L’épidémie de maladie à virus Ebola liée à la souche Bundibugyo prend une dimension régionale, avec des cas confirmés en République démocratique du Congo (RDC), au Kenya et au Nigeria. Des cas ont également été recensés en Ouganda et en France depuis le début de l’épidémie, déclarée en RDC le 15 mai 2026. Face à cette propagation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle les pays concernés à renforcer la surveillance épidémiologique, le suivi des personnes contacts et la coordination des mesures de riposte.
Le 20 octobre, le Nigeria a confirmé un cas chez une femme ayant récemment voyagé depuis l’Ouganda. Les symptômes sont apparus le 7 octobre, et la patiente a consulté dans un établissement privé à Abuja le 11 octobre. Le diagnostic d’infection par le virus Bundibugyo a été confirmé en laboratoire le 20 octobre. La patiente a été placée en isolement et reçoit des soins. Les autorités ont identifié 44 personnes contacts, qui font l’objet d’un suivi. Les circonstances exactes de son exposition restent à établir.
Au Kenya, neuf cas confirmés, dont un décès, avaient été signalés au 22 octobre. Les infections sont liées à un premier cas importé de RDC, détecté le 6 octobre. Les autorités sanitaires poursuivent le suivi des contacts et les mesures d’isolement afin de limiter la transmission.
La RDC reste le principal foyer de l’épidémie
En République démocratique du Congo, la situation demeure particulièrement préoccupante. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le pays avait enregistré, au 21 octobre 2026, 9 704 cas confirmés et 4 687 décès, sur la base des données arrêtées au 20 octobre. Huit provinces sont désormais touchées, dont l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé, le Sud-Ubangi et le Nord-Ubangi.
L’extension géographique de l’épidémie complique les opérations de surveillance et de prise en charge. Les déplacements de population, l’insécurité dans certaines zones et les difficultés d’accès aux communautés affectées constituent des obstacles supplémentaires pour les équipes sanitaires. Dans ses rapports de situation, l’OMS souligne la nécessité d’intensifier la coordination régionale face à cette évolution.
Pas de vaccin homologué spécifiquement contre le virus Bundibugyo
La riposte sanitaire est également confrontée à l’absence de vaccin homologué spécifiquement contre le virus Bundibugyo. Les vaccins développés contre la souche Zaïre ne sont pas considérés comme offrant une protection suffisante contre cette souche. Des travaux de recherche sur des candidats vaccins sont en cours, mais aucun vaccin spécifique n’est actuellement approuvé pour prévenir cette maladie.
Face à cette situation, l’OMS recommande aux pays de maintenir une surveillance renforcée, de détecter rapidement les cas suspects, de suivre les personnes contacts et de renforcer les mesures de prévention et de contrôle des infections dans les établissements de santé. La disponibilité des équipements de protection, la capacité des laboratoires et la préparation des équipes d’intervention sont également essentielles pour limiter la transmission.
Alors que l’épidémie touche plusieurs pays, les autorités sanitaires insistent sur l’importance d’une réponse coordonnée et d’une communication claire avec les populations. L’évolution de la situation dépendra notamment de la rapidité de détection des nouvelles infections et de l’efficacité des mesures de contrôle déployées dans les zones affectées.

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