Mali–Burkina Faso : Bamako et Ouagadougou renforcent leur coopération face aux défis climatiques et pastoraux.

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La Quinzaine de l’environnement au cœur du dialogue entre les deux pays

Le Premier ministre malien, le Général de division Abdoulaye Maïga, a reçu lundi à Bamako le ministre délégué burkinabè chargé des Ressources animales, Amadou Dicko, à l’occasion de la 27e édition de la Quinzaine de l’environnement. Cette rencontre illustre la volonté du Mali et du Burkina Faso d’intensifier leur coopération autour des enjeux climatiques, agricoles et pastoraux, devenus stratégiques pour la stabilité et le développement de la région sahélienne.

Organisée cette année autour des thématiques de la résilience climatique et de la restauration des pâturages, la Quinzaine de l’environnement a été officiellement lancée le 6 juin au Parc national de Bamako, en présence de délégations des pays de la Confédération des États du Sahel (AES) ainsi que de plusieurs États voisins.

Agriculture et élevage, des secteurs vitaux pour les économies sahéliennes

Les échanges entre les deux responsables ont mis en lumière l’importance des secteurs agricoles et pastoraux dans les économies malienne et burkinabè. Selon les données de la Banque mondiale, l’agriculture, la foresterie et la pêche représentaient près de 33,5 % du produit intérieur brut du Mali en 2024, contre 18,6 % pour le Burkina Faso.

Ces activités constituent une source essentielle de revenus, d’emplois et de sécurité alimentaire pour des millions de ménages ruraux. Elles sont toutefois confrontées à des défis croissants liés à la dégradation des terres, à la raréfaction des ressources en eau et aux effets du changement climatique.

L’élevage demeure également un pilier majeur des deux économies. Les estimations de la FAO font état d’un cheptel de plus de 115 millions de têtes au Mali et de plus de 81 millions au Burkina Faso. Dans ce contexte, la préservation des pâturages, l’accès aux ressources hydriques et la gestion des couloirs de transhumance apparaissent comme des enjeux déterminants pour la stabilité des communautés rurales.

Une convergence de vues au sein de l’AES

Présent à Bamako pour les travaux de la Quinzaine de l’environnement, Amadou Dicko a salué l’accueil réservé à la délégation burkinabè et sollicité les orientations des autorités maliennes sur les réponses à apporter aux défis environnementaux qui touchent l’ensemble du Sahel.

Le ministre burkinabè a également transmis une invitation officielle aux autorités maliennes pour participer aux activités prévues dans le cadre de la Journée nationale de l’environnement que le Burkina Faso célébrera à la fin du mois de juin.

Au nom du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, Abdoulaye Maïga a salué la présence de la délégation burkinabè, estimant qu’elle traduit la volonté commune des États membres de l’AES de développer des réponses concertées aux défis climatiques et environnementaux.

Le climat, nouvel axe stratégique de coopération régionale

Au-delà de la dimension environnementale, cette rencontre témoigne de l’élargissement progressif des domaines de coopération entre les pays de l’AES. Alors que les questions sécuritaires dominent souvent l’agenda régional, le changement climatique s’impose désormais comme un enjeu majeur de gouvernance et de développement.

Dans une région où des millions de personnes vivent directement de l’agriculture et de l’élevage, la dégradation des ressources naturelles accentue les vulnérabilités économiques et sociales. Les autorités maliennes et burkinabè entendent ainsi renforcer leur coordination afin de promouvoir une gestion durable des ressources pastorales et agricoles, considérée comme un levier essentiel de résilience pour les populations sahéliennes.

Cette rencontre de Bamako confirme ainsi la volonté des deux pays de faire des questions environnementales et pastorales un pilier de leur coopération au sein de l’espace sahélien.