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Guinée : la Cour suprême se prépare aux enjeux du contentieux électoral.

À l’approche des élections législatives et communales prévues le 31 mai 2026, la Cour suprême de Guinée a lancé, lundi 20 avril, un atelier stratégique de renforcement des capacités à l’intention de ses magistrats et greffiers. L’objectif affiché est de mieux anticiper et gérer les contentieux électoraux, dans un souci de transparence et de crédibilité du processus électoral.

Un rôle central dans la consolidation de l’État de droit

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a insisté sur la responsabilité majeure de l’institution en période électorale. Il a souligné la nécessité d’harmoniser les pratiques et d’anticiper les litiges, afin de garantir des décisions rendues avec rigueur, impartialité et célérité.

En tant que juridiction de dernier ressort, la Cour suprême joue un rôle déterminant dans la préservation de la confiance des citoyens et la stabilité institutionnelle.

Une initiative saluée par le ministère de la Justice

Présidant la cérémonie d’ouverture, le Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a qualifié l’initiative de démarche « anticipatrice », rappelant que la gestion efficace du contentieux électoral constitue un pilier fondamental de la légitimité démocratique.

Il a réaffirmé l’engagement des autorités, sous la conduite du président Mamadi Doumbouya et du Premier ministre Amadou Oury Bah, à organiser des élections apaisées, transparentes et crédibles.

Des défis techniques et opérationnels à relever

Les échanges ont mis en évidence la complexité croissante du contentieux électoral, marqué par l’évolution des modes de preuve, la multiplication des contestations et la circulation rapide d’informations, parfois erronées.

Dans ce contexte, magistrats et greffiers ont été appelés à renforcer leur maîtrise des normes électorales, à garantir la fiabilité des procédures et à assurer une traçabilité rigoureuse des dossiers, malgré des délais souvent contraints.

Un atelier soutenu par des partenaires techniques

Cet atelier, prévu sur deux jours, bénéficie de l’appui du cabinet Global Expertise Guinée, en partenariat avec International Partnership for Integrity.

Au nom des formateurs, Mountaga Sylla a rappelé que le contentieux électoral constitue un élément central de la souveraineté de l’État, soulignant l’importance de décisions juridictionnelles cohérentes et motivées.

Une préparation globale du processus électoral

Les travaux couvrent l’ensemble des étapes du processus électoral, du pré-scrutin à la proclamation des résultats, en passant par la validation des candidatures et la campagne électorale. Ils s’appuient sur le nouveau code électoral adopté en septembre 2025, avec des études de cas pratiques destinées à renforcer l’efficacité opérationnelle des participants.

Consolider la confiance et prévenir les crises

Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé sur l’importance de la crédibilité du juge électoral, fondée à la fois sur sa compétence technique et sur la confiance qu’il inspire.

À travers cette initiative, la Cour suprême de Guinée entend affirmer son rôle de régulateur démocratique, en contribuant à prévenir les crises électorales et à consolider la paix sociale dans le pays.

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Guinée : recomposition de la CRIEF avec la nomination de nouveaux magistrats.

Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé, par décret rendu public samedi 18 avril 2026 à la télévision nationale, à une série de nominations au sein de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Cette décision s’inscrit dans la dynamique de renforcement de l’appareil judiciaire, en particulier dans la lutte contre la corruption et les crimes économiques.

Une nouvelle configuration pour les instances de jugement

1. Siège :
Président de la CRIEF : M. Francis Kova Zoumanigui;
Conseiller à la Chambre des appels de la CRIEF : M. Daye Mara;
Conseiller à la Chambre des appels de la CRIEF : M. Lansana Cissé;
Conseiller à la Chambre des appels de la CRIEF : M. Raymond Bambi Kamano;
Conseiller à la Chambre des appels de la CRIEF : M. Zakaria Koke Camara, précédemment, juge d’instruction au tribunal de première instance de Dubréka;
Conseillère à la Chambre des appels de la CRIEF : Mme Fatoumata Diouldé Diallo;
Président de la Chambre de contrôle de l’instruction, M. Ali Badra Koma, précédemment, doyen des juges d’instruction au tribunal de première instance de Kaloum;
Conseiller à la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction, M. Aboubacar Conté;
Conseiller à la Chambre spéciale de contrôle de l’instruction, M. Celestin Camara;
Président de la Chambre de jugement de la CRIEF : M. Alpha Camara, précédemment, président de la cinquième section au tribunal de commerce de Conakry;
Conseiller à la Chambre de jugement de la CRIEF : M. Kanda Doumbouya;
Conseiller à la Chambre de jugement de la CRIEF : M. Mamadou Dian Diallo, précédemment, Juge au tribunal de première instance de Kaloum.
Président de la Chambre de l’instruction de la CRIEF : M. Robert Ouendouno;
Conseiller à la Chambre de l’instruction de la CRIEF : M. Lansana Keïta, précédemment, juge au tribunal de première instance de N’zérékoré.
2. Parquet
Substitut du procureur spécial près la CRIEF : M. Ousmane Sanoh;
Substitut du procureur spécial près la CRIEF : M. Biwon Millimono, précédemment, substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn;
Substitut du procureur spécial près la CRIEF : M. Pierre Segbé Kamano, précédemment, substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Mamou.

Un enjeu majeur pour la gouvernance judiciaire

À travers ces nominations, les autorités guinéennes entendent consolider le fonctionnement de la CRIEF, une juridiction spécialisée appelée à jouer un rôle central dans la lutte contre les infractions économiques et financières.

Cette recomposition intervient dans un contexte où les attentes en matière de transparence, de reddition des comptes et de bonne gouvernance demeurent élevées, faisant de la CRIEF un pilier essentiel du dispositif judiciaire national.

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Guinée : une prorogation exceptionnelle du mandat de certains magistrats.

Le président de la transition, Mamadi Doumbouya, a signé un décret introduisant une mesure exceptionnelle concernant le corps judiciaire, en application des dispositions de l’article 76 de la loi organique du 17 mai 2013 portant statut des magistrats.

Cette décision intervient dans un contexte de réformes en cours du système judiciaire, marqué par la volonté des autorités de garantir la continuité du service public de la justice.

Une prolongation de douze mois accordée

Selon le décret, lu à la télévision nationale le jeudi 16 avril, une prorogation de douze mois est accordée aux magistrats qui devaient faire valoir leurs droits à la retraite à compter du 31 décembre 2025.

Concrètement, cette prolongation s’étend du 30 juin 2026 au 30 juin 2027, permettant aux magistrats concernés de continuer à exercer leurs fonctions au-delà de la limite d’âge initialement prévue.

Une dérogation encadrée par la loi

Cette mesure constitue une dérogation à l’article 92 de la loi organique relative au statut des magistrats, qui fixe les conditions de départ à la retraite. Elle s’inscrit dans un cadre légal précis, autorisant des ajustements exceptionnels en fonction des besoins du service public.

Une telle décision peut répondre à plusieurs impératifs, notamment la nécessité de maintenir l’expertise au sein des juridictions et d’assurer la stabilité du système judiciaire dans une phase de transition.

Le ministère de la Justice chargé de l’application

Le décret précise que sa mise en œuvre relève de la responsabilité du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, chargé de veiller à l’application effective de cette prorogation.

À travers cette mesure, les autorités entendent préserver la continuité et l’efficacité du fonctionnement de l’appareil judiciaire, tout en accompagnant les évolutions en cours dans le secteur de la justice.

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Réformes institutionnelles : la Guinée accélère l’adoption des lois organiques prévues par la Constitution.

Dans le cadre de la mise en œuvre des orientations arrêtées lors des Conseils des ministres des 27 septembre 2025 et 2 avril 2026, les autorités guinéennes ont engagé une nouvelle phase d’accélération des réformes institutionnelles. Sur instruction du Président de la République, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, agit en étroite coordination avec le Premier ministre afin de conduire un travail concerté avec l’ensemble des départements ministériels concernés, ainsi qu’avec le Conseil national de la transition (CNT).

Cette démarche vise à garantir une adoption diligente des lois organiques et spéciales prévues par la Constitution. Elle répond à un impératif central : assurer une articulation cohérente entre le cadre juridique en construction et le calendrier progressif de mise en place des institutions, en lien avec le processus électoral en cours.

À cet effet, la commission chargée de l’examen et de l’élaboration des lois organiques, placée sous la tutelle technique du ministère de la Justice, a entamé l’étude de vingt projets de textes. Ce travail marque une étape décisive dans la structuration du futur dispositif institutionnel du pays.

Au-delà de l’aspect procédural, cette dynamique traduit la volonté des autorités de doter la Guinée d’un socle juridique solide. Un préalable indispensable à la consolidation de l’État de droit, au renforcement de la gouvernance institutionnelle et à l’installation effective d’institutions républicaines stables.

Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme réaffirme, à travers cette mobilisation, son engagement à accompagner ce processus stratégique, au cœur de la refondation institutionnelle en cours dans le pays.

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Palais Mohammed V : le Chef de l’État et Président du Conseil Supérieur de la Magistratture S.E Mamadi DOUMBOUYA réaffirme son engagement pour une justice indépendante et équitable.

Le Président de la République, S.E Mamadi DOUMBOUYA, a présidé ce mardi 7 avril 2026, une rencontre avec les membres du Conseil supérieur de la magistrature, instance qu’il dirige en sa qualité de chef de l’État. Cette réunion s’est tenue en présence du ministre secrétaire Général de la Présidence, le Général Amara CAMARA et du Ministre Directeur de cabinet, Djiba DIAKITÉ.

Introduisant la séance, le ministre secrétaire Général de la Présidence, le Général Amara CAMARA, a présenté les membres du Conseil. Composé habituellement de 15 magistrats, l’organe a été élargi à 18 membres pour cette session, convoquée conformément aux dispositions en vigueur.

Prenant la parole, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice,.Ibrahima Sory II TOUNKARA a salué les réformes engagées et les avancées enregistrées dans le secteur judiciaire. Il a notamment évoqué la volonté des autorités de hisser la justice guinéenne à un niveau d’excellence, tout en respectant son indépendance. Dans ce cadre, plusieurs magistrats ont récemment été distingués et élevés au rang de Commandeurs de l’Ordre du Mérite pour leurs services.

La rencontre a été marquée par un tour de table au cours duquel chaque magistrat a décliné son identité et exposé les préoccupations de la profession. Le Président de la République a prêté une attention particulière à ces interventions, réaffirmant son engagement à améliorer les conditions de vie et de travail des magistrats, considérées comme essentielles à l’exercice d’une justice impartiale.

Les échanges ont également permis de dégager une vision commune. Celle de faire de la justice un pilier fiable au service des citoyens et de l’État de droit. Le chef de l’État a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans le respect strict des textes régissant le Conseil supérieur de la magistrature.

Abordant les échéances électorales à venir, notamment les élections législatives et communales, S.E Mamadi DOUMBOUYA a salué l’implication des magistrats lors des précédents scrutins, conduits, selon lui, dans la transparence et l’intégrité. Il les a appelés à maintenir le même niveau de rigueur afin de garantir la crédibilité du processus démocratique.

Dans cette perspective, plusieurs mesures ont été annoncées, dont la mobilisation de magistrats expérimentés comme formateurs à l’École nationale de la magistrature et le recrutement de nouveaux profils issus de toutes les régions du pays, en vue d’assurer une relève équilibrée.

Le ministre de la Justice est revenu, pour sa part, sur les principales orientations définies par le chef de l’État, axées sur le renforcement de l’indépendance du pouvoir judiciaire, l’amélioration des conditions de travail et la consolidation de l’État de droit.

Au terme de cette rencontre, les autorités entendent poursuivre les réformes engagées afin de renforcer la crédibilité et l’efficacité de la justice guinéenne, appelée à jouer un rôle central dans l’équilibre des institutions.

Source : Site web Présidence de la Guinée.

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Guinée : le procès en appel de Kassory Fofana relance un dossier emblématique de la lutte anticorruption.

Le procès en appel de Ibrahima Kassory Fofana s’est ouvert ce jeudi 2 avril 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières, ravivant l’un des dossiers les plus sensibles de la lutte contre la corruption en Guinée.

Une partie civile offensive

À la barre, la partie civile, représentée par Pépé Antoine Lamah, a maintenu une ligne ferme. Elle estime que les faits de détournement de deniers publics sont clairement établis, avançant un préjudice évalué à près de 15 milliards de francs guinéens. L’avocat a également dénoncé un « appel abusif » et réclamé la somme de 20 milliards GNF au titre des dommages et intérêts.

Le parquet plaide la confirmation de la condamnation

Le ministère public s’est inscrit dans la même logique, considérant que la réaffectation des fonds incriminés constitue en elle-même un détournement, indépendamment de toute appropriation personnelle. Sur cette base, le parquet a requis la confirmation de la peine de cinq ans d’emprisonnement prononcée en première instance.

Une défense qui conteste la matérialité des faits

Face à ces accusations, la défense, conduite par Almamy Samory Traoré, a vigoureusement rejeté les charges. Elle évoque une absence de preuves tangibles et dénonce des irrégularités dans le rapport d’enquête, plaidant en conséquence la relaxe pure et simple de son client.

Un tournant judiciaire sous haute surveillance

Détenu depuis plusieurs années, Ibrahima Kassory Fofana aborde avec ce procès en appel une phase déterminante de son parcours judiciaire. L’affaire est suivie de près par l’opinion publique, dans un contexte où la lutte contre la corruption demeure un enjeu central pour les autorités guinéennes, engagées dans une refonte de la gouvernance publique et du contrôle des finances de l’État.

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Sénégal : l’Assemblée nationale adopte une loi durcissant les sanctions contre les relations homosexuelles.

L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, mercredi, un projet de loi renforçant les sanctions pénales visant les relations homosexuelles. Le texte prévoit désormais une peine pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour les personnes reconnues coupables d’« actes contre nature », expression utilisée dans la législation pour désigner les relations entre personnes de même sexe.

Adoptée à une large majorité par le Parlement, la loi doit encore être promulguée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour entrer en vigueur.

Des peines alourdies et de nouvelles infractions introduites

Au terme de plusieurs heures de débat, les députés ont approuvé le texte par 135 voix pour, aucune contre et trois abstentions. La nouvelle disposition modifie le cadre pénal existant en portant la peine d’emprisonnement pour relations homosexuelles de un à cinq ans auparavant à cinq à dix ans.

Le projet de loi prévoit également de nouvelles sanctions visant toute personne accusée de promouvoir, défendre ou financer des relations homosexuelles. Dans ces cas, les peines pourraient atteindre trois à sept ans de prison.

Le texte introduit en outre un dispositif aggravant lorsque les faits impliquent un mineur. Dans ce cas, la peine maximale est susceptible d’être appliquée.

Par ailleurs, les amendes encourues ont été sensiblement revues à la hausse. Elles pourront désormais varier entre deux et dix millions de francs CFA, contre 100 000 à 1,5 million de francs CFA dans la législation précédente.

La loi prévoit toutefois des sanctions contre les accusations infondées : toute personne dénonçant une autre pour des faits liés à l’homosexualité sans preuve pourra également faire l’objet de poursuites.

Un climat de tensions et une vague d’arrestations

L’adoption de ce texte intervient dans un contexte marqué par plusieurs arrestations liées à l’application des lois existantes. Selon des informations relayées par divers médias locaux, des dizaines d’hommes auraient été interpellés depuis février, notamment après l’arrestation d’un groupe de douze personnes par la police.

Certaines procédures judiciaires se sont appuyées sur des dénonciations ou sur l’examen de téléphones portables dans le cadre d’enquêtes. Les identités de personnes arrêtées ont parfois été rendues publiques, alimentant un débat particulièrement vif sur les réseaux sociaux.

Dans certains dossiers, les autorités judiciaires ont également évoqué des accusations de transmission volontaire du VIH, ce qui a contribué à accentuer les tensions autour du sujet.

Un débat sociétal profondément ancré

La question des droits des personnes LGBTQ demeure particulièrement sensible au Sénégal, pays majoritairement musulman où l’homosexualité est largement rejetée sur les plans social et religieux. Plusieurs organisations religieuses ont, ces dernières années, organisé des mobilisations pour réclamer un durcissement des sanctions.

Dans l’espace public, les débats autour de ces questions sont souvent associés à une critique de ce qui est perçu comme une tentative d’imposition de valeurs occidentales.

Le projet de loi a également ravivé les discussions autour des engagements politiques pris ces dernières années. Avant son accession au pouvoir en 2024, l’actuel Premier ministre, Ousmane Sonko, avait évoqué la possibilité de requalifier l’homosexualité en infraction criminelle plutôt qu’en délit. Le texte adopté maintient toutefois la qualification actuelle dans le code pénal.

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Guinée : l’ancien président de la Cour constitutionnelle devant la CRIEF pour détournement présumé.

L’ancien président de la Cour constitutionnelle guinéenne, Mohamed Lamine Bangoura, comparaît ce lundi 23 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Il est poursuivi pour le détournement présumé de 20 milliards de francs guinéens, soit environ 2,32 millions de dollars.

Une figure judiciaire au cœur des turbulences politiques

Nommé en 2018 à la tête de la Cour constitutionnelle sous le régime de Alpha Condé, Mohamed Lamine Bangoura avait succédé à Kèlèfa Sall, destitué dans un contexte de fortes tensions politiques liées à la question du troisième mandat présidentiel.

Considéré à l’époque comme un acteur clé du dispositif institutionnel, il est progressivement tombé en disgrâce à la faveur du changement de régime intervenu en Guinée, dans un climat de recomposition politique et judiciaire.

Des accusations lourdes portées par la CRIEF

Arrêté en 2022 et placé sous mandat de dépôt, l’ancien haut magistrat fait face à plusieurs chefs d’accusation. La CRIEF le poursuit notamment pour détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.

Ces poursuites s’inscrivent dans une dynamique plus large de lutte contre la corruption et de reddition des comptes engagée par les autorités de transition, visant à examiner la gestion des ressources publiques sous les précédents régimes.

Une défense qui conteste les faits

Lors de sa première comparution la semaine précédente, Mohamed Lamine Bangoura a rejeté en bloc les accusations portées contre lui. Il a notamment contesté l’existence même des fonds présumés détournés, affirmant que « ce montant n’existe pas ».

La procédure en cours devant la CRIEF est suivie de près par l’opinion publique, dans un contexte où les attentes en matière de transparence, de justice et de bonne gouvernance restent particulièrement élevées en Guinée.

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Justice et prévention des conflits : le cap fixé par Bassirou Diomaye Faye.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé mardi l’ambition d’une justice plus proactive et tournée vers la prévention des conflits, à l’occasion de la pose de la première pierre de l’École de formation du Barreau du Sénégal, à Diamniadio.

Pour le chef de l’État, la justice moderne ne saurait se limiter à l’arbitrage des différends. « Elle doit aussi prévenir les conflits, les désamorcer, les transformer en opportunités de dialogue et de progrès », a-t-il déclaré, appelant à une évolution des pratiques judiciaires dans un contexte de mutation économique et sociale.

Les avocats, acteurs de régulation sociale

Dans son intervention, le président a insisté sur le rôle stratégique des avocats dans la consolidation de la paix sociale. Au-delà de leur mission de représentation devant les juridictions, ils participent, selon lui, à la régulation des relations sociales et économiques à travers le conseil, la médiation, la conciliation et l’arbitrage.

Cette approche, a-t-il souligné, contribue à sécuriser l’environnement des affaires, à apaiser les tensions et à renforcer la cohésion nationale. Elle s’inscrit dans une vision élargie de la justice, considérée comme un levier de stabilité et de développement.

Une infrastructure au cœur de la Vision Sénégal 2050

La construction de l’École de formation du Barreau s’intègre dans le cadre de la Vision Sénégal 2050, feuille de route stratégique qui érige la justice, la gouvernance et la paix sociale en piliers d’un développement durable, souverain et inclusif.

Selon le président Faye, cette nouvelle infrastructure dépasse la dimension symbolique d’un simple chantier. Elle constitue un maillon essentiel de la transformation institutionnelle engagée, visant à moderniser l’appareil judiciaire et à renforcer les capacités humaines du secteur.

Le défi des ressources humaines et de l’équité territoriale

Le chef de l’État a rappelé les contraintes structurelles auxquelles fait face la justice sénégalaise. Le pays compte actuellement un magistrat pour 100 000 habitants, avec 530 magistrats, 472 greffiers et 439 avocats inscrits au tableau de l’Ordre.

Au-delà du nombre, la question de la répartition territoriale demeure un enjeu majeur, notamment pour garantir un accès équitable à la justice sur l’ensemble du territoire.

Une école aux standards modernes

L’École de formation du Barreau, dont les travaux viennent d’être lancés à Diamniadio, comprendra 16 salles de classe modernes, un auditorium de 400 places, des blocs administratifs ainsi que des infrastructures d’hébergement. L’objectif est d’offrir un cadre adapté à la formation continue et initiale des avocats, en phase avec les exigences d’une justice contemporaine.

À travers ce projet, les autorités entendent consolider l’édifice judiciaire national et doter le Sénégal d’un Barreau mieux outillé pour accompagner les mutations économiques et sociales du pays.

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Justice : Mouhamadou Ngom dit Farba et Tahirou Sarr obtiennent la liberté provisoire

Dakar, le 12 janvier 2026 – Coup de théâtre dans l’un des dossiers les plus suivis du Pool judiciaire financier (PJF). La deuxième chambre pénale de la Cour suprême a accordé, ce lundi, la liberté provisoire à l’ancien député-maire des Agnams, Mouhamadou Ngom dit Farba, ainsi qu’à l’homme d’affaires Tahirou Sarr.

Placés sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, les deux hommes respirent enfin l’air de la liberté, bien que celle-ci soit assortie d’un contrôle judiciaire strict. Cette décision intervient après plusieurs mois de batailles procédurales et de demandes répétées de mise en liberté, systématiquement rejetées jusqu’ici par les instances inférieures.

Une affaire de milliards au cœur du débat

Pour rappel, Farba Ngom et Tahirou Sarr sont poursuivis dans le cadre d’une enquête complexe portant sur des soupçons de détournement de deniers publics, d’escroquerie et de blanchiment de capitaux. Les montants évoqués par l’accusation ont évolué au fil de l’instruction, passant de 31 milliards à près de 125 milliards de francs CFA, sur la base de rapports de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

La défense, portée par une équipe d’avocats tenaces, a toujours clamé l’innocence de ses clients, arguant que les flux financiers incriminés correspondaient à des transactions foncières licites et documentées. Lors de sa dernière audition au fond en décembre dernier, Tahirou Sarr avait notamment affirmé avoir agi en toute transparence par voie de chèques et de virements bancaires traçables.

Des raisons de santé mises en avant

Outre les arguments juridiques, l’état de santé de Farba Ngom a pesé lourdement dans ce dossier. Hospitalisé à plusieurs reprises au Pavillon spécial de l’Hôpital Principal de Dakar, l’édile des Agnams présentait, selon ses conseils, une pathologie incompatible avec le milieu carcéral. Ses proches et partisans, restés mobilisés tout au long de sa détention, avaient d’ailleurs multiplié les appels pour une « justice humaine ».

Un contrôle judiciaire strict

Si les deux prévenus quittent la prison, ils ne sont pas pour autant totalement libres de leurs mouvements. La Cour suprême a assorti leur élargissement d’un placement sous contrôle judiciaire. Cette mesure implique généralement l’interdiction de quitter le territoire national sans autorisation préalable et l’obligation de se présenter régulièrement au cabinet du juge d’instruction.

Cette décision de la Cour suprême marque un tournant décisif dans cette affaire. Elle intervient également alors que d’autres collaborateurs dans le même dossier, notamment Demba Ngom et Abdou Aziz Kane, ont récemment bénéficié d’une mise en liberté sous bracelet électronique.

L’instruction se poursuit, mais cette étape symbolise une victoire importante pour les conseils de Farba Ngom et Tahirou Sarr, qui ont réussi à convaincre la haute juridiction de la nécessité d’un apaisement judiciaire.