Le vice-président du Nigéria, Kashim Shettima, a effectué vendredi une visite de travail au Bénin, marquée par des échanges avec les autorités béninoises sur le renforcement de la coopération bilatérale. Au cœur des discussions : l’industrialisation, la transformation agroalimentaire, l’intégration économique régionale et la sécurité dans le golfe de Guinée.
Reçu au Palais de la Marina par le président béninois Romuald Wadagni, le vice-président nigérian était accompagné d’une importante délégation comprenant notamment les gouverneurs des États d’Imo, de Katsina, de Jigawa, de Kwara, du Plateau et de Zamfara. Le ministre nigérian de l’Agriculture, Abubakar Kyari, ainsi que l’ambassadrice du Nigéria au Bénin, Mopelola Adeola-Ibrahim, figuraient également parmi les membres de la délégation.
La GDIZ, une source d’inspiration pour l’industrialisation nigériane
La visite de Kashim Shettima s’est également poursuivie à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), présentée comme l’un des principaux pôles industriels de la sous-région ouest-africaine.
À l’issue de son entretien avec Romuald Wadagni, le vice-président nigérian a expliqué que son pays souhaitait tirer profit de l’expérience béninoise en matière de développement de zones industrielles spécialisées dans la transformation des produits agricoles.
Alors que le Nigéria travaille à la mise en place de huit projets similaires, Kashim Shettima a estimé que les résultats obtenus par la GDIZ pouvaient servir de référence à Abuja pour accélérer son propre processus d’industrialisation et renforcer la création de valeur à partir des ressources locales.
Cette démarche traduit une volonté croissante des deux pays de miser sur la transformation locale des matières premières, la création d’emplois et le développement de chaînes de valeur régionales.
Des relations historiques placées au service de l’intégration régionale
Au cours de son séjour, le vice-président nigérian a transmis au président béninois les salutations du chef de l’État nigérian, Bola Ahmed Tinubu. Il a également rappelé la profondeur des liens historiques, culturels, économiques et humains qui unissent les deux pays.
Kashim Shettima a notamment souligné la proximité stratégique entre le Bénin et le Nigéria, considérant les deux États comme des partenaires naturels dans la construction de l’intégration économique ouest-africaine.
Cette proximité est d’autant plus importante que les deux pays partagent une longue frontière et entretiennent des échanges commerciaux et humains particulièrement dynamiques. Le renforcement de leur coopération apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour la fluidité des échanges et la consolidation des chaînes économiques dans la sous-région.
La sécurité régionale au centre des préoccupations
Les discussions ont également accordé une place importante aux enjeux sécuritaires. Le vice-président nigérian a réaffirmé la solidarité de son pays avec le Bénin face à la progression des menaces terroristes et de la criminalité transnationale.
Les deux parties ont ainsi insisté sur la nécessité de maintenir une coopération étroite afin de préserver la stabilité du golfe de Guinée et de renforcer la capacité des États à répondre aux menaces sécuritaires qui affectent l’Afrique de l’Ouest.
Cette dimension sécuritaire s’inscrit dans le contexte du rapprochement engagé entre Cotonou et Abuja à la suite de la tentative de coup d’État déjouée au Bénin le 7 décembre 2025. À la demande des autorités béninoises, le Nigéria avait alors déployé un contingent militaire dans le cadre du mécanisme de la Cédéao, afin d’appuyer la sécurisation de la situation après l’échec de la tentative de renversement des institutions.
Les autorités béninoises avaient alors expliqué que cette assistance visait à prévenir de nouvelles pertes humaines et d’éventuelles destructions. Le contingent nigérian avait finalement quitté le territoire béninois à la fin du mois de janvier 2026.
Vers un partenariat renforcé entre Cotonou et Abuja
Au-delà de la coopération sécuritaire, la visite de Kashim Shettima illustre la volonté des deux pays de donner une nouvelle impulsion à leur partenariat stratégique.
Industrialisation, investissements, transformation agricole, développement des infrastructures et intégration économique constituent désormais les principaux axes autour desquels Cotonou et Abuja entendent approfondir leurs relations.
À travers cette dynamique, les deux voisins cherchent à capitaliser sur leurs complémentarités économiques et géographiques pour renforcer leur rôle dans l’intégration ouest-africaine. Une ambition qui pourrait également contribuer à stimuler les échanges entre les deux pays et à favoriser l’émergence de nouvelles chaînes de valeur régionales dans un contexte marqué par la nécessité de renforcer la souveraineté économique et industrielle du continent.

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