
Ghana : une stratégie ambitieuse pour faire de l’intelligence artificielle un moteur de croissance.
Le Ghana affiche une ambition claire : faire de l’intelligence artificielle un levier central de son développement économique. Le 24 avril 2026 à Accra, le président John Dramani Mahama a officiellement lancé la Stratégie nationale d’intelligence artificielle, un document structurant de 80 pages articulé autour de huit piliers.
L’objectif affiché est de positionner le pays comme un pôle d’excellence en intelligence artificielle en Afrique d’ici 2035, tout en maîtrisant les transformations numériques en cours.
Un objectif économique de grande envergure
Au cœur de cette stratégie figure une ambition chiffrée : porter la contribution de l’intelligence artificielle à près de 500 milliards de cedis, soit environ 45 milliards de dollars, au produit intérieur brut à l’horizon 2035.
Cette projection témoigne de la volonté des autorités de faire du numérique un vecteur majeur de croissance et de diversification économique.
Infrastructures et capital humain au centre du dispositif
Pour atteindre cet objectif, le plan repose sur deux axes prioritaires. Le premier concerne le développement d’infrastructures technologiques, avec un investissement de 250 millions de dollars pour la construction d’un centre de calcul dédié à l’IA, ainsi que 20 millions de dollars supplémentaires pour soutenir le déploiement de la stratégie à court et moyen terme.
Le second pilier est consacré au renforcement du capital humain. L’initiative accorde une place centrale à la formation, à la recherche et à l’innovation, avec l’implication d’institutions académiques de premier plan, notamment l’Kwame Nkrumah University of Science and Technology. Les travaux ont été coordonnés par Jerry John Kponyo, en collaboration avec le gouvernement, le secteur privé et des partenaires internationaux.
Une stratégie axée sur l’emploi et l’inclusion
Au-delà des objectifs technologiques, le gouvernement met l’accent sur l’impact social de cette transformation. Le président Mahama a insisté sur la nécessité de faire du Ghana un acteur de la conception et du déploiement des technologies, plutôt qu’un simple consommateur.
L’approche adoptée privilégie la création d’emplois et l’inclusion, dans un contexte où le marché du travail reste fragilisé. Les autorités ambitionnent notamment d’augmenter significativement les inscriptions dans l’enseignement technique et professionnel, avec un objectif de 190 000 apprenants d’ici 2026.
Des progrès ont déjà été enregistrés, notamment en matière de participation des femmes, mais des défis persistent. Près de 68 % des jeunes actifs occupent encore des emplois précaires, selon les données officielles.
Un positionnement à renforcer sur la scène africaine et mondiale
Actuellement classé 72e au niveau mondial et 6e en Afrique dans les indices internationaux liés à l’intelligence artificielle, le Ghana entend améliorer son positionnement en capitalisant sur cette stratégie.
L’enjeu est désormais celui de la mise en œuvre effective de ce plan ambitieux, dans un environnement marqué par une compétition accrue entre États pour capter les opportunités liées à la révolution numérique.

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