FMI Burkina scaled 1 360x320

Burkina Faso : le FMI renforce son appui financier dans un contexte de résilience économique.

Le Fonds monétaire international (FMI) a validé le décaissement de 19,4 milliards de francs CFA en faveur du Burkina Faso, portant à près de 97 milliards de FCFA le volume total de son soutien financier au pays. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un programme d’appui visant à stabiliser l’économie et à accompagner les réformes structurelles engagées par les autorités.

Un financement additionnel de 72,6 milliards de FCFA est par ailleurs prévu d’ici à 2027. Il devrait contribuer à renforcer la résilience du pays face aux chocs climatiques, tout en consolidant les équilibres budgétaires et la gestion des finances publiques.

Une économie sous pression, mais résiliente

Malgré un environnement sécuritaire toujours fragile, l’économie burkinabè affiche des signes de résistance. La croissance économique est attendue autour de 5 % en 2025, portée notamment par la bonne tenue du secteur aurifère. La hausse des prix de l’or, principale ressource d’exportation du pays, continue de soutenir les recettes extérieures.

Dans le même temps, l’inflation demeure contenue, proche de zéro, grâce à une baisse des prix des produits alimentaires. Cette évolution contribue à préserver le pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte marqué par des défis sociaux et sécuritaires persistants.

Des indicateurs extérieurs et budgétaires en amélioration

Selon les projections, le Burkina Faso pourrait enregistrer un excédent commercial pour la première fois depuis plusieurs années, grâce à la dynamique de ses exportations minières. Une telle performance constituerait un signal positif pour l’équilibre de la balance des paiements.

Sur le plan des finances publiques, le déficit budgétaire reste maîtrisé et inférieur aux seuils fixés dans le cadre des engagements régionaux. Cette discipline budgétaire traduit les efforts des autorités pour renforcer la crédibilité de la gestion financière et préserver la soutenabilité de la dette.

Un appui stratégique face aux défis structurels

L’accompagnement du FMI intervient dans un contexte où le Burkina Faso doit concilier impératifs sécuritaires, adaptation aux changements climatiques et besoins de développement économique. L’appui financier et technique de l’institution apparaît ainsi comme un levier essentiel pour soutenir les politiques publiques et renforcer la stabilité macroéconomique du pays à moyen terme.

Ca4595c ftp 1 0du94fjqbm6q 11b581fe15214272a576bef1cf8dc41d 0 68843e8befc64704a127e6022394ec22 360x320

Burkina Faso : le Parlement de transition acte la dissolution des partis politiques.

Le Burkina Faso a franchi une étape majeure dans la recomposition de son paysage institutionnel. Réunis en séance plénière à Ouagadougou, les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont adopté à l’unanimité, lundi 9 février, une loi portant dissolution de l’ensemble des partis et formations politiques du pays.

Porté par le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, le texte met officiellement fin à l’existence juridique de partis dont les activités étaient déjà suspendues depuis septembre 2022, au lendemain de l’arrivée au pouvoir des autorités de transition. Les 69 députés présents ont voté sans réserve ce projet de loi, présenté par le gouvernement comme un acte fondateur de la refondation politique nationale.

Un cadre juridique entièrement démantelé

L’adoption de cette loi entraîne l’abrogation de plusieurs piliers du système partisan burkinabè. Sont notamment supprimées la charte des partis politiques de 2001, la loi de 2009 relative au financement des formations politiques ainsi que les dispositions encadrant le statut de l’opposition. Pour l’exécutif, ces textes ont favorisé une prolifération de partis jugés peu structurés et faiblement représentatifs, contribuant à la fragmentation de la scène politique et à une perte de confiance des citoyens envers les institutions.

Selon le gouvernement, la dissolution des partis vise à « assainir » la vie politique et à rompre avec un modèle perçu comme déconnecté des réalités sociales et sécuritaires du pays. Les autorités affirment vouloir jeter les bases d’un nouveau système politique plus cohérent, ancré dans les valeurs nationales et capable de répondre aux défis actuels, notamment la lutte contre l’insécurité.

Une refondation sous haute tension

La loi prévoit également que les biens mobiliers et immobiliers des partis dissous feront l’objet d’un inventaire et d’une évaluation, avant d’être intégrés au patrimoine de l’État, dans des conditions que le gouvernement assure vouloir transparentes.

Si l’exécutif revendique une rupture assumée avec l’ancien ordre politique, cette décision suscite de vives interrogations. Plusieurs analystes et observateurs y voient un affaiblissement supplémentaire du pluralisme démocratique, dans un contexte déjà marqué par la restriction de l’espace politique, la suspension de nombreuses organisations de la société civile et la concentration du pouvoir entre les mains des autorités de transition.

La dissolution des partis politiques confirme ainsi la volonté du régime de transition de redéfinir en profondeur les règles du jeu politique au Burkina Faso, au risque d’alimenter le débat sur l’avenir démocratique du pays.

IMG 6568 360x320

Burkina Faso : le gouvernement dissout l’ensemble des partis politiques et engage une refonte du système partisan.

Le Conseil des ministres du Burkina Faso a adopté, jeudi, un décret actant la dissolution de l’ensemble des partis et formations politiques légalement constitués sur le territoire national. Parallèlement, un projet de loi visant à abroger les textes encadrant leur fonctionnement, leur financement ainsi que le statut du chef de file de l’opposition a été approuvé. La décision a été prise au cours d’une réunion présidée par le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État.

Selon le ministre porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette mesure s’inscrit pleinement dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP) et dans le processus de refondation institutionnelle engagé depuis l’arrivée au pouvoir des autorités de transition. L’objectif affiché est de préserver l’unité nationale, de renforcer la cohésion sociale et de corriger ce que l’exécutif qualifie de « dérives structurelles » du système partisan burkinabè.

Un « diagnostic profond » du système politique

Prenant la parole à l’issue du Conseil, le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a expliqué que cette décision est le résultat d’un « diagnostic approfondi » du régime juridique des partis politiques. Selon les autorités, la multiplication des formations politiques au fil des années aurait contribué à fragmenter la société, à exacerber les clivages et à affaiblir la capacité de l’État à conduire des politiques publiques cohérentes.

Le gouvernement estime également que le cadre légal en vigueur n’a pas permis d’assurer une représentation politique efficace ni de répondre aux aspirations profondes des populations, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, économiques et sociaux majeurs.

Transfert des biens et fin du cadre légal existant

Le décret adopté prévoit le transfert à l’État de l’ensemble du patrimoine mobilier et immobilier des partis politiques dissous. En complément, un projet de loi sera prochainement soumis à l’Assemblée législative de transition pour abroger les textes régissant l’existence, le financement et l’organisation des partis politiques, ainsi que le dispositif institutionnel lié au chef de file de l’opposition.

Selon le gouvernement, cette étape législative vise à poser les bases d’un nouveau cadre politique, plus adapté à la vision de refondation portée par les autorités de transition.

Un tournant majeur pour la vie politique burkinabè

Cette décision marque un tournant historique dans la vie politique du Burkina Faso. Elle redessine en profondeur le paysage institutionnel et interroge sur les modalités futures de participation politique, de gouvernance et de représentation citoyenne.

Si les autorités affirment agir dans l’intérêt supérieur de la nation, les conséquences concrètes de cette dissolution générale sur l’organisation du pouvoir, le dialogue politique et la transition vers un ordre constitutionnel durable restent à observer. Le gouvernement assure, pour sa part, que cette réforme vise à jeter les bases d’un État plus fort, plus uni et davantage en phase avec les attentes du peuple burkinabè.

Screenshot 20260123 183756 1 360x320

Burkina Faso : Ouagadougou se dote de datacenters stratégiques et renforce sa souveraineté numérique.

Le Burkina Faso a franchi une étape majeure dans sa transition digitale avec l’inauguration, le vendredi 23 janvier 2026 à Ouagadougou, de deux datacenters modulaires de dernière génération. Ces infrastructures de pointe matérialisent l’entrée en vigueur de la politique nationale dite de « zéro donnée de l’administration publique à l’étranger », pilier central de la stratégie de transformation numérique de l’État.

Une rupture stratégique avec l’hébergement externe des données publiques

Jusqu’ici hébergées en grande partie hors du territoire national, les données de l’administration burkinabè seront désormais rapatriées, centralisées et sécurisées sur le sol national. Cette orientation vise à garantir une maîtrise souveraine de l’information publique, à réduire la dépendance vis-à-vis de prestataires étrangers et à renforcer la résilience des systèmes d’information de l’État face aux risques sécuritaires et géopolitiques.

Les autorités voient dans ce projet un levier essentiel de modernisation de l’administration, de sécurisation des services numériques et d’amélioration de la performance de l’action publique.

Des infrastructures de haut niveau technologique

Estimé à près de 15 milliards de FCFA, le projet des deux centres de données nationaux constitue l’un des investissements numériques les plus importants jamais réalisés par le Burkina Faso. Les datacenters disposent de capacités techniques avancées, avec 3 000 téraoctets de stockage, une puissance de calcul de 28 800 cœurs CPU et plus de 105 600 Go de mémoire vive. Ces performances permettent l’hébergement de plus de 7 000 machines virtuelles, offrant une large marge d’évolution pour les besoins futurs de l’administration.

Conçues selon des standards internationaux, ces infrastructures sont réparties sur plusieurs sites hautement sécurisés, afin d’assurer la continuité des services, la redondance des systèmes et une protection optimale des données sensibles de l’État.

Un investissement à fort rendement économique et institutionnel

Au-delà de l’enjeu de souveraineté, le gouvernement burkinabè mise sur des économies substantielles à moyen et long termes, en réduisant les coûts liés à l’hébergement des données à l’étranger. Le projet devrait également favoriser le développement de compétences locales, stimuler l’écosystème numérique national et créer les conditions d’une meilleure gouvernance des données publiques.

En s’équipant de ces datacenters nationaux, le Burkina Faso affirme ainsi sa volonté de reprendre le contrôle de son patrimoine numérique, tout en se positionnant comme un acteur engagé dans la construction d’une administration moderne, sécurisée et tournée vers l’avenir.

Paul Henri Sandaogo Damiba 360x320

Fin d’exil pour Paul-Henri Sandaogo Damiba : arrestation et expulsion du Togo sous haute tension

Dans une évolution spectaculaire de la situation politique en Afrique de l’Ouest, l’ancien président de la transition au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a été arrêté à Lomé (Togo) puis expulsé de ce pays, mettant un terme à plus de trois ans d’exil après sa chute du pouvoir. 

Un exil qui se termine par une arrestation

Damiba, qui s’était réfugié au Togo après son renversement par le capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, a été interpellé le 16 janvier 2026 dans sa résidence à Lomé, selon plusieurs sources concordantes. Il était sous surveillance depuis son arrivée dans la capitale togolaise, vivant dans un cadre relativement contrôlé malgré son statut d’exilé politique. 

La justice togolaise a ensuite statuté sur une demande d’extradition émanant des autorités burkinabè, conduisant à son embarquement vers une destination qui n’a pas encore été officiellement confirmée, mais qui pourrait être Ouagadougou. 

Accusations de complot et contexte politique

Les autorités militaires en place à Ouagadougou accusent Damiba d’être le principal cerveau derrière plusieurs tentatives de destabilisation, dont une supposée tentative de coup d’État planifiée pour le 3 janvier 2026. Selon le ministère de la Sécurité burkinabè, ce projet aurait visé l’assassinat du capitaine Traoré et d’autres responsables civils et militaires, ainsi que la neutralisation d’infrastructures stratégiques.

Depuis sa chute, Damiba avait déjà été radié de l’armée et faisait l’objet de mesures prudentes de la part du régime en place, qui voyait en lui une figure potentielle

IMG 6568 360x320

Burkina Faso : un remaniement gouvernemental axé sur la continuité et la refonte de l’action publique.

Un remaniement ministériel a été officialisé le 12 janvier au Burkina Faso, à l’issue d’une annonce du secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres. Cette réorganisation de l’équipe exécutive consacre la continuité au sommet de l’État, avec le maintien du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, tout en introduisant d’importants ajustements structurels au sein de l’appareil gouvernemental.

La nouvelle équipe gouvernementale est composée de vingt-deux ministres. Elle enregistre quatre départs, deux nouvelles entrées et une série de changements de dénomination et de périmètre visant à adapter l’action publique aux priorités stratégiques des autorités de transition.

Nouvelles nominations et réaménagements sectoriels

Parmi les principaux mouvements, Annick Lydie Djouma Pikbougm Zingue Ouattara a été nommée ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, en remplacement de Roland Somda. De son côté, Moumouni Zoungrana prend les rênes du ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique, succédant à Boubacar Savadogo.

Ces nominations s’inscrivent dans une volonté affichée de renforcer les secteurs jugés prioritaires, notamment l’emploi des jeunes, la formation et le développement du capital humain.

Une profonde refonte des portefeuilles ministériels

Le remaniement se distingue surtout par une restructuration en profondeur de plusieurs ministères. Le ministère de la Défense et des Anciens combattants est rebaptisé ministère de la Guerre et de la défense patriotique, traduisant une orientation assumée vers la mobilisation nationale face aux défis sécuritaires.

Les ministères des Infrastructures et du Désenclavement, ainsi que de l’Habitat et de l’Urbanisme, sont supprimés au profit d’un nouveau département unique : le ministère de la Construction de la patrie, chargé de centraliser les politiques d’aménagement, d’infrastructures et de développement territorial.

Le ministère du Travail et de la Protection sociale devient quant à lui le ministère des Serviteurs du peuple, un intitulé qui marque la volonté des autorités de revaloriser la fonction publique et le service à la Nation.

D’autres ajustements concernent la simplification des intitulés de certains départements stratégiques, notamment ceux de la Justice, de la Santé et des Affaires étrangères, dans un souci de lisibilité et d’efficacité administrative.

Solidarité, agriculture et départs notables

Le ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale est désormais restructuré en ministère de la Famille et de la Solidarité, confié au lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré.

Par ailleurs, les portefeuilles de l’Agriculture et de l’Environnement ont été fusionnés pour donner naissance au ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, illustrant une approche intégrée de la gestion des ressources naturelles et de la souveraineté alimentaire.

Enfin, Luc Adama Sorgho et Roger Baro quittent le gouvernement, tandis que Mikaïlou Sidibé et le commandant Ismaël Sombié voient leurs attributions renforcées.

À travers ce remaniement, les autorités burkinabè entendent resserrer l’action gouvernementale, renforcer la cohérence institutionnelle et adapter l’organisation de l’État aux défis sécuritaires, sociaux et économiques auxquels le pays est confronté.

613146617 1319847130167862 6574101788647474414 n 360x320

Burkina Faso : le Général de division Célestin Simporé officiellement installé dans ses fonctions.

Promu au grade de Général de division par décret signé le 30 décembre 2025, l’officier général des Forces armées nationales (FAN), Célestin Simporé, a reçu ce jeudi les attributs liés à son nouveau rang, lors d’une cérémonie solennelle tenue au Palais présidentiel de Koulouba.

La cérémonie s’est déroulée sous la présidence de Son Excellence le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, Chef de l’État et Chef suprême des Forces armées nationales. À cette occasion, le Chef de l’État a personnellement procédé à la remise des épaulettes et du béret du nouvel officier général, symboles de son accession au grade de Général de division, marqué par le port des trois étoiles.

Cet acte protocolaire, empreint de solennité, consacre un parcours militaire jalonné de responsabilités au service de la défense nationale. Il s’inscrit également dans la dynamique de renforcement de la hiérarchie et du commandement au sein des Forces armées nationales, dans un contexte sécuritaire exigeant pour le pays.

Par cette promotion, les plus hautes autorités du Burkina Faso réaffirment leur volonté de valoriser le mérite, l’engagement et l’expertise au sein de l’institution militaire, pilier central de la souveraineté et de la stabilité nationale.

557784075 1218785906956886 2070725502591656647 n 768x798 2 360x320

Burkina Faso : un ultime délai accordé aux candidats admissibles du programme « Faso Mêbo »

La Présidence du Faso, par le biais du Bureau national des grands projets du Burkina, a annoncé l’octroi d’un délai exceptionnel de quarante-huit (48) heures aux candidats admissibles au recrutement dans le cadre de l’Initiative présidentielle Faso Mêbo qui ne se sont pas encore présentés aux convocations officielles.

Dans un communiqué rendu public, les autorités expliquent que cette décision fait suite aux absences constatées lors des précédentes phases de convocation, malgré l’admissibilité confirmée de plusieurs candidats. Ce retard dans la mobilisation des bénéficiaires risquait de ralentir la mise en œuvre effective du programme.

Selon le Bureau national des grands projets, ce délai supplémentaire constitue une dernière opportunité accordée aux candidats concernés pour régulariser leur situation administrative et confirmer leur participation. À l’issue de cette période de 48 heures, les absents seront considérés comme désistés et pourront être remplacés, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.

L’initiative présidentielle « Faso Mêbo » s’inscrit dans la stratégie des autorités burkinabè visant à renforcer l’employabilité, à accélérer l’exécution des grands projets nationaux et à promouvoir une participation active des citoyens au développement du pays.

Le Bureau national des grands projets appelle ainsi les candidats concernés à faire preuve de responsabilité et de réactivité, soulignant que le respect des délais est essentiel au bon déroulement du programme et à l’atteinte de ses objectifs stratégiques.

Ibrahim Traore President Transition Burkina 360x320

Burkina Faso : bilan 2025 et cap 2026, entre reconquête territoriale et souveraineté économique.

Lors de son allocution à la Nation du 31 décembre, le président de la Transition, Ibrahim Traoré, a présenté un bilan détaillé de l’année 2025, tout en esquissant les orientations stratégiques pour 2026. Le discours met en lumière une double dynamique : la consolidation des acquis sécuritaires et l’accélération des réformes structurelles au service de la souveraineté nationale.

Sécurité : l’offensive « Lalmassga » comme tournant opérationnel

L’année écoulée a été marquée par une intensification des opérations de reconquête. Le chef de l’État a particulièrement souligné l’opération Lalmassga (« mur de glace »), conduite par les Forces de défense et de sécurité (FDS) avec l’appui des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Cette manœuvre d’envergure a permis le rétablissement de l’autorité de l’État dans plusieurs zones longtemps sous pression, notamment le bassin du Nakambé, les abords du barrage de Kompienga ainsi que les secteurs de Djibo et de Toulfé. « Nous sommes allés là où l’on croyait l’accès impossible depuis six ans », a déclaré le président, annonçant la poursuite des opérations jusqu’aux frontières nationales en 2026.

Économie : l’annonce de l’autosuffisance alimentaire

Sur le front économique, l’annonce la plus marquante du discours concerne l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire en 2025. Selon le président, ce résultat découle d’une politique volontariste de mécanisation agricole, combinée à des subventions ciblées en semences et en engrais.
Pour 2026, les priorités sont clairement établies : mise en valeur des terres récemment sécurisées, développement de la pisciculture et des cultures fourragères pour soutenir l’élevage, et multiplication des retenues d’eau afin de réduire la vulnérabilité face aux aléas climatiques.

Gouvernance et ressources : vers un « Burkinabè nouveau »

Sur le plan institutionnel et économique, le gouvernement entend renforcer le contrôle public des ressources stratégiques. Le secteur minier connaît ainsi une réorientation majeure, avec le rachat de certaines mines par des structures publiques afin d’assurer une meilleure redistribution des revenus au profit du Trésor national.
Parallèlement, la lutte contre la fraude fiscale s’intensifie, notamment à travers la généralisation de la facture électronique dès janvier, présentée comme un levier de transparence et d’élargissement de l’assiette fiscale.

En conclusion, le président de la Transition a appelé à l’émergence d’un « Burkinabè nouveau », fondé sur l’intégrité, le patriotisme et la discipline collective. Une vision qu’il juge indispensable pour consolider les acquis de 2025 et porter les ambitions nationales à l’horizon 2026.

Licensed image 360x320

Restrictions sur le visa américain : le Burkina Faso invoque le principe de réciprocité

Après le Mali et le Niger, le Burkina Faso a officiellement réagi aux restrictions récemment imposées par les États-Unis en matière de visas, en annonçant son intention d’appliquer le principe de réciprocité. Cette position marque une nouvelle étape dans les tensions diplomatiques croissantes entre Washington et certains pays du Sahel.

Selon les autorités burkinabè, les mesures américaines, qui concernent principalement l’accès au territoire des États-Unis pour certaines catégories de ressortissants, sont jugées unilatérales et pénalisantes. En réponse, Ouagadougou estime légitime d’adopter une posture équivalente à l’égard des citoyens américains, conformément aux usages diplomatiques internationaux.

Un contexte régional déjà tendu

Cette prise de position s’inscrit dans un contexte régional sensible, marqué par une recomposition des relations diplomatiques entre les pays du Sahel et plusieurs partenaires occidentaux. Le Mali et le Niger avaient, avant le Burkina Faso, exprimé leur désaccord face aux mêmes restrictions, dénonçant une décision perçue comme discriminatoire et déconnectée des réalités locales.

Le Burkina Faso, engagé depuis plusieurs années dans une lutte intense contre l’insécurité et dans une redéfinition de ses alliances stratégiques, considère que ces restrictions nuisent aux relations bilatérales et à la coopération internationale, notamment dans les domaines de la sécurité, du développement et des échanges humains.

La réciprocité comme levier diplomatique

Le principe de réciprocité, régulièrement invoqué dans les relations internationales, consiste à appliquer à un État des mesures équivalentes à celles qu’il impose. Pour les autorités burkinabè, cette approche vise avant tout à préserver la souveraineté nationale et à rétablir un équilibre dans les relations avec les États-Unis.

Toutefois, des observateurs soulignent que l’application stricte de telles mesures pourrait avoir des conséquences sur la mobilité, les échanges universitaires, économiques et diplomatiques, ainsi que sur la coopération multilatérale dans une région déjà fragilisée.

Vers un durcissement durable des relations ?

Si aucune rupture officielle n’est évoquée, ces annonces traduisent un durcissement progressif du ton entre Washington et plusieurs capitales sahéliennes. Elles reflètent également la volonté affirmée de ces États de défendre une diplomatie fondée sur l’égalité de traitement et le respect mutuel.

À ce stade, l’évolution de la situation dépendra des discussions diplomatiques à venir et de la capacité des différentes parties à trouver un terrain d’entente permettant de préserver les canaux de coopération tout en tenant compte des préoccupations sécuritaires et politiques de chacun.