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À Dakar, l’UEMOA réfléchit à une stratégie commune pour l’IA dans le secteur bancaire

L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un enjeu stratégique pour le secteur financier ouest-africain. À Dakar, les responsables des banques et établissements financiers de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se sont réunis, jeudi 24 septembre 2026, dans le cadre d’un forum régional consacré à l’utilisation de cette technologie au service de l’inclusion financière et de la transformation bancaire.

Organisée par la Fédération des associations professionnelles des banques et établissements financiers de l’UEMOA (FAPBEF-UEMOA), la rencontre avait pour thème : « L’intelligence artificielle au service de l’inclusion financière et de la transformation bancaire dans l’UEMOA ».

Vers une approche commune dans l’espace bancaire

L’objectif du forum est de favoriser une réflexion commune sur les opportunités offertes par l’intelligence artificielle, mais également sur les risques liés à son utilisation dans les services financiers.

Pour les acteurs bancaires de l’Union, l’enjeu est notamment d’éviter une multiplication de pratiques et de standards différents alors que les établissements évoluent dans un même espace monétaire et réglementaire.

Le président de la FAPBEF-UEMOA, Guy-Martial Arona, a ainsi appelé à une mutualisation des expériences et à un rapprochement des pratiques entre les différentes places bancaires. Cette démarche doit permettre, selon lui, de construire une approche cohérente vis-à-vis de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et des autres institutions communautaires.

Cette orientation rejoint des initiatives déjà engagées au niveau régional. En 2026, le Comité Intelligence Artificielle du CONOBAFI travaille notamment sur l’élaboration de bonnes pratiques et de lignes directrices concernant la gouvernance, le développement et l’utilisation des systèmes d’IA dans le secteur financier de l’UEMOA.

L’inclusion financière au cœur des ambitions

Au-delà de la modernisation des établissements bancaires, les participants souhaitent faire de l’intelligence artificielle un outil susceptible d’élargir l’accès aux services financiers.

La technologie peut notamment contribuer à mieux analyser les profils des clients, personnaliser certains services, améliorer la gestion des risques et renforcer les dispositifs de lutte contre la fraude. Dans une région où les services financiers numériques jouent déjà un rôle important dans l’accès aux transactions et aux paiements, l’enjeu consiste désormais à transformer ces avancées technologiques en solutions répondant davantage aux besoins des populations.

Les acteurs du secteur soulignent toutefois que l’innovation ne peut être dissociée des exigences de sécurité et de protection des utilisateurs.

Données, éthique et risques algorithmiques

L’utilisation croissante de l’intelligence artificielle soulève également des questions relatives à la protection des données personnelles, à la transparence des algorithmes et à la prévention des discriminations.

Le secrétaire général du ministère sénégalais de l’Économie, des Finances et du Plan, Aliou Ndiaye, a notamment insisté sur les dimensions éthiques de cette transformation. Il a appelé à une vigilance particulière face au risque de reproduction ou d’amplification des biais par les systèmes automatisés.

Pour les autorités et les professionnels du secteur, l’enjeu est donc de mettre en place un environnement réglementaire capable d’accompagner l’innovation tout en protégeant les usagers.

Vers un cadre régional pour accompagner la transformation

Les discussions de Dakar s’inscrivent ainsi dans une dynamique plus large visant à coordonner les réponses des acteurs financiers de l’UEMOA face au développement de l’intelligence artificielle.

La stratégie recherchée repose sur un équilibre entre innovation, inclusion, sécurité et gouvernance. Les travaux engagés doivent notamment contribuer à identifier des pratiques communes et à favoriser une utilisation responsable de l’IA dans les banques et établissements financiers.

À terme, l’ambition affichée est de faire de cette technologie un levier de transformation du secteur bancaire, tout en veillant à ce que les bénéfices de la digitalisation restent accessibles au plus grand nombre.

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UEMOA : la BCEAO alerte sur l’accélération de l’inflation dans un contexte géopolitique incertain.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) surveille de près la remontée de l’inflation dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), sur fond de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et de perturbations des marchés de l’énergie.

À l’ouverture, mercredi, de la troisième session ordinaire de 2026 du Comité de politique monétaire (CPM), le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, a souligné la persistance de fortes incertitudes sur l’environnement économique international.

L’inflation repart à la hausse

Les données présentées lors de la réunion montrent une accélération progressive de l’inflation dans l’Union. Après -0,2 % au premier trimestre 2026, elle est passée à 0,4 % au deuxième trimestre, avant d’atteindre 1,2 % en juillet puis 1,7 % en août, en glissement annuel.

Cette évolution est principalement liée à l’augmentation des coûts du transport et du logement, ainsi qu’à la hausse de plusieurs produits alimentaires, notamment la viande, le poisson et les légumes.

La BCEAO anticipe par ailleurs le maintien de pressions sur les prix dans les prochains mois, notamment en raison des conséquences des tensions au Moyen-Orient sur les marchés énergétiques et les chaînes d’approvisionnement.

Le carburant, principal canal de transmission du choc énergétique

Les répercussions du contexte international commencent déjà à se faire sentir dans les économies de l’UEMOA. Selon le gouverneur, sept des huit pays membres ont procédé à une hausse des prix des carburants.

Cette situation fait craindre une propagation du renchérissement de l’énergie à d’autres secteurs, avec des conséquences potentielles sur les coûts de production, le transport et, par ricochet, les prix à la consommation.

À l’échelle mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) a également revu à la baisse ses perspectives de croissance pour 2026, désormais attendue à 3 %, contre 3,1 % dans ses prévisions d’avril. L’inflation mondiale devrait, quant à elle, atteindre 4,7 %, contre 4,1 % en 2025.

Un contexte qui complique la politique monétaire

Cette remontée de l’inflation intervient alors que la BCEAO avait commencé à assouplir sa politique monétaire en mars 2026, avec une réduction de 25 points de base de ses taux directeurs.

Au deuxième trimestre, les conditions de financement sur le marché monétaire se sont globalement améliorées. La liquidité bancaire est restée confortable et la baisse des taux directeurs a contribué à soutenir le financement de l’économie.

Les crédits accordés au secteur privé ont ainsi progressé de 6,6 % à fin juin 2026, après une hausse de 6 % à fin mars.

La banque centrale doit désormais trouver un équilibre entre le soutien à l’activité économique et la maîtrise des tensions inflationnistes.

Le déficit budgétaire reste sous surveillance

Sur le plan des finances publiques, le déficit global des États membres de l’UEMOA s’est établi à 3,4 % du PIB au premier semestre 2026, contre 3,2 % sur la même période un an auparavant.

La prévision annuelle a également été revue à la hausse par rapport aux estimations de juin. Cette évolution s’explique notamment par les mesures prises par plusieurs États pour limiter les conséquences économiques et sociales de la crise au Moyen-Orient sur les populations.

Les comptes extérieurs de l’Union sont restés globalement stables au deuxième trimestre. La BCEAO prévoit cependant une évolution moins favorable sur l’ensemble de l’année, notamment en raison d’une possible dégradation des termes de l’échange liée aux tensions géopolitiques.

Le CPM doit arrêter ses prochaines orientations

Au cours de cette session, le Comité de politique monétaire doit notamment examiner le rapport consacré à la politique monétaire dans l’UEMOA. Le document analyse l’évolution de la conjoncture internationale et régionale, les perspectives économiques à court terme ainsi que les principaux risques pesant sur l’Union.

Les membres du Comité devront également examiner les propositions de mesures de politique monétaire formulées à partir de ces analyses.

D’autres sujets sont prévus à l’ordre du jour, notamment le rapport sur le rapatriement des recettes d’exportation et la situation du système bancaire à fin juin 2026.

Pour la BCEAO, le principal défi consiste désormais à préserver les conditions favorables au financement des économies de l’Union tout en empêchant la remontée de l’inflation de compromettre les équilibres macroéconomiques. Le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou a déclaré le quorum atteint et officiellement ouvert les travaux du Comité.

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Fintech : le Sénégal prend la tête de l’UEMOA‎‎‎.

Selon les récents derniers chiffres de la BCEAO, Dakar décroche la première place de la finance inclusive en zone UEMOA. Devancé de justesse en microfinance, le Sénégal creuse l’écart en mobile money et s’impose comme la locomotive de la région.
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‎Le Sénégal est officiellement N°1 de la finance inclusive dans l’UEMOA. Les données 2026 de la BCEAO et de la Commission bancaire de l’UEMOA placent Dakar en tête, avec une domination particulièrement marquée sur la monnaie électronique. Le Sénégal pèse 1 234,3 milliards FCFA d’actifs en microfinance. Soit 26,5% du total régional. La Côte d’Ivoire suit de très près avec 26,3%. Le Burkina Faso complète le podium avec 19,1%. L’écart entre Dakar et Abidjan ne tient qu’à 0,2 point. Le pays compte aussi 2,28 millions de comptes de microfinance actifs, en hausse de 15,2% sur un an. 81 structures sont opérationnelles sur le territoire.
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‎ C’est sur ce terrain que le Sénégal prend nettement les devants. Avec 29,7% de l’encours régional, le pays domine le marché de la monnaie électronique en UEMOA. L’encours total de la zone atteint 1 923,2 milliards FCFA, en bond de 35,2% sur un an. La Côte d’Ivoire arrive deuxième avec 23,5%, malgré une croissance de 35,2% elle aussi. Portés par Wave et Orange Money, les acteurs sénégalais tirent l’écosystème. Dakar s’impose ainsi comme un hub fintech continental. La zone compte désormais 60,6 millions de comptes de mobile money actifs sur 172,9 millions ouverts. Le taux d’activation atteint 35,1%, en progression de 12% sur un an. La Commission bancaire de l’UEMOA confirme une accélération générale de l’inclusion financière.
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‎Au-delà des chiffres, le Sénégal gagne sur deux leviers. En premier lieu, l’innovation low-cost : Wave a cassé les tarifs et forcé tout le marché à baisser. Résultat, l’usage explose même en zone rurale. En second lieu, l’écosystème : Dakar concentre incubateurs, régulateur ouvert et partenaires techniques.
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‎Contrairement à d’autres pays, la régulation sénégalaise a rapidement validé les portefeuilles électroniques, permettant aux fintechs de scaler. Avec cet écart de 6,2 points sur la monnaie électronique, le Sénégal ne joue plus seulement la première place. Il installe un modèle que ses voisins tentent de copier. Et si la tendance se confirme en 2027, l’écart avec Abidjan en microfinance pourrait disparaître au profit d’une double domination sénégalaise.
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‎Source : ceuxquifontlafrique.com
‎Marcelle NTONGONO

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Sanctions contre le Mali : la Cour de justice de l’UEMOA tranche en faveur de Bamako.

Les mesures de 2022 jugées contraires au droit communautaire

La Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a annulé les sanctions économiques et financières imposées au Mali entre janvier et juillet 2022, estimant qu’elles avaient été prises en dehors du cadre juridique de l’organisation. Dans un arrêt rendu public le 29 janvier, la juridiction communautaire donne ainsi raison aux autorités de transition maliennes, qui dénonçaient depuis le départ le caractère « illégal » de ces mesures.

Les sanctions concernées — fermeture des frontières entre États membres, gel des avoirs financiers et suspension de certains échanges commerciaux — avaient été adoptées par l’UEMOA à la suite de décisions initialement prises par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Elles visaient à contraindre les autorités de transition à présenter et à respecter un calendrier de retour à l’ordre constitutionnel après les changements politiques intervenus à Bamako.

Une compétence strictement économique rappelée

Dans sa décision, la Cour rappelle avec insistance la nature et les limites du mandat de l’UEMOA. Organisation à vocation essentiellement économique et monétaire, l’Union n’a, selon la juridiction, ni compétence politique ni pouvoir de sanction dans des contextes liés à des changements de régime ou à des transitions institutionnelles. En endossant des décisions prises par la CEDEAO, l’UEMOA a donc outrepassé ses prérogatives, estime la Cour.

Plusieurs juristes ont salué la clarté de cette position. L’ancien ministre malien de la Justice, Mamadou Ismaïla Konaté, souligne que la CEDEAO et l’UEMOA relèvent de cadres juridiques distincts, avec des missions, des instruments et des champs d’action clairement différenciés. Selon lui, l’arrêt vient rappeler un principe fondamental de droit communautaire souvent mis à l’épreuve dans les périodes de crise politique régionale.

Un succès juridique et politique pour les autorités maliennes

Sur le plan politique, cette décision constitue une victoire symbolique et stratégique pour Bamako. Dès février 2022, les autorités de transition avaient engagé une contestation formelle des sanctions, très impopulaires au Mali en raison de leur impact sur l’économie et le quotidien des populations. La saisine de la Cour de justice de l’UEMOA s’inscrivait dans une démarche assumée de contestation sur le terrain du droit.

Mamadou Ismaïla Konaté relève toutefois que ce choix procédural relevait d’une stratégie juridique bien calculée. Selon lui, une action similaire portée devant la Cour de justice de la CEDEAO n’aurait probablement pas abouti au même résultat, compte tenu du rôle politique assumé par cette organisation dans la gestion des crises institutionnelles au sein de l’espace ouest-africain.

Un arrêt aux implications régionales

Au-delà du cas malien, cet arrêt pourrait faire jurisprudence et relancer le débat sur l’articulation des compétences entre les organisations d’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Il pose notamment la question de la coordination entre institutions économiques et politiques, ainsi que des limites à ne pas franchir en matière de sanctions communautaires. Autant d’enjeux susceptibles d’influencer, à l’avenir, la gestion des crises politiques dans la sous-région.

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Croissance soutenue malgré les vents contraires : l’Uemoa résiste au ralentissement mondial.

Dans un contexte international marqué par le ralentissement économique, la montée du protectionnisme et les incertitudes géopolitiques, l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) affiche une trajectoire macroéconomique nettement plus favorable que la moyenne mondiale. Portée par la vigueur de la demande intérieure, de bonnes performances agricoles et l’entrée en production de nouveaux gisements d’hydrocarbures, la région confirme sa résilience, avec le Sénégal comme l’un de ses principaux moteurs.

Une croissance régionale parmi les plus élevées au monde

Alors que le Fonds monétaire international (FMI) anticipe un ralentissement de la croissance mondiale à 3,2 % en 2025, l’espace Uemoa se distingue par une dynamique nettement plus soutenue. Selon la note de conjoncture publiée mercredi par l’institution régionale, la croissance devrait atteindre 6,7 % en 2025, contre 6,2 % en 2024.

Cette performance, l’une des plus élevées à l’échelle mondiale, s’explique par une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels : une consommation intérieure robuste, des récoltes agricoles globalement satisfaisantes et, surtout, la mise en exploitation de nouveaux gisements pétroliers et gaziers, notamment au Niger et au Sénégal.

Le Sénégal, pilier de la dynamique industrielle régionale

Au sein de l’Union, le Sénégal apparaît comme un pivot central de cette embellie. Son activité industrielle a enregistré une progression spectaculaire de 25,3 % au troisième trimestre 2025, en glissement annuel. Cette performance est principalement portée par le sous-secteur extractif, dont la valeur ajoutée a bondi de 61 %, marquant les premières retombées concrètes de l’exploitation pétrolière et gazière offshore.

Cette nouvelle manne énergétique modifie en profondeur les perspectives économiques du pays et renforce son poids dans la dynamique régionale. Toutefois, la note de conjoncture invite à la prudence : cette embellie sectorielle ne saurait masquer certaines fragilités persistantes.

Commerce extérieur : des déséquilibres persistants

Sur le plan du commerce extérieur, les signaux sont plus contrastés. Au troisième trimestre 2025, les exportations sénégalaises ont reculé de 11,4 % en variation trimestrielle, contribuant au retour d’un déficit commercial au niveau de l’Uemoa, estimé à 261,4 milliards de FCFA.

Cette contreperformance souligne la vulnérabilité des économies de la zone face aux chocs externes et la nécessité de renforcer la diversification des exportations, encore largement concentrées sur un nombre limité de produits de base.

Inflation maîtrisée, mais des disparités entre États membres

Sur le front des prix, la situation demeure globalement favorable. L’inflation annuelle dans l’Uemoa est attendue à 0,8 % en 2025, un niveau largement inférieur au seuil communautaire de 3 %, grâce notamment à la détente des prix alimentaires et énergétiques.

Le Sénégal affiche toutefois un profil spécifique. L’inflation y est ressortie à 2,2 % en 2025, principalement tirée par les produits alimentaires. Si ce niveau reste maîtrisé, il contraste avec les performances de certains partenaires, comme le Niger (-9,2 %) ou la Côte d’Ivoire (-0,6 %), selon la note.

Finances publiques : assainissement en cours, dette sous surveillance

La discipline budgétaire s’est renforcée à l’échelle régionale. Les recettes publiques de l’Uemoa ont progressé de 19,7 % sur un an, grâce à une meilleure mobilisation fiscale. Le Sénégal se distingue par un effort marqué de rationalisation des dépenses, qui ont reculé de 28,1 % au troisième trimestre 2025, contribuant à une amélioration notable de son solde budgétaire.

Cet assainissement demeure toutefois insuffisant face à un niveau d’endettement jugé préoccupant. La dette publique sénégalaise, réévaluée à 119 % du PIB pour 2024, place le pays parmi les plus endettés du continent et appelle, selon l’Uemoa, à une vigilance accrue.

Tensions monétaires et perspectives à moyen terme

Sur le plan monétaire, les évolutions sont contrastées. Si la masse monétaire de l’Union a légèrement progressé (+0,8 %), les actifs extérieurs nets ont reculé, particulièrement au Sénégal (-13,4 %), traduisant des pressions persistantes sur les réserves de change.

Malgré ces contraintes, les perspectives pour l’Uemoa restent globalement positives en 2025. L’Union démontre sa capacité à naviguer dans un environnement mondial volatil, en s’appuyant sur ses ressources naturelles et la solidité de sa demande intérieure.

Une croissance à consolider par des réformes structurelles

Pour l’Uemoa, et en particulier pour le Sénégal désormais entré dans le cercle des pays producteurs d’hydrocarbures, l’enjeu est désormais qualitatif. La pérennité de la croissance passera par la poursuite de l’assainissement des finances publiques, la diversification des économies, le renforcement des exportations hors hydrocarbures et la maîtrise des pressions inflationnistes.

À ces conditions, la manne énergétique pourrait devenir un véritable levier de transformation structurelle et de prospérité partagée, plutôt qu’un facteur de vulnérabilité supplémentaire, conclut la note de conjoncture de l’Uemoa.