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Lutte contre le VIH : le Sénégal réaffirme son engagement pour une riposte durable et une meilleure souveraineté sanitaire.

Le Sénégal entend maintenir le cap dans la lutte contre le VIH/Sida et renforcer sa contribution aux efforts continentaux visant à accélérer l’élimination de l’épidémie. En marge du Sommet extraordinaire de l’Union africaine consacré à la santé, organisé les 21 et 22 juillet 2026 à Accra, au Ghana, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, accompagné de la secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), Dr Safiatou Thiam, s’est entretenu avec la directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima.

Cette rencontre de haut niveau a permis d’examiner les perspectives de la riposte contre le VIH, aussi bien en Afrique qu’à l’échelle mondiale, dans un contexte marqué par l’évolution de l’épidémie, les transformations du système multilatéral et la nécessité de repenser les mécanismes de financement de la santé.

La recrudescence des infections chez les jeunes au cœur des préoccupations

Les échanges ont notamment porté sur la progression préoccupante des nouvelles infections chez les adolescentes, les jeunes filles et les jeunes garçons. Face à cette tendance, les participants ont insisté sur la nécessité d’adapter les stratégies de prévention et de renforcer les interventions ciblées en direction des populations les plus exposées.

Pour les autorités sénégalaises et l’ONUSIDA, l’inversion de cette dynamique passe par une approche globale combinant prévention, accès au dépistage, prise en charge précoce et lutte contre les facteurs sociaux qui favorisent la propagation du virus. La mobilisation des jeunes eux-mêmes et le renforcement de leur accès à l’information et aux services de santé apparaissent également comme des leviers essentiels.

Vers une souveraineté pharmaceutique africaine

Un autre axe majeur des discussions a concerné la souveraineté sanitaire du continent. Les interlocuteurs ont souligné l’importance d’accélérer le développement de capacités africaines de production de médicaments et de produits de santé.

Cette orientation vise à réduire la dépendance du continent aux importations, à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à garantir un accès plus régulier aux traitements. Elle doit également permettre aux systèmes de santé africains de mieux résister aux crises sanitaires et aux perturbations internationales.

Un sommet continental consacré aux grands défis sanitaires

Placée sous le thème « Éliminer le VIH d’ici à 2030, mettre fin aux décès maternels évitables, lutter contre les maladies transmissibles et non transmissibles endémiques sur le continent et renforcer les systèmes de santé d’ici 2030 », la rencontre d’Accra a réuni plusieurs chefs d’État et de gouvernement, des ministres de la Santé, des partenaires techniques et financiers ainsi que des représentants d’institutions africaines et internationales.

Les travaux ont permis d’évaluer les progrès réalisés dans le secteur sanitaire, tout en mettant en lumière les défis persistants qui compromettent l’atteinte des objectifs fixés à l’horizon 2030. Les participants ont également identifié plusieurs priorités destinées à accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable dans le domaine de la santé.

Dakar veut maintenir la mobilisation face au recul des financements

Au cours de leur entretien, les représentants sénégalais et la directrice exécutive de l’ONUSIDA ont réaffirmé leur volonté de promouvoir une riposte durable, équitable et résiliente contre le VIH. Une ambition qui intervient dans un contexte international marqué par une diminution des financements consacrés à la lutte contre la pandémie, faisant peser de nouvelles incertitudes sur les progrès enregistrés ces dernières années.

À travers sa participation au sommet d’Accra et ses échanges avec les principaux partenaires internationaux, le Sénégal réaffirme ainsi son engagement dans la lutte contre le VIH et dans le renforcement des systèmes de santé africains.

Dakar entend poursuivre ses efforts pour contribuer à l’objectif d’élimination du sida à l’horizon 2030, tout en consolidant les bases d’une santé publique plus autonome et plus résiliente. Cette démarche s’inscrit dans les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et dans la perspective de la réalisation de la Couverture sanitaire universelle sur le continent.

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Kenya : le lenacapavir, une innovation majeure dans la prévention du VIH.

Le Kenya a entamé l’administration du lenacapavir, un traitement préventif contre le VIH présenté comme une avancée significative dans la lutte contre l’épidémie. Injectable seulement deux fois par an, ce médicament marque une rupture avec les protocoles classiques basés sur une prise quotidienne de comprimés.

Le ministre de la Santé, Aden Duale, a salué « un moment d’espoir » pour les familles kényanes, soulignant le potentiel de cette innovation pour améliorer l’adhésion aux traitements et réduire les nouvelles infections.

Une accessibilité renforcée grâce à un partenariat international

Le Kenya fait partie des neuf pays africains sélectionnés pour introduire ce traitement, déjà déployé dans plusieurs États du continent, notamment en Afrique australe. Cette initiative s’inscrit dans un effort global visant à élargir l’accès aux outils de prévention les plus efficaces.

Un accord conclu avec la société pharmaceutique Gilead Sciences a permis de réduire drastiquement le coût du traitement, désormais estimé à environ 50 euros par an, contre plus de 28 000 dollars aux États-Unis. Pour les bénéficiaires, il sera entièrement gratuit, grâce notamment à l’appui du Fonds mondial.

Les premières 21 000 doses ont déjà été livrées dans le pays, marquant le début concret de cette nouvelle stratégie de prévention.

Un levier stratégique face à une épidémie persistante

Avec environ 1,3 million de personnes vivant avec le VIH, en grande majorité âgées de 15 à 24 ans, le Kenya demeure fortement exposé à l’épidémie. Le lenacapavir apparaît ainsi comme un outil clé pour renforcer la protection des populations les plus vulnérables, en particulier les jeunes.

Au-delà de son efficacité, le traitement présente un avantage majeur en termes de discrétion. Contrairement à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) quotidienne, il limite les visites fréquentes en centre de santé, un facteur déterminant pour de nombreux bénéficiaires.

Des témoignages comme ceux de Samson Mutua, premier bénéficiaire, ou de Peace Lawrence, travailleuse du sexe confrontée à des difficultés d’observance avec les traitements oraux, illustrent l’intérêt concret de cette innovation.

Une avancée dans un contexte de fragilisation des financements

Le lancement du lenacapavir intervient dans un contexte marqué par une réduction progressive de l’aide internationale dédiée à la lutte contre le VIH/sida en Afrique. Cette tendance fragilise les programmes de prévention et de prise en charge sur le continent.

Dans ce cadre, l’introduction de solutions innovantes, plus efficaces et plus adaptées aux réalités sociales, apparaît comme un levier essentiel pour maintenir les progrès réalisés ces dernières années et accélérer la lutte contre l’épidémie.