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Signature d’un contrat pour 65 locomotives du TransGuinéen – Projet Simandou

La République de Guinée franchit une étape cruciale dans la concrétisation du projet Simandou avec la signature d’un contrat stratégique entre WCS (Baowu & Winning Group) et Wabtec pour l’acquisition de 65 locomotives. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du développement du chemin de fer TransGuinéen, un axe majeur pour l’économie nationale.

Un levier essentiel pour l’économie guinéenne

Le Ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a mis en avant l’importance de ce partenariat pour la Compagnie du TransGuinéen (CTG) et pour l’ensemble du pays. « Ces locomotives seront un véritable vecteur de développement. Elles faciliteront le transport des passagers, des marchandises et des produits agricoles tout en stimulant la création de nouvelles infrastructures telles que des zones agricoles, des villes, des plateformes logistiques et des parcs industriels », a-t-il déclaré.

Une vision à long terme : Simandou 2040

La signature de cet accord s’inscrit dans une vision plus large, celle du programme Simandou 2040. Une partie des revenus générés par ce projet sera directement affectée au financement de la formation technique et professionnelle des jeunes à travers tout le pays. Parallèlement, des fonds seront alloués au développement des infrastructures essentielles pour garantir une exploitation durable et bénéfique à long terme.

Lancement de la Cite Administrative de Koloma 1 360x320

Lancement de la Cité Administrative de Koloma : Un projet phare du Programme Simandou 2040

En mars 2023, sous le leadership de Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, Président de la Transition, le gouvernement guinéen a lancé le projet de construction d’une cité administrative à Koloma, en banlieue de Conakry. Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme Simandou 2040, une initiative stratégique visant à moderniser les infrastructures et à renforcer les capacités administratives de l’État. Piloté par la Société Nationale d’Aménagement et de Promotion Immobilière (SONAPI S.A), sous la tutelle du Ministre Secrétaire Général de la Présidence, ce complexe administratif ambitionne d’offrir des conditions de travail optimales et modernes aux fonctionnaires guinéens.

Un complexe administratif de grande envergure

La cité administrative de Koloma s’étend sur une superficie de 71 306 m² et comprend une douzaine de bâtiments de type R+7, des voiries internes, des réseaux d’infrastructures, des aménagements paysagers, des auditoriums et des salles techniques. Ce projet vise non seulement à rationaliser les dépenses de l’État, mais aussi à fédérer l’administration guinéenne en un seul pôle moderne, tout en désengorgeant la commune de Kaloum, actuellement saturée.

Un accord de prêt historique avec le Royaume-Uni

Le jeudi 23 janvier 2025, une étape majeure a été franchie avec la signature d’un accord de prêt entre l’Agence de crédit à l’exportation du gouvernement du Royaume-Uni, UK Export Finance (UKEF), et les autorités guinéennes. Ce prêt, d’un montant de plusieurs millions d’euros, concrétise la vision du Chef de l’État de réaliser des projets administratifs d’envergure dans le cadre du Programme Simandou 2040.

Le coût total des travaux de la cité administrative de Koloma s’élève à plus de 208 millions d’euros, dont 95 % sont financés par le gouvernement britannique via UKEF et 5 % par l’État guinéen, à travers le ministère de l’Économie et des Finances. Cet accord marque une étape cruciale dans la réalisation de ce projet présidentiel, dont les travaux sont déjà achevés à plus de 39,1 %.

Un partenariat stratégique pour le développement

Cet événement symbolise un tournant dans la coopération entre la Guinée et le Royaume-Uni, illustrant l’engagement des deux nations à renforcer leurs relations économiques et diplomatiques. Ce partenariat témoigne également de l’intérêt croissant que suscite la Guinée sur la scène internationale, attirant des investissements structurants pour son développement.

Des retombées économiques et urbanistiques significatives

Au-delà de ses bénéfices pratiques, la cité administrative de Koloma contribuera à l’urbanisation moderne de la Guinée, alignant ses infrastructures avec celles des grandes puissances mondiales. Ce projet s’inscrit dans la vision du Général Mamadi Doumbouya pour une Guinée modernisée et prospère, où des initiatives audacieuses comme celle-ci façonnent l’avenir du pays.

Avec des retombées économiques significatives et une administration centralisée et modernisée, la cité administrative de Koloma incarne l’ambition d’une Guinée résolument tournée vers le progrès et l’efficacité.

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Le MEHH mobilise les acteurs locaux pour une gestion responsable de l’énergie

Dans le cadre de la campagne nationale de sensibilisation sur la gestion responsable de l’énergie, les équipes du Ministère de l’Énergie, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures (MEHH) ont entamé une série de rencontres dans les délégations spéciales de Ratoma, Kaloum et Matoto. Ces réunions, marquées par une mobilisation active des acteurs locaux et communautaires, visent à promouvoir des pratiques énergétiques durables et à réduire le gaspillage.

Des rencontres constructives pour une sensibilisation inclusive

Accueillies chaleureusement par les Présidents des délégations spéciales, les équipes du MEHH ont bénéficié d’un engagement fort de la part des autorités locales. Pour garantir un impact durable, ces rencontres ont rassemblé un large éventail d’acteurs clés, notamment :

  • Les conseillers communaux,
  • Les chefs de quartiers,
  • Les représentants des associations de jeunes et de femmes,
  • Les leaders religieux.

Ces participants ont exprimé leur volonté de relayer les messages de sensibilisation auprès de leurs communautés respectives. Les discussions ont mis l’accent sur la nécessité de réduire le gaspillage énergétique et d’adopter des comportements responsables pour préserver les ressources énergétiques du pays.

Une mobilisation qui s’étend à d’autres communes

Le travail de sensibilisation se poursuit demain avec des rendez-vous prévus dans les délégations spéciales de Dixinn, Manéah, Tombolia et Matam. Les équipes du MEHH continueront d’impliquer les autorités locales et les acteurs communautaires dans cet effort national, en renforçant les partenariats et en encourageant l’appropriation des bonnes pratiques énergétiques.

Un engagement pour un avenir énergétique durable

Cette initiative reflète l’engagement du MEHH à travailler main dans la main avec les populations pour construire un avenir énergétique durable. À travers cette campagne, le ministère vise à faire de chaque citoyen un acteur du changement, en encourageant une consommation énergétique plus économe et responsable.

En mobilisant les communautés locales et en impliquant les leaders d’opinion, le MEHH espère créer un impact significatif et durable, contribuant ainsi à une Guinée plus résiliente et respectueuse de ses ressources énergétiques.

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Lansana Kouyaté Réélu à la Tête du PEDN et Investi Candidat Présidentiel

Le 3e congrès du Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) s’est conclu par la réélection de Lansana Kouyaté à la présidence, avec 119 voix représentant 82,6% des suffrages. L’ancien Premier ministre a également été désigné candidat du parti aux élections présidentielles, obtenant 76% des voix.

S’exprimant par visioconférence, Kouyaté a insisté sur la pérennité du parti : « Mon souhait est que le parti ne meurt pas à cause des valeurs qu’il porte. C’est un héritage que nous devons léguer. L’impossible n’est pas Guinéen, l’impossible n’est pas le PEDN. »

Le leader du PEDN a appelé à la vigilance concernant les prochaines échéances électorales et exhorté les autorités de la transition à honorer leurs engagements pour sortir la Guinée de sa situation exceptionnelle.

Le congrès a également renouvelé plusieurs instances du parti, notamment les comités nationaux des jeunes et des femmes, ce dernier étant à nouveau dirigé par Hadja Sarangbè Condé pour un mandat de cinq ans.

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Inauguration d’une Centrale d’Oxygène à Labé : Une Avancée Majeure pour la Santé Régionale

La nouvelle centrale d’oxygène de l’hôpital régional de Labé représente un progrès significatif pour le système de santé guinéen. Points clés :

Impacts principaux :

  • Fourniture d’oxygène aux hôpitaux préfectoraux de la région
  • Réduction des évacuations médicales coûteuses vers Conakry
  • Amélioration des soins dans les services critiques (blocs opératoires, maternité, réanimation)
  • Contribution à la lutte contre la mortalité maternelle et infantile

Contexte politique :

  • Initiative s’inscrivant dans la vision du président Mamadi Doumbouya
  • Priorité nationale de transformation du système de santé
  • Soutien financier du Fonds Mondial

Perspectives :

  • Autres projets en cours : centres d’hémodialyse, centres de santé améliorés
  • Prochaine inauguration d’une centrale d’oxygène à N’Zérékoré

Cette infrastructure marque une étape importante vers la modernisation et l’amélioration de l’accès aux soins en Guinée.

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Bauxite: Vers le développement d’une nouvelle mine à Kindia

La société Ashapura Guinée, filiale l’indienne Ashapura Ashapura Minechem Ltd s’active pour développer sa nouvelle mine située à Kindia. C’est le site d’informations indien Equitypandit.com qui a annoncé la nouvelle ce samedi 18 janvier, se faisant écho d’un communiqué publié à cet effet.

Selon notre confrère, le communiqué a informé d’un mémorandum d’entente (MOU) signé entre la « filiale étrangère » Ashapura Ashapura Minechem Ltd avec la société chinoise China Railway.

« Nous souhaitons vous informer que la filiale étrangère de la société a conclu un protocole d’accord à long terme (MOU) avec China Railway, une société mondiale Fortune 500, pour développer conjointement son gisement de bauxite de Fako dans la région de Kindia en Guinée », déclare la société.

Puis, d’expliquer que « selon les termes du protocole d’accord, China Railway sera responsable de la production de bauxite et fournira des solutions logistiques tandis qu’Ashapura sera entièrement responsable des ventes et du marketing et de la fourniture d’un soutien technique, y compris l’assurance qualité pour le projet ».

Pour rappel, Ashapura est présente en Guinée depuis bientôt dix ans. Elle exploite la mine de fer de Yomboyéli à Forécariah et une mine de bauxite du côté de Telimelé.

 

Sources : Guinéenews

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Un nouveau port en eaux profondes à Boké : La Guinée renforce ses infrastructures portuaires

Le gouvernement guinéen a officiellement lancé, le 8 janvier 2025, l’étude de faisabilité pour la construction d’un port polyvalent en eaux profondes dans le district de Kouffin, à Kamsar (préfecture de Boké). Ce projet stratégique, financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) à hauteur de 2 millions de dollars, marque une étape décisive dans la modernisation des infrastructures du pays.

Une réponse aux défis de l’industrie minière

Selon M. Bouna Sylla, ministre des Mines et de la Géologie, ce nouveau port vise principalement à répondre aux enjeux liés à l’exploitation croissante de la bauxite dans la région Nord-Ouest. Face aux limitations des infrastructures actuelles et à leurs impacts environnementaux, le port de Kouffin permettra :

  • L’accueil de navires de 200 000 à 300 000 tonnes
  • La réduction significative des coûts d’exportation
  • L’élimination du besoin de transbordement en haute mer
  • Le désenclavement des régions intérieures
  • Le renforcement de l’intégration régionale au sein de la CEDEAO

Une vision alignée sur SIMANDOU 2040

Le projet s’inscrit dans le cadre de la vision SIMANDOU 2040, portée par le Président Mamadi Doumbouya, qui ambitionne de doter la Guinée d’infrastructures modernes essentielles à son émergence. Il fait également partie du Plan d’Actions Prioritaires du Programme pour le Développement des Infrastructures en Afrique (PAP-PIDA).

Un appui financier stratégique

Mme Amelie NJONKOU, représentante de la BAD, a souligné l’importance du soutien apporté via la Facilité de préparation des projets NEPAD-IPPF. Elle a insisté sur la nécessité de conduire des études de qualité pour attirer les investisseurs potentiels.

Un projet crucial pour l’économie

Le ministre de l’Économie et des Finances, M. Mourana Soumah, a rappelé que les exportations de bauxite dépassent désormais les 100 millions de tonnes annuelles, justifiant le besoin d’infrastructures modernes. Le gouvernement s’est engagé à faciliter les prochaines étapes du projet, notamment la mobilisation du financement nécessaire.

Ce port polyvalent, anciennement connu sous le nom de « Gonzalez » et rebaptisé port de Kouffin, représente un investissement majeur pour l’avenir économique de la Guinée et sa position stratégique dans la région.

Djibril Cissé

Jeux Universitaires Guinée 2025 : Djibril Cissé nommé ambassadeur à Kindia

L’ancien footballeur international français Djibril Cissé a été nommé ambassadeur de la 9e édition des Jeux Universitaires de Guinée, lors d’une réception organisée ce lundi 13 janvier 2025 à Conakry. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation, Alpha Bacar Barry.

Pour sa première visite dans son pays d’origine, Djibril Cissé a exprimé son enthousiasme : « Je suis honoré d’être l’ambassadeur de cette édition des Jeux Universitaires. La jeunesse, qu’elle soit en Afrique ou en Europe, représente l’avenir. » L’ancien attaquant souhaite mettre à profit son expérience et son réseau pour « ouvrir des perspectives » aux jeunes talents, que ce soit dans le domaine sportif, artistique ou autres disciplines.

Cette édition, qui se déroulera à Kindia, ne se limitera pas aux compétitions sportives. Elle intégrera également des volets scientifiques, culturels et artistiques. Une approche qui s’inscrit dans le cadre du programme national Simandou 2040, visant à promouvoir un développement inclusif et durable en Guinée.

Le ministre Alpha Bacar Barry a souligné la dimension sociale de l’événement : « Les Jeux Universitaires constituent une plateforme unique pour valoriser les talents guinéens dans toute leur diversité. Au-delà de la compétition sportive, cet événement est un puissant vecteur de paix, d’unité et de cohésion sociale. »

Kandas Condé, Directeur National des Jeux Universitaires et Culturels, a conclu en présentant Kindia comme « la capitale du sport universitaire guinéen » où « talents, innovation et détermination s’uniront pour célébrer l’excellence. »

Guinée

Les ONG et associations de Guinée peuvent à nouveau obtenir leurs agréments

Le gouvernement guinéen a annoncé la reprise de la délivrance des agréments aux organisations non gouvernementales (ONG) et associations, selon une annonce officielle du vendredi 10 janvier. Cette décision met fin à une suspension qui était en vigueur depuis début septembre 2024, période durant laquelle les autorités avaient invoqué des perturbations de l’ordre public par certaines organisations.

Le ministère de l’Administration du territoire a précisé que cette mesure entre en application immédiatement. Cette nouvelle a été particulièrement bien accueillie par les acteurs de la société civile, notamment par M’bany Sidibé, qui préside l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée.

Dans une déclaration à RFI, M. Sidibé a exprimé sa satisfaction tout en rappelant que la suspension initiale constituait une atteinte aux droits fondamentaux. Il a souligné que cette interdiction, imposée sans justification valable selon lui, avait été fermement contestée par son organisation.

Cette suspension a eu des répercussions importantes sur le secteur associatif guinéen. De nombreuses organisations se sont retrouvées dans l’impossibilité de mener leurs activités sur le terrain ou de mettre en œuvre leurs projets. La situation était particulièrement problématique pour les nouvelles associations en attente d’agrément ainsi que pour celles dont l’autorisation arrivait à expiration.

Suite à cette levée de suspension, M. Sidibé a lancé un appel à l’ensemble des organisations guinéennes, les encourageant à régulariser leur situation administrative en obtenant les agréments nécessaires. Il a également invité l’État à renforcer son soutien au secteur associatif et aux ONG du pays.

Teranga : le mot qui définit le Sénégal

Teranga : le mot qui définit le Sénégal

Légende image, Les habitants de la ville sénégalaise de Saint-Louis, classée patrimoine mondial de l’Unesco, sont particulièrement connus pour leur culture de la teraanga.

 

Alors que j’attendais d’embarquer sur un vol pour Dakar en provenance de New York, une femme drapée dans un tissu coloré et un foulard lumineux me demande si elle pouvait utiliser mon téléphone portable. Hésitante, je m’interrogeais sur cette étrange familiarité, qui l’a poussée à demander pareil service à une inconnue. Alors que j’hésitais, une voyageuse habillée de la même manière qu’elle lui tend son téléphone, sans la moindre hésitation. Des anecdotes comme celle-ci ont eu lieu tout au long de mon voyage au Sénégal… C’était ma rencontre avec la teranga.

 

Le Sénégal est connu comme le « Pays de la teranga ». Les guides de voyage traduisent souvent ce mot wolof (également écrit « teraanga ») par « hospitalité », mais c’est « vague de le traduire » comme tel, explique Pierre Thiam, un chef sénégalais et cofondateur du restaurant « Teranga », à New York. « C’est vraiment beaucoup plus complexe que cela. C’est un mode de vie. »

 

Légende image, La teraanga est une combinaison typiquement sénégalaise de générosité, d’hospitalité et de partage, qui imprègne la vie quotidienne.

En tant que visiteur, j’ai rapidement remarqué que cette valeur imprègne de nombreux aspects de la vie quotidienne au Sénégal. La teranga met l’accent sur la générosité d’esprit et le partage des biens matériels dans toutes les rencontres, même avec les étrangers. Cela construit une culture dans laquelle il n’y a pas d’autre ».

 

Mon mur occidental s’est effondré

 

Pendant l’été que j’ai passé à faire du bénévolat dans un centre éducatif de Yoff, une commune de 90 000 habitants située au bord de l’océan, au nord du centre-ville de Dakar, la teranga m’a permis de découvrir et d’adopter la culture sénégalaise.

J’ai été invitée à séjourner auprès d’une famille de Yoff, et j’ai accepté la proposition de visiter quotidiennement les maisons des voisins et de boire du thé chez eux.

En m’immergeant dans cette façon d’être sénégalaise, mon mur occidental s’est effondré. L’ouverture, la générosité, la chaleur et la familiarité – les éléments clés de la teranga – ont pris leur place.

J’avais constamment l’impression que la population sénégalaise, qui comprend 16 millions de personnes, m’accueillait chez elle.

Pendant le déjeuner au travail, sept d’entre nous s’asseyaient par terre, autour d’une énorme assiette de riz, de poisson frais et de légumes.

Sachant que j’étais végétarienne, mes voisins me proposaient des légumes et je leur proposais du poisson.

Comment le Sénégal a inventé le riz Joloff que le Ghana et le Nigeria n’arrêtent pas de se disputer

Lorsque nous allions à la plage, des enfants qui me connaissaient à peine se jetaient dans mes bras pour échapper aux vagues.

J’étais impressionnée par l’aisance dont ils font preuve envers moi, jusqu’à ce que je me rappelle qu’ils ont été élevés dans la croyance que les membres de la communauté – même les étrangers – doivent s’entraider.

 

Des enfants de quatre ans rentraient seuls à pied du centre-ville où je travaillais, et personne ne s’inquiétait.

J’ai souvent vu des adultes prendre le temps d’éduquer et de guider les enfants du quartier, comme le feraient leurs propres parents.

Selon Dr Ibra Sène, historien sénégalais et enseignant au College of Wooster, dans l’État américain de l’Ohio, cela fait partie de la teranga, où  » on est prêt à (…) conseiller les gens, comme s’ils étaient des membres de la famille ».

Malgré l’omniprésence de la teranga au Sénégal aujourd’hui, ses origines restent quelque peu mystérieuses. Mais les historiens s’accordent à dire qu’elle est partie intégrante de la culture sénégalaise depuis des siècles, bien avant les trois cents ans de domination coloniale néerlandaise, britannique et française, de 1659 à 1960.

Spécificités culturelles

 

« Cet état d’esprit d’interaction, d’échange et d’ouverture envers l’autre remonte probablement à l’époque des grands empires d’Afrique de l’Ouest », a déclaré M. Sène, faisant allusion aux grands empires du Mali, du Ghana et du Songhai qui ont jadis prospéré dans la région.

Pendant plus de mille ans, cette région a fondé son économie sur le commerce. Et l’échange de biens et d’idées sur lequel ces empires se sont construits a prospéré grâce à cet esprit de générosité et d’ouverture, a-t-il ajouté. « Même s’il [n’était] pas appelé teranga, vous le voyez sous différentes formes à travers l’histoire de l’Afrique de l’Ouest. »

Bien qu’une première forme de teraanga ait probablement existé dans toute l’Afrique de l’Ouest, certains pensent que le concept actuel est né dans la ville de Saint-Louis (Ndar, en wolof), dans le nord-ouest du Sénégal. Les spécialistes affirment toutefois que cette affirmation n’est pas fondée, bien qu’ils aient des théories sur l’origine de cette idée.

Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la ville de Saint-Louis a joué un rôle important durant la colonisation française en Afrique de l’Ouest. C’est là que les colons ont construit leur première colonie en Afrique de l’Ouest, en 1659. C’est là également qu’ils ont établi la capitale. y

Mais M. Sène explique que si Saint-Louis a servi de « premier point d’ancrage et de tremplin à l’expansion coloniale française en Afrique de l’Ouest », parallèlement, « la ville est progressivement devenue le lieu d’une résistance subtile mais multiforme au colonialisme ».

« La communauté africaine de la ville a célébré avec audace ses spécificités culturelles dans cet espace colonial », ajoute l’historien. Au fil du temps, les habitants de Saint-Louis ont acquis une grande réputation et se sont fait connaître pour leurs manières, leur cuisine et leurs connaissances religieuses.

La teranga a permis de façonner l’identité du Sénégal

 

Que la teranga soit née ou non à Saint-Louis, elle y reste particulièrement forte aujourd’hui.

Astou Fall Guèye, doctorante au département d’études culturelles africaines de l’université du Wisconsin, explique que Saint-Louis « représente l’épitomé » de cette valeur.

« Chaque fois que l’on pense à la teranga au Sénégal, on pense aussi à la ‘teranga Ndar' », a-t-elle déclaré. « C’est très important dans la culture de cette ville. Les habitants de cette ville se vantent en quelque sorte d’être ceux qui savent le mieux comment pratiquer la teranga. »

Lorsque le Sénégal est devenu indépendant en 1960, le mot « teranga » a été utilisé pour façonner l’identité du pays naissant.

Rendre la teranga plus visible, par exemple en baptisant l’équipe nationale de football « Lions de la teranga », a permis à la nation de se rallier à cette vertu et de la présenter au monde comme une valeur sénégalaise distincte.

Aujourd’hui, une variété d’entreprises – des sociétés minières aux maisons d’hôtes – portent le nom de « teranga », et les visiteurs voient et ressentent ce concept dans tout le pays.

De nombreuses familles sénégalaises préparent souvent une assiette supplémentaire pour que tout visiteur qui arrive à l’improviste ait quelque chose à manger.

 

La teranga est particulièrement visible dans la culture alimentaire sénégalaise.

Marie Corréa Fernandes, conférencière de langue wolof à l’université du Kansas, explique comment l’hospitalité est intégrée à chaque repas. « Dans de nombreuses familles, lorsqu’on cuisine, on garde à l’esprit que quelqu’un peut arriver à tout moment ; il peut s’agir de quelqu’un que vous connaissez, ou que vous ne connaissez pas. » Pour préparer l’accueil des visiteurs, même imprévus, avec de la teranga, il y a souvent une assiette supplémentaire prête, « juste au cas où ».

Nous croyons vraiment que plus vous donnez, plus vous recevez. La teranga, c’est vraiment cela.

 

Et pour les invités qui se présentent à l’heure du repas, la façon de manger sénégalaise incarne l’esprit de partage de la teranga.

Traditionnellement, tous les convives mangent ensemble dans une grande assiette ou un bol.

 

« Mais la meilleure partie [du plat] revient toujours aux invités », explique M. Thiam. « On vous donne les meilleurs morceaux de viande et de poisson, ainsi que les légumes. » Selon M. Thiam, la raison de cette pratique est simple. « Nous croyons vraiment que plus vous donnez, plus vous recevez. La teranga, c’est vraiment cela. »

 

Selon Astou Fall Guèye, le rôle de la nourriture dans la teranga ne s’arrête pas aux repas.

Elle unifie également les membres de différentes religions. Le Sénégal est une nation majoritairement musulmane et, à l’approche de Pâques, « les chrétiens préparent un repas qu’ils appellent ngalax, composé de mil, de beurre de cacahuètes et de poudre de baobab », explique-t-elle. « Vous verrez des familles chrétiennes apporter cette nourriture à des familles musulmanes. »

Le partage de la nourriture pendant les fêtes va dans les deux sens : pendant la fête de l’Aïd al-Adha, les musulmans offrent des repas aux voisins qui sont chrétiens.

Lors des fêtes religieuses, les populations musulmanes et chrétiennes du Sénégal offrent des repas les uns aux autres.

 

, Lors des fêtes religieuses, les populations musulmanes et chrétiennes du Sénégal offrent des repas les uns aux autres.

« Nous célébrons les deux religions, et cela nous permet de nous sentir bien dans la communauté », a ajouté Marie Corréa Fernandes. « En teraanga, nous avons de la tolérance pour l’autre. Nous sommes une culture très diversifiée. »

Le Sénégal est composé de plusieurs groupes ethniques, notamment les Wolofs, les Pulars, les Sérères, les Mandingues, les Diolas et les Soninkés. Contrairement à la Guinée-Bissau et au Mali voisins, qui ont connu des coups d’État et des violences ethniques, la diversité du Sénégal n’a jamais été à l’origine de conflits. Et la Banque mondiale classe le Sénégal parmi les « pays les plus stables d’Afrique ». Et, selon M. Sène, la teraanga a contribué à unir les Sénégalais, quelles que soient leurs origines.

« La chose que les Sénégalais partagent le plus, c’est l’idée de la teranga »

 

Selon Marie Corréa Fernandes, l’accueil est l’un des aspects les plus importants de la teranga. « Vous ne pouvez pas venir et dire : ‘Où est le bureau de poste ?’. Bonjour… saluez-moi d’abord ! » dit-elle. « Les salutations sont très importantes. C’est très impoli d’arriver et de commencer à parler sans saluer l’autre. »

Le Sénégal est un pilier de la stabilité, en partie parce que chacun de ses groupes ethniques croit fermement à l’idée de la teraanga.

 

Le Sénégal est un pilier de la stabilité, en partie parce que chacun de ses groupes ethniques croit fermement à l’idée de la teraanga.

Cet état d’esprit permet de maintenir une vie de quartier harmonieuse. « Il y a ce fameux dicton [sénégalais] qui dit que vos voisins constituent votre famille, parce que si quelque chose vous arrive, avant même que votre famille naturelle ne vienne vous secourir, ce sont d’abord vos voisins qui vous viennent en aide », a déclaré Astou Fall Guèye.

Les célébrations communautaires illustrent également le principe d’accueil de la teraanga. Les événements marquants sont généralement ouverts et participatifs. « Vous ne pouvez pas dire à l’un, ‘tu peux venir’, ou à l’autre, ‘non, tu ne peux pas venir' », a expliqué Marie Corréa Fernandes, précisant que « tout le monde est invité ».

Lorsque Marie Correa Fernandes s’est mariée dans son village, il n’y avait pas d’invitations. Ses parents ont communiqué aux voisins la date du mariage, et « ce jour-là, tout le monde s’est présenté ».

La réputation du Sénégal en matière d’hospitalité a le don d’attirer les visiteurs.

Légende image, La réputation du Sénégal en matière d’hospitalité a le don d’attirer les visiteurs.

Cette ouverture envers les voisins s’étend également aux étrangers de passage dans la communauté.

La famille de Sène, qui a grandi dans une région rurale, accueillait souvent les voyageurs dans sa maison pour une nuit ou deux, parfois même plus. Il pense que cet esprit d’hospitalité est toujours d’actualité.

« À Dakar, même avec l’anonymat croissant pour lequel les grandes villes sont connues, les gens sont prêts à partager ce qu’ils ont », dit-il.

Les étrangers qui demandaient un endroit pour se reposer, une salle de bain, un téléphone ou de l’eau se voyaient répondre par la teraanga. « Vous pouvez vous promener dans Dakar, frapper à la porte et dire : ‘Pourriez-vous me donner de l’eau ?’ Les gens vous donneront de l’eau sans aucun problème. »

Youssou N’Dour, l’un des chanteurs les plus célèbres du pays, a une chanson sur la teranga qui résume bien le concept. « Nit ki ñew ci sa reew, bu yegsee teeru ko, sargal ko ba bu demee bëgg dellusi », chante-t-il. Selon Marie Corréa Fernandes, cela signifie : « Lorsque quelqu’un arrive dans votre pays, accueillez-le, honorez-le de telle sorte qu’il ait envie, lorsqu’il repartira, de revenir. »

Ce n’est pas étonnant que nous, visiteurs du pays, ayons hâte d’y retourner.