Sénégal : l’État renforce l’encadrement de l’orpaillage dans les régions de Kédougou et Tambacounda.

Orpaillage

Le Sénégal renforce son dispositif de lutte contre l’exploitation clandestine de l’or dans le sud-est du pays. Le mardi 3 novembre 2026, les ministères des Forces armées et de l’Énergie, du Pétrole et des Mines ont signé à Dakar un protocole de collaboration destiné à mieux organiser l’orpaillage artisanal et à sécuriser les zones minières de Kédougou et de Tambacounda.

L’accord a été signé par le ministre des Forces armées, Yankoba Diémé, et le ministre chargé des Mines, Cheikh Oumar Seck. Il prévoit notamment la délimitation et le balisage de couloirs réservés à l’exploitation artisanale autorisée, afin de distinguer clairement les espaces réglementés des zones d’exploitation illégale.

Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer le contrôle de l’activité aurifère, tout en limitant les conséquences sécuritaires et environnementales de l’orpaillage clandestin.

Un programme de 488,4 millions de FCFA sur deux ans

Le protocole, conclu pour une durée de deux ans, prévoit un investissement estimé à 488,4 millions de FCFA pour l’aménagement des sept couloirs. Chaque site devrait couvrir une superficie indicative d’un kilomètre carré et bénéficier d’un dispositif de délimitation et de contrôle des accès.

Le Génie militaire, à travers l’état-major général des armées et la Direction du génie et de l’infrastructure des armées, sera chargé de la coordination, de la supervision et de l’exécution technique des travaux. Selon les autorités, chaque site nécessitera environ quatre semaines d’intervention et mobilisera près de 25 militaires.

Une première phase portera sur trois sites situés dans la région de Kédougou : Ngary, Kaviar et Sekhoto. Les quatre autres couloirs seront aménagés après les validations techniques, géologiques, cadastrales, foncières et environnementales nécessaires.

Des infrastructures pour améliorer les conditions de travail

Au-delà de la sécurisation des périmètres, le projet prévoit plusieurs équipements destinés à améliorer les conditions de vie et de travail des orpailleurs. Les sites devraient notamment disposer de forages, d’installations solaires, de sanitaires, de lieux de prière et d’espaces de restauration.

Des crèches sont également prévues pour faciliter l’activité des femmes orpailleuses et mieux protéger les enfants contre les risques liés à l’environnement minier.

Pour le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck, l’exploitation artisanale de l’or fait vivre plus de 30 000 personnes au Sénégal. Toutefois, lorsqu’elle échappe à tout encadrement, elle expose les travailleurs à des conditions dangereuses et favorise la dégradation des écosystèmes.

Les conséquences environnementales sont particulièrement préoccupantes dans les zones aurifères de l’Est, notamment autour de la Falémé, où les activités minières peuvent contribuer à la pollution des cours d’eau et à la dégradation des sols.

Formaliser le secteur et renforcer la traçabilité de l’or

À travers ce programme, le gouvernement ambitionne de formaliser au moins 50 % des acteurs de l’exploitation minière artisanale d’ici à la fin de 2029. Il entend également améliorer la traçabilité de la production aurifère afin de réduire les circuits informels de commercialisation et de mieux contrôler les revenus issus de cette activité.

Le dispositif s’inscrit dans la stratégie de structuration du secteur minier pour la période 2026-2029 et dans les orientations de l’Agenda national Sénégal 2050.

En associant les compétences du ministère des Mines et celles des Forces armées, l’État mise ainsi sur une approche qui combine sécurisation des sites, formalisation des activités, amélioration des conditions de travail et protection de l’environnement.

L’enjeu sera désormais de concrétiser les aménagements annoncés et de garantir leur fonctionnement dans la durée, avec la participation des collectivités territoriales et des communautés concernées.