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Sénégal : le Président Bassirou Diomaye Faye appelle à une accélération du développement de l’industrie militaire.

Le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a instruit, lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi, le ministre des Forces armées, Birame Diop, d’« accélérer la mise en œuvre du plan stratégique de développement de l’industrie militaire et de l’innovation en matière de défense et de sécurité ».

Selon le communiqué officiel lu par la secrétaire d’État chargée des Relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, Marie Rose Faye, ce plan vise une transformation en profondeur de la politique nationale de défense, fondée sur deux principes majeurs : la consolidation de la souveraineté du Sénégal et la protection durable des intérêts nationaux.

Cette orientation marque une nouvelle étape dans la volonté du chef de l’État de doter le pays d’une capacité industrielle militaire autonome, capable de répondre aux défis sécuritaires régionaux et aux besoins de modernisation des forces armées.

Le Président Bassirou Diomaye Faye a également félicité le ministre des Forces armées, le chef d’état-major général des armées, le haut commandant de la Gendarmerie nationale et l’ensemble du personnel militaire pour « l’exemplarité de leur engagement » et la réussite de la Journée nationale des Forces armées, récemment célébrée.

Cette décision s’inscrit dans la continuité des réformes engagées par le gouvernement pour renforcer la résilience stratégique du Sénégal, faire émerger une industrie de défense locale et promouvoir l’innovation technologique au service de la sécurité nationale.

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Crypto-monnaies et Ransomwares : la Guinée et le Sénégal unissent leurs forces contre la cybercriminalité

Face à la montée fulgurante de la cybercriminalité en Afrique de l’Ouest, la Guinée et le Sénégal ont décidé de resserrer leur coopération dans la lutte contre les menaces numériques, notamment celles liées aux crypto-monnaies, aux ransomwares et aux attaques transfrontalières.

Une table ronde régionale d’envergure s’est ouverte ce lundi à Conakry, réunissant magistrats, enquêteurs, experts en cybersécurité et représentants institutionnels venus de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
Organisée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en partenariat avec le ministère guinéen de la Justice et des Droits de l’Homme, cette rencontre bénéficie du soutien financier des États-Unis dans le cadre du Global Programme on Cybercrime.

L’objectif de cette initiative est clair : renforcer la coopération judiciaire régionale, harmoniser les cadres législatifs et développer des capacités nationales pour répondre efficacement à la criminalité numérique, devenue une menace majeure pour la sécurité économique et la stabilité institutionnelle des États africains.

Selon les experts présents, les attaques par ransomware et les fraudes basées sur les crypto-monnaies ont explosé ces dernières années dans la région, ciblant aussi bien les entreprises privées que les administrations publiques.
Les discussions ont porté sur les mécanismes d’échanges d’informations entre services spécialisés, les techniques d’investigation numérique, ainsi que les moyens de tracer les flux financiers issus de la cybercriminalité.

« Aucun pays ne peut lutter seul contre un phénomène aussi transnational. Cette table ronde marque un tournant dans la coopération judiciaire entre la Guinée, le Sénégal et leurs partenaires », a déclaré un représentant de l’ONUDC.

Cette rencontre de Conakry s’inscrit dans une dynamique plus large de sécurisation du cyberespace africain, portée par une volonté commune d’allier souveraineté numérique et protection des citoyens.
Les conclusions de la table ronde devraient aboutir à la création d’un réseau régional d’échanges et de coordination entre les parquets spécialisés de la sous-région.

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Armée : vers la “bancarisation des soldes” des militaires en Guinée.

La Guinée s’engage dans une nouvelle étape de modernisation de son armée avec le lancement d’un processus visant à instaurer la bancarisation des soldes des militaires. Cette réforme, portée par le gouvernement de transition en collaboration avec le haut commandement militaire, ambitionne de renforcer la transparence dans la gestion des rémunérations et de garantir une meilleure traçabilité des fonds publics.

Une réforme pour plus d’efficacité et de transparence

Jusqu’ici, les soldes des militaires étaient en grande partie versées en espèces, une pratique qui, selon les autorités, favorise les risques de fraude, de retard ou de mauvaise gestion. La bancarisation permettra désormais aux soldats de percevoir leurs revenus directement sur leurs comptes bancaires ou via des services financiers numériques.

Cette mesure vise non seulement à sécuriser les paiements, mais aussi à donner aux militaires un meilleur accès aux services bancaires et financiers, contribuant ainsi à leur inclusion économique.

Une démarche inscrite dans la modernisation de l’armée

Les autorités expliquent que cette réforme s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser l’armée guinéenne, de renforcer la discipline financière et de valoriser le statut des militaires. « Cette initiative traduit la détermination de l’État à mettre fin aux pratiques anciennes et à aligner la gestion des soldes sur les standards modernes », a confié une source gouvernementale.

Impact attendu sur les militaires et leurs familles

Avec ce changement, les soldats et leurs familles devraient bénéficier d’une meilleure régularité des paiements, tout en pouvant accéder à des produits bancaires comme le crédit, l’épargne ou l’assurance. Cela représente également une opportunité pour le secteur bancaire guinéen, qui verra arriver plusieurs milliers de nouveaux clients issus des rangs des forces armées.

Un signal fort de gouvernance

La bancarisation des soldes constitue enfin un signal fort en matière de gouvernance publique. Elle illustre l’engagement du gouvernement à lutter contre la corruption, à améliorer la transparence et à optimiser la gestion des finances publiques.

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Montée des couleurs : Hommage aux FDS, VDP et cap sur la consolidation des résultats au ministère de la Sécurité

Le ministère de la Sécurité a organisé ce lundi la traditionnelle cérémonie de montée des couleurs, un moment symbolique placé sous le signe de la reconnaissance et de l’engagement. L’événement, qui s’est tenu en présence de responsables civils et militaires, a permis de rendre un vibrant hommage aux Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi qu’aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), acteurs de première ligne dans la lutte contre l’insécurité.

Hommage à l’engagement des forces

Dans son intervention, le ministre de la Sécurité a salué le courage et la détermination des FDS et des VDP, rappelant que leurs sacrifices quotidiens permettent au pays de résister face aux menaces sécuritaires persistantes. « Leur bravoure est le socle de la résilience nationale », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance de maintenir la cohésion et la solidarité autour de ces forces.

Cap sur la consolidation des acquis

Au-delà de l’hommage, la cérémonie a été l’occasion de dresser un bilan des actions menées et de tracer les perspectives. Le ministre a insisté sur la nécessité de consolider les résultats enregistrés, notamment grâce au renforcement de la formation, de l’équipement et de la coordination entre les différents corps de sécurité. L’objectif affiché reste la restauration totale de la sécurité et de la quiétude sur l’ensemble du territoire.

Un symbole d’unité nationale

La montée des couleurs, rituel civique et militaire, a aussi rappelé l’importance du drapeau national comme symbole d’unité et de résilience. Elle a permis de réaffirmer l’engagement du ministère et de ses partenaires à poursuivre les efforts en faveur d’une paix durable.

En mettant à l’honneur les hommes et femmes mobilisés pour la défense du territoire, le ministère de la Sécurité envoie un signal fort : la lutte pour la stabilité est une œuvre collective, et le chemin vers la victoire passe par la consolidation des acquis et la mobilisation de toutes les forces vives de la nation.

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Niger : le M62 lance « Garkouwar Kassa », une milice civile pour soutenir les forces de sécurité

Au Niger, le mouvement M62, fervent soutien du régime militaire en place depuis le coup d’État de juillet 2023, vient d’annoncer la création d’une milice civile baptisée « Garkouwar Kassa », littéralement « les volontaires pour la patrie ». Cette initiative vise à appuyer les forces de défense et de sécurité dans leur lutte contre le terrorisme et les menaces pesant sur l’intégrité du pays.

Une milice au nom de la souveraineté nationale

Le M62, dirigé par Abdoulaye Seydou (actuellement incarcéré), s’est illustré ces dernières années par son engagement en faveur de la rupture avec la France et les anciennes puissances coloniales. Ce mouvement est devenu une figure centrale du soutien populaire au CNSP (Conseil national pour la sauvegarde de la patrie), l’organe militaire qui gouverne le pays depuis la destitution du président Mohamed Bazoum.

Avec la création de « Garkouwar Kassa », le M62 franchit un nouveau cap : celui de la mobilisation citoyenne armée. Le mouvement affirme vouloir recruter, former et équiper des civils prêts à défendre le territoire national aux côtés de l’armée nigérienne.

Une initiative controversée

Si le M62 présente cette milice comme un moyen d’impliquer la population dans la lutte contre l’insécurité, de nombreux observateurs s’interrogent sur les dérives potentielles d’une telle démarche.

  • Risque de confusion des rôles : la coexistence de forces régulières et de milices civiles peut nuire à la chaîne de commandement.

  • Encadrement juridique flou : aucune loi n’encadre pour l’instant la formation et l’armement de ces groupes.

  • Risque de milicianisation du pouvoir : certains craignent que ces structures soient instrumentalisées à des fins politiques ou de répression.

Une stratégie inspirée du modèle burkinabè ?

Cette initiative s’inscrit dans une tendance régionale. Le Burkina Faso, dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, a mis en place les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), une milice civile soutenant les forces armées dans la lutte contre les groupes armés. Le Niger semble suivre cette logique d’engagement citoyen militarisé pour combler les failles sécuritaires.

Un signal fort de soutien au régime militaire

La création de « Garkouwar Kassa » intervient dans un contexte de tensions persistantes entre le Niger et la communauté internationale, notamment la CEDEAO et la France. Elle reflète aussi une volonté de s’autonomiser dans la gestion sécuritaire du pays, sans dépendance extérieure.

Le gouvernement militaire n’a pour l’instant ni validé ni désavoué publiquement cette initiative du M62. Mais son silence pourrait être interprété comme un feu vert tacite, voire une collaboration discrète.

En résumé
  • Le mouvement M62 lance une milice civile nommée Garkouwar Kassa pour soutenir les forces de sécurité nigériennes.

  • Objectif : lutter contre l’insécurité et affirmer la souveraineté nationale.

  • L’initiative suscite des inquiétudes sur les risques de dérives et l’absence de cadre légal.

  • Elle s’inscrit dans une dynamique régionale de militarisation populaire, déjà vue au Burkina Faso.

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Alliance des États du Sahel (AES) : une force conjointe en cours de déploiement pour reprendre le contrôle de la région

Face à la multiplication des attaques terroristes et à la vacance sécuritaire laissée par le retrait des forces françaises et onusiennes, l’Alliance des États du Sahel (AES) — composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger — confirme le déploiement progressif d’une force conjointe régionale de 5 000 soldats. Objectif affiché : reprendre l’initiative militaire face aux groupes djihadistes et restaurer la souveraineté des États membres.

Une réponse sahélienne aux défis sahéliens

Créée en 2023 après la rupture avec la CEDEAO, l’AES incarne désormais une alternative stratégique pour ces trois pays dirigés par des régimes militaires. Cette force conjointe est structurée autour de plusieurs piliers :

  • Un état-major unifié basé à Niamey,

  • Des bataillons mixtes composés d’unités maliennes, nigériennes et burkinabè,

  • Une coordination renforcée du renseignement, de la logistique et de la couverture aérienne.

Selon les autorités de l’AES, les premières unités sont déjà opérationnelles dans les zones frontalières critiques (Liptako-Gourma, Tillabéri, Sahel burkinabè), avec des résultats jugés “encourageants”.

Un soutien croissant de la Russie

La mise sur pied de cette force bénéficie d’un appui militaire notable de la Russie, désormais principal partenaire sécuritaire des trois États. Moscou fournit :

  • Des équipements militaires (drones, véhicules blindés, radars),

  • Des formateurs et conseillers techniques,

  • Une assistance en matière de cyberdéfense et guerre électronique.

Cette coopération est perçue comme un rééquilibrage géopolitique majeur dans une région historiquement sous influence occidentale.

Entre coordination militaire et souveraineté politique

La mise en place de cette force régionale se veut également un message politique : les membres de l’AES affirment leur volonté de prendre leur destin sécuritaire en main, hors de toute dépendance à l’égard de puissances extérieures.

Ils revendiquent :

  • Une vision souverainiste de la lutte antiterroriste,

  • Une refondation de la coopération régionale, axée sur des intérêts partagés,

  • Et un modèle alternatif de gouvernance sécuritaire, fondé sur la proximité des peuples et des territoires.

Enjeux et défis

Malgré la volonté affichée, plusieurs défis subsistent :

  • Le financement durable de la force,

  • Le manque de couverture aérienne indépendante,

  • Et les risques d’isolement diplomatique face à la communauté internationale.

Les observateurs s’interrogent également sur la capacité de l’AES à gagner la confiance des populations locales, dont le soutien est crucial pour toute victoire durable contre le terrorisme.

Avec cette force conjointe, l’AES veut transformer un vide sécuritaire en levier de reconstruction stratégique. Si la dynamique actuelle se confirme, elle pourrait redessiner les équilibres militaires et politiques dans le Sahel et au-delà.

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La Guinée se dote d’un escadron de drones militaires pour moderniser ses capacités de défense

e Président de la Transition, Général Mamadi Doumbouya, a signé le 21 juillet 2025 un décret présidentiel portant création d’un escadron militaire de drones (ES-DRO), marquant une étape majeure dans la modernisation des capacités de surveillance et de défense des Forces Armées de Guinée.

Une avancée stratégique pour la souveraineté

L’ES-DRO, rattaché à l’état-major des armées, aura pour mission principale la surveillance du territoire national, notamment des zones frontalières sensibles, des infrastructures stratégiques (mines, barrages, installations énergétiques), et des zones à risques sécuritaires. Ce dispositif permettra également d’appuyer les opérations de renseignement, de lutte contre le terrorisme, et de gestion des catastrophes naturelles.

Une réponse aux enjeux sécuritaires actuels

Dans un contexte régional marqué par la montée des menaces transfrontalières (trafic d’armes, instabilité frontalière, mouvements djihadistes), la Guinée affiche clairement sa volonté de renforcer ses capacités de détection, de réaction rapide et de dissuasion. L’utilisation des drones permettra aux forces armées de couvrir des zones étendues, souvent difficiles d’accès, avec plus de précision, de rapidité et de discrétion.

Une modernisation attendue du dispositif militaire

La création de l’ES-DRO s’inscrit dans un plan plus large de transformation des forces armées guinéennes, amorcé depuis 2022. Cette montée en puissance technologique traduit une ambition de professionnalisation accrue des forces de défense et de renforcement de la souveraineté nationale, tout en s’adaptant aux standards contemporains de la défense.

Le ministère de la Défense n’a pas encore précisé le nombre d’unités prévues ni le type de drones qui seront acquis ou déployés. Toutefois, des partenariats stratégiques avec des pays alliés et des fournisseurs spécialisés sont évoqués.

La mise en place de l’ES-DRO est un signal fort de la volonté du gouvernement de protéger l’intégrité du territoire national, tout en se dotant d’outils modernes pour anticiper les menaces, renforcer le contrôle des zones stratégiques et assurer une meilleure coordination des opérations de défense. Une évolution majeure pour l’armée guinéenne à l’ère de l’innovation technologique.

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Sécurité sahélienne : Vers une architecture de défense souveraine au sein de l’AES.

Les ministres de la Défense des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — se sont réunis cette semaine pour une importante séance de travail consacrée à la redéfinition de la stratégie sécuritaire commune. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affirmée des trois États de rompre avec les approches sécuritaires classiques imposées de l’extérieur, en forgeant un modèle de défense autonome, adapté aux réalités du Sahel.

À l’ordre du jour figuraient des questions essentielles telles que la mutualisation des moyens militaires, la coordination des opérations de lutte contre le terrorisme, la formation conjointe des forces armées et la création éventuelle d’une industrie de défense sous-régionale. Les discussions ont également mis l’accent sur le renforcement de la coopération en matière de renseignement et sur la nécessité d’une doctrine commune face aux menaces transfrontalières.

Cette initiative intervient dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants, mais aussi par une volonté politique de bâtir une réponse souveraine, structurée et pérenne. Les ministres ont réitéré leur engagement à faire de l’AES un cadre de défense collective, basé sur les valeurs de solidarité, de souveraineté et de protection des populations.

Un communiqué final devrait entériner les principales décisions issues de cette rencontre stratégique, jetant ainsi les bases d’une nouvelle ère de sécurité partagée dans l’espace sahélien.

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Conflits au Moyen-Orient et repositionnement des États-Unis : quels impacts pour l’Afrique ?

Alors que les tensions s’aggravent au Moyen-Orient  entre l’escalade du conflit Israël-Hamas, les affrontements indirects impliquant l’Iran, et l’implication croissante des États-Unis, le continent africain se retrouve, une fois de plus, face aux répercussions d’une crise internationale dont il n’est pas directement acteur. Pourtant, les effets secondaires de cette instabilité pourraient être lourds de conséquences pour l’Afrique, tant sur le plan économique que sécuritaire et diplomatique.

Perturbations économiques : les pays africains en première ligne

Les conflits dans le Golfe et en mer Rouge affectent directement les marchés mondiaux de l’énergie. Le prix du pétrole et du gaz reste sous tension, impactant négativement les économies africaines fortement dépendantes des importations énergétiques, notamment en Afrique de l’Ouest et centrale. Cette pression se répercute sur les coûts de transport, la production locale et le pouvoir d’achat des ménages.

Par ailleurs, les attaques contre les navires en mer Rouge perturbent les échanges commerciaux mondiaux, avec des conséquences notables sur les ports africains de la façade Est (Djibouti, Mombasa, Dar es Salaam), ainsi que sur les importateurs qui dépendent de ces routes pour l’acheminement des produits de base.

Un risque de désengagement stratégique de l’Occident

La concentration des ressources militaires, diplomatiques et financières des États-Unis et de leurs alliés sur le Moyen-Orient risque de réduire leur engagement en Afrique. Ce repositionnement stratégique pourrait se traduire par une diminution de l’aide sécuritaire, particulièrement dans des zones en crise comme le Sahel, où la lutte contre le terrorisme nécessite une coopération internationale constante.

Ce désengagement relatif intervient dans un contexte où plusieurs pays africains (Mali, Niger, Burkina Faso) ont amorcé une rupture avec les anciennes puissances partenaires, renforçant leurs alliances avec d’autres acteurs internationaux.

Rééquilibrage géopolitique : une opportunité à double tranchant

Face à la redistribution des priorités mondiales, certains pays africains pourraient voir dans ce contexte une opportunité pour diversifier leurs alliances. La Chine, la Russie, la Turquie, voire l’Iran, multiplient leurs offensives diplomatiques et économiques sur le continent. Ces partenariats alternatifs offrent aux États africains une marge de manœuvre stratégique nouvelle, mais posent également la question de la dépendance et de la cohérence des modèles de gouvernance promus.

Souveraineté et discours panafricain renforcés

Le contraste entre la mobilisation internationale massive autour du Moyen-Orient et le relatif silence sur les crises africaines (Soudan, RDC, Corne de l’Afrique) alimente un sentiment d’abandon, voire de mépris. Ce déséquilibre nourrit un discours souverainiste croissant, déjà visible dans les décisions politiques prises par certains gouvernements membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui prônent une indépendance stratégique accrue.

Cette dynamique pourrait s’accentuer dans les mois à venir, avec un renforcement du narratif panafricain autour de la nécessité d’un modèle autonome de développement, de sécurité et de coopération Sud-Sud.

 

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AES : Renforcement stratégique de la coopération en matière de Défense

Les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — poursuivent leur dynamique d’intégration en consolidant leur coopération dans un domaine hautement stratégique : la Défense. Face aux multiples défis sécuritaires qui affectent la région, les États membres ont récemment franchi une nouvelle étape vers une mutualisation plus poussée de leurs capacités militaires et opérationnelles.

Ce renforcement s’inscrit dans une logique de souveraineté régionale et de réponse autonome aux menaces persistantes, notamment le terrorisme transfrontalier, le crime organisé et les ingérences extérieures. Dans cette optique, les chefs d’état-major des armées des trois pays ont intensifié leurs concertations techniques, posant les bases d’une architecture sécuritaire commune qui privilégie l’interopérabilité, la coordination des forces et le partage de renseignements stratégiques.

Parmi les avancées notables figure la mise en place de structures de commandement conjointes et la conduite régulière d’opérations militaires coordonnées le long des frontières. Ces initiatives traduisent la volonté des pays de l’AES de passer d’une approche fragmentée à une défense collective, reposant sur une vision partagée des enjeux sécuritaires.

Le renforcement de cette coopération militaire s’accompagne également d’une volonté politique affirmée, symbolisée par les déclarations conjointes des chefs d’État et la mise en œuvre progressive d’un cadre institutionnel unifié pour les politiques de défense. L’objectif est clair : construire une alliance solide, capable de garantir la sécurité de ses citoyens sans dépendre d’acteurs extérieurs.

À travers cette orientation stratégique, l’AES ambitionne de devenir un pôle de stabilité et de résilience dans le Sahel. Ce virage marque une rupture avec les approches passées et réaffirme la capacité des États membres à prendre en main leur destin sécuritaire,