Ghana : vers la fin des exportations de minerais bruts d’ici à 2030

Le Ghana transforme ses minerais localement 1

Le Ghana prévoit de mettre progressivement fin aux exportations de minerais non transformés d’ici à 2030. À travers cette politique, le gouvernement entend développer la transformation locale, créer davantage d’emplois et conserver une plus grande part de la valeur générée par les ressources naturelles du pays.

L’annonce a été faite par le président John Dramani Mahama lors de la conférence Mining in Motion organisée à Accra. La bauxite, le manganèse, le minerai de fer, le lithium et les diamants figurent parmi les principales ressources concernées par cette mesure.

L’interdiction devrait être appliquée progressivement, selon un calendrier propre à chaque minerai. Elle sera accompagnée de nouvelles dispositions législatives obligeant notamment les investisseurs à intégrer des activités de transformation dans leurs projets miniers.

Accra souhaite ainsi développer des filières industrielles dans l’aluminium, la sidérurgie et la fabrication de produits semi-finis ou finis. Le Ghana a déjà engagé cette transition en limitant les exportations de certains métaux et en imposant, depuis septembre 2026, le raffinage local de certaines catégories d’or issues de l’exploitation artisanale.

Cette orientation représente cependant un défi majeur. L’interdiction des exportations brutes nécessitera d’importants investissements dans les usines, l’énergie, les transports, la formation et les capacités technologiques. Le secteur minier représente environ 14 % du produit intérieur brut du Ghana et plus de la moitié de ses recettes d’exportation.

Pour le président Mahama, cette transformation ne doit pas rester limitée au Ghana. Il appelle les pays africains à coordonner leurs politiques, à améliorer les infrastructures régionales et à faire en sorte que les minerais du continent soient exportés sous forme de produits transformés à plus forte valeur ajoutée.

À travers cette ambition, le Ghana rejoint les pays africains qui cherchent à rompre avec un modèle économique fondé sur l’exportation de matières premières brutes. Le défi sera désormais de transformer cette volonté politique en capacités industrielles concrètes avant l’échéance de 2030.