Numérique & Formation : le Gabon relance l’African Institute of Informatics pour une souveraineté digitale africaine

Numérique & Formation : le Gabon relance l’African Institute of Informatics pour une souveraineté digitale africaine

Le Gabon a officiellement lancé une refonte stratégique de l’African Institute of Informatics (IAI), une institution panafricaine emblématique créée en 1971, avec pour ambition de faire de cette école un hub régional de compétences numériques, au service de la souveraineté technologique du continent africain.

Une renaissance pour un acteur historique

L’Institut Africain d’Informatique, longtemps fleuron de la formation informatique en Afrique centrale, avait perdu en attractivité au cours des deux dernières décennies. En cause : des programmes devenus obsolètes, un manque d’investissements et des difficultés structurelles.

Sous l’impulsion du gouvernement gabonais et avec le soutien de partenaires internationaux (notamment l’Union africaine, l’AFD et l’UNESCO), l’IAI entre dans une nouvelle ère de modernisation, axée sur :

  • La révision complète des curricula,

  • La numérisation des supports pédagogiques,

  • La création de laboratoires d’innovation et d’intelligence artificielle,

  • Le déploiement de formations certifiantes à distance.

Objectifs : souveraineté, inclusion et compétitivité

Cette refonte s’inscrit dans une dynamique continentale visant à réduire la dépendance technologique de l’Afrique, à former des talents locaux et à favoriser l’innovation endogène.

Les nouvelles orientations de l’IAI s’articulent autour de trois axes :

  1. Souveraineté numérique : renforcer la capacité des États africains à concevoir, héberger et sécuriser leurs données.

  2. Inclusion technologique : démocratiser l’accès aux compétences numériques, en particulier pour les jeunes et les femmes.

  3. Employabilité & entrepreneuriat : connecter la formation aux besoins réels du marché, en misant sur le cloud, la cybersécurité, la data science et les logiciels libres.

Un projet au rayonnement continental

Le Gabon ambitionne de faire de l’IAI un centre d’excellence régional, en lien avec d’autres institutions africaines telles que le Smart Africa Digital Academy (SADA), l’Université virtuelle africaine, ou les hubs technologiques de Kigali, Lagos et Nairobi.

Des bourses régionales, des programmes d’échange et des partenariats avec les universités techniques africaines et européennes sont en préparation pour soutenir cette ambition.

La relance de l’African Institute of Informatics par le Gabon marque une volonté claire : donner aux Africains les moyens de maîtriser leur avenir numérique. C’est un signal fort en faveur d’une Afrique actrice – et non consommatrice – de l’innovation technologique mondiale.

Éducation

Éducation & Numérique : l’Afrique mise sur les données pour combattre la pauvreté scolaire

Plusieurs pays africains prennent part cette semaine à une série d’ateliers continentaux sur les données éducatives, organisés sous l’égide de l’Union africaine, en partenariat avec l’UNESCO, l’UNICEF et l’AFD. Objectif : améliorer la gouvernance des systèmes éducatifs à travers la collecte, l’analyse et l’utilisation stratégique des données, dans le but de réduire la pauvreté scolaire sur le continent.

Un défi urgent pour l’Afrique

Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, plus de 98 millions d’enfants africains sont encore hors du système scolaire selon les estimations de l’UNESCO. À cela s’ajoute une faible qualité de l’enseignement, des inégalités régionales, des enseignants mal formés, et une gestion souvent inefficace des ressources.

Dans ce contexte, les données éducatives fiables et actualisées deviennent un levier indispensable pour :

  • cibler les zones les plus touchées par la déscolarisation,

  • adapter les politiques publiques,

  • suivre les progrès en temps réel,

  • anticiper les besoins en infrastructures, en enseignants et en financement.

Une approche fondée sur l’innovation

Les ateliers en cours portent notamment sur :

  • la numérisation des systèmes de suivi scolaire (présence, résultats, orientation),

  • l’interopérabilité entre ministères, écoles et partenaires,

  • l’exploitation des données pour réduire les inégalités d’accès à l’éducation,

  • la formation des responsables éducatifs à l’analyse de données.

Les pays participants, parmi lesquels le Kenya, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou encore le Rwanda, partagent leurs bonnes pratiques et les outils mis en œuvre localement (applications de suivi, tableaux de bord ministériels, bases de données cartographiques…).

Un enjeu de souveraineté et de développement

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan continental d’éducation de l’Union africaine (CESA 2035), qui promeut une transformation des systèmes éducatifs africains, fondée sur :

  • la résilience numérique,

  • l’inclusion sociale,

  • et la maîtrise des données comme outil de pilotage.

Pour de nombreux experts, combattre la pauvreté scolaire par la donnée n’est pas qu’une question technologique, mais une priorité politique et économique, au service d’un continent jeune, dynamique, mais encore trop inégal face à l’accès au savoir.

L’Afrique investit dans l’intelligence éducative : en utilisant mieux les données, elle espère garantir à chaque enfant une chance réelle de réussir à l’école. Une révolution silencieuse, mais essentielle, pour bâtir le futur du continent.

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Sénégal : 500 agents seront recrutés dans les universités publiques

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation annonce le recrutement exceptionnel de 500 enseignants et chercheurs. Une initiative qui vise à renforcer les capacités des institutions universitaires et de recherche du pays. 

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de I’Innovation (Mesri) porte à la connaissance du public que le gouvernement du Sénégal, face au déficit d’enseignants dans le supérieur, a décidé de procéder à un recrutement exceptionnel de cinq-cents (500) personnels d’enseignement et de recherche (Per). Dans un communiqué de presse, Abdourahmane Diouf souligne que ce recrutement, conforme aux orientations formulées par le chef de l’État lors du lancement de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Antesri), le 17 juillet 2025, répond aux besoins urgents de renforcement du taux d’encadrement et cible des filières prioritaires alignées à la vision « Sénégal 2050 ». Cet effort de recrutement, explique la tutelle, témoigne de l’intérêt que les autorités accordent au sous-secteur de l’enseignement supérieur et s’inscrit dans une logique de transparence, de mérite et d’excellence académique.

Le ministère, renseigne la source, conformément aux instructions du Premier ministre, s’emploiera, en relation avec les structures concernées, à déterminer, dans les meilleurs délais, les filières et les quotas de recrutement. Le gouvernement répond ainsi à une vieille revendication des syndicalistes, le Sace, notamment qui, depuis des années, réclament le recrutement de Per. Le 17 juillet dernier lors du lancement des concertations sur l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, David Célestin Faye, secrétaire général national du Saes, avait interpellé le Chef de l’État sur le « déficit chronique d’enseignants » qui a, entre autres conséquences, la dégradation des conditions d’études, mais aussi un ralentissement de la carrière des enseignants.

À cela s’ajoutent l’exploitation et la précarité des enseignants vacataires. Même la tutelle a reconnu la nécessité de procéder à un recrutement massif d’enseignements-chercheurs. Le 15 juillet dernier, lors d’un déjeuner de presse, Abdourahmane Diouf avait affirmé que le besoin identifié de recrutement de Per est de 1500. « Ce recrutement permettra de stabiliser l’année universitaire, d’améliorer le taux d’encadrement, de réduire le paiement des heures complémentaires et des charges liées à la vacation », avait expliqué M. Diouf.

Le soleil

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Ouagadougou : les nouveaux bacheliers invités à la 10ᵉ Semaine nationale de l’information et de l’orientation.

La capitale burkinabè se prépare à accueillir la 10ᵉ édition de la Semaine nationale de l’information et de l’orientation (SNIO), une initiative phare organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Cette rencontre, qui se tiendra du 20 au 25 juillet à Ouagadougou, s’adresse principalement aux nouveaux bacheliers, soucieux de réussir leur passage vers l’enseignement supérieur.

Un espace d’orientation pour préparer l’avenir

Chaque année, des milliers de jeunes diplômés du baccalauréat se retrouvent face à un défi majeur : choisir une filière et un parcours qui correspondent à leurs ambitions professionnelles et à leurs aptitudes. C’est pour répondre à ce besoin crucial que la SNIO a été créée il y a dix ans. L’événement se veut un lieu d’échanges et de conseils où les étudiants peuvent accéder à une information fiable sur les cursus universitaires, les formations techniques et professionnelles, ainsi que sur les opportunités offertes par les établissements publics et privés.

Des activités diversifiées pour guider les choix

Durant cette semaine, les participants auront accès à :
Des conférences thématiques animées par des experts de l’éducation, des enseignants-chercheurs et des responsables académiques ;
Des ateliers pratiques pour aider à l’élaboration d’un projet d’études et d’un plan de carrière ;
Des stands d’information tenus par les universités, instituts supérieurs, écoles professionnelles et centres de formation ;

Des forums avec d’anciens étudiants qui partageront leurs expériences et conseils pour réussir l’orientation et l’insertion professionnelle.

Les organisateurs insistent sur la nécessité pour les jeunes de préparer leurs choix dès maintenant afin d’éviter les réorientations tardives et les abandons qui pèsent sur la réussite académique.

Une ouverture vers l’international et le numérique

Au-delà des formations locales, la SNIO mettra également en avant les programmes de mobilité et les bourses d’études à l’étranger, ainsi que les opportunités liées à l’économie numérique, secteur en plein essor en Afrique. La présence de partenaires techniques et financiers, d’organismes internationaux et de structures d’accompagnement entrepreneurial confère à l’événement une dimension stratégique pour l’avenir éducatif du pays.

Mohamed Traoré et Fatoumata Barry

Fierté nationale : Retour triomphal des champions guinéens de la Dictée P.G.L.

C’est sous les applaudissements et les chants de fierté que les élèves Mohamed Traoré et Fatoumata Barry, lauréats de la 34ᵉ édition de la Dictée P.G.L. au Canada, ont été accueillis à leur retour à Conakry ce jeudi. Leur brillante performance à cette prestigieuse compétition francophone consacre l’excellence de l’enseignement guinéen sur la scène internationale.

Une performance exceptionnelle à l’international

Organisée chaque année par la Fondation Paul Gérin-Lajoie, la Dictée P.G.L. rassemble des milliers d’élèves francophones à travers le monde autour de la maîtrise de la langue française, de la culture générale et des valeurs de solidarité.

À cette 34ᵉ édition tenue au Canada, la délégation guinéenne s’est distinguée par son sérieux, sa préparation et son excellence linguistique. Mohamed Traoré et Fatoumata Barry y ont décroché les premières places, hissant haut les couleurs de la Guinée dans un concours où les standards sont élevés.

Accueil officiel et reconnaissance des autorités

Les jeunes champions ont été reçus ce jeudi 22 mai à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré par une délégation officielle composée de représentants du Ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A) et de l’AGEP.

Des discours de félicitations ont salué leur mérite, leur discipline et leur engagement.

« Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Il montre que malgré les défis, l’école guinéenne peut produire l’excellence », a déclaré un représentant du MEPU-A.

Un message fort pour l’école guinéenne

Cette victoire symbolise :

  • L’importance de la maîtrise du français et des compétences linguistiques chez les jeunes ;

  • L’engagement des enseignants et des encadreurs à former une jeunesse compétitive ;

  • L’impact positif des programmes éducatifs internationaux dans la valorisation des talents locaux.

Le MEPU-A s’est engagé à poursuivre les réformes éducatives, à renforcer les capacités pédagogiques et à accompagner les élèves talentueux sur le plan national et international.

Le retour triomphal des champions guinéens de la Dictée P.G.L. incarne une source de fierté nationale et un signal d’espoir pour tous les élèves du pays. Il rappelle que l’éducation reste un puissant levier de rayonnement et d’élévation, tant sur le plan personnel que collectif.