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Classement BAD (2010-2024) : Le Maroc détrône l’Afrique du Sud et devient le nouveau géant industriel africain

Selon le dernier rapport de l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA) publié par la Banque africaine de développement (BAD), la carte manufacturière du continent subit un bouleversement historique. Porté par une décennie de réformes agressives, le Maroc s’empare de la première place, reléguant l’Afrique du Sud au second rang.
C’est une véritable secousse économique qui vient redéfinir les équilibres du continent africain. L’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA), un rapport de référence élaboré conjointement par la BAD, l’Union africaine (UA) et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), a livré son verdict sur la période 2010-2024. Pour la toute première fois, l’Afrique du Sud perd son statut de leader industriel au profit du Royaume du Maroc.
Avec un score global de 0,8415, le Maroc se hisse sur la plus haute marche du podium, devançant d’une courte tête l’Afrique du Sud, qui affiche un score de 0,8396. Ce basculement est le reflet des trajectoires divergentes suivies par les deux puissances économiques au cours des quatorze dernières années.

Le Top 10 des puissances industrielles africaines (BAD 2010-2024)

Le rapport met en évidence une nette domination des économies d’Afrique du Nord, qui s’adjugent quatre des cinq premières places du peloton de tête :

Rang Pays Score Global (IIA) Points forts sectoriels
1er 🇲🇦 Maroc 0,8415 Automobile, Aéronautique, Énergies renouvelables, Textiles
2e 🇿🇦 Afrique du Sud 0,8396 Métallurgie, Automobile, Machines-outils, Produits chimiques
3e 🇪🇬 Égypte 0,7877 Agroalimentaire, Textiles, Chimie, Matériaux de construction
4e 🇹🇳 Tunisie 0,7714 Composants automobiles & aéronautiques, Électronique, Pharmacie
5e 🇩🇿 Algérie 0,6045 Pétrochimie, Engrais, Industries lourdes
6e 🪘 Maurice 0,5302 Textile haut de gamme, Transformation sucrière, Horlogerie
7e 🇸🇿 Eswatini 0,4955 Agro-industrie (sucre, bois), Textiles
8e 🇸🇪 Sénégal 0,4655 Chimie (ICS), Cimenteries, Agroalimentaire
9e 🇳🇬 Nigeria 0,4555 Raffinage, Ciment, Agro-industrie, Biens de consommation
10e 🇰🇪 Kenya 0,4485 Assemblage automobile, Matériaux, Agroalimentaire
Le Maroc : Le triomphe de la stratégie des écosystèmes

La consécration du Maroc n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une politique industrielle à long terme initiée au début des années 2010. En misant sur la création d’« écosystèmes industriels », le Royaume a réussi à attirer des investissements directs étrangers (IDE) massifs et à s’insérer durablement dans les chaînes de valeur mondiales.
Aujourd’hui, le pays s’impose comme un hub incontournable dans des secteurs de haute technicité, notamment l’automobile (devenu le premier producteur de voitures de tourisme sur le continent avec des géants comme Renault et Stellantis) et l’aéronautique (plus de 140 entreprises opérant comme fournisseurs pour Boeing ou Airbus). Cette diversification, appuyée par des infrastructures de classe mondiale à l’image du complexe portuaire Tanger Med, a permis au tissu industriel marocain d’afficher une résilience remarquable.

L’Afrique du Sud freinée, la Tunisie et le Sénégal se distinguent

À l’inverse, l’Afrique du Sud subit les contrecoups d’une décennie compliquée. Bien que le pays conserve une base manufacturière solide, sa dynamique a été lourdement freinée par des crises énergétiques persistantes (notamment les délestages massifs d’Eskom), des tensions logistiques et les difficultés de la reprise post-Covid-19.
Au-delà du duel de tête, le rapport met en lumière la performance remarquable de la Tunisie (4e). En dépit d’un contexte macroéconomique parfois difficile, l’industrie tunisienne démontre une forte résilience, portée par ses secteurs phares des composants électroniques, mécaniques et pharmaceutiques. L’Afrique de l’Ouest tire également son épingle du jeu grâce au Sénégal (8e), qui intègre le Top 10 continental grâce au dynamisme de ses cimenteries, de ses industries chimiques et de son secteur agroalimentaire en pleine modernisation.

Un message clair pour le reste du continent

Au-delà des chiffres, ce classement de la BAD trace une feuille de route pour le reste des nations africaines. Il démontre que l’industrialisation moderne ne dépend plus uniquement de la possession de matières premières brutes, mais de la capacité des États à transformer ces ressources sur place, à moderniser leurs cadres réglementaires et à investir dans le capital humain.
Alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) entre dans sa phase active, les performances de ce Top 10 prouvent que la clé de l’émergence économique africaine réside, plus que jamais, dans la valeur ajoutée « Made in Africa ».

La Banque africaine de developpement entame une mission de dialogue au Senegal 360x320

Clôture des Assemblées de la BAD à Brazzaville : L’élan historique d’une nouvelle architecture financière africaine

Les 61es Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) se sont refermées ce vendredi 29 mai 2026 à Brazzaville. Plus qu’un simple rendez-vous statutaire, ces cinq jours de travaux marquent un tournant décisif vers la souveraineté financière du continent.

C’est un signal fort et symbolique qui s’est dessiné sur les rives du fleuve Congo. Les gouverneurs de la BAD ont acté la fin des assises de l’institution panafricaine dans un climat d’optimisme généralisé. Pour le ministre congolais de l’Économie et président sortant du Conseil des gouverneurs, Ludovic Ngatsé, les conclusions de cette édition sont « à la hauteur des attentes », marquant le début de la traduction opérationnelle de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFAD).
Dans un contexte mondial complexe — caractérisé par la baisse de l’aide publique au développement, l’instabilité géopolitique et le resserrement des marchés internationaux —, l’Afrique a choisi de prendre son destin en main en repensant intégralement les mécanismes de son financement.

Plein soutien à la vision des « quatre points cardinaux » de Sidi Ould Tah

L’un des faits marquants de ce sommet de Brazzaville est l’adhésion unanime du Conseil des gouverneurs à la feuille de route portée par le président du Groupe de la BAD, Sidi Ould Tah. Sa stratégie, résumée sous la formule des « quatre points cardinaux », devient officiellement la nouvelle boussole de l’institution.
Cette nouvelle orientation repose sur quatre piliers majeurs :

  1. La mobilisation massive de l’épargne africaine pour la canaliser vers le développement local.
  2. L’accélération des investissements structurants à l’échelle régionale et continentale.
  3. La transformation productive des économies pour sortir du piège de l’exportation de matières premières brutes.
  4. Le renforcement de la souveraineté financière afin de réduire la dépendance vis-à-vis des bailleurs traditionnels de fonds exogènes.

Pour illustrer cette ambition de rupture, Sidi Ould Tah a cité le célèbre poète congolais Tchicaya U Tam’si : « Mon continent est un point d’interrogation sur la carte du monde ». Le président de la BAD a exhorté les dirigeants africains à transformer ce point d’interrogation en une affirmation claire et souveraine. Désormais, la BAD ne veut plus être un simple prêteur, mais « une banque de solutions pour l’Afrique que nous voulons ».

Une convergence stratégique pour le Congo

Pour le pays hôte, l’accueil de cet événement d’envergure internationale arrive à un moment politique et économique idéal. Le Congo-Brazzaville, engagé dans sa propre trajectoire de transformation à travers sa vision « Congo 2060 » et son Plan national de développement intégré, a pu faire converger ses ambitions nationales avec les réformes financières panafricaines. Cette vitrine a permis de démontrer qu’une nouvelle gouvernance financière africaine trouve ses fondations directes dans les réformes nationales menées sur le terrain.
Brazzaville se ferme donc sur une certitude partagée par tous les délégués : l’édition 2026 n’aura pas été un sommet de plus, mais l’acte de naissance d’un mouvement financier souverain, durable et résolument ancré dans les réalités africaines.

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Passation de pouvoir à la BAD : Akinwumi Adesina cède le flambeau à Sidi Ould Tah.

La Banque africaine de développement (BAD) s’apprête à vivre un moment historique avec la passation de pouvoir entre son président sortant, Akinwumi Adesina, et son successeur, Sidi Ould Tah. La cérémonie est prévue pour le 1er septembre 2025 à Abidjan, siège de l’institution, et devrait rassembler de nombreuses personnalités politiques, économiques et diplomatiques venues du continent et d’ailleurs.

Une page qui se tourne

À la tête de la BAD depuis 2015, le Nigérian Akinwumi Adesina a marqué la décennie par une série d’initiatives phares axées sur la transformation agricole, le financement des infrastructures et l’intégration régionale. Sous son leadership, la Banque a consolidé son rôle de catalyseur du développement africain et de partenaire incontournable pour les grandes institutions internationales.

L’arrivée de Sidi Ould Tah

Son successeur, le Mauritanien Sidi Ould Tah, n’est pas un inconnu dans le milieu du développement. Ancien ministre et jusqu’ici directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), il apporte une expertise reconnue en matière de financement, de coopération internationale et de diplomatie économique. Sa nomination ouvre une nouvelle ère, marquée par des attentes fortes autour de la mobilisation des ressources et de l’innovation financière au service des priorités africaines.

Un événement symbolique

La cérémonie d’Abidjan, au-delà de son protocole, revêt une portée symbolique : elle illustre la continuité mais aussi la capacité de la BAD à se réinventer. Plusieurs chefs d’État africains, ministres des Finances, partenaires techniques et investisseurs internationaux sont attendus. Les discussions en marge de l’événement devraient porter sur les défis immédiats du continent : industrialisation, souveraineté alimentaire, financement climatique et inclusion numérique.

Des enjeux stratégiques

La transition entre les deux dirigeants intervient dans un contexte marqué par des pressions économiques mondiales, la nécessité de renforcer la résilience des économies africaines et l’accélération des réformes de financement du développement. Le nouveau président de la BAD devra rapidement s’imposer comme un fédérateur capable de maintenir la crédibilité et l’influence de l’institution.

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La BAD s’associe à Aerosense pour développer l’usage des drones en Afrique.

La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé un partenariat stratégique avec Aerosense, entreprise japonaise spécialisée dans les technologies de drones, afin de promouvoir l’utilisation de ces appareils à des fins civiles et commerciales à travers le continent africain.

Cette collaboration vise à renforcer les capacités technologiques locales, faciliter la collecte de données géospatiales et soutenir des secteurs clés tels que l’agriculture, la gestion des infrastructures, la sécurité et la réponse aux catastrophes naturelles. Les drones permettront notamment de surveiller les cultures, de cartographier les zones rurales et de transporter du matériel médical dans des régions difficiles d’accès.

Pour la BAD, ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large visant à accélérer la transformation numérique en Afrique et à favoriser l’innovation technologique au service du développement durable. Aerosense, de son côté, apportera son expertise en matière de conception, de pilotage et de maintenance de drones, tout en formant les talents locaux pour assurer une appropriation durable des technologies.

Ce projet illustre l’importance croissante des technologies avancées dans le développement africain et ouvre la voie à de nouvelles opportunités économiques et sociales sur le continent.

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L’IA au service du développement africain : la BAD s’engage pleinement.

La Banque africaine de développement (BAD) intensifie son engagement en faveur de l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les politiques et projets de développement à travers le continent. Cette orientation stratégique, inscrite dans son plan décennal 2024–2033, vise à placer l’Afrique au cœur de la révolution numérique mondiale.

Former massivement aux compétences de demain

La BAD déploie un vaste programme de formation pour doter des millions d’Africains de compétences dans les technologies émergentes, notamment l’IA. L’objectif est de former à la fois la jeunesse, les entrepreneurs et les agents publics, afin de créer un écosystème capable d’utiliser l’IA dans des domaines essentiels tels que l’agriculture, la santé, l’éducation et la gouvernance. Cette initiative entend réduire les inégalités d’accès au savoir et offrir de nouvelles perspectives professionnelles.

Suivre les grandes ambitions du continent grâce à l’IA

L’institution mise également sur l’IA pour améliorer le suivi et l’évaluation des grandes stratégies de développement africaines, comme l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Des outils numériques innovants permettent désormais d’analyser les données plus rapidement, de produire des rapports fiables et d’éclairer les décisions stratégiques, contribuant ainsi à une planification plus efficace.

Un débat sur l’IA éthique et inclusive

La BAD multiplie les échanges de haut niveau avec des acteurs technologiques mondiaux pour promouvoir une IA adaptée aux réalités africaines. Trois priorités ressortent de ces discussions : développer les compétences humaines, renforcer les infrastructures numériques et disposer de données locales de qualité pour entraîner des modèles d’IA qui reflètent la diversité culturelle, linguistique et socio-économique du continent.

Soutenir l’action publique avec des solutions IA

La Banque africaine de développement accompagne également les institutions nationales, y compris les parlements, dans l’utilisation de l’IA pour évaluer et améliorer les politiques publiques. Cette approche permet de disposer d’analyses plus précises, d’accélérer la production d’études et d’orienter les choix politiques vers des solutions concrètes et mesurables.

Vers une gouvernance basée sur la donnée

En parallèle, la BAD œuvre pour que les pays africains développent des stratégies solides en matière de gouvernance des données. En structurant la collecte, l’analyse et l’utilisation de l’information, elle entend garantir que les décisions prises au plus haut niveau reposent sur des données fiables, accessibles et sécurisées.

Une vision pour un avenir numérique africain

À travers ces initiatives, la Banque africaine de développement affirme sa volonté de faire de l’IA un levier majeur de croissance et de transformation pour l’Afrique. Plus qu’un simple outil technologique, l’intelligence artificielle est envisagée comme un moteur pour bâtir un avenir inclusif, innovant et résilient, où le continent pourra pleinement exploiter son potentiel humain et économique.