Afrique du Sud : Ramaphosa appelle à rejeter la xénophobie et à préserver l’unité nationale.

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Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a lancé un appel à l’unité et à la responsabilité collective face à la recrudescence des tensions visant les populations immigrées dans le pays. S’exprimant mardi en marge des commémorations du soulèvement historique de Soweto de 1976, le chef de l’État a mis en garde contre les discours qui cherchent à faire des migrants les boucs émissaires des difficultés économiques et sociales que traverse l’Afrique du Sud.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par plusieurs incidents à caractère xénophobe ayant ravivé le débat sur l’immigration, le chômage et la cohésion sociale dans la première économie du continent africain.

Le gouvernement dénonce les tentatives de manipulation des frustrations populaires

Lors de son intervention, le président sud-africain a dénoncé les mouvements et individus qui, selon lui, exploitent les inquiétudes de la population pour alimenter les tensions et fragiliser la stabilité du pays.

Il a estimé que certaines manifestations observées ces dernières semaines dépassaient le cadre des revendications légitimes et s’inscrivaient dans une logique de déstabilisation. Le chef de l’État a assuré que les autorités ne permettraient pas que les préoccupations réelles des citoyens soient instrumentalisées à des fins politiques ou idéologiques.

Pour Pretoria, les difficultés économiques auxquelles fait face le pays nécessitent des réponses structurelles et ne sauraient être imputées exclusivement à la présence de ressortissants étrangers.

Un chômage élevé qui nourrit les tensions sociales

Le président Ramaphosa a rappelé que l’Afrique du Sud demeure confrontée à un défi majeur en matière d’emploi, en particulier chez les jeunes. Selon les chiffres officiels, le taux de chômage des jeunes atteint 42 %, tandis que celui de l’ensemble de la population active s’établit à 32 %.

Cette situation alimente depuis plusieurs années un climat de frustration sociale dans certaines communautés, où les migrants sont parfois accusés de concurrencer les travailleurs locaux ou de peser sur les services publics.

Les épisodes de violences et de pillages enregistrés par le passé ont d’ailleurs conduit de nombreux ressortissants africains à quitter temporairement ou définitivement le territoire sud-africain.

« Les Sud-Africains ne sont pas xénophobes », affirme Ramaphosa

Face aux critiques récurrentes visant son pays, le président sud-africain a également dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de désinformation portant atteinte à l’image de l’Afrique du Sud.

Reconnaissant que la gestion des flux migratoires représente un défi réel, il a souligné que cette problématique concerne de nombreux États à travers le monde, y compris sur le continent africain. Toutefois, il a rejeté l’idée selon laquelle la société sud-africaine serait fondamentalement hostile aux étrangers.

Selon lui, les citoyens sud-africains cherchent avant tout des solutions à leurs préoccupations économiques et sociales, sans pour autant remettre en cause les principes de coexistence et de solidarité qui ont marqué l’histoire du pays.

Un enjeu majeur pour la cohésion nationale

D’après les données de l’agence nationale des statistiques, plus de trois millions d’étrangers vivent actuellement en Afrique du Sud, soit environ 5,1 % de la population nationale.

Dans un pays dont l’histoire est profondément marquée par la lutte contre les discriminations et l’exclusion, les autorités cherchent désormais à concilier gestion des défis migratoires, protection des droits humains et préservation de la cohésion sociale. À travers son intervention, Cyril Ramaphosa a voulu rappeler que les réponses aux difficultés économiques du pays passent avant tout par le dialogue, les réformes et le développement, plutôt que par la stigmatisation de communautés étrangères.