Guinée : le gouvernement veut relancer le Conakry Express et moderniser le transport ferroviaire.

Conakry

Le gouvernement guinéen entend donner une nouvelle vie au Conakry Express, dont le fonctionnement est aujourd’hui fortement perturbé par la vétusté du matériel roulant et le coût élevé de sa maintenance. L’annonce a été faite lundi 27 juillet 2026 par le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, lors d’une conférence de presse organisée à Conakry.

Longtemps considéré comme une alternative importante à la circulation routière et aux embouteillages qui affectent régulièrement la capitale, le train de banlieue fonctionne désormais de manière sporadique. Une situation qui, selon les autorités, s’explique principalement par le vieillissement des équipements et le poids financier de leur entretien.

Un service fragilisé par la vétusté des équipements

Face aux journalistes, Ousmane Gaoual Diallo a reconnu les difficultés auxquelles le Conakry Express est confronté. Le ministre estime que le modèle actuel n’est plus viable à long terme, compte tenu des dépenses nécessaires pour maintenir en service un matériel roulant vieillissant.

« Effectivement, le Conakry Express est à l’arrêt ou fonctionne de manière très sporadique parce que c’est un très vieux train. Le coût d’entretien est très élevé et la rentabilité n’est pas au rendez-vous. On ne peut pas continuer à subventionner indéfiniment un train qu’il faudra finalement abandonner », a déclaré le ministre.

Pour le gouvernement, la question ne se limite donc plus à assurer la maintenance du matériel existant. Elle implique désormais une transformation plus profonde du transport ferroviaire urbain, avec l’ambition de disposer d’une infrastructure adaptée aux besoins croissants de mobilité de la population de Conakry.

Vers une refonte du réseau ferroviaire urbain

Les autorités guinéennes indiquent avoir engagé des démarches pour mobiliser les financements nécessaires à la modernisation du réseau. Le projet envisagé repose notamment sur le renouvellement du matériel roulant, la réhabilitation de la ligne existante et le développement de nouvelles compétences dans les métiers du rail.

Plusieurs échanges seraient ainsi en cours avec des partenaires techniques et financiers. Parmi les pistes actuellement examinées figure une proposition de financement du Royaume-Uni.

Selon Ousmane Gaoual Diallo, cette offre prévoit l’acquisition d’un nouveau train et de wagons modernes, la reconstruction de la ligne ferroviaire ainsi que la création d’une école spécialisée dans les métiers du chemin de fer.

« Nous avons reçu une offre de financement britannique pour acheter un nouveau train avec de nouveaux wagons, reconstruire la ligne et créer une école de chemin de fer. Cette offre est actuellement en examen au ministère des Finances », a expliqué le ministre.

Le projet présente ainsi une double ambition : améliorer les conditions de mobilité dans la capitale et renforcer durablement les capacités nationales dans le domaine ferroviaire. La création d’une école spécialisée pourrait notamment contribuer à former des techniciens et des professionnels capables d’assurer l’exploitation et la maintenance des futures infrastructures.

Un financement encore soumis à validation

À ce stade, la proposition britannique doit toutefois franchir plusieurs étapes administratives avant une éventuelle mise en œuvre. Le ministre des Transports a indiqué que le projet a reçu un avis favorable de son département et qu’il est désormais soumis à l’examen du ministère des Finances.

« Nous l’avons déjà approuvée à notre niveau et nous espérons qu’elle recevra également l’accord du ministère des Finances », a précisé Ousmane Gaoual Diallo.

Une validation financière permettrait d’engager le processus de concrétisation du projet. Toutefois, les autorités reconnaissent que le renouvellement d’un système ferroviaire constitue un chantier de long terme, nécessitant notamment des études, des procédures de financement, des travaux d’infrastructure et la livraison des équipements.

Les usagers appelés à patienter

La relance du Conakry Express apparaît ainsi comme un projet stratégique pour améliorer la mobilité urbaine dans la capitale guinéenne, où la croissance démographique et l’augmentation du trafic routier accentuent les difficultés de déplacement.

Mais avant une reprise durable du service, plusieurs étapes restent encore à franchir. En attendant la concrétisation du projet de modernisation, les usagers devront donc composer avec un service ferroviaire limité.

Pour le gouvernement, l’objectif est désormais de passer d’une logique de maintenance coûteuse d’un matériel vieillissant à une véritable politique de modernisation du transport ferroviaire. Si le financement envisagé est validé, la Guinée pourrait ainsi engager une nouvelle étape dans le développement de son réseau ferroviaire urbain et offrir, à terme, une alternative plus fiable et plus durable au transport routier à Conakry.