de classe, les femmes dans les marchés, les hommes dans les champs et les ateliers. Elle prive les hôpitaux des médicaments de première nécessité », a-t-il affirmé.

Pour lui, une organisation régionale ne saurait atteindre ses objectifs en fragilisant les populations qu’elle est censée protéger.

« Une communauté qui, pour corriger un État, appauvrit un peuple, s’éloigne de l’esprit même qui a présidé à sa création. »

Remettre l’intégration économique au cœur du projet communautaire

Au-delà de sa critique des sanctions, S.E Mamadi Doumbouya a invité les dirigeants ouest-africains à revenir à la vocation première de la CEDEAO, créée en 1975 pour promouvoir l’intégration économique, la libre circulation des personnes et des biens ainsi que le développement partagé.

À ses yeux, les priorités de l’organisation doivent désormais être recentrées sur l’investissement, la création de richesses et l’amélioration des conditions de vie des populations.

« Recentrons-nous sur l’essentiel. Faisons de l’économie, de l’investissement productif et du bien-être de nos populations le cœur battant de notre action commune », a-t-il lancé.

Le président guinéen a insisté sur le fait qu’une communauté régionale forte se mesure moins à sa capacité de sanction qu’à son aptitude à créer des opportunités de prospérité pour l’ensemble de ses membres.

« Une communauté forte n’est pas celle qui sait le mieux sanctionner ses membres. C’est celle qui sait le mieux les faire prospérer ensemble. »

Une réforme des institutions adaptée aux réalités des États

Dans son intervention, Mamadi Doumbouya a également plaidé pour une réforme du fonctionnement de la CEDEAO, estimant que les réponses apportées aux crises doivent être adaptées aux réalités spécifiques de chaque pays.

Selon lui, les mécanismes régionaux gagneraient à privilégier une approche différenciée plutôt qu’un traitement uniforme des situations politiques.

« On ne soigne pas le paludisme et le cancer avec le même remède. Chaque mal appelle son traitement. Chaque situation appelle sa réponse », a-t-il expliqué.

Cette approche, selon le président guinéen, permettrait à l’organisation de renforcer son efficacité tout en tenant davantage compte des contextes nationaux.

La place des militaires dans l’histoire de la CEDEAO

Abordant la question de la gouvernance régionale, Mamadi Doumbouya a rappelé que les dirigeants militaires ont également contribué à la construction de la CEDEAO.

Il a souligné que, parmi les quinze chefs d’État ayant fondé l’organisation en 1975, dix étaient issus des forces armées.

Pour le président guinéen, cette réalité historique démontre que l’appartenance à l’institution militaire ne saurait constituer un motif d’exclusion du processus de décision au sein de la communauté régionale.

« Leur uniforme ne saurait constituer leur exclusion de la vie et de la gestion de notre communauté. Ils ne sont ni plus ni moins que les enfants du peuple », a-t-il déclaré.

Répondre aux attentes concrètes des populations

En conclusion de son allocution, Mamadi Doumbouya a appelé les dirigeants ouest-africains à concentrer leurs efforts sur les préoccupations quotidiennes des citoyens plutôt que sur les divergences politiques.

Selon lui, les populations attendent avant tout des résultats concrets en matière de développement économique, d’infrastructures, d’emploi et d’amélioration des conditions de vie.

« Nos peuples n’attendent pas de nous des communiqués. Ils attendent de l’eau, des routes, des usines, de l’énergie, des marchés ouverts et des emplois pour leur jeunesse », a conclu le président guinéen.

Par cette première intervention à la tribune de la CEDEAO en tant que président élu, Mamadi Doumbouya a exposé la vision de la Guinée pour l’avenir de l’organisation : une communauté davantage tournée vers le dialogue, le développement économique, la solidarité régionale et la prospérité partagée, dans un contexte où l’Afrique de l’Ouest est confrontée à de profondes mutations sécuritaires, politiques et économiques.

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CEDEAO : le général Birame Diop prend la tête de la Commission, le Sénégal consolide son leadership régional.

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans son rayonnement diplomatique en Afrique de l’Ouest. Réunis ce dimanche 19 juillet à Freetown, en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont officiellement désigné le général Birame Diop à la présidence de la Commission de l’organisation pour le mandat 2026-2030.

Cette nomination intervient à un moment stratégique pour Dakar, qui renforce son influence au sein de l’organisation sous-régionale en prenant simultanément les commandes de ses deux principales instances : la présidence politique de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, assurée par le président Bassirou Diomaye Faye, et la direction exécutive de la Commission, désormais confiée au général Birame Diop.

Une accession préparée de longue date

Le général Birame Diop succède à Omar Alieu Touray, dont le mandat arrive à son terme à la tête de l’organe exécutif de la CEDEAO.

Son élection est l’aboutissement d’un processus engagé plusieurs mois auparavant. Lors de la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État, tenue en décembre 2025 à Abuja, le Sénégal avait obtenu, pour la première fois depuis la création de l’organisation, le droit de proposer le futur président de la Commission.

Le 31 mai dernier, le président Bassirou Diomaye Faye avait officiellement porté la candidature de Birame Diop, ouvrant la voie à une désignation aujourd’hui entérinée par les dirigeants ouest-africains.

Le Sénégal à la tête des deux principaux leviers de la CEDEAO

Cette nomination intervient dans un contexte particulièrement favorable pour la diplomatie sénégalaise.

Au cours de la même session de la Conférence, Bassirou Diomaye Faye a été élu président en exercice de la CEDEAO, une fonction qui lui confère la responsabilité de conduire les travaux politiques de l’organisation et de favoriser le dialogue entre les États membres.

Avec Birame Diop à la présidence de la Commission, le Sénégal occupe désormais une position sans précédent au sein de la Communauté, en assurant à la fois la direction politique et la gestion exécutive de l’organisation régionale.

Cette configuration témoigne de la confiance accordée par les États membres au Sénégal et renforce son rôle dans les grandes orientations de la coopération ouest-africaine.

Un militaire expérimenté au service de l’intégration régionale

Le général Birame Diop apporte à la Commission une solide expérience acquise aussi bien dans les hautes responsabilités militaires nationales que sur la scène internationale.

Au cours de plus de trente années de carrière, il a notamment occupé les fonctions de chef d’état-major général des Armées entre 2020 et 2021, de chef d’état-major particulier du président de la République de 2018 à 2020, ainsi que de chef d’état-major de l’Armée de l’air de 2015 à 2017.

Au-delà de son parcours national, il s’est distingué au sein des Nations unies, où il a exercé comme conseiller militaire du Secrétaire général chargé des opérations de paix, développant une expertise reconnue dans les domaines de la prévention des conflits, de la gestion des crises et de la coopération internationale.

Une mission au cœur des défis de l’Afrique de l’Ouest

Le nouveau président de la Commission prendra ses fonctions dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, politiques et économiques majeurs.

La CEDEAO est confrontée à la persistance de la menace terroriste dans plusieurs pays, aux enjeux de l’intégration économique, à la consolidation de la stabilité institutionnelle ainsi qu’à la nécessité de renforcer le dialogue avec les États de la sous-région.

À la tête de l’organe exécutif, Birame Diop aura notamment pour mission de mettre en œuvre les décisions des chefs d’État, de coordonner les politiques communautaires et de contribuer au renforcement de l’efficacité institutionnelle de l’organisation.

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CEDEAO : Bassirou Diomaye Faye prend les rênes de l’organisation régionale dans un contexte de défis majeurs.

Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont porté leur choix sur le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye pour assurer la présidence en exercice de l’organisation sous-régionale. Sa désignation est intervenue à l’issue de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, consacrant la confiance de ses pairs à un moment où la CEDEAO traverse une période particulièrement décisive de son histoire.

Cette nomination intervient dans un environnement régional marqué par la montée des défis sécuritaires, les mutations géopolitiques, les fragilités économiques et les interrogations sur l’avenir du processus d’intégration ouest-africain.

Une organisation confrontée à de multiples défis

Prenant officiellement les rênes de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye a dressé un état des lieux sans complaisance de la situation de la sous-région.

S’il a salué la résilience des économies ouest-africaines face aux turbulences internationales, le président sénégalais a également rappelé leur forte exposition aux chocs extérieurs, qu’ils soient économiques, climatiques ou géopolitiques.

Il a surtout insisté sur la persistance de la menace terroriste, devenue l’un des principaux défis auxquels sont confrontés plusieurs États membres, ainsi que sur la nécessité d’accélérer les réformes institutionnelles destinées à renforcer l’efficacité de l’organisation.

Faire de la sécurité collective une priorité

Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs zones de l’espace communautaire, le nouveau président en exercice a appelé à une mobilisation renforcée des États membres.

Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour une accélération de l’opérationnalisation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme, estimant que seule une réponse collective permettra de faire face à l’expansion des groupes armés et aux nouvelles formes d’insécurité qui menacent la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.

Il a également défendu une meilleure mutualisation des capacités militaires, logistiques et financières des pays membres afin d’accroître l’efficacité des actions menées sur le terrain.

Vers une CEDEAO plus autonome et plus résiliente

Au-delà des questions sécuritaires, le chef de l’État sénégalais a insisté sur la nécessité de renforcer l’autonomie financière de la CEDEAO afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des financements extérieurs et de garantir une plus grande efficacité dans la mise en œuvre de ses politiques.

Il a également appelé à renforcer les mécanismes de solidarité régionale en faveur des populations affectées par les crises sécuritaires et humanitaires, tout en poursuivant les efforts visant à consolider les acquis de cinquante années d’intégration régionale.

Pour Bassirou Diomaye Faye, l’organisation doit désormais adapter son fonctionnement aux nouvelles réalités politiques, économiques et sécuritaires de l’espace communautaire.

Un mandat placé sous le signe de la souveraineté et de l’intégration

Le nouveau président en exercice de la CEDEAO entend faire de la sécurité collective, de la stabilité institutionnelle, de la souveraineté politique et économique des États membres ainsi que du renforcement de l’intégration régionale les principaux axes de son mandat.

Il a également plaidé pour un positionnement plus affirmé de l’Afrique de l’Ouest sur la scène internationale, estimant que la région doit parler d’une voix plus forte sur les grandes questions stratégiques qui façonnent le continent.

En acceptant cette responsabilité, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé sa volonté de travailler au renforcement de la coopération entre les États membres afin de bâtir une CEDEAO plus forte, plus autonome et davantage tournée vers les aspirations des populations.

Une présidence attendue dans un contexte charnière

Cette nouvelle présidence intervient à un moment déterminant pour l’organisation sous-régionale, confrontée à une recomposition du paysage politique ouest-africain, à des défis sécuritaires persistants et à des attentes croissantes en matière de développement économique et d’intégration.

Au cours des prochains mois, la capacité de la CEDEAO à renforcer la coopération entre ses États membres, à préserver la stabilité régionale et à relancer la dynamique d’intégration sera particulièrement observée.

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette mission ouvre une nouvelle séquence diplomatique majeure, avec l’ambition de contribuer à une CEDEAO plus efficace, plus solidaire et mieux armée pour relever les défis de l’Afrique de l’Ouest au cours des années à venir.

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CEDEAO : le Cabo Verde apporte son soutien à la candidature du général Birame Diop à la présidence de la Commission.

Cette rencontre s’inscrit dans la tournée diplomatique engagée par Dakar auprès des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en vue de présenter officiellement la candidature de Birame Diop, ancien ministre des Forces armées du Sénégal, au poste de président de la Commission de l’organisation régionale.

Une candidature au cœur des échanges

Selon une note publiée par le ministère sénégalais des Affaires étrangères, les discussions ont porté sur les enjeux liés à cette candidature, mais également sur les relations de coopération entre le Sénégal et le Cabo Verde.

Les deux parties ont salué la qualité du partenariat bilatéral qui unit les deux pays et réaffirmé leur convergence de vues sur plusieurs dossiers inscrits à l’agenda régional et international, notamment ceux examinés dans le cadre de la CEDEAO.

Au-delà de la campagne menée par Dakar, cette audience a permis de réaffirmer la volonté des deux États de poursuivre leur coopération dans les domaines politique, diplomatique et économique, dans un contexte où l’organisation ouest-africaine est confrontée à d’importants défis liés à la sécurité, à l’intégration régionale et à la stabilité institutionnelle.

José Maria Neves affiche son soutien

À l’issue de l’entretien, le président capverdien José Maria Neves s’est félicité de voir la présidence de la Commission de la CEDEAO revenir au Sénégal. Il a également salué le parcours, les compétences et l’expérience du Général Birame Diop, avant d’exprimer son soutien à cette candidature.

Selon le ministère sénégalais, le chef de l’État capverdien a assuré de son plein appui en vue du prochain Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, au cours duquel sera désigné le futur président de la Commission pour le mandat 2026-2030.

Cette étape diplomatique renforce la stratégie de mobilisation engagée par le Sénégal afin de rallier le soutien des États membres de l’organisation régionale autour de la candidature de Birame Diop, dont le profil est présenté par Dakar comme un atout pour accompagner les réformes et relever les défis auxquels la CEDEAO est aujourd’hui confrontée.

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CEDEAO : le nouveau siège d’Abuja inaugure une nouvelle ambition pour l’intégration ouest-africaine.

Les dirigeants de l’organisation appellent à une CEDEAO plus efficace, plus proche des citoyens et davantage tournée vers les résultats

L’inauguration du nouveau siège de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à Abuja, a donné lieu à un plaidoyer en faveur d’une profonde transformation de l’organisation régionale. À cette occasion, plusieurs responsables ont souligné la nécessité de renforcer son efficacité afin de répondre plus concrètement aux attentes des populations ouest-africaines.

Au-delà de sa portée symbolique, cette nouvelle infrastructure est présentée comme un outil destiné à améliorer la coordination des institutions communautaires et à accompagner les ambitions de l’organisation dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, économiques et climatiques.

Une CEDEAO appelée à produire davantage de résultats

Prenant la parole lors de la cérémonie, le président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, Julius Maada Bio, a rappelé que, plus de cinquante ans après sa création, l’organisation doit désormais transformer ses acquis institutionnels en bénéfices tangibles pour les citoyens.

Selon lui, les populations attendent des avancées concrètes en matière de sécurité, de libre circulation des personnes, de développement économique et de stabilité régionale. Il a estimé que la crédibilité de la CEDEAO dépendra désormais de sa capacité à répondre efficacement à ces priorités.

Le président sierra-léonais a également souligné que les crises sécuritaires, les mutations économiques et les effets du changement climatique imposent une organisation « plus efficace, plus réactive et plus proche des citoyens », au service des plus de 450 millions d’habitants de l’espace communautaire.

Un siège moderne pour renforcer la coordination régionale

Le président de la Commission de la CEDEAO, Oumar Alieu Touray, a qualifié cette inauguration d’étape majeure dans l’histoire de l’organisation.

Il a expliqué que ce nouveau complexe permettra de regrouper les différentes structures administratives jusque-là dispersées dans la capitale nigériane, afin d’améliorer la coordination des activités communautaires et de renforcer l’efficacité du fonctionnement institutionnel.

Le bâtiment comprend notamment des bureaux administratifs, des salles de conférence équipées de dispositifs d’interprétation simultanée, ainsi que plusieurs infrastructures de service, parmi lesquelles une clinique, une garderie, des espaces bancaires et des zones de restauration.

Tout en saluant la qualité des installations, Oumar Alieu Touray a rappelé que la performance de la CEDEAO dépendra avant tout de l’engagement des femmes et des hommes appelés à faire vivre cette institution.

« Les bâtiments ne transforment pas les sociétés. Ce sont les institutions et les personnes qui les animent qui créent le changement », a-t-il déclaré, appelant à faire de ce siège un véritable centre d’excellence au service de l’intégration régionale.

La Chine réaffirme son soutien à l’intégration régionale

Présent à la cérémonie, l’ambassadeur de Chine au Nigeria, Yu Dunhai, a salué l’achèvement du projet, baptisé « China Aid ECOWAS Headquarters Building ».

Il a présenté cette réalisation comme l’un des projets emblématiques de la coopération entre la Chine et l’Afrique dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), soulignant qu’elle traduit une vision commune fondée sur la promotion de l’unité, de la stabilité et du développement de l’Afrique de l’Ouest.

Le diplomate chinois a également réaffirmé la volonté de Pékin de poursuivre son accompagnement des efforts de la CEDEAO en matière d’intégration économique, de coopération régionale et de développement durable.

Une nouvelle étape pour l’organisation régionale

L’ouverture de ce nouveau siège intervient à un moment où la CEDEAO cherche à renforcer son rôle face aux multiples défis qui affectent l’Afrique de l’Ouest.

Au-delà de son importance architecturale, cette inauguration symbolise la volonté affichée des dirigeants régionaux de moderniser l’organisation et d’améliorer son efficacité, afin qu’elle puisse répondre de manière plus concrète aux attentes des États membres et des populations de la sous-région.

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Guinée–CEDEAO : l’ambassadeur Aka Brou salue un net réchauffement des relations à l’issue de sa mission.

Reçu par le Premier ministre, le représentant résident sortant dresse un bilan marqué par le retour du dialogue entre Conakry et l’organisation régionale

En fin de mission en Guinée, le représentant résident sortant de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’ambassadeur Aka Brou, a été reçu en audience ce mardi 30 juin 2026 par le Premier ministre, Amadou Oury Bah. À l’issue de cette rencontre, le diplomate s’est félicité des progrès enregistrés dans les relations entre la Guinée et l’organisation sous-régionale depuis sa prise de fonctions, selon des informations communiquées par la Primature.

Nommé à Conakry en septembre 2022, Aka Brou est arrivé dans un contexte marqué par de fortes tensions entre les autorités guinéennes de la transition et la CEDEAO. Près de quatre ans plus tard, il estime que les efforts de dialogue entrepris de part et d’autre ont permis de restaurer progressivement un climat de confiance.

« Lorsque j’ai pris fonction en septembre 2022, les relations entre la CEDEAO et la Guinée étaient marquées par de fortes tensions. Aujourd’hui, la Guinée a réintégré toutes les instances internationales et le Président de la République est invité aux prochains sommets de la CEDEAO », a déclaré le diplomate, cité par la Primature.

Des avancées institutionnelles saluées

Parmi les principales réalisations de son mandat, Aka Brou a mis en avant la signature de l’Accord de siège de la représentation de la CEDEAO en Guinée. Ce texte, attendu depuis dix-sept ans, constitue selon lui une étape majeure dans l’institutionnalisation des relations entre l’organisation régionale et les autorités guinéennes.

Le diplomate considère cette avancée comme l’un des symboles du rapprochement opéré ces dernières années entre Conakry et la CEDEAO, dans un contexte régional marqué par des enjeux politiques et sécuritaires majeurs.

Un hommage au rôle du Premier ministre

Au cours de cette audience d’adieu, Aka Brou a également salué l’implication du Premier ministre Amadou Oury Bah dans le renforcement du dialogue entre les différentes parties.

Le représentant résident sortant a rendu hommage au chef du gouvernement pour son rôle dans la consolidation des échanges entre la Guinée et l’organisation sous-régionale.

« Vous êtes un facilitateur. Vous avez su nous motiver », a-t-il déclaré à l’adresse du Premier ministre.

Vers une nouvelle étape du rapprochement avec la CEDEAO

Le départ d’Aka Brou intervient alors que les relations entre Conakry et la CEDEAO semblent entrer dans une nouvelle phase. Le prochain sommet ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, initialement prévu à la mi-juin, se tiendra finalement le 25 juillet 2026 à Freetown, en Sierra Leone, à la demande du président en exercice de l’organisation, Julius Maada Bio.

À cette rencontre, le président de la République, Mamadi Doumbouya, figure parmi les dirigeants attendus, un signal qui traduit la normalisation progressive des rapports entre la Guinée et l’organisation ouest-africaine après plusieurs années de tensions liées au processus de transition.

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CEDEAO : S.E Mamadi Doumbouya annoncé aux prochains sommets de l’organisation sous-régionale

Le représentant résident sortant évoque une nouvelle étape dans le rapprochement entre la Guinée et la CEDEAO

Le président de la transition guinéenne, Mamadi Doumbouya, devrait prendre part aux prochains sommets de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’annonce a été faite ce mardi 30 juin par le représentant résident sortant de l’organisation en Guinée, l’ambassadeur Aka Brou, à l’issue d’une audience d’adieu accordée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah.

En fin de mission après près de quatre années passées à Conakry, le diplomate a indiqué que la participation annoncée du chef de l’État guinéen aux prochaines rencontres des dirigeants ouest-africains témoigne d’une évolution positive des relations entre la Guinée et l’organisation régionale.

Vers une normalisation des relations avec l’organisation régionale

Cette annonce intervient dans un contexte de rapprochement progressif entre Conakry et la CEDEAO, après plusieurs années de relations marquées par des tensions liées au processus de transition politique engagé à la suite du changement de pouvoir intervenu en septembre 2021.

Depuis lors, les échanges entre les autorités guinéennes et l’organisation sous-régionale se sont intensifiés autour des questions relatives au calendrier de la transition, aux réformes institutionnelles et au retour à l’ordre constitutionnel.

La participation de Mamadi Doumbouya aux prochains sommets pourrait ainsi constituer un nouveau signal d’ouverture et de dialogue entre la Guinée et ses partenaires ouest-africains.

Le sommet de Freetown reporté au 25 juillet

Le prochain sommet ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO se tiendra finalement le 25 juillet 2026 à Freetown, en Sierra Leone.

Initialement programmée à la mi-juin, cette rencontre a été reportée à la demande du président en exercice de l’organisation, Julius Maada Bio, également président de la Sierra Leone.

Ce rendez-vous réunira les dirigeants de la sous-région autour des principaux enjeux politiques, économiques et sécuritaires de l’espace communautaire, dans un contexte marqué par les défis de l’intégration régionale, de la stabilité institutionnelle et de la coopération entre les États membres.

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Dix ans après, l’Afrique interroge son architecture sécuritaire : l’AES et la CEDEAO au cœur des débats de l’APSACO 2026.

À Rabat, experts et décideurs débattent de l’avenir de la coopération sécuritaire en Afrique de l’Ouest

Dix ans après la création de l’African Peace and Security Annual Conference (APSACO), les profondes mutations du paysage sécuritaire africain ont dominé les échanges de la dixième édition de cette rencontre de référence organisée par le Policy Center for the New South (PCNS) à l’Université Mohammed VI Polytechnique de Salé, près de Rabat.

Réunis autour du thème « Dix ans après : tendances, évolutions et continuités dans le paysage de la paix et de la sécurité en Afrique », chercheurs, experts et responsables institutionnels ont particulièrement analysé les conséquences de l’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES) et son impact sur les mécanismes traditionnels de coopération régionale portés par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

L’AES, un tournant majeur dans l’histoire sécuritaire ouest-africaine

Pour plusieurs intervenants, la création de l’AES par le Burkina Faso, le Mali et le Niger constitue l’un des événements géopolitiques les plus marquants de la dernière décennie en Afrique de l’Ouest.

Selon Sampala Balima, directrice générale adjointe du Centre national d’études stratégiques du Burkina Faso, le retrait des trois États sahéliens de la CEDEAO a profondément redessiné l’architecture régionale de sécurité.

À ses yeux, cette évolution a donné naissance à une nouvelle configuration régionale caractérisée par l’existence de deux espaces distincts de coopération politique et sécuritaire. Une transformation qui oblige désormais les acteurs régionaux à repenser les mécanismes de défense collective et de gestion des crises.

Des lectures divergentes de l’impact réel de l’Alliance des États du Sahel

Cette analyse n’est toutefois pas partagée par l’ensemble des experts présents.

Chercheur associé au Centre d’études des crises et conflits internationaux (CECRI-UCL) et ancien conseiller spécial du président nigérien Mohamed Bazoum, Garba Abdoul Azizou estime que la création de l’AES n’a pas fondamentalement modifié la nature des menaces auxquelles sont confrontés les pays du Sahel.

Selon lui, le terrorisme, les trafics transfrontaliers et l’instabilité régionale demeurent des défis communs qui dépassent largement les frontières institutionnelles. Face à ces enjeux, il juge indispensable de promouvoir une coopération élargie associant les pays de l’AES, les États membres de la CEDEAO ainsi que les nations du Golfe de Guinée.

Les limites des mécanismes régionaux face à l’expansion du terrorisme

Les discussions ont également mis en lumière les interrogations persistantes sur l’efficacité des dispositifs régionaux de sécurité.

Sampala Balima a notamment distingué les notions de coopération sécuritaire et de défense collective, estimant que le système de sécurité collective mis en place par la CEDEAO n’a pas permis d’obtenir les résultats escomptés dans la lutte contre les groupes armés actifs au Sahel.

Les crises successives ayant touché le Mali, le Burkina Faso et le Niger auraient, selon elle, révélé certaines faiblesses structurelles du modèle régional existant.

Paradoxalement, l’experte souligne que l’AES repose elle aussi sur un mécanisme de défense collective, créant ainsi une situation inédite où deux cadres sécuritaires coexistent dans une même région confrontée aux mêmes menaces transnationales.

Plaidoyer pour une coopération renforcée

Face à cette nouvelle réalité géopolitique, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de préserver les dynamiques de coopération régionale.

Professeur à l’Académie de défense du Nigeria, Sharkdam Wapmuk a rappelé que les défis sécuritaires contemporains ne peuvent être efficacement traités de manière isolée.

Selon lui, les États africains disposent d’une capacité d’action plus importante lorsqu’ils agissent collectivement. Il a ainsi appelé à la relance du dialogue entre les différentes organisations régionales afin de construire des mécanismes de coopération adaptés aux nouvelles formes de menaces.

Vers une nouvelle architecture régionale de sécurité ?

La réflexion a également porté sur l’évolution future des institutions régionales africaines.

Le professeur de droit mauritanien Sidi Mohamed Sidi a souligné la nécessité d’imaginer une architecture régionale capable de répondre aux nouvelles aspirations souverainistes observées dans plusieurs pays du continent.

Tout en qualifiant l’expérience de l’AES de phénomène inédit, qu’il associe à l’émergence d’un « néo-souverainisme » africain, il estime que les relations qui se construiront entre les États sahéliens et les organisations régionales traditionnelles seront déterminantes pour l’avenir de la stabilité ouest-africaine.

L’hypothèse d’un rapprochement entre l’AES et la CEDEAO

Au-delà des divergences d’analyse, plusieurs experts ont évoqué la possibilité d’un rapprochement futur entre l’Alliance des États du Sahel et la CEDEAO.

Garba Abdoul Azizou considère qu’il est envisageable de consolider l’AES tout en maintenant des liens institutionnels avec l’organisation ouest-africaine. Il n’exclut pas, à terme, une forme de rapprochement entre les deux ensembles régionaux.

De son côté, Sampala Balima a plaidé pour l’instauration d’un dialogue permanent entre les deux organisations. Selon elle, ni l’AES ni la CEDEAO ne semblent appelées à disparaître à court terme. Dans ce contexte, la coopération apparaît comme une nécessité stratégique pour répondre aux attentes des populations confrontées à l’insécurité et aux crises socio-économiques.

Une menace commune qui impose des réponses collectives

Malgré des approches parfois différentes, les participants à l’APSACO ont convergé sur un constat essentiel : le terrorisme et l’instabilité régionale demeurent des phénomènes transnationaux qui exigent des réponses coordonnées.

Au-delà de la dimension militaire, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’articuler les réponses sécuritaires avec des politiques de développement, de gouvernance et d’inclusion sociale afin de traiter les causes profondes des crises qui affectent plusieurs régions du continent.

La dixième édition de l’APSACO se poursuit jusqu’au 12 juin à Salé avec plusieurs panels consacrés aux enjeux de paix, de sécurité, de gouvernance et de coopération régionale en Afrique, dans un contexte marqué par la recomposition des équilibres géopolitiques sur le continent.