Une mission du Fonds monétaire international (FMI) est actuellement en séjour à Conakry dans le cadre des consultations économiques périodiques menées avec les autorités guinéennes. Conduite par Papa Ndiaye, directeur adjoint du Département Afrique de l’institution, la délégation multiplie les rencontres avec les principaux responsables gouvernementaux et financiers du pays afin d’évaluer la situation macroéconomique nationale et d’examiner les perspectives de coopération entre la Guinée et le FMI.
Au cœur des échanges figurent les réformes structurelles engagées par les autorités, les orientations de la politique économique nationale, ainsi que les ambitions de transformation portées par le programme Simandou 2040, présenté comme la feuille de route stratégique du développement économique et social du pays.
Une mission d’évaluation au titre de l’Article IV
Cette visite s’inscrit dans le cadre des consultations prévues par l’Article IV des Statuts du FMI, un mécanisme qui permet à l’institution de procéder régulièrement à l’évaluation des économies de ses États membres. Ces consultations visent notamment à analyser les politiques budgétaires, monétaires et financières mises en œuvre, à identifier les risques éventuels et à formuler des recommandations destinées à renforcer la stabilité économique et la croissance durable.
Dans ce contexte, la délégation du FMI a été reçue par le Premier ministre Bah Oury, avec qui elle a échangé sur les priorités économiques du gouvernement, les perspectives de croissance et les réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires et les conditions de vie des populations.
Le FMI salue les ambitions de la vision Simandou 2040
À l’issue de cette rencontre, Papa Ndiaye a souligné la qualité des discussions et salué l’ambition du programme de transformation porté par les autorités guinéennes.
Selon lui, la vision Simandou 2040 constitue un projet structurant susceptible de modifier durablement le profil économique du pays. Il a notamment mis en avant la volonté affichée par les autorités de faire des ressources minières un levier de diversification économique, de création d’emplois et d’amélioration du bien-être des populations.
Le responsable du FMI a réaffirmé la disponibilité de l’institution à accompagner la Guinée dans cette trajectoire de transformation, en appui aux efforts engagés pour renforcer les fondamentaux économiques du pays.
Le gouvernement réaffirme son engagement réformateur
Pour sa part, le Premier ministre Bah Oury a rappelé la détermination du gouvernement à poursuivre les réformes structurelles considérées comme essentielles à la réussite des grands projets de développement en cours.
Le chef du gouvernement a souligné que les autorités entendent maintenir le cap des réformes économiques et institutionnelles afin de créer les conditions favorables à une croissance inclusive, durable et résiliente. Il a également assuré la mission du FMI de la pleine disponibilité de l’administration guinéenne pour faciliter le déroulement des travaux et fournir toutes les informations nécessaires à l’évaluation en cours.
Discussions approfondies avec la Banque centrale
En parallèle des rencontres gouvernementales, la mission du FMI s’est entretenue avec les responsables de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Les échanges ont porté sur la conduite de la politique monétaire, la stabilité du système financier, la gestion des réserves internationales ainsi que les perspectives macroéconomiques à moyen terme.
Les discussions ont également abordé la possibilité de mettre en place un Programme de Facilité élargie de crédit (FEC), un mécanisme de soutien financier du FMI destiné aux pays engagés dans des programmes de réformes économiques d’envergure.
Des indicateurs économiques en amélioration
À l’occasion de cette rencontre, la Banque centrale a présenté plusieurs indicateurs témoignant, selon elle, d’une évolution favorable de la situation économique nationale.
L’institution met notamment en avant l’assouplissement progressif de sa politique monétaire avec une baisse du taux directeur, passé de 10,75 % à 9,50 %, ainsi qu’une réduction du coefficient des réserves obligatoires des banques. Ces mesures interviennent dans un contexte marqué par une forte progression de la liquidité bancaire.
La BCRG souligne également le renforcement des réserves internationales du pays, dont près d’un quart est désormais constitué d’or, traduisant une stratégie de diversification des actifs de réserve destinée à consolider la résilience financière nationale.
L’impact croissant du projet Simandou
Les autorités monétaires attribuent une part importante de l’amélioration des indicateurs extérieurs au développement du projet minier de Simandou, considéré comme l’un des plus importants projets d’exploitation de minerai de fer au monde.
Les flux d’investissements directs étrangers enregistrés en 2025 ainsi que l’amélioration significative de la balance des paiements illustrent, selon la Banque centrale, l’effet d’entraînement du projet sur l’économie guinéenne et sur l’attractivité du pays auprès des investisseurs internationaux.
Le premier vice-gouverneur de la BCRG, El Hadj Mohamed Lamine Conté, a insisté sur la nécessité de maintenir une gestion prudente de la politique monétaire afin de soutenir la croissance sans compromettre la stabilité des prix. Il a également souligné l’importance stratégique des réserves en or, présentées comme un instrument de protection contre les chocs économiques extérieurs.
Une étape importante pour la coopération entre Conakry et le FMI
L’arrivée de cette mission intervient dans un contexte économique particulier, marqué par l’accélération des grands projets structurants, l’augmentation des investissements étrangers et la volonté des autorités de consolider les équilibres macroéconomiques du pays.
Au-delà de l’évaluation annuelle prévue par l’Article IV, les consultations en cours pourraient ouvrir la voie à un approfondissement de la coopération entre la Guinée et le FMI, notamment à travers un éventuel Programme de Facilité élargie de crédit destiné à accompagner les réformes économiques engagées.
Pour Conakry, cette séquence constitue une occasion de mettre en avant les progrès réalisés, tout en renforçant la confiance des partenaires techniques et financiers dans les perspectives de développement du pays à l’horizon 2040.

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