657089393 1437114871445148 238111222274420740 n 360x320

Guinée : un nouveau siège pour la Banque centrale, symbole de souveraineté monétaire.

Une inauguration à forte portée stratégique
Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé, le 25 mars 2026 à Kaloum, à l’inauguration du nouveau siège de la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). À travers cette infrastructure de nouvelle génération, les autorités entendent affirmer leur ambition de renforcer la souveraineté monétaire du pays et de moderniser en profondeur son système financier.

Un outil au cœur de la transformation institutionnelle
L’édifice incarne une avancée significative dans la consolidation des institutions économiques nationales. Dans un contexte de refondation engagé par les autorités de la transition, ce nouveau siège vise à doter la Banque centrale de moyens à la hauteur des exigences contemporaines en matière de régulation financière, de stabilité monétaire et de gouvernance.

Une infrastructure moderne répondant aux standards internationaux
Conçu comme un immeuble de type R+12 avec trois niveaux de sous-sol, le bâtiment se distingue par une architecture contemporaine alliant sécurité, fonctionnalité et performance technique. Il développe près de 30 000 m² de bureaux modulables, offrant un environnement de travail adapté aux besoins des différents services de l’institution. Son revêtement extérieur, en matériaux composites de type Alucobond, garantit à la fois durabilité et résistance aux contraintes climatiques.

657357680 1437114784778490 7178311064886805199 n

Des espaces dédiés aux fonctions institutionnelles et à la représentation
Au-delà de ses fonctions administratives, le nouveau siège intègre plusieurs espaces de représentation, dont une salle de conférence, un amphithéâtre et une terrasse aménagée. Ces installations sont destinées à accueillir réunions officielles, rencontres internationales et événements institutionnels, renforçant ainsi le rôle de la BCRG sur la scène financière régionale.

Un cadre de travail repensé pour le personnel
L’infrastructure comprend également des équipements dédiés au bien-être du personnel et des visiteurs, notamment des restaurants, des espaces de recueillement, une salle de sport et des installations de détente. Ces aménagements traduisent une volonté d’améliorer les conditions de travail et de renforcer l’attractivité de l’institution.

Une vision de long terme pour la stabilité économique
Pour le gouverneur de la BCRG, Karamo Kaba, ce nouveau siège s’inscrit dans une dynamique de refondation monétaire et institutionnelle. Il symbolise l’engagement des autorités à bâtir un système financier solide, capable de soutenir durablement le développement économique du pays et de répondre aux attentes des générations présentes et futures.

IMG 20260212 WA0083 1 360x320

Conakry accueille les 37ᵉ Journées annuelles du Club des Dirigeants de Banques d’Afrique.

Les Journées annuelles du Club des Dirigeants de Banques et Établissements financiers d’Afrique ont officiellement débuté jeudi 12 février 2026 à Conakry. Cette 37ᵉ édition, qui s’achève le 13 février, est présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, et réunit de hauts responsables du secteur financier venus de plusieurs pays du continent.

Placée sous le thème « Le financement de l’économie africaine : Intelligence artificielle et réglementation au service de l’efficacité bancaire », la rencontre rassemble dirigeants de banques, régulateurs, experts financiers, décideurs publics et acteurs de l’innovation technologique. Dans un contexte marqué par un déficit structurel de financement des PME et une accélération des mutations numériques, les échanges visent à dégager des solutions concrètes pour renforcer l’efficacité, la résilience et l’inclusivité des systèmes bancaires africains.

L’intelligence artificielle, levier stratégique de transformation

Pour Sidi Mohamed Chérif, président de l’Association professionnelle des banques (APB) de Guinée, le choix du thème reflète une préoccupation centrale pour le continent. L’Afrique, a-t-il rappelé, fait face à des besoins massifs de financement pour soutenir sa croissance, accélérer son industrialisation et élargir l’inclusion financière.

Selon lui, les banques africaines ne peuvent plus se limiter à un rôle d’intermédiation classique : elles doivent devenir de véritables acteurs du développement économique. Dans cette perspective, l’intelligence artificielle apparaît comme un outil stratégique, capable d’optimiser l’évaluation des risques, d’améliorer la qualité du service et d’élargir l’accès au crédit.

Cette transformation, a-t-il toutefois souligné, doit s’inscrire dans des cadres réglementaires solides, garants de la stabilité financière, de la transparence et de la confiance des usagers.

Le responsable bancaire a également mis en avant l’évolution des indicateurs du secteur en Guinée. En l’espace de quatre ans, les financements à la clientèle seraient passés d’environ 2 milliards à plus de 4,8 milliards de dollars, tandis que les engagements de l’État auprès du système bancaire auraient progressé de 2 à 3,8 milliards de dollars. Des chiffres qu’il interprète comme le signe d’un engagement accru du secteur dans le financement de l’économie nationale.

Un déficit continental estimé à 330 milliards de dollars

Le président du Club et directeur général du Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE), Ngueto Tiraïna Yambaye, a pour sa part rappelé l’ampleur du défi à l’échelle continentale.

Les PME représentent environ 80 % des emplois et près de la moitié du PIB africain, mais elles n’accèdent qu’à moins de 20 % du crédit formel. Le déficit de financement dépasserait 330 milliards de dollars. Par ailleurs, près de 45 % des populations africaines demeurent en marge du système bancaire.

Dans ce contexte, l’intelligence artificielle ne relève pas d’un simple effet de mode, mais d’une nécessité opérationnelle. Grâce au scoring alternatif, à l’automatisation des प्रक्रés et à la gestion prédictive des risques, les institutions financières peuvent réduire leurs coûts, mieux détecter les fraudes et élargir leur base de clientèle, y compris dans le secteur informel. Chatbots bancaires, identification biométrique et exploitation de données non structurées figurent parmi les outils cités pour favoriser l’inclusion financière.

Mais l’innovation, a-t-il averti, doit impérativement s’accompagner de règles claires en matière de protection des données, d’éthique et de gouvernance des algorithmes. L’enjeu consiste à bâtir un cadre réglementaire adapté aux réalités africaines, capable d’encadrer l’innovation sans l’entraver.

Croissance, effet d’éviction et réformes structurelles en Guinée

Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre Amadou Oury Bah a replacé les discussions dans le contexte macroéconomique guinéen. Il a évoqué une économie en forte croissance, avec des perspectives de taux à deux chiffres, tout en reconnaissant la persistance de déséquilibres structurels.

Il a notamment souligné le phénomène d’« effet d’éviction », résultant du niveau élevé des besoins de financement de l’État, qui mobilise une part importante des ressources bancaires au détriment du financement de l’économie réelle. Le gouvernement, a-t-il admis, devra ajuster sa stratégie pour réorienter davantage de flux vers le secteur productif.

Le chef du gouvernement a par ailleurs insisté sur la nécessité de diversifier l’économie, d’investir dans les infrastructures et le capital humain, et de renforcer les recettes intérieures afin de préserver les équilibres monétaires. La détention d’une monnaie nationale constitue, selon lui, un atout, à condition de respecter strictement les principes de gestion budgétaire et de politique monétaire.

Enfin, il a estimé que l’intelligence artificielle ne pourra produire des résultats tangibles sans un environnement fondé sur la confiance, la coopération et une meilleure circulation de l’information entre pouvoirs publics, banques et clients. L’enjeu, a-t-il conclu, est d’intégrer l’ensemble des acteurs économiques dans une dynamique de justice et d’efficacité, condition indispensable pour faire du système bancaire un véritable moteur de transformation structurelle.