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Mali et Guinée renforcent leur coopération pour la libre circulation.

 

Le Mali et la Guinée ont organisé à Conakry une rencontre de haut niveau consacrée à la facilitation de la libre circulation des personnes et des marchandises entre leurs territoires. Cette réunion réunissait les ministres en charge de la sécurité, des Maliens de l’extérieur et des représentants des administrations frontalières, dans le but de définir des mécanismes concrets pour fluidifier les échanges tout en préservant la sécurité et la régularité des flux transfrontaliers.

Objectifs principaux de la rencontre

L’une des priorités de ces discussions est la simplification des procédures aux frontières, afin de réduire les délais d’attente et les formalités administratives pour les voyageurs et les transporteurs. Les deux pays cherchent à instaurer des corridors transfrontaliers efficaces qui permettront une circulation plus rapide des personnes, des biens et du commerce local.

Contexte et enjeux

Les relations frontalières entre le Mali et la Guinée ont connu des tensions par le passé, notamment en raison des conflits liés à la transhumance et à l’utilisation des ressources naturelles partagées. La mise en place de mécanismes de coopération vise à prévenir les incidents, à renforcer la sécurité et à favoriser le développement économique des zones frontalières, qui abritent souvent des populations vulnérables dépendantes du commerce et de l’élevage.

Les ministres ont également souligné l’importance de préserver les liens culturels et historiques entre les communautés vivant le long de la frontière, qui ont longtemps partagé des échanges économiques et sociaux. La libre circulation y est perçue comme un levier pour consolider la coopération et renforcer la cohésion régionale.

Vers une feuille de route commune

À l’issue des discussions, un rapport détaillé sera élaboré pour servir de feuille de route stratégique, avec des recommandations sur :

  • la création de corridors frontaliers prioritaires ;

  • la simplification des documents et formalités administratives ;

  • la coordination des forces de sécurité et des douanes pour assurer un contrôle efficace ;

  • le suivi et l’évaluation des mesures adoptées pour garantir leur efficacité et leur durabilité.

Cette initiative s’inscrit également dans le cadre d’un renforcement plus large de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest, en cohérence avec les ambitions de la CEDEAO visant à faciliter la mobilité, stimuler le commerce et favoriser le développement socio-économique.

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Mali : début de la restitution des manuscrits de Tombouctou

Après plus d’une décennie d’exil forcé à Bamako, les célèbres manuscrits anciens de Tombouctou entament enfin leur retour vers leur ville d’origine. Ces trésors, témoins de siècles d’histoire et de savoir, avaient été mis à l’abri en 2012 lors de l’occupation de la ville par des groupes armés.

Un patrimoine sauvé in extremis

Les manuscrits dont certains remontent au XIIIᵉ siècle avaient été évacués clandestinement pour échapper à la destruction. Bibliothécaires, érudits et habitants avaient orchestré une opération de sauvetage digne d’un roman, transportant les précieux documents dans des sacs de riz, sur des charrettes, des pirogues et même des motos, jusqu’à Bamako, à plus de 1 000 kilomètres.

Un retour hautement symbolique

Le premier convoi de restitution, composé de plus de 200 caisses et représentant environ 5,5 tonnes de manuscrits, a été acheminé par avion dans des conditions de sécurité strictes. Ils sont désormais accueillis à l’Institut Ahmed Baba, lieu emblématique de la conservation et de la recherche à Tombouctou.

Pour les autorités maliennes, ce retour n’est pas seulement une victoire logistique : il marque une renaissance culturelle et identitaire. « Ces manuscrits incarnent l’âme de Tombouctou et le génie intellectuel africain », a déclaré le ministre de l’Enseignement supérieur, appelant à leur protection, leur étude et leur valorisation.

Des conditions optimales de conservation

Le climat sec et aride de Tombouctou offre un environnement bien plus adapté à la préservation des documents anciens que l’humidité de Bamako, qui menaçait leur intégrité. Ce retour s’accompagne de nouvelles mesures de protection, incluant des systèmes modernes de contrôle de température et de numérisation pour garantir leur sauvegarde à long terme.

Une étape vers un rapatriement total

Ce premier envoi ouvre la voie à d’autres restitutions programmées dans les mois à venir. Les autorités espèrent également que des collections privées rejoindront cette dynamique, afin de reconstituer pleinement le riche patrimoine documentaire de la ville.

Un héritage universel

Inscrits au registre « Mémoire du monde » de l’UNESCO, les manuscrits de Tombouctou couvrent des domaines aussi variés que l’astronomie, la médecine, la poésie, la jurisprudence islamique et l’histoire. Ils témoignent de l’âge d’or intellectuel de l’Afrique de l’Ouest et constituent une référence culturelle de portée mondiale.

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Alliance des États du Sahel (AES) : une force conjointe en cours de déploiement pour reprendre le contrôle de la région

Face à la multiplication des attaques terroristes et à la vacance sécuritaire laissée par le retrait des forces françaises et onusiennes, l’Alliance des États du Sahel (AES) — composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger — confirme le déploiement progressif d’une force conjointe régionale de 5 000 soldats. Objectif affiché : reprendre l’initiative militaire face aux groupes djihadistes et restaurer la souveraineté des États membres.

Une réponse sahélienne aux défis sahéliens

Créée en 2023 après la rupture avec la CEDEAO, l’AES incarne désormais une alternative stratégique pour ces trois pays dirigés par des régimes militaires. Cette force conjointe est structurée autour de plusieurs piliers :

  • Un état-major unifié basé à Niamey,

  • Des bataillons mixtes composés d’unités maliennes, nigériennes et burkinabè,

  • Une coordination renforcée du renseignement, de la logistique et de la couverture aérienne.

Selon les autorités de l’AES, les premières unités sont déjà opérationnelles dans les zones frontalières critiques (Liptako-Gourma, Tillabéri, Sahel burkinabè), avec des résultats jugés “encourageants”.

Un soutien croissant de la Russie

La mise sur pied de cette force bénéficie d’un appui militaire notable de la Russie, désormais principal partenaire sécuritaire des trois États. Moscou fournit :

  • Des équipements militaires (drones, véhicules blindés, radars),

  • Des formateurs et conseillers techniques,

  • Une assistance en matière de cyberdéfense et guerre électronique.

Cette coopération est perçue comme un rééquilibrage géopolitique majeur dans une région historiquement sous influence occidentale.

Entre coordination militaire et souveraineté politique

La mise en place de cette force régionale se veut également un message politique : les membres de l’AES affirment leur volonté de prendre leur destin sécuritaire en main, hors de toute dépendance à l’égard de puissances extérieures.

Ils revendiquent :

  • Une vision souverainiste de la lutte antiterroriste,

  • Une refondation de la coopération régionale, axée sur des intérêts partagés,

  • Et un modèle alternatif de gouvernance sécuritaire, fondé sur la proximité des peuples et des territoires.

Enjeux et défis

Malgré la volonté affichée, plusieurs défis subsistent :

  • Le financement durable de la force,

  • Le manque de couverture aérienne indépendante,

  • Et les risques d’isolement diplomatique face à la communauté internationale.

Les observateurs s’interrogent également sur la capacité de l’AES à gagner la confiance des populations locales, dont le soutien est crucial pour toute victoire durable contre le terrorisme.

Avec cette force conjointe, l’AES veut transformer un vide sécuritaire en levier de reconstruction stratégique. Si la dynamique actuelle se confirme, elle pourrait redessiner les équilibres militaires et politiques dans le Sahel et au-delà.

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Madou Sidiki Diabaté fait rayonner le Mali au Festival Beauregard à Hérouville-Saint-Clair.

La musique malienne a une fois de plus traversé les frontières pour briller sur la scène internationale. L’artiste Madou Sidiki Diabaté, maître de la kora et héritier d’une longue lignée de griots mandingues, a offert une prestation remarquable à Hérouville-Saint-Clair, dans le cadre du très réputé Festival Beauregard, qui se tient chaque année en Normandie, en France.

Un moment de grâce musicale

Sur la scène du parc de Beauregard, Madou Sidiki Diabaté a conquis le public avec la magie de la kora, cet instrument traditionnel à 21 cordes emblématique d’Afrique de l’Ouest. Dans une ambiance chaleureuse, l’artiste a su mêler avec finesse tradition et modernité, en interprétant des morceaux puisés dans le répertoire mandingue, enrichis de touches contemporaines et de dialogues musicaux avec d’autres artistes présents sur scène.

Les spectateurs, venus de toute l’Europe, ont été séduits par la virtuosité, la sensibilité et l’authenticité du musicien malien. Sa prestation a été saluée comme l’un des moments forts du festival, tant par les professionnels que par le public.

Une représentation digne et inspirante

Au-delà de la performance artistique, la participation de Madou Sidiki Diabaté au Festival Beauregard marque un moment fort pour la culture malienne. Il s’agit d’un symbole de rayonnement à l’international pour la musique traditionnelle du Mali, qui continue de se réinventer et de séduire bien au-delà du continent africain.

L’artiste a été chaleureusement félicité par ses pairs et les organisateurs du festival, ainsi que par de nombreux membres de la diaspora africaine présents sur place. Son engagement pour la transmission du patrimoine culturel mandingue et son ouverture à la scène musicale mondiale font de lui un véritable ambassadeur de la culture malienne.

Un héritage vivant

Issu de la célèbre famille Diabaté, Madou Sidiki perpétue un art transmis de génération en génération. Frère cadet du légendaire Toumani Diabaté, il poursuit un parcours artistique riche, entre collaborations internationales, concerts prestigieux et projets pédagogiques autour de la kora.

Sa participation au Festival Beauregard s’inscrit dans une tournée plus large qui vise à faire découvrir la richesse du patrimoine musical africain, dans un esprit de dialogue et d’universalité.

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Distinctions sportives au Mali : le football national à l’honneur

Le Mali a célébré l’excellence de son football lors d’une soirée prestigieuse consacrée aux Mali Football Awards. L’événement, devenu un rendez-vous incontournable du calendrier sportif national, a mis en lumière les acteurs qui ont marqué la saison par leur talent, leur détermination et leur esprit de fair-play.

Des joueurs professionnels aux entraîneurs, en passant par les arbitres et les dirigeants de clubs, les distinctions ont couvert l’ensemble des maillons de la chaîne footballistique. Le prix du Meilleur joueur de l’année a été particulièrement attendu et salué par les fans, récompensant une saison remarquable aussi bien en championnat local qu’en compétitions internationales.

Du côté du football féminin, les performances ont également été mises à l’honneur, soulignant la montée en puissance des joueuses maliennes sur la scène africaine. Le Meilleur club de l’année, quant à lui, a été attribué à une formation ayant démontré constance, discipline et résultats probants tout au long de la saison.

Les organisateurs ont profité de l’occasion pour encourager la jeunesse malienne à croire en ses rêves et à s’investir dans le sport comme vecteur de développement et d’unité nationale. En clôture, un hommage particulier a été rendu aux figures historiques du football malien, rappelant l’importance de la transmission intergénérationnelle dans la construction d’un sport durable.

Cette édition 2025 des Mali Football Awards a donc été bien plus qu’une cérémonie de récompenses : un moment fort pour affirmer la vitalité du sport-roi au Mali, et saluer l’engagement de tous ceux qui contribuent à son rayonnement.

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Mali – Russie : Le général Assimi Goïta reçu par Vladimir Poutine à Moscou.

Dans le cadre d’une visite officielle en Fédération de Russie, le président de la transition du Mali, le général Assimi Goïta, a été reçu ce mardi par le président russe Vladimir Poutine. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de renforcement des relations bilatérales entre Bamako et Moscou, à un moment où le Mali réoriente activement sa diplomatie et ses partenariats stratégiques.

Au cours de l’entretien, les deux chefs d’État ont évoqué des sujets majeurs liés à la coopération militaire, économique et énergétique. Le président Poutine a salué les efforts du gouvernement malien en matière de sécurité et de souveraineté, soulignant l’importance d’un partenariat équilibré entre les deux pays. De son côté, le général Goïta a exprimé sa gratitude pour le soutien multiforme de la Russie, notamment dans la lutte contre le terrorisme et le renforcement des capacités des forces de défense maliennes.

Cette visite s’inscrit également dans le prolongement des engagements pris lors du sommet Russie-Afrique, et pourrait déboucher sur de nouveaux accords de coopération dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie et de la formation technique. Le déplacement du chef de l’État malien à Moscou est perçu comme un signal fort de la volonté du Mali d’élargir ses alliances internationales dans un contexte géopolitique en pleine mutation.

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Le Mali s’apprête à accueillir le sommet des chefs d’État de l’AES.

Le Mali se prépare activement à accueillir, dans les prochains jours, le sommet des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), une organisation sous-régionale qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Cet événement de haute importance diplomatique se tiendra à Bamako, la capitale malienne, et réunira les dirigeants des trois pays membres pour échanger sur les grands enjeux politiques, économiques et sécuritaires qui façonnent l’avenir de la région.

Ce sommet, le tout premier depuis l’annonce officielle de la création de la Confédération des États du Sahel en septembre 2023, intervient dans un contexte où les trois nations intensifient leur coopération pour renforcer leur souveraineté collective. Au menu des discussions : la mise en œuvre concrète des institutions communes, l’harmonisation des politiques sécuritaires, et la promotion d’une intégration économique plus poussée.

Les autorités maliennes, sous la direction du Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, mettent tout en œuvre pour assurer le bon déroulement de cette rencontre. Des dispositifs sécuritaires renforcés sont en place, tandis que les préparatifs logistiques s’accélèrent dans la capitale.

Ce sommet est perçu comme un tournant majeur dans la dynamique de coopération entre les trois pays sahéliens, qui aspirent à bâtir une alliance durable, résiliente et tournée vers le développement

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Mali : vers la souveraineté minière avec la construction d’une raffinerie d’or

Sous l’impulsion du président de la transition, le colonel Assimi Goïta, le Mali a lancé la construction d’une raffinerie nationale d’or, marquant un tournant stratégique dans sa quête de souveraineté économique. Cette infrastructure vise à permettre au pays de raffiner sur place une partie significative de sa production aurifère, aujourd’hui exportée à l’état brut.

Un projet stratégique au cœur de la transition économique

Première puissance aurifère d’Afrique de l’Ouest, le Mali tire l’essentiel de ses recettes d’exportation de l’or. Toutefois, jusqu’ici, le pays ne disposait pas d’infrastructure capable de transformer localement ce précieux métal. La construction de cette raffinerie nationale traduit donc une volonté politique claire : maîtriser la chaîne de valeur de l’or, de l’extraction à la commercialisation, et réduire la dépendance vis-à-vis des circuits étrangers.

Le projet permettra également de renforcer la transparence dans le secteur minier, de sécuriser les recettes publiques et de créer de nombreux emplois qualifiés dans le domaine industriel.

Une souveraineté économique affirmée

En dotant le pays d’une capacité de raffinage, le gouvernement malien entend reprendre le contrôle sur une ressource stratégique et maximiser les retombées économiques au profit de la population. Ce choix s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation des leviers de développement national, en cohérence avec la vision souverainiste défendue par les autorités de transition.

Au-delà de l’or, ce chantier symbolise un changement de cap : le Mali n’entend plus être un simple fournisseur de matières premières, mais un acteur à part entière de leur transformation et de leur valorisation.

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Confédération des États du Sahel : vers une justice unifiée au service de la souveraineté et du développement.

La Confédération des États du Sahel (AES) franchit une étape décisive dans sa construction institutionnelle. Les 29 et 30 mai 2025, Bamako a accueilli la toute première réunion des ministres en charge de la Justice et des Droits de l’Homme du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Cette rencontre marque le lancement officiel d’un processus de mutualisation des systèmes juridiques et judiciaires des trois États membres, avec pour objectif de bâtir une justice souveraine, moderne et adaptée aux réalités sécuritaires et sociales de la région sahélienne.

Un plan d’action ambitieux a été adopté à l’issue des travaux. Il prévoit la mise en place d’instances juridictionnelles et arbitrales confédérales compétentes pour statuer sur les litiges liés au Traité constitutif de l’AES, aux affaires commerciales, ainsi qu’aux infractions graves telles que le terrorisme, le blanchiment d’argent et la criminalité transnationale. En attendant leur mise en service, les États s’engagent à renforcer l’usage des mécanismes nationaux et internationaux pour la poursuite des auteurs de crimes graves. Par ailleurs, une attention particulière a été portée à l’harmonisation des lois, des statuts des professionnels de justice, et au renforcement de la coopération judiciaire à travers des accords tripartites d’entraide, d’extradition et de transfèrement de détenus.

La dimension technologique est également au cœur de cette réforme, avec la création annoncée d’une plateforme numérique de partage de données judiciaires et d’un fichier régional des personnes recherchées ou condamnées pour des infractions majeures. Sur le plan pénitentiaire, les ministres ont convenu de dispositifs conjoints pour sécuriser les établissements, prévenir la radicalisation et encourager la réinsertion. Deux centres régionaux de formation – judiciaire et pénitentiaire – seront mis sur pied pour uniformiser les pratiques et élever le niveau de compétence des acteurs concernés.

La Confédération affirme ainsi son ambition de faire émerger un espace de justice intégré, garant des droits fondamentaux et vecteur de stabilité et de développement. Reçus en audience au Palais de Koulouba par le Président de la Transition et de la Confédération, les ministres ont présenté les conclusions des travaux et recueilli des orientations stratégiques pour poursuivre cette dynamique fondatrice. Tous ont salué la qualité des échanges et réaffirmé leur engagement à construire une justice confédérale forte, au service des peuples du Sahel.

 

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Mali : le président Assimi Goïta dissout tous les partis politiques

Dans un geste sans précédent depuis l’indépendance du Mali, le président de la transition, le général Assimi Goïta, a signé le mardi 13 mai 2025 un décret de dissolution de l’ensemble des partis politiques et des associations à caractère politique. L’annonce a été faite lors d’un conseil des ministres extraordinaire, diffusé en direct à la télévision nationale.

Cette décision marque une rupture historique avec l’ordre politique post-démocratique instauré depuis 1991, et ouvre une nouvelle phase de la transition en cours. Les autorités justifient cette mesure par des raisons de “cohésion nationale”, mais elle suscite d’ores et déjà des réactions vives, à l’échelle nationale comme internationale.

Un décret radical : suspension totale de la vie politique

Le décret, lu par le ministre de l’administration territoriale, Mamani Nassiré, indique que toutes les activités, réunions et manifestations à caractère politique sont désormais interdites sur l’ensemble du territoire national.

« Cette décision vise à préserver la stabilité, à prévenir les divisions internes et à créer un espace propice à la refondation de l’État malien », a déclaré le ministre.

La charte des partis politiques est officiellement abrogée, et neuf lois relatives à la vie politique ont été adoptées par le Conseil national de transition (CNT) pour accompagner cette nouvelle orientation.

Contexte et motivations du pouvoir

Depuis plusieurs mois, les autorités de transition ont exprimé leur volonté de refonder en profondeur les institutions. Lors des concertations nationales tenues fin avril 2025, plusieurs recommandations appelaient à dissoudre les partis politiques existants, jugés responsables de l’instabilité, de la corruption et de la fragmentation de la nation.

Le discours officiel insiste sur la nécessité de rompre avec le multipartisme jugé excessif, et de reconstruire un système basé sur un nombre limité de partis forts, représentatifs et ancrés dans les réalités nationales.

Réactions de la société civile et de l’opposition

Les réactions ne se sont pas fait attendre. De nombreuses organisations de défense des droits humains, des juristes et des leaders politiques dénoncent une dérive autoritaire.

« Il s’agit d’une suspension pure et simple du droit à la participation politique garanti par la Constitution et les conventions internationales », a déclaré un porte-parole d’une coalition de partis dissous.

Des recours en inconstitutionnalité sont en cours de préparation, bien que la Cour constitutionnelle soit elle-même remise en question dans son indépendance depuis le début de la transition.

Condamnations et inquiétudes à l’international

La communauté internationale, notamment l’Union africaine, la CEDEAO, l’Union européenne et les Nations unies, observe la situation avec préoccupation. Certains diplomates estiment que cette décision pourrait retarder davantage le processus de retour à l’ordre constitutionnel, déjà suspendu depuis le report indéfini des élections.

Une atmosphère de restriction de l’espace public

En parallèle, la chaîne francophone TV5 Monde a été suspendue de diffusion au Mali par la Haute Autorité de la Communication (HAC), accusée de tenir des propos “partiaux” sur la situation politique. Cette mesure alimente les craintes d’un resserrement de l’espace médiatique et de la liberté d’expression.

Vers quelle forme de gouvernance ?

Les autorités de transition envisagent désormais un système politique reposant sur une nouvelle charte nationale, où les partis politiques seraient strictement encadrés, en nombre limité, avec des critères de représentativité renforcés.

Il est aussi question, selon certaines fuites, de nommer Assimi Goïta président de la République pour un mandat de cinq ans, une proposition issue des concertations nationales, mais non encore actée officiellement.

Un tournant décisif et risqué

Le Mali vient de franchir un seuil critique dans son histoire politique moderne. Si les autorités justifient la dissolution des partis politiques par la volonté de refonder le pays sur de nouvelles bases, cette mesure extrême soulève de graves interrogations sur la démocratie, la liberté d’association, la légitimité de la transition et le respect des engagements internationaux.

La suite dépendra de la capacité du régime à dialoguer avec les forces sociales, à définir un nouveau cadre consensuel et à restaurer la confiance dans les institutions.