Des peines de prison prévues par la nouvelle législation
Au Niger, le nouveau Code pénal promulgué par les autorités de transition introduit des dispositions répressives visant les relations entre personnes de même sexe. Le texte prévoit des peines d’emprisonnement allant de cinq à dix ans ainsi que des sanctions financières à l’encontre des personnes reconnues coupables de tels actes.
Selon les dispositions adoptées, les poursuites concernent également toute personne qui commet, tente de commettre ou participe à des actes qualifiés par la loi d’« indécents » ou « contre nature ». Le texte fait notamment référence aux pratiques impliquant des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou appartenant à d’autres minorités sexuelles.
Les associations et organisations également concernées
Au-delà des individus, la nouvelle législation cible également les structures associatives ou les organisations liées aux communautés LGBTQIA+.
Le Code pénal prévoit ainsi des sanctions contre toute personne impliquée dans l’exploitation, la gestion ou l’animation de clubs, associations, sociétés ou organisations considérés comme promouvant l’homosexualité ou les droits des personnes LGBTQIA+.
Cette disposition élargit considérablement le champ d’application de la loi en intégrant non seulement les comportements individuels, mais également les activités collectives liées à ces communautés.
Une mesure justifiée par les autorités au nom des valeurs nationales
Les autorités nigériennes présentent cette réforme comme une mesure destinée à préserver les valeurs sociales, culturelles et morales du pays. Elles estiment que l’homosexualité est incompatible avec les normes traditionnellement défendues au sein de la société nigérienne.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large observée ces dernières années. En 2024, certaines séquences liées à l’éducation sexuelle avaient déjà été retirées ou révisées dans les programmes scolaires, les autorités invoquant la nécessité d’adapter les contenus éducatifs aux réalités socioculturelles nationales.
Une adoption restée relativement discrète
Bien que ces nouvelles dispositions soient en vigueur depuis leur adoption en février dernier, elles n’ont pas fait l’objet d’une communication publique d’envergure. Leur contenu n’a été que progressivement porté à la connaissance du grand public, suscitant depuis plusieurs réactions et débats dans les milieux juridiques, associatifs et de défense des droits humains.
Cette réforme place désormais le Niger parmi les pays africains ayant adopté ou renforcé des législations pénalisant les relations entre personnes de même sexe, dans un contexte continental marqué par des approches très diverses sur les questions liées à l’orientation sexuelle et aux droits des minorités.

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